Au commencement il y avait Bob, de Meg Rosoff

Au commencement il y avait Bob, de Meg Rosoff


Quatrième de couverture

Et Bob dit : « Que les eaux et la terre grouillent d’espèces, qu’il y ait des bêtes à plumes et énormément de nanas canons. »

Alors il se mit au boulot et créa la terre, le ciel et le reste. Tout ça en seulement six jours. Six jours ! Félicitations, Bob. Pas étonnant que la vie soit un tel bazar.

Et si Dieu n’était pas le vieux barbu qu’on imagine tous, mais un adolescent ordinaire ? Un jeune paresseux, égocentrique et un brin obsédé. Qui chaque fois qu’il tombe amoureux – et ça arrive souvent ! – provoque un désastre sans nom sur notre bonne vieille planète…

Nbr de pages : 342 / Éditeur : Hachette (Black Moon) / Titre VO : There Is No Dog

Mon avis

Un résumé alléchant et original, mais le roman n’est clairement pas à la hauteur de sa quatrième de couverture, malheureusement. L’idée de départ m’a vraiment plu et j’espérais me payer une bonne tranche de rire avec ce nouveau roman. Ça commençait assez bien d’ailleurs, car les cent premières pages m’ont arraché quelques sourires, avec toutes les idées stupides de Bob lors de la Création et son esprit de gamin obsédé.

Il saisissait maintenant à quel point il avait eu la vue courte. Avait-il vraiment besoin du castor ? Du cœlacanthe ? Un monde tout plein de Lucy n’aurait-il pas été beaucoup plus agréable que les syrphes et les lombrics ? Il n’y pouvait plus rien, désormais. Même si, la prochaine fois, il veillerait à être bien plus soigneux. Lorsque cette planète s’éteindrait, on lui en donnerait une autre ; il ne manquerait alors pas de la peupler de nanas superbes et toutes (sans exception) désireuses de s’envoyer en l’air avec lui. Que du bonheur, aucun inconvénient.

Mais l’histoire est très vite devenue lassante. Bob est « amoureux » (oui en fait, il veut surtout tremper son biscuit) et courtise Lucy. Rien de bien passionnant ne se passe et les histoires secondaires n’ont pas de réelle incidence. L’humour est bien présent, mais on tombe parfois dans la vulgarité ou le mauvais goût.

Si seulement Mister B avait été un second correct, il s’en serait chargé, il aurait pris quelques minutes sur son emploi du temps frénétique chargé d’enfants malades, de femmes violées ou de tout ce qui avait provoqué ses pleurnicheries cette semaine. Bob leva les yeux au ciel. Malades, affamés, tout ça, c’était du pareil au même. Il ne comprenait pas qu’on en fasse tout un plat. N’importe quel observateur doté d’un unique neurone aurait pigé qu’il y aurait toujours une classe inférieure – serfs, esclaves, intouchables – et, qui plus est, qu’elle méritait sûrement l’horreur de son sort. Il détestait que Mister B perde tout ce temps (un temps précieux qu’il aurait pu consacrer, genre, à moi ?) à se biler pour des masses populeuses, telle une ascète de vieille mémé pathétique s’adonnant à ses bonnes œuvres.

J’ai fini par ne plus rire du tout, et évidemment impossible de s’attacher un tant soit peu à Bob, qui ne pense qu’à lui et à s’envoyer en l’air (l’histoire de Bob et d’son zob, quoi). Quant aux autres personnages, ils sont assez fades et c’est difficile de vraiment s’intéresser à leur sort. Et la fin ne relève même pas le niveau.

Le thème du sexe semblait donc assez présent jusqu’à ce que surprise, quand il est enfin question de passage à l’acte, on ne nous dit rien, grosse ellipse temporelle (j’ai dû revenir sur mes pas pour voir si j’avais loupé quelque chose, mais non, pas un petit mot indiquant qu’ils ont fait crac-crac). Tout ça pour ça, ok…

Bref, belle déception que ce roman jeunesse (qui n’est pas pas si jeunesse, selon moi) alors que tous les ingrédients étaient réunis pour nous faire passer un bon moment, plongés dans une histoire atypique. Dernier point négatif, le style (auteure ou traducteur ?) m’a vraiment déplu ; des chapitres au présent, d’autres au passé simple, le passage du il au je, des tournures très soutenues ou vieillottes (par exemple, la nue pour les nuages) agrémentées d’un vocabulaire parfois très familier, argotique et même de régionalismes que je ne connais pas (et Larousse non plus, d’ailleurs). Le voilà le point positif, j’ai appris plein de nouveaux mots (onanisme, longanimité, par-devers lui, in petto, calancher, décaniller, felouque, épastrouillant, et tant d’autres) !

Note : 3,5/10

Extras
Traducteur : Luc Rigoureau, qui a aussi traduit la saga Twilight.
Première publication : mai 2012
Fiche Bibliomania
L’avis de Luthien est un peu plus positif que le mien,
mais pour vous faire votre propre idée,
n’hésitez pas à aller lire les 4 premiers chapitres ici.

Je remercie tout de même  Livraddict et les éditions Hachette pour ce partenariat.
LivraddictHachette Livre

Publicités

Publié le 11/06/2012, dans Fantastique, Jeunesse, et tagué , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 7 Commentaires.

  1. En lisant ton article, je découvre plein de choses qui ne m’ont pas dérangée dans ma lecture… Comme quoi, je devrais vraiment m’attendre au pire ! Du coup, j’ai passé un assez bon moment avec ce livre 😉

  2. Wow… Le titre avait l’air alléchant, le 4ème de couverture aussi.. Je suis bien contente que tu l’ais lu avant moi car un livre qui promet tellement j’aurais été super dégoutée d’en être déçue à ce point…

    En espérant que tu ais plus de chance la prochaine fois! 😉

  3. Déjà que je n’avais pas entendu de supers avis, bas là, je suis carrément refroidit ! 🙂 Bon bas, on va zapper ce livre !
    Merci pour cette chronique qui m’a permit d’être fixée !:)

  4. J’ai bien aimer le « il veut surtout tremper son biscuit ». C’est toujours embêtants les termes fantaisistes ou régionaux lorsqu’ils ne sont pas expliqués…

  5. Bon et bien finalement toi non plus tu n’as pas apprécié. On s’est tous laissés avoir par la 4ème….

  6. plumedecajou

    Hihihihi eeuhhhhh cela ne t’étonnera pas que je passe mon tour. Rien que le défaut que tu soulignes sur la langue (les changements de temps et de personne), ça me fait fuir alors avec le reste…
    Bon espérons que ta prochaine lecture soit plus sympa =D

  7. Ah j’ai cru aussi avoir raté quelque chose pour le passage à l’acte. Même pas un mot dessus quoi. <_<
    Les histoires secondaires m'ont plu et ont sauvé ce roman sinon ma note aurait été aussi mauvaise que la tienne.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :