Archives Mensuelles: septembre 2011

Hush, hush, de Becca Fitzpatrick

Hush, hush, de Becca Fitzpatrick
Mon résumé

À 16 ans, Nora ne s’intéresse pas vraiment aux garçons, mais c’est sans compter l’arrivée du ténébreux Patch dans sa vie. Il semble en savoir beaucoup sur elle, et adore la provoquer de son regard mystérieux. Nora joue avec le feu et veut percer à jour ses nombreux secrets, mais attention, elle le sent Patch pourrait bien être dangereux.

Mon avis

Suivant un schéma assez répandu maintenant (une jeune fille somme toute assez banale qui s’éprend d’un mystérieux garçon, style Twilight), Hush, hush a tout de même su se détacher des histoires similaires. Il ne s’agit pas d’une xième histoire de vampires, et ça c’est bien. Ce qui est moins bien, c’est qu’il n’y a pas beaucoup de place laissée à l’imagination du lecteur. Mais qui est donc ce mystérieux Patch ? Réponse immédiate si vous lisez la 4e de couverture (ce n’est pas la première fois que je suis déçue par un résumé qui en dit trop) ou même après un bref coup d’œil à la couverture (très belle mais trop révélatrice).

J’ai un avis plutôt mitigé sur ce roman jeunesse. Au départ, il m’a fallu du temps pour entrer dans l’histoire car Nora n’est pas vraiment attachante. Elle est un peu jeune et naïve et sa relation avec Patch tourne en rond pendant des pages et des pages. Mais Patch et ses répliques cinglantes et troublantes amènent la touche d’humour qu’il manquait et les pages ont enfin défilé sans que je m’en aperçoive.

« – Et en plus, tu sens bon, reprit Patch.
– Ca s’appelle « prendre une douche », répliquai-je sans tourner la tête.
Comme il ne répondait pas, je lui lançai un regard en coin.
– Tu sais : savon, shampoing, eau chaude.
– Toute nue. Oui, je connais le principe. »

La raison de l’attraction de Patch pour Nora lance l’intrigue et même si l’on sait plus ou moins à quoi s’attendre, le suspense est présent et j’ai été surprise par certains retournements. Malheureusement, il y a tout de même certains détails que je ne m’explique pas, qui ne collent pas et affaiblissent l’histoire. J’ai eu l’impression de rester à la surface, il n’y avait pas assez de profondeur dans l’intrigue.

Cette lecture était agréable, mais il me manquait pas mal d’ingrédients pour que la sauce prenne. L’histoire était peut-être un peu trop simplette, j’aurais préféré une héroïne plus âgée, des sentiments plus forts qui ne se résument pas à attirance et peur. Nora est intriguée, effrayée, envoûtée, mais réellement amoureuse, je ne sais pas.
Par contre, le gros plus du bouquin c’est son épilogue (le 1e chapitre du second tome Crescendo). L’histoire semble prendre un tournant intéressant et ce petit flash-back donne envie d’en savoir plus sur le fond de l’intrigue. Je me suis dit que finalement j’avais peut-être jugé un peu vite et que la suite de l’intrigue pouvait apporter son lot de révélations et de surprises. Bien joué donc, je me lancerai dans le tome 2 pour en apprendre davantage même si l’histoire ne va surement pas me laisser un souvenir impérissable.

Note : 6,5/10

Extras
Traductrice : Marie Cambolieu
Première publication : avril 2010
Fiche Bibliomania
Hush signifie Chut en français.
Le tome 3 Silence sortira en anglais le 4 octobre.

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Prophétie, tome 1 : Le maître du Jeu, de Mel Odom & Jordan Weisman

Prophétie, tome 1 : Le Maître du Jeu, de Mel Odom & Jordan Weisman

 

Mon résumé

Nathan, petit curieux de 13 ans, découvre dans une armoire un vieux jeu maya. Dans ses rêves, il rencontre son adversaire qui lui explique un peu le fonctionnement sans vraiment lui révéler les règles. Ce qu’il sait, c’est qu’il commence à voir et entendre des morts et que sa mission est de les aider… s’il veut gagner ce jeu et empêcher la fin du monde !


