Archives de Catégorie: Contemporain

Dis-moi si tu souris, d’Eric Lindstrom

Dis-moi si tu souris, d'Eric Lindstrom

 

Résumé de l’éditeur

« Je suis Parker, j’ai 16 ans et je suis aveugle. Bon j’y vois rien, mais remettez-vous : je suis pareille que vous, juste plus intelligente. D’ailleurs j’ai établi Les Règles :
– Ne me touchez pas sans me prévenir ;
– Ne me traitez pas comme si j’étais idiote ;
– Ne me parlez pas super fort (je ne suis pas sourde) ;
– Et ne cherchez JAMAIS à me duper.
Depuis la trahison de Scott, mon meilleur pote et petit ami, j’en ai même rajouté une dernière. Alors, quand il débarque à nouveau dans ma vie, tout est chamboulé. Parce que la dernière règle est claire : il n’y a AUCUNE seconde chance. La trahison est impardonnable. »
Nbr de pages : 396 / Éditeur : Nathan / Titre VO : Not if I See you First

Mon avis

Voici une très jolie histoire qui, sans révolutionner le genre, apporte un point de vue original : celui de Parker, une jeune adolescente aveugle. Je me demande comment c’est possible que je n’aie encore jamais lu de romans qui parlent de ce handicap et je suis vraiment ravie d’avoir eu cette première expérience avec ce livre touchant et juste.

Parker s’adresse directement à nous et nous raconte son histoire sur le ton de la franche camaraderie. Elle nous explique ce que c’est de vivre au quotidien dans le noir, dans le doute de ce que font les autres autour d’elle, elle parle de son manque d’assurance qu’il faut bien compenser par un caractère bravache. Elle ne manque pas d’humour et d’autodérision, elle voudrait qu’on la traite comme n’importe qui et pouvoir vivre le plus simplement possible. Et elle nous montre que c’est tout à fait faisable, quand on s’entoure des bonnes personnes.

J’ai beaucoup aimé ce personnage, qui m’a ouvert les yeux (sans mauvais jeu de mots) sur toutes sortes de situations que peuvent vivre les aveugles. Elle explique par exemple que non, elle n’écoute pas autant de musique qu’on pourrait le croire ; la navigation sur Internet, la lecture, le tchat entre copines nécessitent des programmes de lecture vocale, du coup, pas de musique en fond sonore. J’ai ressenti ses fêlures, ses craintes, ses envies, et je voulais que tout se passe bien pour elle, même si elle fait souvent sa tête de bourrique et ne se rend pas compte qu’elle peut elle aussi faire de la peine à son entourage et être dans l’erreur. Et Parker a beau prendre beaucoup de place dans ce roman, les personnages secondaires n’en sont pas moins réussis et touchants.

Le reste du roman repose sur des moments assez classiques de l’adolescence, les premières relations amoureuses (souvent déçues), les coups bas à l’école, les amitiés indéfectibles, les séances de shopping, les problèmes familiaux. L’auteur a réussi à garder un ton léger pour son histoire, tout en abordant les aspects dramatiques de la vie de Parker qui a vu mourir sa mère et puis son père. L’écriture n’est pas remarquable, mais elle ne manque pas de sensibilité, surtout pour décrire certaines situations difficiles ou de belles émotions, lors d’un premier baiser ou d’une étreinte entre deux amies.

Je m’avance encore et je l’embrasse doucement sur les lèvres. Je recommence. C’est dingue, c’est comme souffler sur un bol de chocolat chaud quand on a froid et sentir la chaleur vous envelopper le visage, puis le boire à petites gorgées et sentir la chaleur vous envahir les joues, descendre dans votre poitrine et continuer plus bas, jusqu’à vous remplir.

Ce roman va être lu et enregistré pour la Ligue braille et je serais vraiment intéressée d’avoir des retours de personnes aveugles concernant tous ces petits détails de la vie de Parker, pour savoir à quel point l’auteur a visé juste en créant ce personnage. En tout cas, moi il m’a beaucoup émue et je vous le recommande pour un joli moment en toute simplicité.

