Archives Mensuelles: juin 2012

No et moi, de Delphine de Vigan

No et moi, de Delphine de Vigan

Mon résumé

ou est une petite surdouée de 13 ans, qui se sent un peu seule. Sa mère ne la regarde plus, son père ne fait que s’occuper de sa mère et à l’école, personne ne fait attention à la petite Lou. Alors elle passe le temps, en réfléchissant, en inventant des expériences, en collectionnant ou en regardant les gens se dire au revoir et se retrouver à la gare. C’est là qu’elle rencontre No, une jeune SDF. Lou n’en revient pas de la misère dans laquelle elle vit, et décide de tout faire pour l’aider.

Nbr de pages : 250 / Éditeur : Le Livre de Poche

Mon avis

Un tout petit livre, mais à l’intérieur, une plume magnifique, des phrases qui vous touchent au plus profond de vous-même et une histoire qui fait réfléchir.

Delphine de Vigan m’a vraiment offert un joli moment de lecture et elle m’a aussi beaucoup impressionnée. Je ne suis pas une grande fan des nouvelles ou des petits romans, car j’ai toujours un petit goût de trop peu, d’inachevé. No et moi est certes assez court, mais les émotions sont là et les personnages sont réels, vivants, complexes, travaillés.

Il y a Lou, cette petite surdouée, qui n’arrête pas de réfléchir sur tout, tout le temps et ses réflexions sur le monde sont assez innocentes, mais aussi très justes. Elle semble avoir grandi trop vite, et elle ne trouve pas vraiment sa place, ni à l’école, ni dans sa famille. Un petit bout de chou qui m’a émue tout au long du livre. Elle a une volonté de fer, de l’espoir, elle veut changer le monde et elle est prête à tout pour sauver No. Nolwenn, cette ado qui s’est construit une carapace pour survivre dans la rue, qui s’accroche à Lou comme à une bouée de sauvetage, qui dérape, se mure dans ses silences ou éclate d’un rire qui nous transporte. En fait, elles semblent toutes les deux paumées et ont autant besoin l’une de l’autre.

Une fois je me suis assise à côté d’elle sur son lit, elle s’est tournée vers moi et elle m’a dit : alors maintenant on est ensemble, toutes les deux ? j’ai répondu oui, je ne savais pas très bien ce que ça signifiait pour elle, être ensemble, c’est quelque chose qu’elle demande souvent : on est ensemble, hein, Lou ? Maintenant je sais. Ça veut dire que rien jamais ne pourra nous séparer, c’est comme un pacte entre nous, un pacte qui se dispense de mots.

C’est une histoire triste, mais qui ne tombe jamais dans le dramatique, il y a toujours une petite lueur d’espoir et la fraîcheur de Lou. Un sujet très difficile que Delphine de Vigan a su aborder avec simplicité, sans clichés. Elle écrit superbement bien, et tous les passages du livre pourraient figurer comme citations, tellement ils sont beaux ou originaux ou amusants ou émouvants.

Souvent je regrette qu’on ne puisse pas effacer les mots dans l’air, comme sur un papier, qu’il n’existe pas un stylo spécial qu’on agiterait au-dessus de soi pour retrancher les paroles maladroites avant qu’elles puissent être entendues.

Lou restera un de mes personnages préférés de la littérature. Elle nous donne envie de nous battre pour nos convictions et d’avoir comme elle une vision du monde simple mais juste. Comme le dit Lucas dans le livre, Lou, elle est « toute petite », mais elle est « toute grande ».

Note : 8,5/10

Extras
Première publication : août 2007
Fiche Bibliomania
No et moi a reçu le Prix des Libraires.

 Une nouvelle lecture pour le Challenge ABC de Nanet !

 Challenge ABC 2012
N° 5 dans le challenge ABC 2012 – Lettre V

Un mot sur le film

No et moi, de Zabo Breitman

Mon avis

J’avais un peu peur d’être déçue, mais c’est une jolie adaptation. La dynamique du livre est respectée et la relation fusionnelle de Lou et No est aussi émouvante. La réalisatrice n’a pas pris trop de libertés, si ce n’est pour la fin qui est un peu différente : je trouve qu’il manque quelques détails pour expliquer l’attitude de No. Les acteurs jouent vraiment bien, Lou est toute mignonne et aussi attachante que dans le roman. No est un rien plus extravagante, j’ai parfois eu l’impression que l’actrice surjouait un peu, mais au final, on voit bien les différentes facettes de No, ses contradictions, ses efforts pour sortir la tête de l’eau et sa lente descente aux enfers.

