Archives Mensuelles: mai 2016

Elia, la passeuse d’âmes, de Marie Vareille

Elia, la passeuse d'âmes, de Marie VareilleRésumé de l’auteure

Elia a 16 ans, elle appartient à la caste la plus élevée d’une société injuste où une partie de la population, les Nosobas, est réduite en esclavage par les plus puissants. Elle officie en tant que Passeuse d’âmes, c’est-à-dire qu’elle euthanasie tous ceux qui sont dangereux ou inutiles pour la Communauté, jusqu’au jour où un jeune homme la convainc de le laisser vivre. À partir de ce moment-là, parce qu’elle n’a pas obéi aux ordres, elle sera condamnée et devra s’enfuir et se cacher parmi les Nosobas, ce qui fera changer son regard sur le monde dans lequel elle vit.

Nbr de pages : 320 / Éditeur : PKJ

Mon avis

Je ne me serais peut-être pas retournée sur ce livre, si je ne l’avais pas eu sous la main lors d’une de mes pauses midi. Et grand (très grand) mal m’en aurait pris car j’ai adoré cette histoire ! Je n’aime pas trop les comparaisons, mais pour moi, il a tout à fait sa place parmi les grands du genre, parmi les dystopies qui marquent vraiment, qui font vraiment réfléchir tout en restant assez subtiles pour se fondre dans un cadre hors du temps, dans un univers taillé de toutes pièces avec originalité. J’ai retrouvé les mêmes émotions et la même addiction ressenties lors de mes lectures de Hunger Games ou Divergent, et pour moi, ça veut déjà tout dire ! (Bref, je viens de faire ce que je n’aime pas faire, mais c’est pour que vous sachiez l’ampleur de mon enthousiasme.)

On retrouve bien sûr les canevas du genre, avec des castes, des dirigeants qui s’en foutent plein la panse pendant que d’autres triment dans les mines 7 jours sur 7 pour contenter le beau monde, on se prend en pleine figure les injustices d’un régime aberrant, et au milieu de tout ça, va naître une héroïne, une jeune femme pas comme les autres, qui va petit à petit ouvrir les yeux sur son quotidien. Rien de bien nouveau sous le soleil, allez-vous me dire… Mais ça fonctionne diablement bien et on oublie tout ce qu’on a déjà pu lire pour se laisser porter par Elia et par son univers. Et pour changer des dystopies ou YA traditionnels, ici on ne retrouve quasiment pas de romance et ça ne fait pas de mal, laissant plus de place à l’univers, à l’action et à l’ambiance.

J’ai vraiment tout aimé dans cette histoire, mais par-dessus tout, c’est l’univers qui m’a séduite. Un univers finement décrit et totalement immersif qui a d’ailleurs donné du fil à retordre à l’auteure (voir interview ci-dessous) ! Moi, je lui tire mon chapeau. Et voici un aperçu des découvertes qui vous attendent : dans ce monde imaginaire, on croise les puissants Kornésiens, les Askaris qui s’occupent du commerce et les Nosobas, marqués d’un grand N sur le bras pour qu’on repère d’un seul coup d’œil les rebuts de la société. On peut y devenir Passeur d’âmes, ces « médecins » qui, sans état d’âme, euthanasie toutes les personnes qui ne sont plus utiles à la communauté (les vieux, les infirmes, les dangereux, etc.). On peut s’engager au Conclusar, qui forme les Défenseurs ou travailler comme un forcené dans les mines de Phosnium, la nouvelle énergie du siècle. On peut facilement s’acheter de la Redmoon, cette drogue supposée augmenter les capacités physiques. On peut vivre comme un miséreux dans le Dédale, cette ville souterraine pleine de ramifications où peu savent s’y repérer. Bref, Marie Vareille a créé tout un décor pour ses personnages et on le découvre avec merveille.