Ma note : 8/10

Extras
Traductrice : Anne Delcourt
Première publication : juin 2016
Fiche Bibiomania
L’écriture en relief sur la couverture est du vrai braille.
Parker n’est pas fan de mode, mais son truc c’est d’alterner chaque jour les bandeaux sur ses yeux.

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Qui es-tu Alaska ? de John Green

Qui es-tu Alaska ? de John Green

 

Mon résumé

Miles a l’impression de passer à côté de sa vie et décide de partir en quête d’un Grand Peut-Être. Il quitte ses parents et son école pour s’installer bien loin dans un pensionnat. Ce sera pour lui le commencement d’une autre vie, faite de toutes sortes de premières fois et de rencontres. Des rencontres qui marquent, surtout quand il s’agit d’une jeune fille aussi intrépide, lunatique et merveilleuse qu’Alaska.

 

Nbr de pages : 365 / Éditeur : Gallimard Jeunesse / Titre VO : Looking for Alaska

Mon avis

Voici une histoire toute simple et à la fois très complexe, qui parle d’amour et d’amitié, des premiers émois et expériences sexuelles, de profs et de cours séchés, des premières cigarettes et gueules de bois. Une histoire comme on a sans doute déjà pu en lire, mais John Green possède ce petit quelque chose qui fait qu’on revit toutes ces choses à notre tour, la gorge serrée.

Dès les premières pages, on pressent qu’on ne sortira pas indemne de notre lecture. Le premier chapitre s’intitule « 136 jours AVANT ». On voit où John Green compte nous emmener, on devine quelques petites choses… C’est sans grand suspense, cela tire parfois en longueur, mais il règne néanmoins dans ce livre une certaine tension, car on sait qu’à la moitié du roman, on aura droit à la partie « APRÈS ». Et même si on est loin du degré d’émotions de Nos étoiles contraires, on n’échappe pas pour autant aux yeux humides.

Mais je manquais de courage et elle avait un copain et j’étais gauche et elle était sublime et j’étais désespérément ennuyeux et elle était infiniment captivante. Alors je suis retourné dans ma chambre et je me suis écroulé sur mon lit, en me disant que si les gens étaient de la pluie, j’étais de la bruine et elle, un ouragan.

Quant aux personnages, ils sont lumineux, complètement fous, attachants. Ils sont incroyables, presque trop. Comme dans Nos étoiles contraires, ils ont cette maturité qu’on n’attend pas toujours chez des ados de 16 ans. L’un ne lit que des biographies et est un expert des dernières paroles d’illustres personnalités, l’autre nous sort des bouts de poème appris par cœur et se pose des questions existentielles et philosophiques à tout bout de champ. Une fois de plus, John Green ne prend pas son lecteur pour un demeuré et lui balance des références qui resteront peut-être et le pousseront à la découverte.

John Green explique dans ses remerciements qu’il adorait ses professeurs… et ça se voit. Toute son intelligence transparaît à travers ses personnages, on sent qu’il met une part de lui dans chacun d’eux, comme cette fascination de Miles pour les dernières paroles qui est aussi la sienne. Cet auteur est un type brillant, qui parvient à nous bouleverser à coups de petites phrases bien senties, sans jamais se départir de son humour. Son arme, c’est de transformer des sujets du quotidien, somme toute banals, en thématiques pleines de profondeur. Il nous pousse à réfléchir, à nous remettre en question, à voir le monde sous un autre angle. Qui es-tu Alaska ? est de ces lectures dont on a l’impression de ressortir grandi…

Note : 8,5/10

Extras
Traductrice : Catherine Gibert
Première publication : 2005 (VO), 2007 (VF)
Fiche Bibliomania
Qui es-tu Alaska ? est le premier roman de John Green, écrit à l’âge de 27 ans.
Il sera son troisième roman à être adapté au cinéma.

