Archives de Catégorie: Adaptation

Avant d’aller dormir, de S.J. Watson

Avant d'aller dormir, de S.J. Watson

 

Mon résumé

Chaque matin, Christine se réveille et ne reconnaît pas l’homme à côté d’elle, ne reconnaît pas la chambre et pire encore, ne reconnaît pas la femme qu’elle voit dans le miroir, ridée, la quarantaine, alors qu’elle croit avoir 20 ans. Chaque matin, son mari, cet inconnu, lui raconte leur rencontre, leur vie ensemble, l’accident, et depuis les jours qui se ressemblent et s’enchaînent. Le jour où Christine se rappelle un vague souvenir, elle décide de prendre note de sa vie dans un carnet. Et petit à petit, la mémoire revient et semble ne pas coller avec la vérité qu’on veut lui faire croire…

Nbr de pages : 400 / Éditeur : Sonatine / Titre VO : Before I Go to Sleep

Mon avis

Un bon roman à suspense, il n’y a que ça de vrai ! Enfin un livre que je n’ai pas trainé des semaines au coin de mon lit ; la deuxième moitié a été expédiée en une soirée et je l’ai refermé avec l’intention d’attendre un peu avant de choisir ma prochaine lecture pour garder l’histoire en moi encore quelque temps. Un sentiment qu’on adore n’est-ce pas ?

J’espérais beaucoup de ce thriller sur l’amnésie, thème que j’affectionne particulièrement, et je n’ai pas été déçue du tout. Dès le début, on s’imprègne de l’ambiance un peu étrange qui plane dans la maison, de la paranoïa de Christine qui, chaque jour, doit redécouvrir qui elle est, des relations particulières entre elle et son mari, qu’elle ne reconnait jamais. Les soupçons de Christine concernant son mari et ce qu’il lui raconte deviennent très vite les nôtres et on imagine toutes les options possibles, ce que j’adore faire dans tout bon thriller.

Ce soir j’ai mis mon mari à l’épreuve. Je ne voulais pas, je n’avais même pas prémédité la chose, mais j’avais passé la journée à me torturer. Pourquoi m’avait-il menti ? Pourquoi ? Et me ment-il tous les jours ?

Christine a beau se réveiller chaque matin la mémoire vide et son quotidien se répéter inlassablement, je n’ai jamais ressenti de longueurs ou de redites. Les informations qu’on découvre au compte-goutte nous poussent à avoir les mêmes réflexions que Christine encore et encore, comme elle. Bref, aucun problème pour moi de ce côté, je ne me suis pas ennuyée une seconde.

On se doute tout au long du roman qu’un truc grave nous attend à la fin, car sinon, il ne serait pas classé en thriller. Il y a bien une atmosphère inquiétante et des mensonges se bousculant sans cesse les uns les autres, mais on attend la bombe finale avec appréhension. Et sans être exceptionnelle ou inattendue (j’avais envisagé, parmi mille autres, cette éventualité), la fin est stressante à souhait et colle parfaitement avec le reste du roman. Un thriller comme j’en lis rarement, qui m’a tenu en haleine, bref qui fait du bien !

Ma note : 9/10

Extras
Traductrice : Sophie Aslanides
Première publication : mai 2011
Fiche Bibliomania
Le film vient d’être adapté au cinéma avec Nicole Kidman et Colin Firth dans les rôles principaux.

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 Challenge Petit Bac organisé par Enna
Challenge Petit Bac 2013
Verbe : dormir

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Dôme, de Stephen King

Dôme, t.1, de Stephen KingDôme, t.2, de Stephen King

Mon résumé

En une belle journée ensoleillée, un dôme s’abat sur une petite ville. Ce mur invisible va occasionner de terribles accidents et tuer des nombreuses personnes qui se trouvaient au mauvais endroit au mauvais moment. Mais les dégâts les plus terribles restent à venir, car quand une population est livrée à elle-même, apeurée, ce qu’il y a de plus noir dans l’âme humaine se réveille…

Nbr de pages : 630 + 564 = 1194 / Éditeur : Albin Michel / Titre VO : Under the Dome

Mon avis

Il m’aura fallu du temps, mais je serai venue à bout de cette bête ! Pas que l’histoire ne soit pas prenante, loin de là, mais c’est tout de même long mille pages pour quelques jours sous le dôme. J’ai retrouvé avec appréhension le style de Stephen King ; je ne fais pas partie de ses fans et j’ai quelques difficultés à me faire à ses nombreuses digressions. Il a son mot à dire sur tout ce qui se passe, il a une histoire à raconter sur chaque objet que l’on croise. Alors évidemment, il y a eu quelques baisses de régime pendant ma lecture.

