Archives Mensuelles: septembre 2014

Esprit d’hiver, de Laura Kasischke

Esprit d'hiver, de Laura Kasischke

Quatrième de couverture

Réveillée tard le matin de Noël, Holly se voit assaillie par un sentiment d’angoisse inexplicable. Rien n’est plus comme avant. Le blizzards s’est levé, les invités se décommandent pour le déjeuner traditionnel. Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana, habituellement affectueuse, mais dont le comportement se révèle de plus en plus étrange et inquiétant…

Nbr de pages : 276 / Éditeur : Christian Bourgois / Titre VO : Mind of Winter

Mon avis

On m’avait promis une chute renversante ; renversante au point de vouloir relire le livre pour voir ce qu’on avait bien pu louper. Alors évidemment, ça m’a mis l’eau à la bouche. Mais, ça a involontairement déclenché mon détecteur d’indices à chute renversante et je me suis vite retrouvée à décortiquer chaque phrase du livre en me demandant ce qu’on allait réussir à me cacher. Et j’ai découvert le pot aux roses page 30… C’est vraiment bête, car ça m’a en partie gâché cette lecture. Malheureusement, beaucoup d’autres choses ont gâché cette histoire que j’espérais angoissante et intrigante. Disons qu’une chute inattendue aurait pu me sortir au dernier moment de l’ennui dans lequel je m’étais petit à petit installée.

On m’avait aussi promis une atmosphère oppressante, un malaise omniprésent. Je n’ai rien ressenti de tel, je n’ai même rien ressenti du tout, si ce n’est un sentiment d’étrangeté, de bizarrerie, d’inexplicable, de tordu. Cet affrontement mère/fille ne m’a pas touché et si malaise il y a, il n’a pas su se détacher des pages pour se fondre dans l’atmosphère et s’étendre jusqu’à moi.

J’ai tout de même lu ce petit roman rapidement, car il y a quand même l’envie de savoir. Je me réjouissais de pouvoir confirmer ou plutôt infirmer mon hypothèse et d’être surprise comme tant d’autres lecteurs. Mais je n’irai pas jusqu’à dire qu’il se lit vite, au contraire, j’ai eu l’impression d’être engluée dans cette histoire sans pouvoir en sortir, sans en voir la fin. Enfin, arrivent les dernières pages qui lèvent petit à petit le voile et sont les plus intéressantes. Je n’avais pas tout flairé non plus, mais bien des choses restent inexplicables… Le reste du texte m’a semblé laborieux à lire, englouti par des redondances, des scènes répétitives et sans intérêt, et un manque cruel de… quelque chose, d’action, d’angoisse, de terreur, de sentiments, d’empathie, de rythme.

Note : 4/10

Extras
Traductrice : Aurélie Tronchet
Première publication : août 2013
Fiche Bibliomania
Tout comme l’héroïne de ce roman, Laura Kasische est poétesse. Elle est également l’auteure de 9 romans. Je lui donnerai peut-être une deuxième chance avec Les revenants.

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Challenge Haut en couleurs organisé par Addiction littéraire
Challenge Haut en Couleurs
13/15 : brun

Trente-six chandelles, de Marie-Sabine Roger

Trente-six chandelles, de Marie-Sabine Roger

 

Quatrième de couverture

Allongé dans son lit en costume de deuil, ce 15 février, à l’heure de son anniversaire, Mortimer Decime attend sagement la mort car, depuis son arrière-grand-père, tous les hommes de sa famille sont décédés à onze heures du matin, le jour de leurs 36 ans. La poisse serait-elle héréditaire, comme les oreilles décollées ? Y a-t-il un gène de la scoumoune ? Un chromosome du manque de pot ? Que faire de sa vie, quand le chemin semble tout tracé à cause d’une malédiction familiale ?

Nbr de pages : 278 / Éditeur : Rouergue

Mon avis

Parmi les livres de cette rentrée un peu morose, celui-ci semblait tout indiqué pour passer un bon moment, promesse de situations loufoques et de personnages amusants. Le résumé m’avait de suite plu, avec cette malédiction originale touchant les hommes de la famille Decime, tous morts le jour de leurs 36 ans à 11 h.

Malheureusement, c’est un petit flop pour moi. Je n’ai pas particulièrement apprécié l’humour de l’auteure, ni ses nombreuses métaphores, son langage très familier parfois un peu vulgaire, ses digressions. Je n’ai pas non plu été séduite par les personnages, Mortimer étant un peu fadasse et Paquita trop extravagante, décrite sans grande subtilité ; elle s’habille « comme une pute » et pense que l’Europe est un pays.

Le héros va très vite découvrir que la malédiction ne s’applique pas à lui et il va devoir apprendre à vivre sans épée de Damoclès au-dessus de sa tête. Mais il va surtout nous raconter comment il a vécu jusque-là, avec une pointe de nostalgie et je n’ai finalement pas ri du tout. Mais ne soyons pas peau de vache, j’ai tout de même souri à quelques répliques et dégusté les passages où Mortimer nous raconte les morts stupides de son père, grand-père et arrière-grand-père.