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 Challenge Petit Bac organisé par Enna
Petit Bac 2015Lieu : Alaska

Challenge ABC 2015 organisé par Nanet

ABC20157/13 dans le challenge ABC 2015 – Lettre G

 

La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la tour Eiffel, de Romain Puértolas

La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la tour Eiffel, de Romain PuértolasMon résumé

Providence est facteur, jolie, toujours pressée, mais seule. Quand elle fait la rencontre de Zahera, un petite marocaine malade, c’est le coup de foudre. Une fois les papiers d’adoption dans la poche, elle décide d’aller rejoindre sa petite fille à Marrakech pour l’emmener à Paris où elle pourra être traitée dans un hôpital de pointe. Mais c’est compter sans un nuage de cendre qui cloue tous les avions au sol. Qu’à cela ne tienne, Providence ne jette pas l’éponge et est prête à soulever des montagnes pour rejoindre Zahera, même d’apprendre à voler comme un oiseau.

Nbr de pages : 256 / Éditeur : Le Dilettante

Mon avis

Romain Puértolas poursuit son petit bonhomme de chemin et ne change pas une recette qui marche : un titre à rallonge, des couleurs vives, des personnages haut en couleur, une fable contempo-humoristiquo-fantastique, des événements complètement absurdes et un humour explosif. Les fans du fakir seront sans aucune doute à nouveau comblés (du moment où ils n’espéraient pas quelque chose de différent) et les autres pourront découvrir une histoire tout aussi folle, mais avec la petite pointe d’émotion qui pouvait parfois manquer dans le roman précédent.

On retrouve ce qui avait fait le succès du fakir : des réflexions sur le monde qui ne tourne pas rond, sur les rêves qui méritent d’être réalisés, des petites moralités sur le fait que la joie de vivre et l’espoir peuvent nous porter loin, le tout avec un ton toujours décalé et plein d’humour. « La petite fille qui avait avalé un nuage… » (j’espère que Romain Puértolas n’a rien contre les points de suspension car avec des titres pareils, il est voué à ne plus jamais les voir en entier !) est donc une jolie fable émouvante et amusante, assez similaire à celle du fakir finalement. Il essaie d’aborder des thèmes intéressants à coups d’humour, et même s’il est loin d’aller au bout des choses dans les débats qu’il lance, il a le mérite de mettre le doigt sur plusieurs choses qui méritent réflexion.

Par contre, on retrouve aussi ses blagues à deux balles que j’ai du mal à trouver comiques. Entendez-moi bien : oui j’ai ri et oui j’ai souri, mais au rythme de « une blague par ligne », on finit par ne plus retenir que ce qui ne fait pas rire… Le comique de répétition ne doit pas fonctionner formidablement sur moi, parce que trop, c’est trop : une même blague ne peut pas me faire rire 15 fois de suite. Bref avec cet humour parfois too much, ça passe ou ça casse…

Mais si j’ai trouvé ce roman moins comique que celui du fakir, celui-ci m’a beaucoup plus touchée. J’ai été très émue par cette histoire de jeune factrice tombée sous le charme de la petite Zahera, atteinte de la mucoviscidose. Les passages concernant cette petite fille, pleine de rêves et d’envies, qui se bat jour après jour, sont vraiment très beaux, émouvants et nous tirent des sourires mi-navrés mi-amusés. Elle est pleine d’esprit et vraiment attendrissante ; pour moi c’est la force de ce roman.

Attention tout de même : que les cartésiens et réfractaires au fantastique s’éloignent de ce livre, car on y suit quand même une jeune femme persuadée de pouvoir s’envoler comme un oiseau et… qui y parvient. On baigne dans la fantaisie du début à la (presque) fin, et on vire même souvent à l’absurde avec des vêtements tricotés avec du fromage. J’avoue que même pour moi, c’est parfois trop gros pour passer sans un froncement de sourcils, mais je vous rassure, tout s’explique à la fin. Une fin que j’ai d’ailleurs beaucoup aimé !