Pourtant, dès le début, Stephen King fait très fort. La description de l’arrivée de ce mur géant était absolument sensationnelle et très visuelle : une marmotte disséquée par-ci, un crash d’avion par-là et moult accidents de voiture. On découvre avec intérêt la petite communauté de Chester’s Mill et l’impact de cette catastrophe sur leur quotidien. Tout se met lentement en place pour le grand décollage, fin du tome 1. À partir de là, difficile de s’arrêter. Les morts s’enchaînent (avec un petit air de Battle royale, par moments), le suspense ne cesse d’augmenter (avec des petites crises de panique pour le lecteur dans les moments stressants). Tout s’emboîte parfaitement, tout est rythmé, il n’y a plus aucun temps mort jusqu’à la fin.

Là où King fait très fort, c’est dans sa démonstration de ce que l’âme humaine a de plus noir : les conséquences désastreuses que peuvent entraîner la perte de contrôle des gens apeurés, le chacun-pour-soi quand on est sur le point d’y rester, la bêtise liée à l’effet de groupe. C’est terrible les proportions que peuvent prendre les choses quand on se laisse guider aveuglément par quelqu’un avide de pouvoir, capable de vous faire gober n’importe quoi.

Comme la plupart des démagogues de talent, il ne sous-estimait jamais la capacité du public qu’il ciblait à accepter l’absurde.

L’autre talent de King, c’est la description de ses personnages, même si on ne les côtoie qu’une page ou deux. Ils sont tous extrêmement bien travaillés et on a l’impression de connaître tous les habitants du village. Le petit hic, c’est qu’on se retrouve très vite face aux méchants versus les gentils, à croire qu’il n’y a que des braves gens, des héros, et des péquenots, des gros glands insupportables. Heureusement, il y a aussi le grand gros méchant qu’on adore détester tellement il est odieux. Big Jim, on le sent directement, est une des pires crapules de la littérature et rien que pour lui et ses plans machiavéliques, Dôme mérite toute votre attention !

 Note : 8/10

Extras
Traducteur : William Olivier Desmond
Première publication : en un volume en VO en 2009 et en deux volumes en français en mars 2011
Fiche Bibliomania
Stephen King a dit :
« Je me sentais débordé non pas par le nombre des personnages – j’aime bien les romans comptant une vaste population –, mais par les problèmes techniques que soulevait l’histoire, en particulier par les conséquences écologiques et climatiques du Dôme. »

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 Challenge ABC 2013 organisé par Nanet

ABC 2013
12 dans le challenge ABC 2013 – Lettre K

Challenge Haut en couleurs organisé par Addiction littéraire
Challenge Haut en Couleurs
1/15 : couleur mauve

Un mot sur la série
Under the domeMon avis

J’ai commencé la série après avoir fini le premier tome. Mauvais calcul ! Tous les détails et les liens entre les personnages sont modifiés, le tout est tellement différent du livre que je m’emmêlais vraiment les pinceaux entre les deux. En soi, ce point ne me dérange pas trop, j’aime qu’une adaptation série sache se distancier du livre. Mais l’ensemble n’a vraiment rien d’intéressant et après cinq épisodes, je n’accroche toujours pas. Peut-être faudrait-il que je persévère, étant donné que j’ai eu aussi quelques baisses de régime pendant ma lecture… Mais là, les personnages ne me font ni chaud ni froid, bien qu’ils ne soient pas tout blanc ou tout noir comme dans le livre. Et qu’est-ce qu’ils ont fait à mon Big Jim ? On voit qu’il est pas tout juste, mais dans la série, il a l’air de pas être un mauvais gars pour l’instant. Argh, il a intérêt à se révéler dans toute sa splendeur, parce que le tout est assez fade jusqu’à présent… Pas sûre de vouloir connaître la suite. Surtout qu’il nous prolonge la série sur une deuxième saison, ce qui risque de faire très long pour une histoire d’une semaine.

ExtrasUnder the Dome
Série sortie en juin 2013 ; saisons de 13 épisodes et 42 minutes.
Créée par Brian K. Vaughan ; diffusée par CBS.
Acteurs : Dean Norris (Big Jim), Mike Vogel (Barbie).
La série a déjà été renouvelée pour une deuxième saison de 13 épisodes, dont le premier sera écrit par Stephen King.

Un jour, de David Nicholls

Un jour, de David Nicholls

 

Mon résumé

Emma et Dexter ont 23 ans. Ils ont fini leurs études et ont toute la vie devant eux. Ils sont au lit, à moitié nus, et se racontent leurs projets, leurs envies. Quelque chose est en train de se passer entre eux, mais ils ne s’en rendent pas vraiment compte. Ces deux-là n’ont pas fini de se croiser, de s’étonner, de se décevoir, de se faire rire, de se détester, de se quitter et peut-être, un jour… de s’aimer.