Règle 1 : les êtres humain ne naissent pas libres et égaux en dignité et en droit. Chacun a pour devoir envers la communauté de respecter sans la questionner, la place qui lui est attribuée en fonction de sa naissance. […]
Règle 2 : la communauté est tout, l’individu n’est rien. Il ne sert qu’à faire prospérer la société dans son ensemble. Chacun a été créé pour une raison. […]
Règle 3 : l’ordre est l’essence du bonheur. Le respect absolu des règles est la base du bien commun, tout écart des commandements d’Hubohn représente un pas vers la destruction de la communauté et sera puni comme tel. […]
Règle 4 : pour éviter la propagation de maladies impures au sein des castes supérieures, tout contact physique entre deux membres de classes différentes est strictement interdit.

D’ailleurs, ce roman est très visuel : on vit chaque scène dans sa tête comme si on y était, tant les descriptions des lieux sont vivantes, tant les personnages sont crédibles. J’imagine aisément ce livre devenir un nouveau succès cinématographique, après la case best-seller en librairie. En tout cas, c’est tout ce que je lui souhaite (ou alors, je garde ce petit coup de cœur rien que pour moi, j’hésite encore).

Je pensais avoir affaire à un tome unique et je me disais que c’était une bonne chose, que ça changeait. Et puis j’avançais dans l’histoire et je pestais déjà de voir l’histoire toucher à sa fin trop vite, j’en voulais encore, j’imaginais déjà une terrible et longue destinée pour Elia. Et là je me rends compte sur le net qu’en fait, oui, ce sera une trilogie. Joie ! Le roman se termine de très jolie façon et on ne peut s’empêcher de retourner lire le premier chapitre qui nous annonçait déjà cet ultime revirement de situation. Je suis donc ravie de savoir que je pourrai retrouver Elia dans un an et que son histoire est loin d’être finie. En plus, le prochain tome risque d’être des plus palpitants, étant donné le futur changement de cadre ! J’ai déjà hâte !

Ma note : 9,5/10

Extras
Première publication : mai 2016
Fiche Bibliomania
Marie Vareille est née en 1985 et tient un très chouette site, où elle dispense de nombreux bons conseils liés à l’écriture.
Interview de Marie Vareille ici :
L’univers développé dans Elia est très creusé. Où avez-vous puisé votre inspiration pour le construire et le rendre si palpable et crédible ?
L’univers est ce qui ma donné le plus de fil à retordre. Jusqu’ici je n’avais écrit que des romans contemporains et je n’avais jamais imaginé que ce serait aussi complexe de créer un univers imaginaire et pourtant j’ai adoré l’exercice. C’est bête, mais dans un roman contemporain, c’est facile de rendre une scène visuelle, qu’on la situe dans une soirée, un café à un cours de gym ou dans un supermarché, le lecteur visualise tout de suite l’environnement car ce sont des endroits qui font partie de son quotidien. Dans un nouvel univers, il faut tout réinventer, depuis les vêtements, jusqu’au matériaux de construction en passant par la nourriture, les cours enseignés à l’école, les moyens de transports, de communiquer, la monnaie, les lois etc. Pour tous les éléments je suis partie de la réalité.
Comment est née Elia ?
À Châtelet-Les Halles à une heure du matin, j’ai croisé une toute jeune fille qui marchait d’un pas vif, la tête rentrée dans les épaules, comme si elle fuyait. Elle portait un bonnet qui dissimulait complètement ses cheveux à l’exception de quelques mèches rousses. Je ne sais pas pourquoi, mais ça m’a interpellée. Je me suis demandée où elle allait, j’ai commencé à m’imaginer qu’elle sortait d’une clinique où on euthanasiait les gens, qu’on l’appelait la Passeuse d’âmes et qu’elle était obligée de se cacher parce qu’elle était rousse… C’est une habitude pour moi de commencer perpétuellement des histoires en fonction des lieux ou des gens que je croise, la plupart n’ont jamais de suite, mais quand une histoire se rappelle plusieurs fois à mon souvenir, c’est qu’il faut que je l’écrive.

