Archives Mensuelles: novembre 2014

Indulgences, de Jean-Pierre Bours

Indulgences, de Jean-Pierre BoursQuatrième de couverture

Dans une Allemagne entre Moyen Âge et Renaissance, dans un monde que se disputent la peste et la lèpre, la famine et la guerre, une mère et sa fille doivent braver leur destin pour tenter de se retrouver.
1500, au cœur de la forêt saxonne, une femme abandonne son enfant avant d’être arrêtée pour sorcellerie.
Quinze ans plus tard, alors que les premiers feux de la Renaissance et de la Réforme commencent à briller sur Wittenberg, la jeune Gretchen ne sait pas encore que la quête de son identité l’amènera à croiser ceux qui sont en train d’écrire l’histoire, qu’il s’agisse de Luther, de Cranach ou du très mystérieux docteur Faust…

Nbr de pages : 416 / Éditeur : HC Éditions

Mon avis

J’avais quelques doutes avant de me lancer dans ce livre, car je lis peu de romans historiques. Mais ceux-ci se sont très vite envolés et je me suis plongée dans cette histoire passionnante ancrée dans la très sombre Allemagne du début des années 1500. J’y ai découvert une époque fascinante, que je ne connaissais que très peu : les débuts de l’imprimerie, les procès pour sorcellerie, les révoltes contre la corruption de l’Église, les ravages de la peste.

J’aime bien l’Inquisition, elle est une partie de cette Force qui veut toujours le Bien et fait toujours le Mal. Il fallait bien que J’en soit le greffier, non ?

Jean-Pierre Bours, auteur belge (liégeois de surcroît), connaît vraiment bien son sujet. On voit de suite qu’il s’est beaucoup documenté : il insiste sur certains détails et donne parfois des précisions dans de petites notes en bas de page pour que l’on sache ce qui est fiction et ce qui est historique. On rencontre par exemple des personnages comme Luther ou Faust (l’auteur m’a d’ailleurs donné très envie de découvrir Goethe et son mythe du docteur Faust !). Il parsème également son texte de mots allemands, qui renforcent la plongée du lecteur dans ces petits villages de l’époque.

Cela pourrait en refroidir certains, peu coutumiers du genre historique (comme moi), mais sachez que ce roman est vraiment très accessible et prenant. Jean-Pierre Bours parvient à nous intéresser à une multitude de détails historiques et les descriptions ne sont jamais trop envahissantes et quand il y en a, c’est vraiment intéressant (je pense notamment au passage concernant l’atelier d’imprimerie et son utilisation). Et puis, les deux héroïnes sont particulièrement attachantes et on ne peut rester de marbre face à leur destin. On passe sans cesse d’une histoire à l’autre, du procès d’une jeune femme jugée par des personnages abjects à la quête d’identité d’une adolescente, et jamais la monotonie ne s’installe.

Je suis passée par pas mal d’émotions : au comble du désespoir face à des gens bornés et stupides, ravie d’une belle histoire d’amour, irritée par la cruauté de l’un, charmée par la bonté de l’autre, et captivée par tous les détails que j’ai appris. Comme petit bémol, j’ai noté que tous ces personnages étaient finalement peu nuancés et manichéens (la jolie jeune fille irréprochable face au pire barbare qui soit), mais ça ne nuit pas particulièrement à ce roman, que j’ai lu d’une traite.

Note : 8,5/10

Extras
Première publication : novembre 2014
Fiche Bibliomania
En 1977, Jean-Pierre Bours a remporté le prix Jean Ray pour son recueil de nouvelles fantastiques : Celui qui pourrissait. Pour Indulgences, l’auteur est encensé par Amélie Nothomb, qui juge son roman passionnant et impressionnant.

