Archives Mensuelles: juillet 2012

Je l’aimais, d’Anna Gavalda

Je l'aimais, d'Anna Gavalda


Mon résumé

Chloé est désemparée. Son mari l’a quittée pour une autre. Curieusement, c’est son beau-père qui va lui apporter le réconfort dont elle a besoin en l’emmenant à la campagne pour lui raconter sa propre histoire d’amour déçue.

Nbr de pages : 127 / Éditeur : J’ai lu

Mon avis

Au bout de combien de temps oublie-t-on l’odeur de celui qui vous a aimée ? Et quand cesse-t-on d’aimer à son tour ?
Qu’on me tende un sablier.

Je partais déjà avec de forts a priori pour ce très court roman, après ma déception pour L’échappée belle. Heureusement, je n’ai pas eu la même impression brouillonne et j’ai aimé la plume légère de Gavalda qui arrive à traiter de sujets plus sensibles. Malgré tout, cette histoire n’a pas su me transporter et m’émouvoir.

Ce roman raconte l’histoire de Chloé, que son mari a quittée, et l’histoire de Pierre, qui n’a pas osé quitter sa femme. Et tout deux sont malheureux. Toute la nuit, au coin du feu, Pierre raconte à Chloé. L’amour qui débarque sans prévenir, l’insouciance, la peur de perdre l’autre, la lâcheté qui fait promettre n’importe quoi, les erreurs.

— Je l’ai aimée plus que tout. Plus que tout…
Je ne savais pas qu’on pouvait aimer à ce point… Enfin, moi en tout cas, je croyais que je n’étais pas… « programmé » pour aimer de cette façon. Les déclarations, les insomnies, les ravages de la passion, c’était bon pour les autres tout ça. D’ailleurs, le seul mot de passion me faisait ricaner. La passion, la passion ! Je mettais ça entre hypnose et superstition, moi… C’était presque un gros mot dans ma bouche. Et puis, ça m’est tombé dessus au moment où je m’y attendais le moins. Je… J’ai aimé une femme.
Je suis tombé amoureux comme on attrape une maladie. Sans le vouloir, sans y croire, contre mon gré et sans pouvoir m’en défendre, et puis…
Il se raclait la gorge.
— Et puis je l’ai perdue. De la même manière.

Un petit morceau de vie pour montrer l’importance des choix, l’importance de l’amour et de la recherche du bonheur. Une nouvelle vision sur le couple et la rupture. Vaut-il mieux souffrir beaucoup aujourd’hui ou un peu toute sa vie ?

L’histoire est donc touchante, mais on s’ennuie un peu, surtout pendant la première moitié, où il a vraiment fallu que je m’accroche. Le livre est plein de jolies paroles, mais dans la bouche de Chloé, amère suite à sa rupture, ça ne sonnait pas toujours juste. Sa rage, sa déception, sa tristesse n’ont pas su m’émouvoir et son histoire, au final, n’est qu’un prétexte à celle de Pierre, bien plus émouvante.

Un bon moment de lecture, mais une histoire finalement très pessimiste dont je garderai sûrement peu de souvenirs.

Note : 6,5/10

Extras
Première publication : février 2002
Fiche Bibliomania
Ce roman a été adapté au cinéma en 2009 par Zabou Breitman,
avec Daniel Auteuil, dans le rôle de Pierre.

Une nouvelle lecture pour le Challenge ABC de Nanet !

 Challenge ABC 2012
N° 6 dans le challenge ABC 2012 – Lettre G

La Blogo de la Tentation #1

La Blogo de la Tentation

Je passe des heures sur vos blogs, à saliver devant vos chroniques coups de cœur, devant les nouvelles sorties que vous découvrez avant moi. J’essaie de ne pas trop succomber dans cette blogo de la tentation, mais certaines d’entre vous ont l’art de me donner envie de sortir directement acheter le livre dans la librairie la plus proche. Vous savez trouver les mots qu’il faut pour me convaincre, et mon portefeuille ne vous remercie pas ! À la chasse aux tentatrices !

