Archives Mensuelles: août 2014

Peine perdue, d’Olivier Adam

Peine perdue, d'Olivier AdamQuatrième de couverture

Les touristes ont déserté les lieux, la ville est calme, les plages à l’abandon. Pourtant, en quelques jours, deux événements vont secouer cette station balnéaire de la Côte d’Azur: la sauvage agression d’Antoine, jeune homme instable et gloire locale du football amateur, qu’on a laissé pour mort devant l’hôpital, et une tempête inattendue qui ravage le littoral, provoquant une étrange série de noyades et de disparitions. Familles des victimes, personnel hospitalier, retraités en villégiature, barmaids, saisonniers, petits mafieux, ils sont vingt-deux personnages à se succéder dans une ronde étourdissante. Vingt-deux hommes et femmes aux prises avec leur propre histoire, emportés par les drames qui agitent la côte.

Nbr de pages : 414 / Éditeur : Flammarion

Mon avis

Pour cette première lecture de la rentrée : découverte d’Olivier Adam, un auteur pourtant déjà bien connu. D’après les quelques discussions que j’ai pu avoir avec mes amis du net, ses romans sont toujours très sombres… et celui-ci ne déroge pas à la règle. En deux mots : dépressifs, s’abstenir. De mon côté, n’ayant rien contre les romans tristes, noirs et sans une once d’espoir, j’ai lu celui-ci avec plaisir.

Ce qui m’a particulièrement plu, c’est l’originalité de la narration, cette ronde de personnages qui se laissent tour à tour la parole. On découvre en premier lieu Antoine, jeune footballeur talentueux, papa divorcé, mais surtout tête brûlée qui n’arrive pas à prendre ses responsabilités et se retrouve souvent dans le pétrin. Après quelques pages, il se fait tabasser et tombe dans le coma. S’ensuivent alors les témoignages de son ex-femme, de sa sœur, de ses coéquipiers, d’une infirmière, d’une jeune fugueuse, du magnat de la station balnéaire. On les écoute chacun nous raconter leur petite vie, souvent malheureuse, et les liens qu’ils nouent avec les autres personnages du roman.

Cette petite farandole nous ouvre les yeux sur certains problèmes de la société, sur le désespoir ambiant. Certains personnages sont assez attachants et on aimerait les suivre encore quelques chapitres, quand d’autres nous ennuient trop rapidement. Dans l’ensemble, on reste souvent en retrait, par manque d’empathie. C’est parfois un rien longuet, et chaque bout de vie ne semble pas toujours nécessaire. Mais petit à petit, on assemble les quelques pièces de puzzle permettant de découvrir ce qui est arrivé à Antoine : qui pouvait lui en vouloir au point de le laisser pour mort ?

Le titre est sans appel et correspond parfaitement au contenu du roman : tout est peine perdue, pour presque chacun des 22 personnages que l’on rencontre. On pourrait croire que la fin laissera une porte entrouverte sur la lumière, mais… non. Le dernier chapitre est surprenant et inattendu, mais reste résolument tragique. J’ai aimé cette dernière claque du destin, qui me fait oublier les longueurs du roman, pour n’en garder qu’un bon moment de lecture.

Ma note : 7/10

Extras
Première publication : août 2014
Fiche Bibliomania
Olivier Adam dit s’être inspiré de Friday Night Lights et on retrouve dans son roman une petite référence à la série, au coach Taylor et à Riggins.
Dans une interview pour Livres Hebdo, il déclare : « Je ne fais jamais de plan, je ne prends jamais de notes. Même pour Je vais bien, ne t’en fais pas, qui a en apparence une architecture scénaristique assez huilée, je l’ai écrit au fil, sans connaître à l’avance le dénouement. Pour Peine perdue, je suis parti avec les trois premiers chapitres et les personnages seulement caractérisés par un prénom, un métier, un fait. »

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challenge 1% Rentrée littéraire1/6

La Délicatesse, de David Foenkinos

La Délicatesse, de David FoenkinosRésumé de l’éditeur

« François pensa : si elle commande un déca, je me lève et je m’en vais. C’est la boisson la moins conviviale qui soit. Un thé, ce n’est guère mieux. On sent qu’on va passer des dimanches après-midi à regarder la télévision. Ou pire : chez les beaux-parents. Finalement, il se dit qu’un jus ça serait bien. Oui, un jus, c’est sympathique. C’est convivial et pas trop agressif. On sent la fille douce et équilibrée. Mais quel jus ? Mieux vaut esquiver les grands classiques : évitons la pomme ou l’orange, trop vu. Il faut être un tout petit peu original, sans être toutefois excentrique. La papaye ou la goyave, ça fait peur. Le jus d’abricot, ça serait parfait. Si elle choisit ça, je l’épouse…
– Je vais prendre un jus… Un jus d’abricot, je crois, répondit Nathalie.
Il la regarda comme si elle était une effraction de la réalité. »

Nbr de pages : 272 / Éditeur : Belgique Loisirs – Piment

Mon avis

Quelle merveilleuse surprise ! Je ne m’attendais à rien de bien extraordinaire et j’ai été charmée à presque chaque page. Par une réplique, une blague, un mot, une définition, une note en bas de page, une émotion, une métaphore, des points de suspension… Dès la lecture de la quatrième de couverture, je suis tombée sous le charme. Avec ce roman, David Foenkinos nous donne envie de le rencontrer et de lire tout ce qu’il a pu écrire jusqu’à présent.

J’ai directement été séduite par la présence de l’auteur, par son audace, par l’empreinte qu’il laisse dans son roman, comme s’il était une sorte de personnage secondaire. Il prend part au drame, avec à ses phrases délicates et nous émeut, mais surtout il nous donne le sourire, grâce à son humour tendre et ravageur. J’ai eu envie de noter des dizaines de citations, de phrases qui sonnent parfaitement, qui sont tout à fait à propos ou qui peuvent nous toucher personnellement.

Voilà à peu près ce qu’il aurait aimé dire. Mais c’est ainsi : on a toujours cinq minutes de retard sur nos conversations amoureuses.

Néanmoins, il ne faut pas s’attendre à une histoire renversante et originale. Ce petit roman est assez banal et traite, comme beaucoup l’ont déjà fait, de l’amour, du deuil, du bonheur et de comment réapprendre à vivre. Ça ne paie pas de mine comme ça, et pourtant, c’est une belle histoire, rigolote et touchante, écrite avec talent et ce « je ne sais quoi » qui la classe au-dessus des autres.

Note : 9/10

Extras
Première publication : août 2009
Fiche Bibliomania
Dans ma PAL : Nos Séparations
Ce roman a été adapté en 2011 au cinéma par les frères Foenkinos, avec Audrey Tautou et François Damiens.

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Challenge 1 mois = 1 consigne, organisé par Nessa

Challenge 1 mois = 1 consigne
Août : Lire un livre depuis trop longtemps dans ma PAL
(acheté en septembre 2012)

Challenge ABC 2014 organisé par Nanet

ABC 2014
12 dans le challenge ABC 2014 – Lettre F