Nous, les enfants sauvages, d’Alice de Poncheville

Nous les enfants sauvages, d'Alice de PonchevilleRésumé de l’éditeur

Une fois la drôle de bête glissée dans son sac, Linka songea qu’elle allait peut-être s’attirer de gros ennuis. L’article 1 était explicite : toute personne en contact avec une vie non humaine devait l’éliminer. C’était ainsi depuis que l’épidémie de PIK3 avait décimé la population et provoqué l’abattage de tous les animaux du pays.
Non humaine, la bête l’était assurément, mais de quel animal s’agissait-il ? Même dans les vieux documentaires animaliers qu’on leur montrait à l’orphelinat, Linka n’avait jamais croisé ce drôle de poisson aérien qui changeait de forme à volonté. Elle l’avait appelée «Vive » et, malgré la surveillance constante dont elle faisait l’objet, la jeune fille était parvenue à la cacher.
Avec Vive à ses côtés, Linka se sentait étrangement plus forte et capable d’affronter les menaces qui l’entouraient : Mme Loubia et le professeur Singre, prêts à« reconditionner » Linka au moindre faux pas ; les Brigades vertes et les Fantassins, toujours à l’affût des déserteurs et des rebelles ; et ce mystérieux Docteur Fury, un vagabond qui cherchait à récupérer Vive…

Nbr de pages : 408 / Éditeur : Ecole des Loisirs

Mon avis

Voilà un des livres qui me tentaient le plus parmi la déferlante de nouveautés de cette rentrée littéraire. Je pensais bien ne pas me tromper en misant sur une dystopie qui, dès le résumé, me proposait un vrai ton, un univers mystérieux plein de tabous et une si jolie maîtrise des liens entre humains et animaux.

Et de fait, voici une dystopie comme je n’en avais encore jamais lue, poétique et réfléchie. Alice de Poncheville nous pousse à toutes sortes de questionnements sur notre monde, notre lien à la nature, nos tendances à choisir la solution de facilité, à ne pas considérer les choses de plusieurs points de vue. Elle nous propose d’avoir un autre regard sur notre façon de vivre avec ce roman qui est surtout une petite fable écologique et philosophique, servie par une plume magnifique.

Elle tenta d’imaginer à quoi ressemblait l’époque où l’on consommait de la viande. Tuer des animaux pour les manger lui paraissait d’une violence inouïe. Cependant, elle prit subitement conscience d’un paradoxe : aujourd’hui, on ne les tuait plus, mais ils n’existaient plus. Valait-il mieux qu’ils existent, bien que ce fût pour être mangés ? Un autre paradoxe la fit réfléchir : depuis la disparition des animaux d’élevage, l’air était beaucoup plus sain. Il fallait se rappeler qu’avant l’arrivée du PIK3 la pollution liée à l’élevage des bêtes et à la culture de leur nourriture dépassait de loin la pollution des voitures et des usines. C’était un fait. Mais la vie… Linka se demanda si l’on ne pouvait pas trouver un moyen de laisser la place aux animaux, à la vie même, sans rien lui demander en échange.

Mais il a malheureusement aussi un gros défaut : il manque cruellement de rythme. Il y a de nombreux passages pleins de risques et d’aventures, et pourtant cela manque de rebondissements, de suspense. On se pose en spectateur de cette société contrôlée, de ces vies un peu fades, de ce début de soulèvement, sans en faire vraiment partie, comme si l’auteure voulait nous tenir un peu à distance. On a beau s’attacher aux trois jeunes héros, qui nous racontent tour à tour leur vie et leur vision de ce monde à l’agonie, on ne souffre pas vraiment avec eux. Pourtant, tout y est : mystère, réflexion, écriture, personnages charismatiques, originalité, aventures. Peut-être manque-t-il le liant ? Peut-être cette distanciation est-elle voulue ? Peut-être…

Il n’empêche que j’en garde un beau souvenir, de cet hymne à la nature. Ce n’est pas le genre de livres qu’on dévore, avide de connaître le fin mot de l’histoire, mais on ressort grandi de cette lecture qui nous parle de valeurs, de respect et de responsabilités.

Ils restèrent un instant enlacés, puis se séparèrent, comme ivres. Les embrassades étaient devenues si rares qu’on en sortait vacillant.

Note : 7,5/10

Extras
Première publication : septembre 2015
Fiche Bibliomania
Inteview d’Alice de Poncheville sur le blog Les trois brigands :
« Comment vivez-vous le travail d’écriture ?
C’est un grand voyage. On entre dans un monde, on est en conversation avec ses personnages. On est dans la retranscription de ce monde intérieur, dans un flux de pensée. Quand j’écris un livre, le monde qui est dans ma tête me protège du reste.« 

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Publié le 12/11/2015, dans Dystopie, Jeunesse, et tagué , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

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