Note : 7,5/10

Extras
Première publication : janvier 2015
Fiche Bibliomania
Vous l’aurez remarqué, l’auteur aime les couleurs et compte bien créer dans nos bibliothèques un vrai arc-en-ciel. D’ailleurs, c’est à lui qu’on doit la conception de la couverture ! (infos recueillies lors d’une rencontre)
Mon avis sur L’extraordinaire voyage du fakir…
Petit conseil de l’auteur : toujours bien lire les épigraphes 😉

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Challenge ABC 2015 organisé par Nanet

ABC20152 dans le challenge ABC 2015 – Lettre P

 Challenge Petit Bac organisé par Enna
Petit Bac 2015Mesure : grand

Sous les couvertures, de Bertrand Guillot

Sous les couvertures, de Bertrand Guillot

 

Quatrième de couverture

Un samedi soir, une librairie de quartier. Comme toutes les nuits, sitôt le rideau tombé, les livres s’éveillent et se racontent leurs histoires… Mais ce soir, l’heure est grave : les nouveautés viennent d’arriver, et les romans du fond de la librairie n’ont plus que quelques jours pour trouver un lecteur ! Pour sortir par la grande porte, il leur faudra s’unir et prendre la place des best-sellers solidement empilés près de la caisse. Autant dire qu’ils n’ont pratiquement aucune chance…

Nbr de pages : 176 / Éditeur : Rue Fromentin

Mon avis

En voilà un livre original, plein d’humour et de fraîcheur ! Quel lecteur n’aurait pas envie de voir des livres prendre vie sous ses yeux, que ce soit pour taper la causette ou pour ne pas devoir se relever pour aller chercher le bouquin oublié aux toilettes ? Je me suis plongée avec plaisir dans cette amusante fable, en me remémorant mes heures passées devant le dessin animé Les Babalous, où tous les objets de la maison s’éveillaient la nuit tombée (♫ L’heure, c’est l’heure, avant l’heure c’est pas l’heure… ♫).

Les Babalous

Les premiers chapitres sont particulièrement intéressants, avec plein de détails sur le métier de libraire dans lesquels j’ai pu me reconnaître (les réflexions habituelles des clients, les arrivages massifs de nouveautés, les livres à sélectionner pour les tables proches de la caisse). Le vieux libraire a bien des années d’expérience derrière lui, mais il a perdu son idéalisme et s’est laissé prendre de vitesse par les nouvelles technologies. Il commence par oublier petit à petit au fond du magasin de bons livres… qui vont décider d’eux-mêmes de prendre les choses en mains et de s’imposer sur la grande table.

Si l’idée est amusante et promet des situations cocasses, elle ne tient malheureusement pas la route bien longtemps. Une fois les livres-héros présentés et l’attaque mise en place, le récit de la bagarre des livres tire un peu en longueur et les réflexions sur le monde du livre se font moins présentes. Ce livre, qui est pourtant déjà court, aurait gagné à être raccourci de quelques pages et aurait été d’autant plus percutant.

Je ne partage pas la vision un peu pessimiste du vieux libraire, je ne crois pas que « plus personne ne lit » et je suis particulièrement enjouée lorsque je déballe les nouveautés en librairie, contrairement à lui, qui soupire de lassitude. Et puis, je ne suis pas non plus du genre à cracher sur les best-sellers et je pense qu’il en fait pour tous les goûts. Mais on a beau être d’accord ou pas avec lui, Bertrand Guillot a pas mal de choses à dire et il soulève plusieurs questions intelligentes sur la chaîne du livre. Et une chose est sûre, on termine ce roman le sourire aux lèvres, en imaginant ses propres livres se lancer dans de grands débats sur leurs auteurs et éditeurs.

Est-ce l’auteur qui fait le grand livre, ou ce que les lecteurs en retiennent ?

Note : 7,5/10

Extras
Première publication : septembre 2014
Fiche Bibliomania
Sous les couvertures est le 4e roman de Bertrand Guillot.
L’idée de l’auteur est tirée des contes d’Andersen et de Toy Story.
Il a rencontré beaucoup de libraires pour comprendre la façon dont ils travaillent.
(propos recueillis dans l’interview du site Mandor)
Un grand merci à Priceminister pour ses Matchs de la rentrée littéraire !