« Le meilleur moyen de se délivrer de la tentation, c’est d’y céder. »
Oscar Wilde

1. La tentatrice : Marie, de Des livres et des étoiles
Le fruit de la tentation : Enfernité, de Brodi Ashton

Enfernité, de Brodi Ashton

 Le titre m’avait déjà interpellée, j’aime bien le jeu de mots. Quand j’ai vu tous les avis positifs de la blogo, je me suis dit « Ouitch ! » et Marie a fini de me convaincre qu’il devait rejoindre d’urgence ma PàL 😀

« [..] les informations nous sont données au compte-gouttes, on suit un fil rouge tout au long du roman, récoltant les indices, rassemblant les morceaux du puzzle […]. »

2. La tentatrice : Élise, de À demi-mot
Le fruit de la tentation : Vango, de Thimotée de Fombelle

Vango, de Thimotée de Fombelle

Je n’avais pas du tout entendu parler de ce livre, jusqu’à ce que je tombe sur la chronique d’Élise. A priori, cette histoire de courses-poursuites ne me disait pas trop mais Élise a su trouver les mots pour me donner envie de découvrir Vango, pris dans ce terrible chassé-croisé ! Un livre jeunesse qui a l’air original.

« J’ai vraiment adoré me retrouver dès le premier chapitre, en pleine action. Une première scène époustouflante pour ce début sur les chapeaux de roue ! On ne sait pas qui est Vango, mais étrangement on l’aime déjà. »

3. La tentatrice : Cajou, de Plume de cajou
Le fruit de la tentation : Derrière la haine, de Barbara Abel

Derrière la haine, de Barbara Abel

Je connais assez bien les livres de cette auteure, mais j’avais zappé cette nouvelle sortie. Heureusement, Cajou est là pour nous obliger à aller l’acheter ! Elle a su me convaincre : tension, suspense, malveillance, un trio de choc !

« L’intrigue est juste géniale, j’ai vraiment adoré cette histoire. Ce drame psychologique (plutôt que thriller d’ailleurs : pas de sang, de tueur ni d’enquête, « juste » le quotidien qui bascule) est addictif, et je l’ai lu le cœur battant, le souffle court, ressentant angoisse et oppression. »

4. La tentatrice : Justine, de Fairy Neverland
Le fruit de la tentation : Boys don’t cry, de Malorie Blackman

Boys don't cry, de Malorie Blackman

J’ai découvert Malorie Blackman avec Entre chiens et loups et j’avais adoré son écriture. Je voulais lire un autre de ses livres et Justine a attiré mon attention sur ce beau roman qui a l’air très émouvant. C’est d’ailleurs un des plus gros coups de cœur émotion de Justine !

« Boys Don’t Cry fut une des lectures qui m’a le plus remise à ma place, une belle leçon de vie et qui, je l’espère, vous donnera une claque à vous aussi. Après tout, la tolérance, c’est une question d’éthique et de respect, et ça s’apprend… Pour finir, attendez-vous à avoir une des plus simples et plus belles morales à la fin, souvent oubliée. »

5. La tentatrice : Sab, de Les lectures de Sab
Le fruit de la tentation : La prime, de Janet Evanovich

La prime, de Janet Evanovich

Dans un style un peu plus joyeux, j’ai découvert cette sympathique petite série (18 tomes) grâce à Sab. Stephanie Plum m’a tout l’air d’une héroïne avec laquelle je risque de bien me marrer !

« Une héroïne détonnante, une histoire drôle mais bien ficelée !!! Que demander de plus ? J’ai déjà le tome 2 et il sera vite lu ! Spécialement pour ceux en pleine déprime, la prime est pour vous (pas mal le slogan) et aussi pour tout ceux qui ont envie d’une franche rigolade mais tout de même avec un fond d’histoire passionnante ! »

Hé oui, les blogueuses sont de vraies tentatrices ! Et comme je suis certaine qu’il y aura encore des centaines de livres tentants dans leurs chroniques, je vous propose de se rejoindre ici tous les 20 du mois, pour découvrir celles qui font grossir ma Wish et maigrir mon portefeuille.

Si vous voulez, comme moi, dénoncer vos propres tentatrices, n’hésitez pas à me rejoindre pour ce rendez-vous, et à venir chaque mois ajouter ici les liens de vos articles.

PS : Je ne sais pas si un RDV du même genre existe (si une blogueuse avait déjà eu cette idée, je m’excuse), je ne l’ai vu nulle part, mais si c’est le cas, n’hésitez pas à me prévenir !



L’Empire des anges, de Bernard Werber

L'Empire des anges, de Bernard Werber

Mon résumé

[Ne lire que si vous avez lu le tome précédent : Les Thanatonautes.]