Nbr de pages : 692 / Éditeur : France Loisirs (Belfond) / Titre VO : One Day

Mon avis

Quelle belle histoire… J’ai été emportée tout au long de ces années avec Dex et Em, une superbe histoire d’amitié, de vies, de fous rires, de ratés, de rendez-vous manqués, de retrouvailles, de déceptions, de désirs. Ils m’auront bien émue ces deux-là !

Et quelle agréable surprise de découvrir deux héros adultes auxquels je peux m’identifier, loin des considérations adolescentes. Je ne me souvenais pas à quel point c’était rafraichissant la littérature contemporaine, après tous ces romans jeunesse ! Ici, pas de dangereuse malédiction pour séparer nos deux héros, pas de « L’amour sera-t-il plus fort que le destin ? », juste deux idiots, parfois arrogants, souvent peu sûrs d’eux, qui ne veulent pas s’avouer que les meilleurs moments de leur vie sont ceux qu’ils passent ensemble.

C’est vraiment un roman très plaisant et marrant ; Emma a un humour ravageur et ses reparties sont géniales. Dexter est bien de mon avis et pourtant, il laisse filer sa chance plus d’une fois. C’est vrai qu’ils forment un couple atypique, mais parfait à mes yeux. Et j’ai adoré découvrir l’humour au masculin de David Nicholls qui porte un regard original sur cette histoire d’amour/amitié.

Ses lunettes, qui lui donnaient l’air grave, presque guindé, ne l’avantageaient pas. Et son menton rond était un peu potelé – mais était-ce vraiment un défaut ? Les filles n’aimaient pas ce genre d’adjectif, en tout cas. Impossible de les qualifier de « potelées » sans se faire engueuler. C’était pareil avec leurs seins : on ne pouvait pas leur faire de compliments, même sincères, à leurs propos, sans risquer de les offenser.
Vaste sujet…

Si j’ai adoré le fond, la forme par contre m’a beaucoup frustrée. Le livre s’étale sur vingt ans et chaque chapitre est consacré au 15 juillet d’une année, en commençant par celui de leur rencontre. Ce qui fait qu’à chaque fin de chapitre, on les quitte pour un an, et c’est parfois déchirant ! Alors qu’on se bidonne avec eux en vacances, voilà qu’on doit déjà les quitter après un seul jour au soleil, non mais zut ! Je veux connaître le reste de leur périple, moi… On perd des jours et des jours avec eux, à se demander s’ils vont se retrouver, s’ils vont finir enfin ensemble sous la couette. Et le pire, c’est quand un chapitre ne se contente de nous raconter la vie que d’un des deux personnages, qu’est-ce que c’est râlant ! Enfin, je râle, je râle, mais j’avoue qu’au final, l’idée n’est pas mauvaise. Ça change et permet une histoire sous un angle différent. Et mine de rien, on engloutit les 700 pages avec avidité et on tourne la dernière page avec l’impression de connaître Em et Dex comme des potes, d’avoir vraiment vécu ces vingt années avec eux. Alors j’ai envie de dire « Bien vu David ! »

Note : 9/10

Extras
Traductrice : Karine Reignier
Première publication : février 2011
Fiche Bibliomania
David Nicholls a dit :
« Comme mon héroïne, j’ai d’abord été tenté par le théâtre, j’ai joué des petits rôles, galéré. Je n’ai vraiment commencé à gagner ma vie qu’à 32 ans et mes parents étaient très inquiets, comme ceux d’Emma. Comme elle, je suis d’origine modeste. Emma, c’est un peu moi. »
Source : L’Express.

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 Challenge ABC 2013 organisé par Nanet

ABC 2013
4 dans le challenge ABC 2013 – Lettre N

Un mot sur le film

Anne Hathaway & Jim Sturgess

Mon avis

On m’avait dit que le film était loin d’arriver à la cheville du roman, mais personnellement, je l’ai trouvé plutôt bon. C’est vrai qu’il tire un peu en longueur et manque de rythme, alors que dans le livre, j’en voulais toujours plus, mais le film est très fidèle et on retrouve avec plaisir nos deux héros comme on les avait imaginés. Les deux acteurs sont parfaits dans leur rôle (contrairement à Ian, qui n’est qu’un gros balourd hideux). Alors bien sûr, il manque quelques scènes pour comprendre toute la complexité, l’ambigüité et la beauté de leur relation, mais le tout donne quand même une jolie romance. Le principal regret que j’ai, c’est le manque d’humour, alors que j’avais beaucoup souri aux blagues d’Emma (et pourtant le scénario du film a été écrit par Nicholls).

