Archives Mensuelles: décembre 2014

Sous les couvertures, de Bertrand Guillot

Sous les couvertures, de Bertrand Guillot

 

Quatrième de couverture

Un samedi soir, une librairie de quartier. Comme toutes les nuits, sitôt le rideau tombé, les livres s’éveillent et se racontent leurs histoires… Mais ce soir, l’heure est grave : les nouveautés viennent d’arriver, et les romans du fond de la librairie n’ont plus que quelques jours pour trouver un lecteur ! Pour sortir par la grande porte, il leur faudra s’unir et prendre la place des best-sellers solidement empilés près de la caisse. Autant dire qu’ils n’ont pratiquement aucune chance…

Nbr de pages : 176 / Éditeur : Rue Fromentin

Mon avis

En voilà un livre original, plein d’humour et de fraîcheur ! Quel lecteur n’aurait pas envie de voir des livres prendre vie sous ses yeux, que ce soit pour taper la causette ou pour ne pas devoir se relever pour aller chercher le bouquin oublié aux toilettes ? Je me suis plongée avec plaisir dans cette amusante fable, en me remémorant mes heures passées devant le dessin animé Les Babalous, où tous les objets de la maison s’éveillaient la nuit tombée (♫ L’heure, c’est l’heure, avant l’heure c’est pas l’heure… ♫).

Les Babalous

Les premiers chapitres sont particulièrement intéressants, avec plein de détails sur le métier de libraire dans lesquels j’ai pu me reconnaître (les réflexions habituelles des clients, les arrivages massifs de nouveautés, les livres à sélectionner pour les tables proches de la caisse). Le vieux libraire a bien des années d’expérience derrière lui, mais il a perdu son idéalisme et s’est laissé prendre de vitesse par les nouvelles technologies. Il commence par oublier petit à petit au fond du magasin de bons livres… qui vont décider d’eux-mêmes de prendre les choses en mains et de s’imposer sur la grande table.

Si l’idée est amusante et promet des situations cocasses, elle ne tient malheureusement pas la route bien longtemps. Une fois les livres-héros présentés et l’attaque mise en place, le récit de la bagarre des livres tire un peu en longueur et les réflexions sur le monde du livre se font moins présentes. Ce livre, qui est pourtant déjà court, aurait gagné à être raccourci de quelques pages et aurait été d’autant plus percutant.

Je ne partage pas la vision un peu pessimiste du vieux libraire, je ne crois pas que « plus personne ne lit » et je suis particulièrement enjouée lorsque je déballe les nouveautés en librairie, contrairement à lui, qui soupire de lassitude. Et puis, je ne suis pas non plus du genre à cracher sur les best-sellers et je pense qu’il en fait pour tous les goûts. Mais on a beau être d’accord ou pas avec lui, Bertrand Guillot a pas mal de choses à dire et il soulève plusieurs questions intelligentes sur la chaîne du livre. Et une chose est sûre, on termine ce roman le sourire aux lèvres, en imaginant ses propres livres se lancer dans de grands débats sur leurs auteurs et éditeurs.

Est-ce l’auteur qui fait le grand livre, ou ce que les lecteurs en retiennent ?

Note : 7,5/10

Extras
Première publication : septembre 2014
Fiche Bibliomania
Sous les couvertures est le 4e roman de Bertrand Guillot.
L’idée de l’auteur est tirée des contes d’Andersen et de Toy Story.
Il a rencontré beaucoup de libraires pour comprendre la façon dont ils travaillent.
(propos recueillis dans l’interview du site Mandor)
Un grand merci à Priceminister pour ses Matchs de la rentrée littéraire !

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Challenge ABC 2014 organisé par Nanet

ABC 2014
16 dans le challenge ABC 2014 – Lettre G

Challenge 1% Rentrée littéraire organisé par Sophie Hérisson

challenge 1% Rentrée littéraire7/6

Challenge 1 mois = 1 consigne, organisé par Nessa

Challenge 1 mois = 1 consigne
Décembre : Lire un livre féérique

Challenge Haut en couleurs organisé par Addiction littéraire
Challenge Haut en Couleurs
14/15 : rose

Le Chaos en marche, tome 1 : La Voix du couteau, de Patrick Ness

Le Chaos en marche, tome 1 : La Voix du couteau, de Patrick Ness

 

Quatrième de couverture

Dans un mois, Todd Hewitt aura treize ans. Dans un mois, il deviendra un homme. Il sera le tout dernier garçon de Nouveau Monde à atteindre l’âge adulte puisque, depuis la guerre contre les Spackle, les femmes ont été tuées, sans exception, par le virus du Bruit ; le Bruit, omniprésent, qui ne vous laisse pas en paix, jamais. Jusqu’au jour où Todd trouve un endroit où le Bruit se tait.