 

La 5e vague, de Rick Yancey

La 5e vague, de Rick YanceyRésumé de l’éditeur (tronqué)

1re Vague: extinction des feux.
2e Vague: déferlante.
3e Vague: pandémie.
4e Vague : silence.

À l’aube de la 5e Vague, sur une autoroute désertée, Cassie tente de Leur échapper… Eux, ces êtres qui ressemblent trait pour trait aux humains et qui écument la campagne, exécutant quiconque a le malheur de croiser Leur chemin. Eux, qui ont balayé les dernières poches de résistance et dispersé les quelques rescapés.

Nbr de pages : 608 / Éditeur : Robert Laffont – Collection R / Titre VO : The 5th Wave

Mon avis

Un roman post-apocalyptique, voilà une nouveauté dans ma PAL ! Une Terre à l’abandon, des épidémies, des vagues de morts, des survivants, des envahisseurs venus d’une autre galaxie ; c’est un genre que je n’avais encore jamais lu et je ne savais pas trop si ça allait me plaire… Verdict : une lecture en deux temps, mais un ressenti plus que positif !

Je m’explique… Les débuts furent laborieux. Les 150 premières pages se focalisent sur Cassie, une survivante, qui erre comme une âme en peine avec un seul but en tête. C’est à travers ses souvenirs que l’on découvre le tout début de l’invasion et les différentes vagues qui ont suivi. Un moyen efficace pour nous plonger dans l’ambiance, même si j’ai eu du mal à accrocher à ce personnage et au ton pris par Cassie pour nous raconter sa vie, façon journal intime, avec toutes les réflexions qui lui passent par la tête. Mais finalement, je m’y fais… Et soudain, on change de narrateur, sans aucune mise en garde. Comme beaucoup, j’ai été très surprise et il a fallu du temps pour que je comprenne qu’on n’avait plus affaire à Cassie. Vraiment déroutant, voire irritant, car on retombe dans une dynamique très différente et on se sent complètement perdus. En tout cas, moi, ça m’a beaucoup dérangée. Et les longueurs ont failli avoir raison de moi.

Voilà pour la première partie de ma lecture, mi-figue mi-raisin, mais avec un bon potentiel. Et puis, on saute encore d’un narrateur à un autre, et petit à petit, l’histoire se met en place, elle se construit de mieux en mieux et les différents éléments s’imbriquent de façon vraiment bien foutue. Et au milieu du livre, je me rends compte que je ne peux plus m’arrêter de lire et que c’est vachement cool comme histoire ! On se rend finalement compte que la première moitié, bien que laborieuse, était une étape essentielle pour arriver là où l’auteur voulait nous mener. Et on termine le roman avec toute l’action, tous les rebondissements et toutes les émotions qui m’avaient un peu manqué au début. Bref, malgré quelques défauts, j’ai refermé le livre en pensant « waouh ! ».

Note : 8/10

Extras
Traductrice : Francine Deroyan
Première publication : mai 2013
Fiche Bibliomania
Nouvel essai gagnant pour la Collection R ! Quel sera le prochain titre que je découvrirai ? La Sélection ? Les 100 ?
La 5e vague
est une trilogie dont le dernier tome, La dernière étoile, sort en mai 2016.
Il vient de faire l’objet d’une adaptation au cinéma avec Chloë Grace Moretz dans le rôle phare.
Film La 5e vague

Les 10 nouveautés jeunesse 2016 les plus alléchantes

Après vous avoir pondu un article en août dernier sur les sorties les plus attendues de la rentrée littéraire 2015, je vous propose cette fois un aperçu des nouveautés jeunesse de ce début 2016 qui me tentent le plus. Parce que franchement, il y a du lourd, je trouve ! Et je ne parviens pas à me ménager assez de temps pour découvrir tous ces titres, mais une chose est sûre, ils passeront tôt ou tard à la casserole ! Je reprends donc le principe d’un vieux RDV que j’avais lancé il y a quelques années pour vous parler de ces romans, avec chroniques de blogueurs à l’appui. Car oui, les titres qui vont défiler ci-dessous sont tous « lus et approuvés » par de super blogueurs ! Bref, c’est reparti pour un tour de dénonciations de ces tentateurs !