Mon avis

Quel mélange des genres dans Prophétie ! La 4e de couverture m’avait beaucoup plu, laissant présager un livre jeunesse fantastique àla Jumanji. Hélas, le livre part un peu dans tous les sens, alliant jeunesse et fantastique, mais aussi enquête policière, menace de fin du monde, meurtre, fantômes, mondes parallèles et dieu maya.
Les auteurs n’ont pas fait dans la simplicité et c’est un peu ce que je leur reproche car j’ai trouvé qu’au final Prophétie n’était pas à la hauteur de ce qu’on pouvait attendre de lui et je n’ai pas vraiment compris où les auteurs voulaient en venir (à voir peut-être dans le tome 2 !).

Nathan est un chouette personnage principal, intelligent mais flemmard à l’école. Les jeunes lecteurs de son âge se reconnaîtront en lui, souriront devant ses mauvaises aventures et s’esclafferont devant ses blagues à deux balles. Parce que oui, ce livre est destiné à un public assez jeune, et du coup ne m’a pas transporté. Les petites bagarres à l’école, les après-midi à jouer à des jeux vidéo, ça ne m’intéresse pas vraiment, même si c’est toujours raconté avec un brin d’humour.

« Arda retira le bâillon de Nathan, saisit d’une main le haut de son sweat-shirt et de l’autre sa ceinture, puis il le fit basculer dans la cuvette, la tête la première. Immédiatement, le garçon eut de l’eau froide jusqu’au cou. Il ferma les yeux et remercia le ciel que le précédent utilisateur n’ait pas oublié de tirer la chasse. »

Heureusement, le Jeu maya vient sortir Nathan de son petit quotidien d’ado et là ça devient intrigant. Ce jeu où les pions se déplacent tout seul, que Nathan n’arrive pas à déchiffrer. Seulement, nous n’apprenons pas grand-chose sur celui-ci, si ce n’est que le monde entier dépend des capacités de Nathan à gagner. J’attendais beaucoup du Jeu, qu’il nous emmène dans des défis haletants, mais j’ai été déçue, car au final ça se résume à une petite enquête policière, sympathique, mais très vite résolue, sans qu’elle n’ait pris de tournures incroyables.

Malgré ces quelques regrets, je suis convaincue que ce livre sera reçu avec enthousiasme par les ados, à qui il convient parfaitement. Il se lit très bien, les petites touches d’humour font mouche, les chapitres sont relativement courts, et Nathan l’antihéros est parfait dans son rôle. Mais ce n’était pas assez pour moi.
De plus, je pense que le tome suivant réserve beaucoup de surprises à ses lecteurs. Ils en apprendront sans doute plus sur le Jeu et le mystérieux adversaire, car le retournement de situation des dernières pages n’augure rien de bon pour le pauvre garçon !

Note : 6/10

Extras
Traductrice : Laurence Bouvard
Le livre ne sortira que le 13 octobre prochain
et contiendra un jeu de société.
Une version interactive en ligne sera également disponible !
Le tome 2, Le dieu des ombres paraîtra en avril 2012.
Le tome 3, Un jour sans nom, en septembre 2012.
Fiche Bibliomania

Je remercie Babelio et les éditions Bayard Jeunesse pour ce partenariat.
Babelio - Masse Critique       Bayard Jeunesse

Hunger Games, tome 2 : L’embrasement, de Suzanne Collins

Hunger Games : L'embrasement, de Suzanne Collins

 
Mon résumé

Les aventures de Katniss et Peeta continuent. De retour chez eux, plus rien n’est pareil. Les lois sont plus sévères que jamais, les Pacificateurs tuent sans vergogne, les Districts veulent se rebeller et Katniss et ses proches sont en danger. En plus, cette année ont lieu les 75e Hunger Games : la 3e édition de l’Expiation. La fois précédente, le double de tributs avait été tiré au sort. Quelle surprise le Capitole leur réserve-t-il cette fois ?