Nbr de pages : 544 / Éditeur : Folio SF / Titre VO : The Knife of Never Letting Go

Mon avis

Ce roman est particulièrement original, mais aussi très déroutant. On découvre un monde où les femmes ont disparu et où les hommes vivent dans un chaos incessant, plongés dans le bruit des pensées de chacun d’entre eux. Il n’y a pas de répit, jamais, même pas la nuit. Même les animaux s’y sont mis. On découvre ce Nouveau monde par l’intermédiaire de Todd, le plus jeune garçon restant. Et là où la lecture devient vraiment déconcertante, c’est quand on se rend compte que tout le roman est écrit de la façon dont Todd pense et parle, avec des phrases alambiquées, lourdes, des mots inventés, des fautes de syntaxe et de prononciation. J’étais prévenue, mais comme tout le monde, il a fallu le temps que je m’habitue à ses « à cause que », « attenssion » et autres « purain ».

Le silence, ça n’existe pas. Pas ici, nulle part. Pas quand tu dors, pas quand t’es seul. Jamais.
Je ferme les yeux.
« Je m’appelle Todd Hewitt. J’ai douze ans et douze mois. J’habite à Prentissville, Nouveau monde. Je serai un homme dans un mois exactement. »
Ce truc, c’est Ben qui me l’a appris pour m’aider calmer mon Bruit. On ferme les yeux, et, bien tranquillement, bien distinctement, on se raconte qui on est, à cause que c’est ça justement qui se perd dans tout ce BRUIT.

Ce livre est vraiment une très chouette découverte, passées les premières pages d’étonnement. On s’attache assez vite à Todd et surtout à son chien Manchee, qui n’a pas grand-chose à raconter, mais n’en est pas moins un animal fidèle et touchant. Nos deux compères vont très vite se retrouver dans une « purain » de galère, fuyant leur village, poursuivi par une armée. Les grands secrets du pourquoi et du comment de ce Nouveau monde et de cette traque restent dissimulés tout au long du roman jusqu’au grand final, qui donne vraiment envie de découvrir le tome 2.

C’est surtout le concept de ce livre qui m’avait attiré, ce Bruit que l’on retrouve placardé parfois sur certaines pages du roman, comme s’il voulait sortir du livre et venir nous hanter nous aussi. Et l’auteur a vraiment traité son sujet de façon efficace avec de belles réflexions sur l’humanité, des moments plein de tension, de l’action et des péripéties, des amitiés naissantes, des scènes déchirantes et émouvantes. Par contre, cette quête souffre tout de même de quelques longueurs : Todd court, se fait presque rattraper, trouve refuge, doit repartir, et le schéma se renouvelle un peu trop souvent à mon goût. Et quand enfin, les dernières pages semblent apporter la touche d’espoir tant attendue pour notre héros, badaboum ! Un dernier coup du destin, dont il faudra attendre la suite pour savoir si Todd s’en relèvera encore une fois.

C’est un livre classé en jeunesse, mais Gallimard a décidé de le republier dans sa collection « Folio SF » : une riche idée, qui, j’espère, poussera plus de gens à découvrir cette trilogie. Todd a beau avoir 13 ans, son histoire est particulièrement cruelle et n’est pas à mettre dans toutes les mains. Patrick Ness ne fait pas grand cas des hommes et ne laisse que peu d’espoir à l’humanité. Les êtres humains ont dû quitter notre Terre tant y régnaient la violence et le désespoir, mais ils semblent n’avoir retenu aucune leçon, et c’est Todd qui en fait les frais. On finit sur une touche amère et j’espère découvrir dans la suite quelques pointes d’espoir pour notre héros, ses idéaux et son Nouveau monde.

Note : 8,5/10

Extras
Traducteur : Bruno Krebs
Première publication : avril 2009
Fiche Bibliomania
Cette série a remporté de nombreux prix prestigieux. Les tomes 2 et 3 sont déjà disponibles en poche chez Folio SF.
Du même auteur, j’ai très envie de découvrir également Quelques minutes après minuit.
Merci à Babelio (et son Masse Critique) qui continue de me ravir.

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Challenge ABC 2014 organisé par Nanet

ABC 2014
15 dans le challenge ABC 2014 – Lettre N