La Blogo de la Tentation

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Le futur coup de coeur

Les Mystères de Larispem, de Lucie Pierrat-Pajot

Les Mystères de Larispem, de Lucie Pierrat-Pajot – Gallimard Jeunesse (sorti le 8 avril 2016)

Larispem 1899 – Dans cette Cité-Etat indépendante où les bouchers constituent la caste forte d’un régime populiste, trois destins se croisent… Liberté, la mécanicienne hors pair, Carmine, l’apprentie louchébem et Nathanaël, l’orphelin au passé mystérieux. Tandis que de grandes festivités se préparent pour célébrer le nouveau siècle, l’ombre d’une société secrète vient planer sur la ville. 

Ayant ADORÉ La Passe-miroir, de Christelle Dabos (gagnante n°1 du Concours du premier roman jeunesse Gallimard), je ne peux évidemment pas passer à côté de ce petit bijou, rédigé par la gagnante n°2, qui promet déjà un univers hors du commun et passionnant. Je me réjouis tellement de le commencer ! Les avis sont unanimes et Mademoiselle Bouquine lui accorde même un 9,5/10 et débute en nous disant : « Que dire de l’univers de ce livre, sinon qu’il est purement génial ?« 

Et pour achever de vous convaincre, voici une super (méga giga cool) interview avec la gagnante de ce nouveau prix Gallimard : Lucie Pierrat-Pajot, la gagnante précédente : THE Christelle Dabos, leur éditrice, une libraire et un blogueur : Tom, qui nous parlent des 1001 aspects du livre, de l’édition, de l’écriture, du blogging, et tout et tout !

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Le démoniaque

L'invocateur, tome 1 : Novice, de Taran Matharu

L’invocateur, Livre 1 : Le Novice, de Taran Matharu – Hachette (sorti le 23 mars 2016)

Orphelin, Fletcher imagine déjà son avenir tout tracé : une vie dure mais paisible comme forgeron dans un village sans histoire. Jusqu’au jour où il se découvre un talent rare, un talent bien particulier : celui d’invoquer les démons. Accusé d’un crime qu’il n’a pas commis, Fletcher trouve refuge à l’Académie Vocans, sous l’aile du mystérieux capitaine Arcturus. Là, on lui enseigne la magie et la maîtrise d’Ignatius, ce petit démon qu’il a invoqué par erreur, et avec lequel il se lie d’une amitié sans faille. Mais l’apprentissage est rude et la concurrence mortelle : seuls les élèves les plus talentueux deviendront mages-guerriers et dirigeront les armées d’Hominum afin de défendre les frontières sud du pays, où les Orques tentent de faire basculer l’Empire dans le chaos.

Ça fait une plombe que je n’ai pas lu un bon roman de Fantasy. Il me fait un peu penser au génialissime Le Nom du vent, de Patrick Rothfuss (le coup de l’orphelin, de l’Université, de la magie qui sommeille en lui) et je sens qu’il peut me plaire. Lire-une-passion lui donne un 4,5/5 et conclut par un : « Tout est parfaitement amené, il n’y a aucune fausse note, et on se surprend à tourner les pages sans s’en rendre compte.« 

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L’incontournable

Sauveur & Fils, de Marie-Aude Murail

Sauveur & Fils, de Marie-Aude Murail – École des Loisirs (sorti le 13 avril 2016)

