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Non Stop, de Frédéric Mars

Non stop, de Frédéric Mars

Mon résumé

New York, le 9 septembre 2012.
Un homme reçoit une enveloppe et se met à marcher. Lorsqu’il s’arrête, il explose. Et puis un autre. Et encore un autre. Le souvenir des attentats du 11 septembre est encore vibrant dans la mémoire des Américains et ceci ressemble bien à une nouvelle attaque terroriste. La police et le FBI se retrouvent embarqués dans une course contre la montre infernale : la vie de milliers d’Américains est en jeu et le temps presse.


Mon avis

Ce pavé de 657 pages a fait le buzz à sa sortie et cela a titillé ma curiosité : une histoire de marcheurs piégés, sur fond de terrorisme aux États-Unis. À vrai dire, c’est le genre de roman qui ne me dit rien du tout, car je ne suis pas du tout branchée politique (américaine ou autre, d’ailleurs) mais la plupart des blogueurs l’ont encensé à un tel point que j’ai quand même donné sa chance à Non Stop, et je ne le regrette pas ! Merci donc à Jess, Tiboux, Korto, ilnyak1pas et bien d’autres pour leur chronique très engageante, sans lesquelles je serais sans doute passée à côté de ce thriller original.

Je n’avais pas lu un livre aussi long depuis longtemps. La lecture m’a semblé durer une éternité et pourtant, j’ai apprécié chaque page. Il y a certes des longueurs, pas mal de descriptions, de personnages, de lieux, et pourtant chaque page a son importance. En effet, Frédéric Mars nous décrit en détails tous ses personnages. Même les personnages secondaires ou les plus anodins reçoivent une page ou deux pour que nous puissions faire un peu leur connaissance. Quand aux personnages principaux, ils sont très présents et attachants. En particulier, le policier Sam Pollack, un homme touchant qui n’a pas toujours eu une vie facile.

« Pas de larmes. Pas de grimace. Pas de mâchoire qui se contracte. Tout son drame se jouait à l’intérieur, à huis clos. Défense d’entrer dans mon malheur. »

Frédéric Mars s’est donné comme challenge de rendre son roman haletant et rythmé, à l’instar de la série 24 heures chrono dont il s’est inspiré. Et il a parfaitement relevé le défi ! Le livre est découpé en trois parties, les 9, 10 et 11 septembre. Chaque chapitre a lieu à un moment précis dans un endroit précis, et est parfois mis en parallèle avec un autre afin que l’on sache ce qu’il se passe partout à tout moment. On se retrouve bel et bien à New-York à suivre ces « marcheurs de la mort », à enquêter en temps réel avec les policiers.

L’histoire se déroule en septembre 2012 et se base en grande partie sur l’actualité en Amérique et au Moyen-Orient. Cela saute aux yeux que l’auteur s’est énormément renseigné et a fait un gros travail de recherche avant d’écrire son roman.
Les attentats du 11 septembre et le printemps arabe prennent une grande place dans le roman, et pour ceux, qui comme moi, ne sont pas très au fait des tensions entre les pays du Moyen-Orient, ce n’est pas toujours facile de s’y retrouver. Pour moi, c’était même parfois du charabia.

« Je ne vous apprends rien si je vous dit que les révolutions arabes du printemps 2011 ont considérablement affaibli la position de l’État juif dans la région. La plupart des alliés de Tel-Aviv sont tombés. À commencer par son soutien historique dans le camp arabe, l’ex-président égyptien Moubarak. Ce que vous devez comprendre, c’est que cela ne marque pas le début du déclin israélien. Mais déjà sa troisième étape. La première a eu lieu au Liban, en 2006. En repoussant l’offensive israélienne, le Hezbollah a prouvé à tout le monde musulman que Tsahal n’était pas invincible. C’était inédit. Énorme. »

L’auteur utilise parfois des notions compliquées, mais elles sont le plus souvent expliquées et bien intégrées au roman. J’ai donc appris ce qu’est une opération sous faux pavillon, par exemple. Pour les ignorants comme moi, il s’agit de procéder à des attentats sur son propre sol dans le but qu’ils soient attribués à un autre pays et ainsi légitimer une invasion armée dans le pays en question. On touche donc ici à la théorie du complot, et là, ça a piqué ma curiosité car dans le même genre, j’avais beaucoup aimé Les arcanes du chaos de Maxime Chattam.

Au final, je pense que ce n’est pas vraiment un livre pour moi car je ne suis pas assez cultivée et intéressée par la géopolitique mondiale pour saisir toutes les allusions et références. Même si l’auteur essaye de nous donner les clés pour bien comprendre, je ne suis pas parvenue à saisir tout le sens de l’histoire. Mon avis est donc bien plus mitigé que celui des autres lecteurs, mais je ne peux m’en prendre qu’à moi-même, car le livre est original, actuel, très bien ficelé et documenté, et je n’ai pas grand-chose à reprocher à l’auteur. J’ai adoré le style de Frédéric Mars et découvrir cette histoire aux côtés de ses personnages a été un vrai régal, dommage qu’elle m’ait paru si complexe.

 Note : 7/10

Extras
Première publication : novembre 2011
Fiche Bibliomania
Frédéric Mars nous a fait le plaisir de venir discuter sur Livraddict.
Voici quelques-unes de ses réponses (pour voir toute la discussion, c’est ici).
Votre livre a-t-il été traduit en anglais et si oui, a-t-il autant de succès qu’en France/Belgique ? Comment les Américains ont-ils réagi ?
Non, NON STOP n’a pas encore été traduit. C’est bien sûr envisagé, mais vous savez comme les américains sont protectionnistes… 😉
Ils n’apprécient qu’à moitié qu’un auteur européen écrive à propos de leur histoire et de leurs événements emblématiques.
Comme votre roman est très ancré dans l’actualité présente (les révolutions arabes, la mort de Ben Laden), je voulais savoir quand vous l’avez écrit et, si c’est avant ces événements, si vous avez dû le reprendre pour vous adapter à l’actualité ?
Je l’ai écrit au cours de l’hiver et printemps 2011, donc pile pendant le printemps arabe… et j’ai donc eu le loisir de réviser ma copie presque « en direct », ce qui était d’ailleurs assez excitant. La mort de Ben Laden en particulier m’a contraint à revoir pas mal de choses, car j’avais presque fini à ce moment là.
J’ai été étonné de voir votre livre dans une collection jeunesse et certaines librairies le rangent en rayon jeunesse…
NON STOP a été publié par Black Moon justement parce que cette maison voulait élargir le spectre de ses publications, et « grandir avec ses lecteurs ». C’est bien un thriller adulte, et si certains libraires l’ont classé en jeunesse… c’est qu’ils ont mal écouté les consignes du diffuseur, et qu’ils ont « bêtement » appliqué l’équation : BM = jeunesse ! Mais ils vont devoir s’y habituer car BM a bien l’intention de poursuivre dans cette voie, avec moi et d’autres auteurs aussi.

Et voici une petite vidéo de Frédéric Mars qui parle de ses inspirations.