L’histoire se veut pleine de bons sentiments, d’entraide et d’humanité, avec une petite leçon sur l’urgence de vivre sa vie pleinement. Je suis sûre qu’il plaira à beaucoup de monde, dans la même lignée que « Le liseur du 6h27 », mais pour ma part, je n’en garderai pas un grand souvenir. Ce court roman se lit tout de même sans déplaisir et certaines anecdotes sont amusantes, mais il ne faut pas s’attendre à la franche rigolade que laissait espérer le résumé.

Ma note : 6,5/10

Extras
Première publication : août 2014
Fiche Bibliomania
Marie-Sabine Roger a déjà écrit plein de romans (dont Bon rétablissement et La tête en friche, adapté au cinéma avec Depardieu) et d’albums pour enfants.
Elles ont adoré : Nathalie, Clara, Mademoizelle Nebel.

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Challenge 1% Rentrée littéraire organisé par Sophie Hérisson

challenge 1% Rentrée littéraire4/6

Challenge Petit Bac organisé par Enna
Challenge Petit Bac 2013
Objet : chandelle

Challenge Haut en couleurs organisé par Addiction littéraire
Challenge Haut en Couleurs
12/15 : gris foncé

Challenge 1 mois = 1 consigne, organisé par Nessa

Challenge 1 mois = 1 consigne
Septembre : Lire un livre dont le nom/prénom de l’auteur ou le titre du livre commence par M

Un Hiver en enfer, de Jo Witek

Un Hiver en enfer, de Jo WitekQuatrième de couverture

Edward a grandi avec son père, brillant architecte. Sa mère, Rose, lointaine et fragile, revient un jour d’un long séjour en hôpital psychiatrique. Elle, qui n’a jamais su l’aimer, lui demande à présent de jouer le jeu de la famille soudée. Pour le jeune garçon, il est hors de question d’effacer toutes ces années privées de l’amour maternel. Il préfère se réfugier dans le monde virtuel des jeux vidéo. Tout bascule avec la mort accidentelle de son père. Il se retrouve seul dans un chalet avec cette mère haïe, qui soudainement l’étouffe d’affection et l’isole davantage. Un face-à-face terrible commence au cœur de l’hiver. Deux êtres. Deux folies. Au point de conduire au meurtre ? Qui entre eux deux dit la vérité ? Un seul, forcément…

Nbr de pages : 352 / Éditeur : Actes Sud Junior

Mon avis

J’en ai rarement croisé et celui-ci est mon premier : un thriller pour adolescents. On y retrouve tous les ingrédients que l’on aime découvrir dans un roman à suspense : une atmosphère sombre, une tension qui monte crescendo, des personnages captivants et ambigus et une chute inattendue.

L’intrigue ne regorge pas de grosses ficelles et de rebondissements en tout genre ; tout est dans l’évolution des personnages, de l’atmosphère paranoïaque, de la tension. L’histoire se met doucement en place, peut-être un peu trop lentement. Et cette lenteur se fait ressentir à plusieurs moments du récit, mais semble nécessaire pour bien comprendre chacune des facettes des deux personnages : d’un côté, Edward, délaissé toute son enfance par une mère distante et fragile psychologiquement, de l’autre, cette mère qui se découvre soudain un amour intense pour son fils, au point de l’étouffer, de le confiner chez eux, de jalouser son entourage et peut-être pire. Ce face-à-face entre mère et fils, presque sous forme de huis clos, est brillamment mené et on oscille sans cesse entre les hypothèses possibles : Edward perd-il la tête ou sa mère lui veut-elle vraiment du mal ? Jusqu’au dénouement…

Et Jo Witek ne se contente pas seulement de créer une ambiance oppressante et une intrigue prenante, elle essaie également d’introduire des thèmes particulièrement intéressants pour les jeunes : les jeux en ligne qui prennent parfois plus de place que la vie IRL, le racket et l’intimidation à l’école, le désespoir qui peut mener un enfant aux pires actes, le deuil et la perte d’un être cher. Je pense qu’Edward est un héros attachant auquel un ado peut facilement s’identifier.

J’enfoncerai le clou en vous disant que ce thriller m’a beaucoup fait penser à ceux de Barbara Abel dans le traitement des relations entre les personnages, de la montée en puissance de la haine, du choc final, de l’angoisse grandissante, de la lenteur nécessaire aux changements subtils dans le comportement des personnages. Je le recommande aussi bien aux adultes qu’aux jeunes lecteurs confirmés. Un très bon thriller psychologique !

