Archives du 11/08/2011

Les Hauts de Hurle-Vent, d’Emily Brontë


Mon résumé

La vie de Catherine et Hindley va être bouleversée lorsque leur père rentre un soir avec un petit orphelin tout sale, qu’il nomme Heathcliff. Hindley n’aura de cesse toute sa vie de détester cet intrus, Catherine de l’aimer de tout son être.

 

Mon avis

Qui n’a jamais entendu parler d’Emily Brontë et de son célèbre roman Les Hauts de Hurle-Vent ? Bien peu de monde certainement, mais avant d’ouvrir ce livre, je n’avais pourtant aucune idée de ce qui m’attendait. Un conte sur les mœurs de l’époque ? Une histoire d’amour ? Un récit de vie ?

Les Hauts de Hurle-Vent, c’est avant tout l’histoire de Catherine et d’Heathcliff, l’histoire d’un amour fou mais inachevé, qui tortura leur âme. Un amour que la mort ne put éteindre, qui ravagea tout et rendit Heathcliff si misérable que seul le désir de vengeance finit par l’habiter.

« Catherine Earnshaw, puisses-tu ne pas trouver le repos tant que je vivrai ! Tu dis que je t’ai tuée, hante-moi, alors ! Les victimes hantent leurs meurtriers, je crois. Je sais que des fantômes ont erré sur la terre. Sois toujours avec moi… prends n’importe quelle forme… rends-moi fou ! mais ne me laisse pas dans cet abîme où je ne puis te trouver. Oh ! Dieu ! c’est indicible ! je ne peux pas vivre sans ma vie ! je ne peux pas vivre sans mon âme ! »

La lecture des premiers chapitres fut un peu lente ; un jeune homme arrive à Hurle-Vent et découvre ses habitants, dont Heathcliff, un homme asocial, bourru. Une domestique, Mrs Dean, se lance alors  dans le récit de la vie d’Heathcliff et des personnes qui l’ont côtoyé. Il faut du temps avant que l’histoire démarre, mais une fois lancée, c’est un régal de découvrir des personnages si complexes, si vivants, si puissants. Comme l’histoire des Hauts de Hurle-Vent s’étale sur trois générations, on apprend à les connaître presque parfaitement : on découvre la plupart à leur naissance et on les perd à leur mort. Ainsi, il ne s’agit pas d’une seule histoire, mais de plusieurs : celle du vieux Earnshaw qui rencontre le petit Heathcliff et décide de l’adopter, celle de l’amour déçu entre Catherine et Heathcliff et enfin celles de leurs enfants.

Le plus captivant dans ce roman, c’est de voir ce dont un homme est capable de faire par amour ou plutôt par dépit, par tristesse. Emily Brontë nous décrit l’âme humaine dans tout ce qu’elle a de plus sombre, de plus misérable. Chacun des personnages qu’elle nous dessine prend vie sous nos yeux et ne nous laisse pas de marbre. Leur ambiguïté est stupéfiante. Il est aussi facile de comprendre Heathcliff que de le haïr, d’en vouloir à Catherine que de lui pardonner, d’admirer Cathy que de la trouver mesquine. Je suis passée par tous les sentiments avec eux, une seconde je les aimais, l’autre je les méprisais, une page je les plaignais, l’autre je riais de leur sort. Et pour cela, je trouve que ce roman est un chef d’œuvre, unique en son genre.

Malheureusement, un point m’a déçue : le fait de connaître le déroulement des événements à l’avance. En effet, il y a au début du livre un petit arbre généalogique grâce auquel j’ai facilement identifié les personnages que je rencontrais au début du roman. Il était alors très utile. Mais au fil des pages, certains personnages vont mourir, se marier, avoir des enfants qui eux aussi vont se marier. Et une fois le petit arbre mémorisé, il est difficile de ne pas se dire après à peine quelques chapitres : « Comment ? Machin truc va se marier avec Bidule ? Heen non ! » Et d’attendre le moment fatidique où cela arrive. Je n’ai donc eu aucune surprise, aucune attente, et c’est vraiment très dommage, car j’en aurais d’autant plus apprécié la lecture.

Mis à part ce petit désagrément, j’ai vraiment été conquise par ce roman. Lire un classique n’est pas coutume pour moi, mais cette fois je ne le regrette pas du tout. Cela change de ce que je lis, et c’est agréable une fois de temps en temps. C’est pourquoi je pense continuer sur ma lancée avec Charlotte Brontë et Jane Austen.

Note : 7,5/10

Extras
Traducteur : Frédéric Delebecque
Première publication en 1847
Prévu : Charlotte Brontë et Jane Austen
Fiche Bibliomania

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