« Je m’étais demandé comment affronter l’histoire. Un moment donné, je me suis dit que j’allais la faire raconter par Méphisto. Mais je me suis aperçu que cela devait alors l’être sur un mode ironique et que le pathos disparaîtrait. j’ai dès lors adopté un compromis : Méphisto n’est pas un narrateur, mais il intervient, il commente. En italique dans le texte. Comme dit l’imprimeur Franz, c’est le caractère du diable. »
Le Soir, 29-30 novembre 2014

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Challenge 1% Rentrée littéraire organisé par Sophie Hérisson

challenge 1% Rentrée littéraire6/6

Challenge 1 mois = 1 consigne, organisé par Nessa

Challenge 1 mois = 1 consigne
Novembre : Lire un livre choisi par quelqu’un d’autre

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Avant d’aller dormir, de S.J. Watson

Avant d'aller dormir, de S.J. Watson

 

Mon résumé

Chaque matin, Christine se réveille et ne reconnaît pas l’homme à côté d’elle, ne reconnaît pas la chambre et pire encore, ne reconnaît pas la femme qu’elle voit dans le miroir, ridée, la quarantaine, alors qu’elle croit avoir 20 ans. Chaque matin, son mari, cet inconnu, lui raconte leur rencontre, leur vie ensemble, l’accident, et depuis les jours qui se ressemblent et s’enchaînent. Le jour où Christine se rappelle un vague souvenir, elle décide de prendre note de sa vie dans un carnet. Et petit à petit, la mémoire revient et semble ne pas coller avec la vérité qu’on veut lui faire croire…

Nbr de pages : 400 / Éditeur : Sonatine / Titre VO : Before I Go to Sleep

Mon avis

Un bon roman à suspense, il n’y a que ça de vrai ! Enfin un livre que je n’ai pas trainé des semaines au coin de mon lit ; la deuxième moitié a été expédiée en une soirée et je l’ai refermé avec l’intention d’attendre un peu avant de choisir ma prochaine lecture pour garder l’histoire en moi encore quelque temps. Un sentiment qu’on adore n’est-ce pas ?

J’espérais beaucoup de ce thriller sur l’amnésie, thème que j’affectionne particulièrement, et je n’ai pas été déçue du tout. Dès le début, on s’imprègne de l’ambiance un peu étrange qui plane dans la maison, de la paranoïa de Christine qui, chaque jour, doit redécouvrir qui elle est, des relations particulières entre elle et son mari, qu’elle ne reconnait jamais. Les soupçons de Christine concernant son mari et ce qu’il lui raconte deviennent très vite les nôtres et on imagine toutes les options possibles, ce que j’adore faire dans tout bon thriller.

Ce soir j’ai mis mon mari à l’épreuve. Je ne voulais pas, je n’avais même pas prémédité la chose, mais j’avais passé la journée à me torturer. Pourquoi m’avait-il menti ? Pourquoi ? Et me ment-il tous les jours ?

Christine a beau se réveiller chaque matin la mémoire vide et son quotidien se répéter inlassablement, je n’ai jamais ressenti de longueurs ou de redites. Les informations qu’on découvre au compte-goutte nous poussent à avoir les mêmes réflexions que Christine encore et encore, comme elle. Bref, aucun problème pour moi de ce côté, je ne me suis pas ennuyée une seconde.

On se doute tout au long du roman qu’un truc grave nous attend à la fin, car sinon, il ne serait pas classé en thriller. Il y a bien une atmosphère inquiétante et des mensonges se bousculant sans cesse les uns les autres, mais on attend la bombe finale avec appréhension. Et sans être exceptionnelle ou inattendue (j’avais envisagé, parmi mille autres, cette éventualité), la fin est stressante à souhait et colle parfaitement avec le reste du roman. Un thriller comme j’en lis rarement, qui m’a tenu en haleine, bref qui fait du bien !

Ma note : 9/10

Extras
Traductrice : Sophie Aslanides
Première publication : mai 2011
Fiche Bibliomania
Le film vient d’être adapté au cinéma avec Nicole Kidman et Colin Firth dans les rôles principaux.