Extras
Sorti en novembre 2010 ; Durée : 1 h 45.
Actrices : Nina Rodriguez (Lou), Julie-Marie Parmentier (No).
Zabou Breitman, la réalisatrice, joue aussi le rôle de la mère de Lou.
Anecdotes :
les figurants du films sont interprétés par des comédiens amateurs.
Ainsi les SDF sont joués par de vrais sans-abris, les ados par de vrais lycéens…
Quelques mots de Zabou Breitman sur les différences entre le roman et le film :
« Plus généralement, le temps de l’adaptation est celui de la compression et du choix : que va-t-on laisser de côté ?Je ne croyais pas, par exemple, à la relation préalable entre Lucas et Lou, telle qu’elle était racontée dans le livre : les clans, entre adolescents, sont très rigides…
Lucas ne regarde Lou que parce qu’il y a No, c’est leur trio qui m’intéressait, et le regard que chacun porte sur les deux autres: on ne sait pas vraiment qui aime qui. »

Source : allocine.fr

Challenge Regarde ce que tu lis

Au commencement il y avait Bob, de Meg Rosoff

Au commencement il y avait Bob, de Meg Rosoff


Quatrième de couverture

Et Bob dit : « Que les eaux et la terre grouillent d’espèces, qu’il y ait des bêtes à plumes et énormément de nanas canons. »

Alors il se mit au boulot et créa la terre, le ciel et le reste. Tout ça en seulement six jours. Six jours ! Félicitations, Bob. Pas étonnant que la vie soit un tel bazar.

Et si Dieu n’était pas le vieux barbu qu’on imagine tous, mais un adolescent ordinaire ? Un jeune paresseux, égocentrique et un brin obsédé. Qui chaque fois qu’il tombe amoureux – et ça arrive souvent ! – provoque un désastre sans nom sur notre bonne vieille planète…

Nbr de pages : 342 / Éditeur : Hachette (Black Moon) / Titre VO : There Is No Dog

Mon avis

Un résumé alléchant et original, mais le roman n’est clairement pas à la hauteur de sa quatrième de couverture, malheureusement. L’idée de départ m’a vraiment plu et j’espérais me payer une bonne tranche de rire avec ce nouveau roman. Ça commençait assez bien d’ailleurs, car les cent premières pages m’ont arraché quelques sourires, avec toutes les idées stupides de Bob lors de la Création et son esprit de gamin obsédé.

Il saisissait maintenant à quel point il avait eu la vue courte. Avait-il vraiment besoin du castor ? Du cœlacanthe ? Un monde tout plein de Lucy n’aurait-il pas été beaucoup plus agréable que les syrphes et les lombrics ? Il n’y pouvait plus rien, désormais. Même si, la prochaine fois, il veillerait à être bien plus soigneux. Lorsque cette planète s’éteindrait, on lui en donnerait une autre ; il ne manquerait alors pas de la peupler de nanas superbes et toutes (sans exception) désireuses de s’envoyer en l’air avec lui. Que du bonheur, aucun inconvénient.

Mais l’histoire est très vite devenue lassante. Bob est « amoureux » (oui en fait, il veut surtout tremper son biscuit) et courtise Lucy. Rien de bien passionnant ne se passe et les histoires secondaires n’ont pas de réelle incidence. L’humour est bien présent, mais on tombe parfois dans la vulgarité ou le mauvais goût.

Si seulement Mister B avait été un second correct, il s’en serait chargé, il aurait pris quelques minutes sur son emploi du temps frénétique chargé d’enfants malades, de femmes violées ou de tout ce qui avait provoqué ses pleurnicheries cette semaine. Bob leva les yeux au ciel. Malades, affamés, tout ça, c’était du pareil au même. Il ne comprenait pas qu’on en fasse tout un plat. N’importe quel observateur doté d’un unique neurone aurait pigé qu’il y aurait toujours une classe inférieure – serfs, esclaves, intouchables – et, qui plus est, qu’elle méritait sûrement l’horreur de son sort. Il détestait que Mister B perde tout ce temps (un temps précieux qu’il aurait pu consacrer, genre, à moi ?) à se biler pour des masses populeuses, telle une ascète de vieille mémé pathétique s’adonnant à ses bonnes œuvres.

J’ai fini par ne plus rire du tout, et évidemment impossible de s’attacher un tant soit peu à Bob, qui ne pense qu’à lui et à s’envoyer en l’air (l’histoire de Bob et d’son zob, quoi). Quant aux autres personnages, ils sont assez fades et c’est difficile de vraiment s’intéresser à leur sort. Et la fin ne relève même pas le niveau.