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Challenge ABC 2014 organisé par Nanet

ABC 2014
16 dans le challenge ABC 2014 – Lettre G

Challenge 1% Rentrée littéraire organisé par Sophie Hérisson

challenge 1% Rentrée littéraire7/6

Challenge 1 mois = 1 consigne, organisé par Nessa

Challenge 1 mois = 1 consigne
Décembre : Lire un livre féérique

Challenge Haut en couleurs organisé par Addiction littéraire
Challenge Haut en Couleurs
14/15 : rose

Esprit d’hiver, de Laura Kasischke

Esprit d'hiver, de Laura Kasischke

Quatrième de couverture

Réveillée tard le matin de Noël, Holly se voit assaillie par un sentiment d’angoisse inexplicable. Rien n’est plus comme avant. Le blizzards s’est levé, les invités se décommandent pour le déjeuner traditionnel. Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana, habituellement affectueuse, mais dont le comportement se révèle de plus en plus étrange et inquiétant…

Nbr de pages : 276 / Éditeur : Christian Bourgois / Titre VO : Mind of Winter

Mon avis

On m’avait promis une chute renversante ; renversante au point de vouloir relire le livre pour voir ce qu’on avait bien pu louper. Alors évidemment, ça m’a mis l’eau à la bouche. Mais, ça a involontairement déclenché mon détecteur d’indices à chute renversante et je me suis vite retrouvée à décortiquer chaque phrase du livre en me demandant ce qu’on allait réussir à me cacher. Et j’ai découvert le pot aux roses page 30… C’est vraiment bête, car ça m’a en partie gâché cette lecture. Malheureusement, beaucoup d’autres choses ont gâché cette histoire que j’espérais angoissante et intrigante. Disons qu’une chute inattendue aurait pu me sortir au dernier moment de l’ennui dans lequel je m’étais petit à petit installée.

On m’avait aussi promis une atmosphère oppressante, un malaise omniprésent. Je n’ai rien ressenti de tel, je n’ai même rien ressenti du tout, si ce n’est un sentiment d’étrangeté, de bizarrerie, d’inexplicable, de tordu. Cet affrontement mère/fille ne m’a pas touché et si malaise il y a, il n’a pas su se détacher des pages pour se fondre dans l’atmosphère et s’étendre jusqu’à moi.

J’ai tout de même lu ce petit roman rapidement, car il y a quand même l’envie de savoir. Je me réjouissais de pouvoir confirmer ou plutôt infirmer mon hypothèse et d’être surprise comme tant d’autres lecteurs. Mais je n’irai pas jusqu’à dire qu’il se lit vite, au contraire, j’ai eu l’impression d’être engluée dans cette histoire sans pouvoir en sortir, sans en voir la fin. Enfin, arrivent les dernières pages qui lèvent petit à petit le voile et sont les plus intéressantes. Je n’avais pas tout flairé non plus, mais bien des choses restent inexplicables… Le reste du texte m’a semblé laborieux à lire, englouti par des redondances, des scènes répétitives et sans intérêt, et un manque cruel de… quelque chose, d’action, d’angoisse, de terreur, de sentiments, d’empathie, de rythme.

Note : 4/10

Extras
Traductrice : Aurélie Tronchet
Première publication : août 2013
Fiche Bibliomania
Tout comme l’héroïne de ce roman, Laura Kasische est poétesse. Elle est également l’auteure de 9 romans. Je lui donnerai peut-être une deuxième chance avec Les revenants.