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 Challenge Petit Bac organisé par Enna
Challenge Petit Bac 2013
Verbe : dormir

L’Infini livre, de Noëlle Revaz

L'Infini livre, de Noëlle revaz

 

Quatrième de couverture

Jenna et Joanna, deux écrivaines à succès, mènent une vie tranquille entre leurs familles et les plateaux de télévision. Dans le monde simplifié qui est le leur, les livres sont devenus de banals objets, dont la valeur et l’intérêt s’arrêtent à la couverture. Présentateur, acheteur ou écrivain, plus personne ne songe à les ouvrir. Le geste est tombé dans l’oubli. Mais cette simplification va plus loin et s’étend à tous les domaines de la vie. La musique est un objet. Les enfants peuvent être des autocollants. Les amis ne sont plus qu’un mot. Il n’y a plus de for intérieur.

Nbr de pages : 314 / Éditeur : Zoé

Mon avis

Ennui. Perplexité. Surréalisme. Voilà les mots qui me viennent en refermant ce livre, à côté duquel je suis complètement passée. Pourtant, ce livre, c’était la promesse d’une réflexion passionnante sur les livres, d’une satire de notre mode de vie, d’un univers futuriste qui interpelle. Et si les livres n’étaient plus que des objets de décoration ? Et si les écrivains ne piochaient plus que dans des bases de compilations de mots pour « écrire » leurs romans ? Et si la culture ne tournait plus qu’autour de plateaux télé superficiels où on s’extasie sur un morceau de couverture particulièrement bien réalisé ? Un thème fascinant non ?

Et pourtant, je me suis rarement autant forcée à terminer un livre. Les premières pages étaient exactement telles que je les espérais : on découvre cet univers froid, ces personnages ridicules qui pensent avoir perfectionné l’ancien mode de vie, ces livres que plus personne ne songe à ouvrir. Les réflexions sont percutantes, les situations font sourire tant elles nous semblent grotesques, mais quand on n’y pense, pas si improbables…

Un jeune animateur, particulièrement dépourvu d’expérience, formulait une question : en page 3 du livre, qu’y avait-il exactement ? Jenna embarrassée baissait les yeux sur ses mains. Il était déjà très gênant de s’entendre mentionner le numéro d’une page. Mais parler de l’intérieur de son livre en sa présence était carrément indécent.

Mais arrivé à un certain point, on s’enfonce dans un univers trop complexe, trop abstrait, difficilement abordable. J’ai fini par ne plus comprendre ce que voulait raconter Noëlle Revaz. L’écriture devient très obscure, certains passages complètement surréalistes. Toute la fraîcheur du début a disparu et je ne sais pas vers où on va. Je l’ai terminé à la va-vite, en regrettant de n’avoir pas pu déguster cette fable à sa juste valeur et tout comprendre. La morale et le thème restent intéressants, mais le tout est, malheureusement, traité de façon trop philosophique et abstraite pour moi.

Jenna et Joanna comprenaient aussi que l’émergence de cette présence ne serait jamais fixe, elle ne serait jamais achevée. Elle n’aurait jamais de définition, pour cette raison qu’elle ne pourrait jamais être une deuxième fois ce qu’elle avait été. Au centre de ce perpétuel bourgeonnement, les deux femmes éprouvaient dans leurs corps ce que cela signifiait : n’avoir ni fin ni origine.

Moi rien comprendre. Et sauter ces descriptions bizarres.

Note : 3,5/10

Extras
Première publication : août 2014
Fiche Bibliomania
Noëlle Revaz  et les éditions Zoé sont Suisses.

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Challenge 1% Rentrée littéraire organisé par Sophie Hérisson

challenge 1% Rentrée littéraire5/6

Challenge 1 mois = 1 consigne, organisé par Nessa

Challenge 1 mois = 1 consigne
Octobre : Lire un livre reçu il y a moins d’un mois

Challenge Gourmand, organisé par Titepomme

Challenge gourmand
1 : un igloo au chocolat