Le thème du sexe semblait donc assez présent jusqu’à ce que surprise, quand il est enfin question de passage à l’acte, on ne nous dit rien, grosse ellipse temporelle (j’ai dû revenir sur mes pas pour voir si j’avais loupé quelque chose, mais non, pas un petit mot indiquant qu’ils ont fait crac-crac). Tout ça pour ça, ok…

Bref, belle déception que ce roman jeunesse (qui n’est pas pas si jeunesse, selon moi) alors que tous les ingrédients étaient réunis pour nous faire passer un bon moment, plongés dans une histoire atypique. Dernier point négatif, le style (auteure ou traducteur ?) m’a vraiment déplu ; des chapitres au présent, d’autres au passé simple, le passage du il au je, des tournures très soutenues ou vieillottes (par exemple, la nue pour les nuages) agrémentées d’un vocabulaire parfois très familier, argotique et même de régionalismes que je ne connais pas (et Larousse non plus, d’ailleurs). Le voilà le point positif, j’ai appris plein de nouveaux mots (onanisme, longanimité, par-devers lui, in petto, calancher, décaniller, felouque, épastrouillant, et tant d’autres) !

Note : 3,5/10

Extras
Traducteur : Luc Rigoureau, qui a aussi traduit la saga Twilight.
Première publication : mai 2012
Fiche Bibliomania
L’avis de Luthien est un peu plus positif que le mien,
mais pour vous faire votre propre idée,
n’hésitez pas à aller lire les 4 premiers chapitres ici.

Je remercie tout de même  Livraddict et les éditions Hachette pour ce partenariat.
LivraddictHachette Livre

La rivière à l’envers, de Jean-Claude Mourlevat

La rivière à l'envers, de Jean-Claude Mourlevat

 

Mon résumé

Tomek, à 13 ans, est orphelin et tient la petite épicerie du village. Tout le monde l’adore et le connaît mais Tomek lui, rêve de voyages. Lorsqu’une petite fille, Hannah, débarque dans son magasin à la recherche d’eau de la rivière Qjar, l’eau qui empêche de mourir, il sent qu’il est plus que jamais prêt à partir à l’aventure pour trouver cette fameuse rivière. Un long chemin et des centaines de péripéties l’attendent, pour notre plus grand plaisir de grands enfants.

Nbr de pages : 191 / Éditeur : Pocket Junior

Mon avis

Quelle belle découverte ! Ce petit livre traînait chez moi depuis des années et je n’avais jamais pensé à le lire. Je serais passée à côté d’une superbe petite histoire, car même si le livre est plutôt destiné à de jeunes lecteurs, j’ai adoré me plonger dans l’univers fantastique et original créé par Mourlevat.

Cet auteur a un réel talent de conteur et est doté d’une imagination débordante. Il nous emmène au côté de Tomek pour un voyage à couper le souffle : en entrant dans la Forêt de l’Oubli, vos proches oublieront que vous existez, en traversant une prairie, le parfum des fleurs vous endormira pour des années, un arc-en-ciel avalera votre bateau pour vous emporter sur l’Île Inexistante et tout ça pour trouver une rivière qui coule à l’envers… dont l’eau empêche de mourir.

À chaque page, une nouvelle surprise, une nouvelle découverte, un nouveau personnage hors du commun. Le côté merveilleux qui émane de ce livre enchantera les plus jeunes, mais l’univers unique dans lequel on est transporté saura également ravir les plus grands. En tout cas, moi j’ai été conquise ! Je pensais que j’avais passé l’âge pour ce genre de lecture, mais le style de Mourlevat est parfait et j’ai adoré retomber en enfance, faire marcher mon imagination pour m’immerger dans ce monde fantastique.

Je vous laisse avec une petite devinette que Tomek a dû résoudre pour continuer sa quête :

Nous sommes sœurs, aussi fragiles que les ailes du papillon, mais nous pouvons faire disparaître le monde. Qui sommes-nous ?

Note : 9/10

Extras
Première publication : août 2000
Fiche Bibliomania
Dans ma PàL du même auteur : Le combat d’hiver
Un tome 2 est sorti en 2002, Hannah,
qui raconte cette fois l’aventure de la jeune fille,
elle aussi à la recherche de l’eau de la rivière Qjar.