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Challenge Haut en couleurs organisé par Addiction littéraire
Challenge Haut en Couleurs
13/15 : brun

Trente-six chandelles, de Marie-Sabine Roger

Trente-six chandelles, de Marie-Sabine Roger

 

Quatrième de couverture

Allongé dans son lit en costume de deuil, ce 15 février, à l’heure de son anniversaire, Mortimer Decime attend sagement la mort car, depuis son arrière-grand-père, tous les hommes de sa famille sont décédés à onze heures du matin, le jour de leurs 36 ans. La poisse serait-elle héréditaire, comme les oreilles décollées ? Y a-t-il un gène de la scoumoune ? Un chromosome du manque de pot ? Que faire de sa vie, quand le chemin semble tout tracé à cause d’une malédiction familiale ?

Nbr de pages : 278 / Éditeur : Rouergue

Mon avis

Parmi les livres de cette rentrée un peu morose, celui-ci semblait tout indiqué pour passer un bon moment, promesse de situations loufoques et de personnages amusants. Le résumé m’avait de suite plu, avec cette malédiction originale touchant les hommes de la famille Decime, tous morts le jour de leurs 36 ans à 11 h.

Malheureusement, c’est un petit flop pour moi. Je n’ai pas particulièrement apprécié l’humour de l’auteure, ni ses nombreuses métaphores, son langage très familier parfois un peu vulgaire, ses digressions. Je n’ai pas non plu été séduite par les personnages, Mortimer étant un peu fadasse et Paquita trop extravagante, décrite sans grande subtilité ; elle s’habille « comme une pute » et pense que l’Europe est un pays.

Le héros va très vite découvrir que la malédiction ne s’applique pas à lui et il va devoir apprendre à vivre sans épée de Damoclès au-dessus de sa tête. Mais il va surtout nous raconter comment il a vécu jusque-là, avec une pointe de nostalgie et je n’ai finalement pas ri du tout. Mais ne soyons pas peau de vache, j’ai tout de même souri à quelques répliques et dégusté les passages où Mortimer nous raconte les morts stupides de son père, grand-père et arrière-grand-père.

L’histoire se veut pleine de bons sentiments, d’entraide et d’humanité, avec une petite leçon sur l’urgence de vivre sa vie pleinement. Je suis sûre qu’il plaira à beaucoup de monde, dans la même lignée que « Le liseur du 6h27 », mais pour ma part, je n’en garderai pas un grand souvenir. Ce court roman se lit tout de même sans déplaisir et certaines anecdotes sont amusantes, mais il ne faut pas s’attendre à la franche rigolade que laissait espérer le résumé.

Ma note : 6,5/10

Extras
Première publication : août 2014
Fiche Bibliomania
Marie-Sabine Roger a déjà écrit plein de romans (dont Bon rétablissement et La tête en friche, adapté au cinéma avec Depardieu) et d’albums pour enfants.
Elles ont adoré : Nathalie, Clara, Mademoizelle Nebel.

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Challenge 1% Rentrée littéraire organisé par Sophie Hérisson

challenge 1% Rentrée littéraire4/6

Challenge Petit Bac organisé par Enna
Challenge Petit Bac 2013
Objet : chandelle

Challenge Haut en couleurs organisé par Addiction littéraire
Challenge Haut en Couleurs
12/15 : gris foncé

Challenge 1 mois = 1 consigne, organisé par Nessa

Challenge 1 mois = 1 consigne
Septembre : Lire un livre dont le nom/prénom de l’auteur ou le titre du livre commence par M

L’Ordinateur du paradis, de Benoît Duteurtre

L'Ordinateur du paradis, de Benoît DuteurtreQuatrième de couverture

Arrivé aux portes du paradis, un nouvel élu, fraîchement décédé, découvre les normes d’hygiène et de sécurité désormais fixées pour la vie éternelle.
Au même moment, sur terre, un projet de pénalisation des images pornographiques perturbe la tranquillité de Simon Laroche, haut fonctionnaire bon teint qui redoute de se voir démasqué pour ses escapades sur Internet. Pourtant, c’est une simple phrase, filmée à son insu, qui va le précipiter dans un engrenage cauchemardesque.
Dans cette société à peine imaginaire où les réseaux se dérèglent, où les informations des uns arrivent sur les ordinateurs des autres, où les femmes et les hommes guerroient sans relâche, deux jeunes banlieusards opposent une résistance dérisoire à l’ordre établi.