Quand on s’appelle Sauveur, comment ne pas se sentir prédisposé à sauver le monde entier ? Sauveur Saint-Yves, 1,90 mètre pour 80 kg de muscles, voudrait tirer d’affaire Margaux Carré, 14 ans, qui se taillade les bras, Ella Kuypens, 12 ans, qui s’évanouit de frayeur devant sa prof de latin, Cyrille Courtois, 9 ans, qui fait encore pipi au lit, Gabin Poupard, 16 ans, qui joue toute la nuit à World of Warcraft et ne va plus en cours le matin, les trois soeurs Augagneur, 5, 14 et 16 ans, dont la mère vient de se remettre en ménage avec une jeune femme… Sauveur Saint-Yves est psychologue clinicien.
Mais à toujours s’occuper des problèmes des autres, Sauveur oublie le sien. Pourquoi ne peut-il pas parler à son fils Lazare, 8 ans, de sa maman morte dans un accident ? Pourquoi ne lui a-t-il jamais montré la photo de son mariage ? Et pourquoi y a-t-il un hamster sur la couverture ?

Marie-Aude Murail, on ne la présente plus je crois… Elle a l’art de nous pondre des romans aux thématiques délicates tout en nous donnant le sourire, avec son humour inégalable. Un 5/5 chez Stéphanie Plaisir de lire, qui y voit « un subtil dosage de délicatesse, de banalité, de gravité, d’humour et de légèreté« .

Et si vous préférez vous faire convaincre directement par l’auteure, voici une chouette interview où elle parle avec tendresse de ses personnages.

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Le très attendu

La Loi du dôme, de Sarah Crossan

La Loi du Dôme, de Sarah Crossan – Bayard (sorti le 13 janvier 2016)

Les arbres ont été éliminés de la terre et l’oxygène s’est raréfiée, provoquant des millions de morts…
Les survivants ont été rassemblés sous le Dôme, sorte de bulle protectrice où un nouvel ordre s’est constitué autour d’un État totalitaire et d’une société, « Respirer Inc. », qui contrôle l’air que les habitants respirent. Tout en haut de l’échelle sociale, se trouvent les Premiums. Riches et en bonne santé, ils méprisent les Auxiliaires, trop pauvres pour payer un impôt sur l’oxygène et donc contraints de survivre avec le peu d’air qu’ils respirent…
Alina, 16 ans, qui a rejoint la Résistance, a échoué dans sa mission à l’intérieur du Dôme. Elle est en danger et doit fuir, à l’extérieur. Elle rencontre alors Quinn, un jeune Premium et sa meilleure amie Bea, une Auxiliaire, partis camper hors du Dôme et leur demande de l’aide…

Je vous fais ici découvrir la chronique 5/5 de Wandering World, qui l’a lu en anglais et qui m’avait donné très envie de le découvrir à l’époque, en… 2012 ! Alors quelle joie de le voir arriver en français sur les tables de la librairie après tout ce temps ! Une dystopie somme toute classique mais qui semble riche en émotions : « Breathe regorge de suspense et d’action. Les rebondissements sont uniques, et nombreux sont ceux qui m’ont laissé sur les fesses ! Tout est explosif, sans cesse surprenant. On ne s’arrête pas une seule seconde ! Aucun temps mort et aucun répit ne nous est accordé, et c’est juste génial ! Chaque chapitre représente un tournant dans le récit, une surprise, un coup de poing dans l’estomac. » Moi quand on me parle comme ça, c’est gagné…

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L’interpellant

Les Effets du hasard, de Marie Leymarie

Les effets du hasard, de Marie Leymarie – Syros (sorti le 14 avril 2016)

Maïa a les yeux noisette, les cheveux châtains, un petit nez légèrement retroussé et un QI de 117. Elle correspond en tout point aux critères choisis par ses parents sur catalogue, quinze ans plus tôt. Un soir, elle est abordée par Anthony, un garçon aux yeux verts. Maïa accepte de prendre un verre avec lui, bien qu’il lui semble beaucoup trop intelligent pour elle. Et dans sa tête tourne en boucle l’avertissement de sa prof de biologie : « Si vous tombez amoureux, ne vous affolez pas… ça fait partie des maladies bénignes de l’adolescence. Quelques comprimés de Deluvio 300, et c’est réglé. »

Et si on pouvait choisir son futur enfant sur catalogue… Voilà le genre de thématique que j’aime beaucoup retrouver en science-fiction et dont les dérives font toujours froid dans le dos. Les lectures de Mylène considère qu’il s’agit là d’une « belle leçon de vie et d’espoir« .