Mon avis

[Voir ma chronique du tome 1]

« C’est une manière pour le Capitole de raviver et d’alimenter l’horreur des Hunger Games au sein des districts. Non seulement ils se rappellent à nous chaque année, mais on nous oblige en plus à célébrer l’évènement. Je vais devoir voyager d’un district à l’autre, recevoir les acclamations des foules secrètement hostiles, contempler le visage des familles dont j’ai tué les enfants… »

Katniss, de retour chez elle, va devoir parader dans tous les districts avec Peeta, et recommencer à jouer la comédie. Sans le vouloir, elle a déclenché un peu partout un sentiment de rébellion et elle doit plus que jamais faire bonne figure devant le Capitole, et surtout devant le président Snow, qui la surveille et la menace de s’en prendre à ceux qu’elle aime.

Difficile de dire si j’ai préféré le tome 1 ou le tome 2. Tous deux, à leur façon, ont su me séduire, en étant à la fois semblables et différents. Dans le tome 1, l’action et le suspense étaient omniprésents, l’histoire démarrait très vite. Dans le deuxième tome, au contraire, les évènements se mettent en place petit à petit, l’ambiance joue un grand rôle et le vrai coup de théâtre n’a lieu que très tard. Mais quel régal quand il nous tombe dessus sans qu’on ne l’ait vu arriver !

L’auteure réussit à nous surprendre, là où personnellement je ne l’attendais pas du tout. Plusieurs scénarios prenaient forme dans mon esprit au fil des pages, mais là je dois dire que j’ai été bluffée. Tout s’enchaîne alors avec un rythme beaucoup plus soutenu, qui contraste avec le début plus lent et narratif. Un début beaucoup moins haletant, qui pose les nouvelles bases de l’intrigue. Mais ce qu’il y a de bien avec Suzanne Collins, c’est que peu importe qu’il s’agisse de dialogues, de descriptions, de scènes à suspense, on est pris dans la lecture tant l’écriture est accrocheuse, même lors de passages plus anodins.

Je reprochais au tome 1 de ne faire que survoler les personnages secondaires, de ne pas donner un peu plus de détails les concernant. Je fus donc heureuse de constater que l’auteure s’est ici intéressée plus profondément aux sentiments de Peeta, mais aussi de la mère de Katniss ou d’Haymitch. Ces personnages que l’on avait à peine rencontrés dans le premier tome prennent alors enfin vie.

J’ai trouvé ce tome moins sensationnel, moins émouvant, peut-être même moins prenant que le premier et pourtant je pense que je lui donne ma préférence. L’atmosphère plus sombre enlève un peu de ce côté ‘jeunesse’ fort présent dans le tome 1. Les autorités n’hésitent plus à tuer, la peur et la révolte prennent le pas sur les amourettes de Katniss.

Le point fort du roman, c’est toujours cet univers riche, qui a pris encore plus d’ampleur car l’auteure rentre maintenant dans les détails du passé des districts : on en apprend plus sur eux, sur les habitants, sur le district 13.
Et je ne vous parle même pas du final, qui ouvre grand la porte au tome 3, avec une petite phrase pleine de suspense !

Note : 9/10

Extras
Traducteur : Guillaume Fournier
Première publication : mai 2010
Fiche Bibliomania
The Hunger Games va être adapté au cinéma.
Voici une interview de Suzanne Collins concernant le film.

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Le mec de la tombe d’à côté, de Katarina Mazetti

Le mec de la tombe d'à côté, de Katarina Mazetti
Mon résumé

Désirée, petite bibliothécaire citadine, vient de perdre son mari et se rend régulièrement sur sa tombe. Benny, fermier depuis son plus jeune âge, vient de perdre sa maman et se rend lui aussi régulièrement sur sa tombe. C’est dans cet endroit atypique qu’ils vont se rencontrer, s’apprivoiser et s’aimer malgré le fossé culturel qui les sépare.



Mon avis

Quelle bonne surprise ce roman ! Je ne m’attendais pas du tout à cet éclat de fraicheur et d’humour. Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu de belle histoire d’amour, et celle-ci, malgré toute sa bizarrerie, a réussi à m’émouvoir.

D’abord, je ne m’attendais pas à ça, car je pensais que les protagonistes étaient deux petits vieux qui se rencontraient au cimetière et surmontaient ensemble leur deuil. Rien à voir donc avec le mélange de haine, de sexe, d’amour puissant, de déception qui anime la relation de Désirée et Benny, tous deux la trentaine. Et il n’est pas vraiment question de surmonter un deuil étant donné que Désirée n’éprouvait pas grand-chose de plus qu’une affection fanée pour son mari.