Nbr de pages : 224 / Éditeur : Gallimard

Mon avis

Benoît Duteurtre nous livre une savoureuse satire de notre société que l’on dévore, le sourire aux lèvres. Préparez-vous à bien des situations cocasses ! D’un côté, on nous ouvre la porte sur un paradis surpeuplé, fourmillant de salles d’attente où l’on ne peut même pas fumer ! Prenez votre ticket, attendez comme tout le monde, et priez pour que l’accès au paradis vous soit accordé… Et de l’autre, on retrouve notre bonne vieille Terre, où Internet a décidé de faire des siennes et de balancer tous nos petits secrets sur la place publique. Adios la confidentialité dans nos e-mails, bonjour le grand chambardement dans nos vies.

On suit avec régal Simon, en charge de tout ce qui touche aux libertés publiques, qui va se retrouver au centre de cette catastrophe. Lui qui aimait justement surfer de temps à autres sur des sites pornos, il n’a plus qu’à prier pour ne pas voir ses petits vices éclater au grand jour. On compatit et surtout, on se met à sa place et on réfléchit à tout ce que ce manque de confidentialité sur le net pourrait avoir comme conséquences. Peut-on virer quelqu’un parce qu’il émet des propos déplacés une fois chez lui ? Peut-on utiliser Internet pour dénicher des criminels si cela signifie briser les limites de la confidentialité ?

Outre cette grande question, l’auteur attire également l’attention sur notre société de consommation. Son personnage se laisse souvent aller à la nostalgie, se plaignant du manque d’authenticité des villes, de l’omniprésence des grandes marques, des faux progrès qui nous compliquent la vie. Son discours frôle parfois celui du grincheux qui pense que de toute façon « c’était mieux avant », surtout dans le dernier chapitre, qui sert de petite morale. Ce sera mon seul bémol.

L’auteur soulève pas mal de points intéressants qui méritent réflexion, tout en gardant un ton léger et un humour subtil et rafraîchissant. Ce roman amusant a été un vrai plaisir dans cette rentrée littéraire assez sombre. Attention toutefois à ne pas mettre ce livre dans toutes les mains : l’auteur se moque gentiment mais sûrement du féminisme à outrance, ce qui pourrait en offusquer certaines. Mais franchement, quel homme ne serait pas horrifié de découvrir qu’on veut bannir le porno du net et traquer ses amateurs ? Bien une idée de femme, ça !

À prendre bien sûr au second degré

Ma note : 8/10

Extras
Première publication : août 2014
Fiche Bibliomania
Ce roman fait partie de la liste des 15 sélectionnés pour le Goncourt 2014.
Certains autres livres de Benoît Duteurtre semblent renfermer cette même nostalgie pour le passé, soulignant les pièges de notre société : Chemins de fer, Service clientèle, Le Retour du Général.

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challenge 1% Rentrée littéraire2/6

Challenge ABC 2014 organisé par Nanet

ABC 2014
13 dans le challenge ABC 2014 – Lettre F

Challenge Petit Bac organisé par Enna
Challenge Petit Bac 2013
Lieu : paradis

Peine perdue, d’Olivier Adam

Peine perdue, d'Olivier AdamQuatrième de couverture

Les touristes ont déserté les lieux, la ville est calme, les plages à l’abandon. Pourtant, en quelques jours, deux événements vont secouer cette station balnéaire de la Côte d’Azur: la sauvage agression d’Antoine, jeune homme instable et gloire locale du football amateur, qu’on a laissé pour mort devant l’hôpital, et une tempête inattendue qui ravage le littoral, provoquant une étrange série de noyades et de disparitions. Familles des victimes, personnel hospitalier, retraités en villégiature, barmaids, saisonniers, petits mafieux, ils sont vingt-deux personnages à se succéder dans une ronde étourdissante. Vingt-deux hommes et femmes aux prises avec leur propre histoire, emportés par les drames qui agitent la côte.