Michael Pinson est mort et fait une fois de plus le chemin jusqu’au paradis où son âme va être pesée. Il lui faut 600 points pour pouvoir mettre un terme à son cycle de réincarnations et devenir… un ange. Une tâche délicate ! Chaque ange doit s’occuper du destin de trois humains. Mais attention, son champ d’action est limité : il n’a d’influence que sur les signes, les intuitions, les rêves, les médiums et les chats. Pas si évident de guider « ses clients » ! Sa mission : au moins un de ses trois humains doit accéder aux 600 points requis. Challenge accepted !

Nbr de pages : 442 / Éditeur : Le Livre de Poche

Mon avis

[Ce que j’avais pensé de Les Thanatonautes :

Au départ, Werber avait accaparé toute mon attention. La première partie était prenante et originale. Le personnage principal, Michael, parle de son enfance avec beaucoup d’humour et on découvre le cadre du roman : la mort et ce qu’il y a après. Fascinant à première vue, mais une fois l’intrigue mise en place, on se lassait vraiment. L’histoire se répétait sans cesse, découverte du paradis, encore et encore. Les mêmes descriptions revenaient toutes les 50 pages et il y avait aussi quelques incohérences, des facilités ou clichés. Et puis ça parlait trop de religions. Évidemment, c’était à prévoir avec ce thème, mais ça m’avait vite ennuyée. Bref, je n’avais pas été transportée par ce 1e tome, malgré un début prometteur.

Ne lire que si vous avez lu le tome précédent : Les Thanatonautes.]

J’ai attendu plus d’un an avant de me replonger dans les aventures de Michael, explorateur du Paradis. Les Thanatonautes ne m’avait pas fait si bonne impression et je repoussais sans cesse le moment de cette lecture, jusqu’à ce que Pomm, grande fan de Werber, me convainque de le « sortir d’urgence de ma PAL » pour le challenge Livra’deux. Elle a très (très) bien fait car j’ai adoré, et si elle n’avait pas été là, il aurait sans doute encore croupi longtemps dans ma PAL…

Après cette légère déception du tome 1, je n’attendais pas grand-chose de L’Empire des anges, et j’ai donc été très agréablement surprise de tourner les pages avec avidité et de découvrir une histoire originale, bien menée, qui ne souffrait pas des défauts que j’avais relevés dans Les Thanatonautes.

Michael est devenu un ange et on va le suivre durant cette mission difficile. Quelle chouette idée d’imaginer tous ces anges gardiens supprimant les souvenirs de nos vies antérieures à la naissance, guidant nos vies et réalisant nos moindres souhaits (c’est là qu’on se dit que c’est de la pure fiction…). Les thèmes de la réincarnation, du libre-arbitre, de la faiblesse de l’humanité, de la religion, de la mort sont traités avec humour et originalité, mais aussi avec clairvoyance et poussent parfois à la réflexion. Un équilibre parfait !

Les réincarnations, c’est comme le bac au lycée. Quand on échoue, on redouble.

Werber a vraiment dû s’amuser à créer le paradis, une autre planète, des anges. Son imagination semble n’avoir aucune limite, et tous les petits détails originaux de son univers m’ont conquise. On rencontre, par exemple, Emile Zola, ange gardien de Michael, qui le défend corps et âme lors de la pesée, à coups de « J’accuse ».

Les chapitres sont courts et entrecoupés de petites réflexions plus psychologiques ou philosophiques, issues de L’Encyclopédie du savoir relatif et absolu, de Edmond Wells, présent également dans la Trilogie des Fourmis. Loin de me rebuter, ces petits passages étaient aussi intéressants qu’amusants et j’ai vraiment découvert au travers de ce livre tout le génie de Werber.

 — Pour tous d’ailleurs le temps « est » relatif puisque chacun le perçoit différemment.
De mémoire, il récite :
— « Pour connaître la valeur d’une année, interroge l’étudiant qui a raté son examen.
Pour connaître la valeur d’un mois, interroge la mère qui a mis au monde un enfant prématurément.
Pour connaître la valeur d’une heure, interroge l’amoureux qui attend son rendez-vous.
Pour connaître la valeur d’une minute, interroge l’homme pressé qui vient de rater son bus.
Pour connaître la valeur d’une seconde, interroge celui qui a perdu un être cher dans un accident de voiture.
Pour connaître la valeur d’un millième de seconde interroge le médaillé d’une finale olympique. »

Bref, L’Empire des anges m’a complètement fait oublier Les Thanatonautes, qui pour moi était bien en dessous. Et maintenant, place à la suite : Le Cycle des Dieux.