« Mon béguin pour lui avait disparu avant même qu’on se marie. Il s’était évaporé comme disparaît un bronzage – qui se rend compte de ces choses là ? – mais contrairement au bronzage il n’est jamais revenu. »

Ensuite, j’ai été agréablement surprise du ton humoristique et original du roman. J’ai rarement l’occasion d’en lire, mais j’apprécie tout particulièrement les livres à plusieurs voix. Celui-ci est construit en petits chapitres alternant le point de vue de Désirée et celui de Benny. Et Katarina Mazetti a réussi à donner une personnalité, une façon de s’exprimer et de penser propre à chacun : le ton posé et l’incertitude constante de Désirée, le langage de charretier plein d’humour de Benny.

Et puis il y a aussi l’évolution de leur relation qui est intéressante. À première vue, ils se détestent, tout chez Désirée rebute Benny et inversement. Et pourtant, l’échange d’un sourire va tout changer. Il n’y a d’abord que l’attirance physique, le sexe qui donne à Désirée comme une nouvelle bouffée de vie, puis l’attirance se transforme en besoin de l’autre, de sa présence, et devient de l’amour. Avec son lot de complications. Car aucun n’est prêt à sacrifier sa petite vie pour l’autre. Et ils ne sont définitivement pas faits pour être ensemble, c’est ça la beauté du truc.

Désirée
« À côté de la pierre tombale d’Örjan, il y a une stèle funéraire monstrueuse, oui, carrément vulgaire ! »

Benny
« Putain, je ne peux pas la blairer, je ne peux vraiment pas la blairer ! Pourquoi elle est tout le temps assise là ? […]
Elle a tout l’air de quelqu’un qui lit sans arrêt de son plein gré. De gros livres, avec des petits caractères et sans images. »

Désirée
« Mais je n’étais pas préparée à ce que l’enveloppe du spermatozoïde ait un tel sourire! L’ovule se mit à frétiller en moi, à bondir, à clapoter, à faire des sauts périlleux et à envoyer des signaux: « Par ici ! Par ici ! » »

Benny
« Et j’étais tombé amoureux d’elle.
Ce n’était pas exactement un déclic. Plutôt comme quand je touche la clôture électrique sans faire gaffe. »

Désirée
« Mes mains me paraissaient vides quand il n’était pas dedans. »

Benny
« On ne loue pas un film, on ne réussit jamais à se mettre d’accord sur le choix. On en loue toujours deux. Ensuite elle va chercher son fourre-tout fleuri pendant mon film, et moi je m’endors pendant le sien.
On va aussi bien ensemble que la merde et les pantalons verts, comme disait mon grand-père. Et je ne veux pas que ça s’arrête. »

Je n’ai pas vu le temps filer en lisant, je riais toute seule. Sans qu’il ne se passe vraiment grand-chose, on a l’impression d’avoir partager un petit bout de vie avec les personnages et on regrette de les quitter à la fin. Quand c’est le cas, c’est que l’auteur a vraiment réussi son pari. Malgré tout le plaisir que j’ai pris, la fin m’a tout de même un peu déçue. Je ne suis pas une adepte des fins sans fin, mais ouf, j’ai découvert par la suite que les aventures de Désirée et Benny n’étaient pas terminées et qu’on les retrouvait pour savoir le fin mot de l’histoire dans Le caveau de famille.

Note : 9/10

Extras
Katarina Mazetti est née en 1944 en Suède.
Traduction (excellente !) du suédois
de Lena Grumbach et Catherine Marcus
Publication VO en 1999 et en français en 2006
Fiche Bibliomania
Prévu : Le caveau de famille

Ce livre a été lu dans le cadre d’une Lecture Commune avec d’autres Livraddictiens :
AngelebbAurélie.Benjamin59BlueverbenaCaliebChoOketteEudilmatEvyHildeKaktusssLamalal’LivromaniacMinidouSofiaportosSophieLJ

Défi La Plume au Féminin