Extras
Sorti en août 2011 ; Durée : 1 h 48.
Réalisé par la Danoise Lone Scherfig.
Acteurs : Anne Hathaway (Emma), Jim Sturgess (Dexter).
Anecdote :
les fans du livre ont été très déçus du choix de l’actrice pour Emma, trouvant Anne Hathaway trop glamour pour jouer cette fille de classe moyenne un peu geek. Mais selon David Nicholls,  « Anne Hathaway a la vulnérabilité et l’intelligence qu’il fallait pour le personnage ». Et je suis d’accord !

Challenge Regarde ce que tu lis

 

La Vie d’une autre, de Frédérique Deghelt

La vie d'une autre, de Frédérique Deghelt

Quatrième de couverture

Marie a vingt-cinq ans. Un soir de fête, coup de foudre pour le beau Pablo, nuit d’amour et le lendemain… Elle se réveille à ses côtés, douze ans plus tard, mariée, mère de trois enfants, sans un seul souvenir de ces années écoulées. Comment faire pour donner le change à son entourage ? Et comment retrouver sa propre vie ?

Nbr de pages : 252 / Éditeur : Le Livre de Poche

Mon avis

L’idée de base était très alléchante. Évidemment, dès qu’il est question d’amnésie, de double personnalité, de voyages dans le temps ou de mondes parallèles, moi je fonce, donc… Du coup, cette histoire de jeune femme qui se réveille mariée avec douze ans de plus et aucun souvenir de ces dernières années, ça avait tout pour me plaire. Mais finalement, je suis assez déçue car je n’ai pas aimé grand-chose si ce n’est le thème et un début assez prometteur.

Dans la liste des « j’aime pas » : d’abord, une narration très bizarre et le style alambiqué de l’auteure. Aucune distinction n’est faite entre les dialogues, la narration et les pensées. On passe d’un à l’autre sans s’en rendre compte et on reste avec l’impression d’un gros micmac. Et puis, l’enchaînement de phrases qui semblent vides de sens, longues, parfois incompréhensibles, qui ajoutent encore un peu plus de flou à cette histoire. Ensuite, des répétitions à la pelle dans les réflexions de Marie qui ne cesse de ressasser les mêmes pensées. Bon ok, ça se comprend, on doit être « un peu » perdu dans ce genre de situation, et finalement, la narration colle à merveille à son état de confusion, mais bon, j’ai trouvé ça assez pénible à lire parfois… Dans ma tête, c’était : bla, bla, bla…

Nos relations se tissent à l’intérieur de conversations pleines de gravité qui m’en apprennent beaucoup plus sur l’être-là. Ils me ramènent à l’enfance en m’en éloignant. Et toujours je m’étonne de la charnelle histoire… Avant de venir dans mon ventre, que faisais-tu ?

… bla, bla, bla. Je me disais souvent qu’en sautant trois lignes sur quatre, l’histoire aurait été plus fluide et moins ennuyeuse. Et pour finir, je n’ai pas non plus aimé l’intrigue, qui en fait n’en est pas une. Je ne sais pas trop à quoi je m’attendais, j’espérais un peu de suspense, des révélations chocs sur cette perte de mémoire et même pourquoi pas une petite dose de fantastique. Mais il ne se passe rien. Au final, c’est une banale histoire de couple, sur l’amour qui s’effrite au fil du temps.

Beaucoup ont adoré cette histoire qui « fait réfléchir ». Je crois que dans mon cas, si je n’ai pas su apprécier ce livre à sa juste valeur, c’est parce que l’histoire est bien trop loin de mon quotidien d’étudiante amoureuse. Peut-être m’aurait-elle plus marquée si j’étais mariée depuis quinze ans et que l’histoire pouvait faire écho à la mienne, qu’elle me touchait personnellement et que je m’identifiais à Marie. Mais là, rien de rien. Et même pas une fin digne de ce nom à se mettre sous la dent. Tout est très convenu et on n’est surpris à aucun moment.

Par contre, dans la liste des « j’aime », il y a quand même cette jeune héroïne sympa (parce finalement dans sa tête, elle a toujours 25 ans) qui découvre sa nouvelle vie avec curiosité et j’ai beaucoup aimé ses premiers pas dans la peau de « l’autre » : son amour grandissant pour ses gosses qu’elle apprend petit à petit à connaître, sa découverte de l’an 2000 et de l’Internet, son humour dans des situations imprévues, son envie de profiter et de vivre heureuse malgré le manque de souvenirs.

Finalement, ça se laisse lire, on a parfois envie de s’endormir, mais l’histoire n’est pas non plus désagréable pour autant. Elle ne m’aura ni marquée ni emballée comme je l’aurais souhaité, mais c’est surtout parce que je m’attendais à quelque chose de très différent. Je finirai par un « bof » très explicite…

Ma note : 5/10

Extras
Première publication : juin 2008
Fiche Bibliomania
Elles ont adoré : Irrégulière, Tessa, Lizouzou.
Ce roman a été adapté au cinéma en 2012 par Sylvie Testud,
avec Juliette Binoche dans le rôle de Marie.