L’appel de l’ange, de Guillaume Musso

L'appel de l'ange, de Guillaume Musso

Mon résumé

Madeline est fleuriste.
Elle habite à Paris.
Elle attend l’avion à l’aéroport JFK après un week-end romantique
à New York avec son fiancé.

Jonathan est chef-cuisinier.
Il habite à San Francisco.
Il attend l’avion à l’aéroport JFK
où il est venu chercher son fils pour les vacances.

Ils ne se connaissent pas. Ils ont chacun leur vie, leurs secrets.
Par mégarde, ils échangent leur GSM… et ils vont découvrir des choses qu’ils ne sont pas censés savoir l’un sur l’autre.

Nbr de pages : 382 / Éditeur : XO Éditions

Mon avis

Musso et moi, c’est une longue histoire d’amour. N’en déplaise à tous ses détracteurs, on peut aimer les classiques et les Musso (si si, je vous jure). Je trouve ça parfois dommage de voir à quel point les gens peuvent être véhéments envers Musso ou Lévy sans jamais avoir ouvert un de leurs livres. Je suis cet auteur depuis ses débuts, j’ai lu tous ses livres et je dois dire qu’il m’a rarement déçue. Avec L’appel de l’ange, l’auteur a voulu allier thriller et romance et a décidé de laisser tomber le petit côté surnaturel propre à tous ses autres bouquins, à mon grand regret. Sans vraiment me décevoir, ce livre n’a pas su me captiver et me séduire.

J’ai tout de même retrouvé la jolie plume de Musso tout en simplicité, mais dynamique qui donne envie de lire encore et encore même quand il y a des petits temps morts. Et puis, le petit plus, ce sont les belles citations toujours très à propos au début de chaque chapitre, les articles de journaux et les SMS échangés sur lesquels on tombe au fil de notre lecture.

Quand tu aimes quelqu’un, tu le prends en entier, avec toutes ses attaches, toutes ses obligations. Tu prends son histoire, son passé et son présent. Tu prends tout ou rien du tout.
R.J. Ellory

Les personnages sont toujours aussi bien décrits, pleins de vie ou de nostalgie. On découvre à coups de flash-back une Madeline fragile mais prête à tout et un Jonathan désespéré qui tente de retrouver le goût de la vie. J’ai vraiment apprécié découvrir leur histoire, leur passé, leurs secrets, leurs remords et leurs doutes, mais une fois qu’ils se rencontrent, la magie a cessé d’opérer. Je n’ai pas cru à leur romance un peu rapide, qui aurait pu être très belle étant donné leur fort caractère et les secrets qu’ils ont découvert l’un sur l’autre, le destin qui semble vouloir les lier coûte que coûte.

Ils avaient nourri une obsession l’un pour l’autre, pénétrant leurs secrets les plus intimes, leur fragilité, leur ténacité, découvrant des forces et des faiblesses qui semblaient se faire écho.

Et en ce qui concerne le côté policier, l’intrigue est bien ficelée mais n’a pas su me convaincre, le tout un peu trop rocambolesque et sans réelle surprise. J’ai trouvé que le thriller prenait trop le pas sur la romance et la relation entre Madeline et Jonathan n’était ni vraiment approfondie ni captivante.

C’est l’histoire de leur vie respective qui m’a séduite dans cette histoire, les épreuves qu’ils ont su surmonter, leur caractère, mais ni le côté romance, ni le côté thriller ne m’a vraiment convaincue. Cela reste une jolie histoire (avec un joli titre même si on ne voit pas bien d’où il sort), bien écrite avec des personnages touchants. Mais le mélange des deux genres n’a pas fonctionné sur moi, je préfère les belles histoires d’amour de Musso et surtout il me manque un peu la dimension fantastique que j’aime tant dans les autres romans de Musso.

Note : 7/10

Extras
Première publication : mars 2011
Fiche Bibliomania
Elles ont adoré : Bubblegirl67, Petit-lips, Sookies.

 

J’ai lu ce livre dans le cadre d’une lecture commune avec Elyssandre qui s’attendait vraiment à quelque chose d’autre. Elle a trouvé l’histoire peu crédible avec beaucoup d’action et de péripéties. J’ai eu du mal à me transporter dans la seconde partie du roman qui se rapprochait plus d’un vague épisode de 24h chrono parsemé de quelques paillettes de romance. Dommage. Pour un premier Musso, je dois dire que c’est une assez grande déception. Retrouvez son avis ici.

Je rattrape un peu mon énorme retard pour le Challenge ABC de Nanet !
Challenge ABC 2012
N° 4 dans le challenge ABC 2012 – Lettre M