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L’intrigant 

Au bout du tunnel, de Carlos Garcia Miranda

Au bout du tunnel, de Carlos Garcia Miranda – PKJ (sortie le 4 mai 2016)

Le train qui mène un groupe d’ados à la montagne déraille dans un tunnel. Trois minutes auparavant, sur une vidéo youtube, ils ont vu l’accident dont ils allaient être victimes…
Eva, Noël, Gabi, Ana et Sam sont les seuls survivants. Mais en sortant du tunnel, stupeur: le train a disparu. Plus étrange encore, alors qu’ils parviennent enfin à rentrer chez eux, ils découvrent qu’un an s’est écoulé et qu’ils ont été remplacés par des clones… Auraient-ils basculé dans un monde parallèle? Que s’est-il réellement passé?

Intrigant, c’est le mot ! Ma dernière lecture traitant des clones (Les Copies) m’avait beaucoup déçue, mais cette fois, je pense vraiment y trouver ce que j’attends : suspense, mystère et action. Et pour une fois, c’est un one-shot ! C’est un 20/20 chez Crouton qui dit même qu’il y a longtemps qu’un livre ne lui avait pas fait cet effet-là ! Voici comment il m’a donné envie : « C’est un livre de folie ! Les chapitres sont courts, 6 pages environ en moyenne, ce qui fait que ça se lit très vite. Rajoutez à ça que chaque fin de chapitre nous laisse la bouche grande ouverte. Et c’est ça l’énorme force de ce bouquin. Le mystère.« 

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Le Truman Show revisité

I.R.L., d'Agnès Marot

I.R.L., d’Agnès Marot – Gulf Stream (sorti le 7 avril 2016)

Chloé Blanche a grandi à Life City. Comme tous ses habitants, elle ignore qu’ils sont filmés en permanence. Elle ignore qu’ils sont un divertissement pour des milliers et des milliers de foyers. Elle ignore qu’ils sont les personnages de Play Your Life, l’émission qui fait fureur hors de Life City, IRL. Elle ignore surtout à quel point ils sont manipulés. Lorsqu’elle rencontre Hilmi, le nouveau à la peau caramel, elle tombe immédiatement amoureuse. Mais ceux qui tirent les ficelles ne le lui destinent pas. C’est ainsi qu’elle découvre la nature de tous ceux qui vivent à Life City : les personnages d’un immense jeu vidéo.

J’avais adoré le film The Truman Show et je n’avais encore jamais retrouvé cette idée géniale en littérature. Du coup, c’est super emballée que j’ai découvert les premiers avis très enthousiastes sur les blogs (moyenne de 19/20 sur Livraddict après 17 votes). Enthousiaste, Virginie l’est particulièrement puisque pour elle, ce livre est une bombe ! Elle lui donne 5/5 et déclare : « Ce livre est juste dingue. Il m’a retourné le cerveau à plusieurs reprises ! Tout est parfaitement bien tourné. Agnès Marot a réussi à créer un récit incroyable et révoltant. J’ai beaucoup aimé suivre Chloé tout au long de l’histoire, une jeune fille qui n’a pas sa langue dans sa poche, courageuse, avec du culot et un sacré caractère. Autant vous dire qu’on est loin de s’ennuyer avec elle !« 

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Le mystérieux

Hugo de la nuit, de Bertrand Santini

Hugo de la nuit, de Bertrand Santini – Grasset Jeunesse (sorti le 20 avril 2016)

Une nuit d’été
Un enfant
Des fantômes
Un secret
Bernard Santini signe un surprenant conte fantastique, drôle, inquiétant et magique.