Note : 8,5/10

Extras
Première publication : août 2014
Fiche Bibliomania
Jo Witek est une auteure française qui écrit surtout pour les ados. Son premier thriller, Peur express, m’intrigue beaucoup.
Dans une interview d’Actes Sud, elle déclare : « Ce roman fut difficile à écrire, je veux dire affectivement, car j’ai plongé dans la part obscure de la mère et, en tant que maman de deux fils − que j’ai eu la chance d’aimer dès leur arrivée dans ce monde −, ce ne fut pas de tout repos ! Mais c’est aussi ce que j’aime dans l’acte d’écrire, c’est une plongée permanente dans les cavernes humaines les plus obscures, cachées et terrifiantes… Un exercice aussi effrayant que jubilatoire, car il est bon de se faire peur ! »

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Challenge 1% Rentrée littéraire organisé par Sophie Hérisson

challenge 1% Rentrée littéraire3/6

Challenge ABC 2014 organisé par Nanet

ABC 2014
14 dans le challenge ABC 2014 – Lettre W

Challenge Petit Bac organisé par Enna
Challenge Petit Bac 2013
Gros mot : enfer

Challenge Haut en couleurs organisé par Addiction littéraire
Challenge Haut en Couleurs
11/15 : bleu clair

L’Ordinateur du paradis, de Benoît Duteurtre

L'Ordinateur du paradis, de Benoît DuteurtreQuatrième de couverture

Arrivé aux portes du paradis, un nouvel élu, fraîchement décédé, découvre les normes d’hygiène et de sécurité désormais fixées pour la vie éternelle.
Au même moment, sur terre, un projet de pénalisation des images pornographiques perturbe la tranquillité de Simon Laroche, haut fonctionnaire bon teint qui redoute de se voir démasqué pour ses escapades sur Internet. Pourtant, c’est une simple phrase, filmée à son insu, qui va le précipiter dans un engrenage cauchemardesque.
Dans cette société à peine imaginaire où les réseaux se dérèglent, où les informations des uns arrivent sur les ordinateurs des autres, où les femmes et les hommes guerroient sans relâche, deux jeunes banlieusards opposent une résistance dérisoire à l’ordre établi.

Nbr de pages : 224 / Éditeur : Gallimard

Mon avis

Benoît Duteurtre nous livre une savoureuse satire de notre société que l’on dévore, le sourire aux lèvres. Préparez-vous à bien des situations cocasses ! D’un côté, on nous ouvre la porte sur un paradis surpeuplé, fourmillant de salles d’attente où l’on ne peut même pas fumer ! Prenez votre ticket, attendez comme tout le monde, et priez pour que l’accès au paradis vous soit accordé… Et de l’autre, on retrouve notre bonne vieille Terre, où Internet a décidé de faire des siennes et de balancer tous nos petits secrets sur la place publique. Adios la confidentialité dans nos e-mails, bonjour le grand chambardement dans nos vies.

On suit avec régal Simon, en charge de tout ce qui touche aux libertés publiques, qui va se retrouver au centre de cette catastrophe. Lui qui aimait justement surfer de temps à autres sur des sites pornos, il n’a plus qu’à prier pour ne pas voir ses petits vices éclater au grand jour. On compatit et surtout, on se met à sa place et on réfléchit à tout ce que ce manque de confidentialité sur le net pourrait avoir comme conséquences. Peut-on virer quelqu’un parce qu’il émet des propos déplacés une fois chez lui ? Peut-on utiliser Internet pour dénicher des criminels si cela signifie briser les limites de la confidentialité ?

Outre cette grande question, l’auteur attire également l’attention sur notre société de consommation. Son personnage se laisse souvent aller à la nostalgie, se plaignant du manque d’authenticité des villes, de l’omniprésence des grandes marques, des faux progrès qui nous compliquent la vie. Son discours frôle parfois celui du grincheux qui pense que de toute façon « c’était mieux avant », surtout dans le dernier chapitre, qui sert de petite morale. Ce sera mon seul bémol.

L’auteur soulève pas mal de points intéressants qui méritent réflexion, tout en gardant un ton léger et un humour subtil et rafraîchissant. Ce roman amusant a été un vrai plaisir dans cette rentrée littéraire assez sombre. Attention toutefois à ne pas mettre ce livre dans toutes les mains : l’auteur se moque gentiment mais sûrement du féminisme à outrance, ce qui pourrait en offusquer certaines. Mais franchement, quel homme ne serait pas horrifié de découvrir qu’on veut bannir le porno du net et traquer ses amateurs ? Bien une idée de femme, ça !

À prendre bien sûr au second degré

Ma note : 8/10

Extras
Première publication : août 2014
Fiche Bibliomania
Ce roman fait partie de la liste des 15 sélectionnés pour le Goncourt 2014.
Certains autres livres de Benoît Duteurtre semblent renfermer cette même nostalgie pour le passé, soulignant les pièges de notre société : Chemins de fer, Service clientèle, Le Retour du Général.

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challenge 1% Rentrée littéraire2/6

Challenge ABC 2014 organisé par Nanet

ABC 2014
13 dans le challenge ABC 2014 – Lettre F

Challenge Petit Bac organisé par Enna
Challenge Petit Bac 2013
Lieu : paradis