***

Challenge New Pal organisé par Yukarie
New Pal 2013
7/189

Challenge ABC 2013 organisé par Nanet

ABC 2013
N° 3 dans le challenge ABC 2013 – Lettre D

Un mot sur le film

La vie d'une autre, réalisé par Sylvie TestudMon avis

Le livre ne m’a pas laissé un souvenir impérissable, mais j’ai tout de même voulu comparer avec le film. Étant donné que c’est surtout la plume de l’auteure qui m’a déplu, je me disais que le film pouvait être pas mal avec la même idée de base. Et en effet ! On retrouve ce qui m’a plus dans le roman, la découverte d’une vie et d’une époque inconnue pour l’héroïne, sans les désagréments du livre. Ce n’est pas du tout une adaptation fidèle, l’histoire n’est pas la même, tous les détails sont modifiés et ça me va très bien ! Malgré tout, si ce n’est en comparaison du livre, je ne pense pas que j’aurais été vraiment emballée. Quelques moments amusants ou beaux, mais l’histoire sans réelle trame manque de punch, se finit un peu abruptement et s’oublie rapidement. Mais à noter : c’est la première fois que je préfère le film au livre !

Extras
Sorti en février 2012 ; Durée : 1 h 37.
Réalisé par l’actrice Sylvie Testud.
Acteurs : Juliette Binoche (Marie), Mathieu Kassovitz.
Anecdote : la réalisatrice a inventé le scénario avec l’image de Juliette Binoche en tête et ne voulait qu’elle pour le personne de Marie. « Le visage de Juliette s’est imposé. J’écrivais pour elle. Sans le savoir, elle m’aidait à construire ce personnage. Elle a guidé mon écriture. Juliette a ce côté femme fatale, mais elle garde en même temps une part d’enfance que l’on voit surgir dès qu’elle sourit. Si elle avait refusé, j’aurais abandonné le projet ! » (source)

Challenge Regarde ce que tu lis

Battle royale, de Koushun Takami

Battle Royale, de Koushun Takami

Mon résumé

Chaque année, plusieurs classes de 3e sont choisies pour participer au Programme. Le but : les 42 élèves doivent s’entre-tuer ; il ne peut y avoir qu’un gagnant.

Nbr de pages : 619 / Éditeur : Hachette / Titre VO : Battle Royale

Mon avis

« Eh bien, maintenant, laissez-moi vous expliquer comment on joue, d’accord ? » annonça Sakamochi de sa voix enjouée de maître d’école primaire. […]
« Vous êtes déjà au courant, je pense. Les règles sont on ne peut plus simples. Vous vous entre-tuez, voilà tout. Aucune pénalité. Seul le dernier survivant pourra rentrer chez lui et emporter – ô joie ! – un magnifique autographe de Sa Grandeur le Reichsführer en personne ! N’est-ce pas magnifique ? […] Toutefois, j’ai une bonne nouvelle pour les filles : selon les statistiques établies sur l’ensemble des Programmes réalisés jusqu’à maintenant, quarante-neuf pour cent des champions sont des championnes ! Eh oui ! Vous voyez, il n’y a aucune raison d’avoir peur. Nous sommes tous égaux… »

Quel roman ! Je savais que ce serait gore et que ça prendrait aux tripes parfois, eh bien je ne suis pas déçue ! J’ai adoré cette lecture qui fait froid dans le dos (comme une faucille en plein entre les deux omoplates peut-être). Le concept m’avait déjà fait dresser les cheveux sur la tête dans Hunger Games, mais là, c’est tout bonnement horrible ! On se dit directement : « Quoi ? Ils vont s’entre-tuer ? Entre amis ? Ils vont vraiment le faire ? Même les deux amoureux, là ? » On fait donc immédiatement le lien avec Hunger Games, mais très vite on se plonge dans l’intrigue et on n’y pense plus du tout. Je n’ai pas eu envie de comparer, chaque histoire étant, au final, assez différente l’une de l’autre dans leur approche.