Un résumé des plus minimalistes mais particulièrement intrigant si on l’ajoute à la sublime couverture. Moi j’ai juste envie de plonger dedans et de le découvrir par moi-même. En tout cas, Bob et Jean-Michel ont été séduites et c’est pas rien ! Elle trouvent que c’est « vraiment bien fichu, on se laisse entraîner dans cette nuit étrange et étonnante, on a les chocottes, on rigole, on frissonne, on danse…« 

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L’émouvant Everything Everything, de Nicola Yoon

Everything Everything, de Nicola Yoon – Bayard (sorti le 6 avril 2016)

Ma maladie est aussi rare que célèbre, mais vous la connaissez sans doute sous le nom de « maladie de l’enfant-bulle ». En gros, je suis allergique au monde. Je viens d’avoir dix-huit ans, et je n’ai jamais mis un pied dehors. Un jour, un camion de déménagement arrive. Je regarde par la fenêtre et je le vois. Le fils des nouveaux voisins est grand, mince et habillé tout en noir. Il remarque que je l’observe, et nos yeux se croisent pour la première fois. Dans la vie, on ne peut pas tout prévoir, mais on peut prévoir certaines choses. Par exemple, je vais certainement tomber amoureuse de lui. Et ce sera certainement un désastre.

Après la vague de romans réalistes et émouvants qui ont suivi Nos étoiles contraires, je ne me serais pas nécessairement retournée sur celui-ci, au résumé somme toute classique, malgré la couverture superbe. Mais les émotions ont l’air belles et sincères et cette maladie m’intrigue. Et l’avis de MyaRosa a achevé de me convaincre. Elle a a été touchée par cette jolie découverte : « J’ai été surprise à plusieurs reprises et je ne m’attendais pas à une lecture aussi prenante, enrichissante et intéressante. J’ai passé un très bon moment avec Olly et Madeline et je ne peux que vous recommander ce roman original, très agréable à lire, surprenant et qui fait réfléchir et ressentir tout un tas d’émotions différentes.« 

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L’effrayant

La Fille quelques heures avant l'impact, d'Hubert Ben Kemoun

La Fille quelques heures avant l’impact, d’Hubert Ben Kemoun – Flammarion Jeunesse (sorti le 29 février 2016)

Ce soir. Tous ou presque ont prévu d’assister au concert du groupe de Marion. Mais tous n’iront pas pour les mêmes raisons. Certains sont venus avec joie et envie, d’autres avec rage et dégoût. Ici des comptes vont se régler, des vies basculer en quelques instants. Celle d’Annabelle tout particulièrement. Dans le noir, la tension monte. Annabelle veut croire que l’espoir va l’emporter mais la haine peut triompher…

Une lecture qui semble éprouvante mais nécessaire et qui fait écho au climat sombre de notre société. Un livre qui va me sortir un peu du fantastique, me faire retomber les deux pieds sur terre et sans aucun doute m’interpeller. Lirado en livre une chronique vibrante : « La fille quelques heures avant l’impact est un récit sombre et violent dans lequel la tension monte d’un cran à chaque chapitre. Alternance de plusieurs voix, le roman mêle tour à tour les événements du vendredi avant le drame puis pendant. L’écriture d’Hubert Ben Kemoun fait ressortir la colère intérieur et le mal être de chaque personnage avec beaucoup de noirceur, comme un écho du malaise actuel qui règne dans notre société.« 

 

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Que pensez-vous de cette sélection ?
Quels sont les titres que vous avez repérés ?

Je me rends compte qu’il y a une belle variété d’éditeurs jeunesse dans cette sélection ! Mais surtout, voici pour vous l’occasion de découvrir des blogs que j’affectionne tout particulièrement (comme ceux de Stéphanie et de MyaRosa) ou que je viens de dénicher et que j’adore déjà (les superbes sites de Mademoiselle Bouquine et de Virginie). J’espère vous avoir donné envie de lire ces titres. Vous risquez de retrouver ici mon avis sur ceux-ci dans très peu de temps en tout cas ! À bientôt !