Note : 8,5/10

Extras
Première publication : avril 2000
Fiche Bibliomania
Le Cycle des Anges est composé de deux livres : Les Thanatonautes et L’Empire des anges.
Vient ensuite Le Cycle des Dieux composé de trois livres (déjà dans ma PàL).

Voici donc mon avis du livre choisi par Pomm dans le cadre du challenge Livra’deux pour Pal’addict.
Livra'deuxN’hésitez pas à rendre visite à Pomm qui publiera bientôt sa chronique de Les arcanes du chaos, de Maxime Chattam, que je lui ai choisi.

L’assassin royal, tome 1 : L’apprenti assassin, de Robin Hobb

L'assassin royal, tome 1, de Robin Hobb

Mon résumé

Un vieillard amène au château un gamin de six ans en déclarant qu’il est le bâtard du prince Chevalerie et qu’il ne veut plus s’en occuper à sa place. L’enfant va grandir parmi les animaux dans les écuries et développer un lien très particulier avec eux. Quelques années plus tard, le roi finit par lui prêter attention, mais dans un but bien précis : le former à la connaissance des poisons et aux gestes qui peuvent être fatals afin de faire de lui l’assassin du roi.

Nbr de pages : 510 / Éditeur : J’ai lu / Titre VO : Assassin’s apprentice

Mon avis

C’est rare, mais c’est chaque fois avec un énorme plaisir que je me plonge dans le monde de la Fantasy. J’avais entendu beaucoup de bien de L’assassin royal et je m’étais donc acheté les 4 premiers tomes. Et j’ai bien fait, car ce premier tome a su combler mes attentes et j’ai adoré découvrir la vie de Fitz. Dans ce premier tome, Fitz nous raconte son enfance. Il n’a aucun souvenir de sa mère ou de sa vie d’avant, mais se souvient très bien de son arrivée au château et ses premiers pas en tant qu’assassin royal.

Il s’agit de t’enseigner le meurtre, plus ou moins. À tuer les gens. L’art raffiné de l’assassinat diplomatique ; ou bien comment rendre aveugle ou sourd ; ou encore comment affaiblir les membres, provoquer une paralysie, une impuissance ou une toux débilitantes; ou déclencher une sénilité précoce, ou la folie, ou … mais peu importe. Tout cela, c’est mon métier. Et ce sera le tien, si tu l’acceptes. Sache a priori que je vais t’apprendre à tuer des gens. Pour ton roi. […] Tu y prendras peut-être goût, ou peut-être pas. Ce n’est pas de mon ressort. Bien ! Je dois donc t’enseigner à devenir un assassin. Cela te convient-il, mon garçon ?

Fitz est un personnage attachant, un petit garçon malin, sensible et plein de jugeote, que l’on a envie de protéger. On suit avec plaisir l’évolution de Fitz, les épreuves qu’il doit surmonter, les personnes auxquelles il s’attache (et nous aussi par la même occasion). Aucun personnage n’est bâclé ou simplement survolé, pas même les animaux, qui ont un place très importante dans ce livre.

L’univers que Robin Hobb a créé n’est pas particulièrement original, pas de créatures magiques, mais il a su éveiller ma curiosité avec ses légendes et la présence d’une magie hors du commun : l’Art et le Vif, la faculté de communiquer par la pensée avec les humains et les animaux. J’ai beaucoup aimé découvrir, en guise d’introduction à chaque chapitre, des légendes sur les dieux, des croyances populaires (la tradition, par exemple, de nommer les seigneurs par un qualificatif vertueux, comme le prince Vérité), des explications sur le mode de vie des Pirates, des soldats ou des marchands. On se retrouve en plein cœur des Six-Duchés, comme si l’on y était car l’écriture de Robin Hobb se prête parfaitement à la Fantasy et aux descriptions de cet univers médiéval.

L’assassin royal est donc une excellente découverte. Malgré quelques longueurs et de longs passages dépourvus d’action, je ne me suis jamais ennuyée, et je me replongeais toujours avec délice dans ma lecture. Je me réjouis de voir Fitz grandir et d’en apprendre plus sur les Pirates, qui sèment la terreur partout dans les Six-Duchés.

Note : 8/10

Extras
Traducteur : Arnaud Mousnier-Lompré
Première publication VO en 1995 et française en 1998.
Fiche Bibliomania
La série de L’assassin royal est composée de 13 tomes
et la suite m’attend déjà dans ma PàL 🙂