Je me suis très vite imprégnée de l’histoire, malgré l’énorme difficulté des noms japonais. Dans le premier chapitre, on nous présente les 42 élèves, au travers des yeux de Shûya, le personnage principal. 42, c’est énorme… surtout que l’on va les suivre un par un sur l’île, on va entrer dans leur esprit pour leurs derniers moments. On apprend à connaître chacun d’eux, pour certains, juste le temps de quelques pages et pour d’autres durant (presque) tout le roman. On a parfois à peine le temps de s’attacher à eux ou de les détester que, pouf, ils sont morts (d’une mort atroce pour la plupart). Du coup, on a envie de les retenir ces noms ! Mais l’auteur (le traducteur ?) ne nous facilite pas la tâche : un coup j’t’appelle par ton prénom, la page d’après par ton nom de famille, et tant pis si le lecteur est perdu. Il a parfois fallu ruser pour trouver des petits moyens mnémotechniques ! C’est la première fois de ma vie que je prends des notes en lisant… Alors pour ceux qui se plaignaient du grand nombre de personnages dans le dernier Rowling, passez votre chemin… Enfin non, mordez sur votre chique et faites un effort pour découvrir ce livre hors du commun qui vaut vraiment le détour !

Petit bémol, tout de même, je n’ai pas vraiment été séduite par les petites pointes d’humour japonais. Ça cassait un peu l’ambiance et ça n’apportait pas grand-chose… Par contre, j’ai beaucoup aimé la façon qu’a l’auteur de pousser assez loin la psychologie de chacun de ses personnages. Il a même su rendre la Bitch de l’histoire attendrissante ! Un joli tour de force pour un livre avec autant de protagonistes, ils ont tous droit à leur petite histoire personnelle et le résultat est très réussi. Une chose est sûre, on est vraiment pris dans l’aventure, on se ronge les sangs à chaque confrontation, et on espère, jusqu’à la fin, assez surprenante !

Note : 9/10

Extras
Traducteur : Patrick Honnoré
Première publication en VO en 1999
Fiche Bibliomania
Le roman a inspiré deux films et des séries manga.
Une battle royale est en fait un combat de plusieurs catcheurs se battant simultanément dans un même ring, jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus qu’un.

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Première lecture pour le Challenge loufoque et aléatoire
Challenge loufoque et aléatoireLire un roman d’un auteur provenant d’une île, avec une tranche blanche.

Un mot sur le film

Battle royaleEn ce qui concerne le film… On m’avait prévenue qu’il était ridicule à côté du livre. Pourtant au début, j’étais plutôt agréablement surprise. Il y a avaient beaucoup de changements (petits et grands) mais cela ne donnait pas plus mal et ces choix étaient assez logiques étant donné qu’on ne peut pas tout garder d’un aussi gros roman. Alors, bien sûr, quand on regarde un film juste après avoir lu le livre dont il est tiré, la moindre petite différence nous saute aux yeux, mais plus on avançait plus j’étais déçue de tous les détails laissés tomber. Il y a des ajouts ridicules (l’histoire du professeur dont on se tape royalement et qui n’est plus le sadique rigolo du roman) et tout ce qui fait la beauté du livre ne se reflète à aucun moment dans le film, à savoir la psychologie des personnages. Dans le film, c’est un tas de jeunes qui s’entre-tuent, point barre. Il n’y a quasi aucun dialogue… Si on n’a pas lu le roman, ça peut encore être divertissant, et il y a quelques bonnes scènes, mais quand on s’attend à voir sous nos yeux prendre vie les multiples héros, on est franchement déçu… Tout s’enchaîne assez vite et on ne passe pas vraiment un bon moment. Certaines scènes ou confrontations que j’attendais impatiemment sont bâclées ou ont tout bonnement disparu. Sans parler du jeu des acteurs où mourir est synonyme de simplement basculer la tête sur le côté dans un petit hoquet…* Et même la fin est assez bâclée ! Bref, déception. Ah oui, allez pour finir sur une note positive, les personnages ont quasi tous la tête que je leur imaginais.

 Extras
Sorti en novembre 2001 ; Durée : 1 h 53.
Il existe également un Battle Royale 2, la suite, qui ne me tente pas du tout, et n’est pas très bien noté…

Challenge Regarde ce que tu lis

No et moi, de Delphine de Vigan

No et moi, de Delphine de Vigan

Mon résumé

ou est une petite surdouée de 13 ans, qui se sent un peu seule. Sa mère ne la regarde plus, son père ne fait que s’occuper de sa mère et à l’école, personne ne fait attention à la petite Lou. Alors elle passe le temps, en réfléchissant, en inventant des expériences, en collectionnant ou en regardant les gens se dire au revoir et se retrouver à la gare. C’est là qu’elle rencontre No, une jeune SDF. Lou n’en revient pas de la misère dans laquelle elle vit, et décide de tout faire pour l’aider.

Nbr de pages : 250 / Éditeur : Le Livre de Poche

Mon avis

Un tout petit livre, mais à l’intérieur, une plume magnifique, des phrases qui vous touchent au plus profond de vous-même et une histoire qui fait réfléchir.

