Un employé modèle, de Paul Cleave

Un employé modèle, de Paul Cleave

Mon résumé

Joe est concierge dans un commissariat de police. Il semble un peu attardé et tout le monde le considère avec sympathie. Ce que personne ne sait, c’est que Joe viole et tue des femmes. Il a réussi à obtenir ce job pour surveiller les recherches de la police afin de ne pas se faire prendre. Par la même occasion, il voudrait découvrir l’identité d’un meurtrier qui opère de la même façon que lui et semble vouloir lui mettre ses crimes sur le dos.

Mon avis

Un employé modèle semble avoir tout pour plaire. Un thriller dont le narrateur est un tueur en série qui travaille dans un commissariat en dupant les flics. La comparaison que l’on pourrait faire avec notre cher Dexter ne va pas plus loin (hélas). Tuer des gens est le seul point commun que Joe ait avec lui. Joe n’est pas un « gentil » tueur, il aime tuer, n’a pas de remords et se prélasse dans sa supériorité intellectuelle. Il est sûr de lui, imbu de sa personne, asocial et possède un humour noir dégrisant.

« Je ne souffre pas de compulsion à tuer tout le temps. Je ne suis pas un animal. Je ne cours pas partout en me déchargeant d’abus subis dans mon enfance tout en trouvant des excuses pour tuer. […] Je ne suis qu’un type normal. Un Joe moyen. Avec un hobby. Je ne suis pas un psychopathe. Je n’entends pas de voix. Je ne tue pas pour Dieu ou Satan, ou le chien du voisin. Je ne suis même pas religieux. Je tue pour moi. C’est aussi simple que ça. J’aime les femmes et j’aime leur faire des choses qu’elles ne veulent pas me laisser faire. Il doit y avoir 2 ou 3 milliards de femmes sur cette terre. En tuer une par mois, c’est pas grand-chose. C’est juste une question de perspective. »

Aux premiers abords, Joe m’a plu. Alors qu’on devrait d’emblée le détester, il a su m’amuser, même en pleine scène de crime. Un point de vue original, différent de tous les thrillers que j’aie pu lire : on suit les pensées du tueur pendant le meurtre et non celles de sa victime. L’horreur de l’acte ne nous choque pas, il devient même banal. Intrigant donc, car je n’avais encore jamais souri en plein crime !

« Je me déshabille et je grimpe sur le lit. Elle bouge à peine, ne se plaint pas, continue seulement à pleurer jusqu’à ce qu’elle n’ait plus de larmes. Quand on a fini, et que je descends du lit, je découvre qu’à un moment l’œuf a glissé jusqu’au fond de sa bouche, au point de l’étouffer avec succès. Ceci explique les borborygmes que j’ai entendus et que, sur le moment, j’avais pris pour autre chose. Oups ! »

Mais au fil de la lecture, j’ai vite déchanté. Les seuls amis de Joe sont ses poissons rouges et sa vie est bien monotone. Même ses meurtres le sont, ils se ressemblent tous et ne marquent pas le lecteur. À part jouer l’attardé au commissariat, rendre visite à sa chieuse de mère et tuer quelques femmes, Joe ne fait rien. Les mêmes scènes se répètent encore et encore, sans apporter grand-chose de nouveau à l’intrigue : sa mère lui téléphone pour l’engueuler, Joe se vante de sa façon de crocheter une serrure ou de voler une voiture, il lave le commissariat et subtilise des documents. Bref une routine qui ne m’a pas intéressée et j’ai eu du mal à voir l’intérêt de l’enquête, qui n’avance pas !

J’ai vraiment aimé le style de l’auteur et son humour, à défaut de son personnage. Évidemment, il ne nous dépeint pas un tueur sympathique, le but n’est pas que l’on se prenne d’amitié pour lui, et Paul Cleave réussit bien son coup, car Joe est irritant au possible, sauf dans ses moments de faiblesse. Ce sont d’ailleurs les moments les plus captivants ! Les personnages secondaires sont quant à eux intéressants, dommage qu’on ne mette pas un peu plus l’accent sur leur vie.
Mais au final, je suis bien déçue de cette lecture, qui ne m’a fait ni chaud ni froid. L’intrigue n’a pas un point de chute hors du commun et l’enquête en elle-même tire en longueur. Je me retrouve une fois de plus seule avec mon avis mitigé, car Un employé modèle semble faire l’unanimité auprès des libraires et blogueurs (hylyirio, lasardine).

Note : 4,5/10

Extras
Traducteur : Benjamin Legrand
Première publication : mai 2010
Fiche Bibliomania
Le trailer du roman :

Je remercie Babelio et les éditions Le Livre de Poche pour ce partenariat.
Babelio - Masse Critique        Le Livre de Poche

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Publié le 23/10/2011, dans Policier/Thriller, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. 8 Commentaires.

  1. Tu ne seras pas étonnée si je t’écris que je me reconnais dans ta critique ! Ravie de découvrir ton blog, j’y reviendrai avec plaisir !

  2. C’est dommage qu’il ne t’aie pas plu, mais bon, un livre n’est pas abordé par tout le monde de la même manière, on n’accroche pas aux mêmes choses et heureusement que tout le monde n’aime pas la même chose 😉

    • Je suis tout à fait d’accord avec toi ! Contente qu’il t’ait plu, comme la plupart des autres blogueurs 🙂 Moi ce sera la prochaine fois, pourquoi pas essayer un autre du même auteur…

  3. d’autres avis m’avait donné envie mais vu ton article, je vais m’abstenir

    • Ce n’est que mon humble avis (qui semble ne pas être la majorité du tout) donc n’hésitez pas à voir par vous-même, vous pourriez être surprises !
      Le personnage sort du commun, ça c’est un plus, et c’est bien écrit, donc pourquoi pas, c’est juste que moi je n’ai vraiment pas su accrocher ni à l’intrigue, ni au personnage trop imbu de lui-même…

  4. Dommage, il me semblait intéressant. Je dois avouer que maintenant j’ai un peu peur de l’ajouter à ma PaL. La « BA » semblait attrayante. J’hésite. Je me tâte. Je le laisse en suspent pour le moment. Je ne suis pas en manque de lecture, de toute façon. 🙂

  5. Oh non, tu n’es pas seule. Nous formons maintenant la paire d’avis mitigé pour ce roman =D Je l’ai reçu en Partenariat et j’ai vraiment été déçue… je me suis beaucoup ennuyée (sauf la scène d’ouverture qui est grandiose, surtout avec Peluche, ainsi que celle du parc qui est carrément hallucinante)
    Au plaisir de te lire ^^

    Cajou

    • On s’entend assez bien sur nos dernières lectures on dirait 😀 Les deux scènes dont tu parles sont en effet les deux seuls moments où l’histoire m’a vraiment scotchée, dommage que ça ne s’est pas propagé à tout le livre !

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