Delphine de Vigan m’a vraiment offert un joli moment de lecture et elle m’a aussi beaucoup impressionnée. Je ne suis pas une grande fan des nouvelles ou des petits romans, car j’ai toujours un petit goût de trop peu, d’inachevé. No et moi est certes assez court, mais les émotions sont là et les personnages sont réels, vivants, complexes, travaillés.

Il y a Lou, cette petite surdouée, qui n’arrête pas de réfléchir sur tout, tout le temps et ses réflexions sur le monde sont assez innocentes, mais aussi très justes. Elle semble avoir grandi trop vite, et elle ne trouve pas vraiment sa place, ni à l’école, ni dans sa famille. Un petit bout de chou qui m’a émue tout au long du livre. Elle a une volonté de fer, de l’espoir, elle veut changer le monde et elle est prête à tout pour sauver No. Nolwenn, cette ado qui s’est construit une carapace pour survivre dans la rue, qui s’accroche à Lou comme à une bouée de sauvetage, qui dérape, se mure dans ses silences ou éclate d’un rire qui nous transporte. En fait, elles semblent toutes les deux paumées et ont autant besoin l’une de l’autre.

Une fois je me suis assise à côté d’elle sur son lit, elle s’est tournée vers moi et elle m’a dit : alors maintenant on est ensemble, toutes les deux ? j’ai répondu oui, je ne savais pas très bien ce que ça signifiait pour elle, être ensemble, c’est quelque chose qu’elle demande souvent : on est ensemble, hein, Lou ? Maintenant je sais. Ça veut dire que rien jamais ne pourra nous séparer, c’est comme un pacte entre nous, un pacte qui se dispense de mots.

C’est une histoire triste, mais qui ne tombe jamais dans le dramatique, il y a toujours une petite lueur d’espoir et la fraîcheur de Lou. Un sujet très difficile que Delphine de Vigan a su aborder avec simplicité, sans clichés. Elle écrit superbement bien, et tous les passages du livre pourraient figurer comme citations, tellement ils sont beaux ou originaux ou amusants ou émouvants.

Souvent je regrette qu’on ne puisse pas effacer les mots dans l’air, comme sur un papier, qu’il n’existe pas un stylo spécial qu’on agiterait au-dessus de soi pour retrancher les paroles maladroites avant qu’elles puissent être entendues.

Lou restera un de mes personnages préférés de la littérature. Elle nous donne envie de nous battre pour nos convictions et d’avoir comme elle une vision du monde simple mais juste. Comme le dit Lucas dans le livre, Lou, elle est « toute petite », mais elle est « toute grande ».

Note : 8,5/10

Extras
Première publication : août 2007
Fiche Bibliomania
No et moi a reçu le Prix des Libraires.

 Une nouvelle lecture pour le Challenge ABC de Nanet !

 Challenge ABC 2012
N° 5 dans le challenge ABC 2012 – Lettre V

Un mot sur le film

No et moi, de Zabo Breitman

Mon avis

J’avais un peu peur d’être déçue, mais c’est une jolie adaptation. La dynamique du livre est respectée et la relation fusionnelle de Lou et No est aussi émouvante. La réalisatrice n’a pas pris trop de libertés, si ce n’est pour la fin qui est un peu différente : je trouve qu’il manque quelques détails pour expliquer l’attitude de No. Les acteurs jouent vraiment bien, Lou est toute mignonne et aussi attachante que dans le roman. No est un rien plus extravagante, j’ai parfois eu l’impression que l’actrice surjouait un peu, mais au final, on voit bien les différentes facettes de No, ses contradictions, ses efforts pour sortir la tête de l’eau et sa lente descente aux enfers.

Extras
Sorti en novembre 2010 ; Durée : 1 h 45.
Actrices : Nina Rodriguez (Lou), Julie-Marie Parmentier (No).
Zabou Breitman, la réalisatrice, joue aussi le rôle de la mère de Lou.
Anecdotes :
les figurants du films sont interprétés par des comédiens amateurs.
Ainsi les SDF sont joués par de vrais sans-abris, les ados par de vrais lycéens…
Quelques mots de Zabou Breitman sur les différences entre le roman et le film :
« Plus généralement, le temps de l’adaptation est celui de la compression et du choix : que va-t-on laisser de côté ?Je ne croyais pas, par exemple, à la relation préalable entre Lucas et Lou, telle qu’elle était racontée dans le livre : les clans, entre adolescents, sont très rigides…
Lucas ne regarde Lou que parce qu’il y a No, c’est leur trio qui m’intéressait, et le regard que chacun porte sur les deux autres: on ne sait pas vraiment qui aime qui. »

Source : allocine.fr

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Coraline, de Neil Gaiman

Coraline, de Neil Gaiman

Mon résumé
Coraline, une petite aventurière maligne et espiègle, vient d’emménager dans une nouvelle maison. Alors que ses parents la délaissent un peu, elle décide d’explorer les quatre coins de la maison et découvre une porte qui ne mène nulle part. Et pourtant, derrière celle-ci se cache un monde identique au sien, à quelques petits détails près… Cette nouvelle aventure risque d’être bien plus dangereuse que Coraline ne le pensait. Échappera-t-elle aux griffes des « autres » habitants qui vivent derrière la porte ?


Mon avis

Coraline est un petit roman jeunesse de 150 pages qui m’a beaucoup plu. J’ai particulièrement apprécié la belle écriture de Gaiman et le monde fabuleux qu’il crée pour ses lecteurs. Il sait à la fois les ravir, les fasciner et les faire frissonner. Le thème général est bien connu des livres pour enfants : le passage dans un autre monde (Alice au pays des merveilles, Narnia, Reckless) mais l’auteur a su donner une pointe d’originalité à son roman, qui le rend vraiment unique.

Coraline est très attachante. Elle n’est pas naïve, ce n’est pas une poule mouillée et elle a de la jugeote pour son âge : une parfaite petite héroïne à laquelle les jeunes lecteurs peuvent s’identifier. Elle fait la connaissance d’un chat, qui l’aide tout au long de sa quête et qui m’a beaucoup amusée. Ces deux-là forment une belle équipe, malgré un mauvais départ.

Le chat s’arrêta, puis s’assit et, pensif, entreprit de faire sa toilette, sans paraître conscient de la présence de Coraline.
« On… pourrait être amis, tu sais, reprit-elle.
– Ouais… et on pourrait aussi être des spécimens rares appartenant à une espèce peu commune d’éléphants danseurs originaires d’Afrique. Sauf que ce n’est pas le cas. Du moins en ce qui me concerne », ajouta-t-il toutes griffes dehors.
Coraline soupira.
« S’il te plaît… Comment t’appelles-tu ? Moi c’est Coraline.»
Le chat bâilla sans se presser, voire avec application, en dévoilant une bouche et une langue extraordinairement roses.
« Un chat, ça n’a pas de nom, répondit-il enfin.
– Ah bon ?
– Non. C’est bon pour vous autres, les noms. Parce que vous ne savez pas qui vous êtes. Mais nous, nous le savons ; alors nous n’en avons pas besoin.»
Coraline trouvait ce chat d’un égocentrisme énervant. À l’entendre, il était le seul être au monde qui ait de l’importance.

Un petit conte qui prouve qu’un enfant peut faire preuve d’intelligence pour se sortir d’une mauvaise situation et vaincre ses peurs. Ce n’est pas une version édulcorée pour gamins, les descriptions sortent du commun, et « l’autre » mère peut réellement se montrer terrifiante. Il faut croire que je suis restée une grande enfant !

Note : 7,5/10

Extras
Traductrice : Hélène Collon
Première publication : janvier 2003
Fiche Bibliomania
Coraline est aussi un film d’animation réalisé par Henry Selick,
le réalisateur de L‘étrange Noel de Mr Jack.

Ce livre a été lu dans le cadre d’une Lecture Commune avec d’autres Livraddictiens : Flo_BossPlatinegirlMariipommTsukiGr3nouille2010LynnaeHabitant of StoMarmotteLunaPetite MarieFelinaZazou8888LiyahJelydragon

 

Un mot sur le film
CoralineL’adaptation de Coraline est haute en couleur et vise un public plus large. On retrouve bien le côté sombre et merveilleux de l’histoire de Gaiman et pourtant… ça ne sonne pas tout à fait juste. J’ai regardé le film directement après avoir lu le livre et la moindre petite différence me sautait aux yeux. La trame est exactement la même mais c’est la forme qui diffère et les détails changent parfois du tout au tout. Le côté folklorique, burlesque est omniprésent, peut-être un peu trop. Dans le film, les personnages sont plus fous, délurés, improbables. Il y a un petit côté « too much » qui m’a légèrement dérangé car il ne s’accorde pas totalement au monde de Gaiman. Par contre, je comprendrais que les enfants soient d’autant plus fascinés par l’aspect un peu foldingue du film. C’est donc un très chouette film, mais une adaptation qui ne colle pas à cent pour cent au roman.

J’ai également trouvé le film un peu long pour un petit roman d’une centaine de pages. Le réalisateur a rajouté un personnage, rend les scènes spectaculaires, et tout ça prend de la place. Le film, en fait, va plus loin et possède une dimension morale qu’il n’y a pas vraiment dans le livre. Dans le film, Coraline est d’abord ravie de découvrir « l’autre » appartement avec ses « autres » parents, mais elle se rend vite compte que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs !

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