Nbr de pages : 414 / Éditeur : Flammarion

Mon avis

Pour cette première lecture de la rentrée : découverte d’Olivier Adam, un auteur pourtant déjà bien connu. D’après les quelques discussions que j’ai pu avoir avec mes amis du net, ses romans sont toujours très sombres… et celui-ci ne déroge pas à la règle. En deux mots : dépressifs, s’abstenir. De mon côté, n’ayant rien contre les romans tristes, noirs et sans une once d’espoir, j’ai lu celui-ci avec plaisir.

Ce qui m’a particulièrement plu, c’est l’originalité de la narration, cette ronde de personnages qui se laissent tour à tour la parole. On découvre en premier lieu Antoine, jeune footballeur talentueux, papa divorcé, mais surtout tête brûlée qui n’arrive pas à prendre ses responsabilités et se retrouve souvent dans le pétrin. Après quelques pages, il se fait tabasser et tombe dans le coma. S’ensuivent alors les témoignages de son ex-femme, de sa sœur, de ses coéquipiers, d’une infirmière, d’une jeune fugueuse, du magnat de la station balnéaire. On les écoute chacun nous raconter leur petite vie, souvent malheureuse, et les liens qu’ils nouent avec les autres personnages du roman.

Cette petite farandole nous ouvre les yeux sur certains problèmes de la société, sur le désespoir ambiant. Certains personnages sont assez attachants et on aimerait les suivre encore quelques chapitres, quand d’autres nous ennuient trop rapidement. Dans l’ensemble, on reste souvent en retrait, par manque d’empathie. C’est parfois un rien longuet, et chaque bout de vie ne semble pas toujours nécessaire. Mais petit à petit, on assemble les quelques pièces de puzzle permettant de découvrir ce qui est arrivé à Antoine : qui pouvait lui en vouloir au point de le laisser pour mort ?

Le titre est sans appel et correspond parfaitement au contenu du roman : tout est peine perdue, pour presque chacun des 22 personnages que l’on rencontre. On pourrait croire que la fin laissera une porte entrouverte sur la lumière, mais… non. Le dernier chapitre est surprenant et inattendu, mais reste résolument tragique. J’ai aimé cette dernière claque du destin, qui me fait oublier les longueurs du roman, pour n’en garder qu’un bon moment de lecture.

Ma note : 7/10

Extras
Première publication : août 2014
Fiche Bibliomania
Olivier Adam dit s’être inspiré de Friday Night Lights et on retrouve dans son roman une petite référence à la série, au coach Taylor et à Riggins.
Dans une interview pour Livres Hebdo, il déclare : « Je ne fais jamais de plan, je ne prends jamais de notes. Même pour Je vais bien, ne t’en fais pas, qui a en apparence une architecture scénaristique assez huilée, je l’ai écrit au fil, sans connaître à l’avance le dénouement. Pour Peine perdue, je suis parti avec les trois premiers chapitres et les personnages seulement caractérisés par un prénom, un métier, un fait. »

***

challenge 1% Rentrée littéraire1/6

La Délicatesse, de David Foenkinos

La Délicatesse, de David FoenkinosRésumé de l’éditeur

« François pensa : si elle commande un déca, je me lève et je m’en vais. C’est la boisson la moins conviviale qui soit. Un thé, ce n’est guère mieux. On sent qu’on va passer des dimanches après-midi à regarder la télévision. Ou pire : chez les beaux-parents. Finalement, il se dit qu’un jus ça serait bien. Oui, un jus, c’est sympathique. C’est convivial et pas trop agressif. On sent la fille douce et équilibrée. Mais quel jus ? Mieux vaut esquiver les grands classiques : évitons la pomme ou l’orange, trop vu. Il faut être un tout petit peu original, sans être toutefois excentrique. La papaye ou la goyave, ça fait peur. Le jus d’abricot, ça serait parfait. Si elle choisit ça, je l’épouse…
– Je vais prendre un jus… Un jus d’abricot, je crois, répondit Nathalie.
Il la regarda comme si elle était une effraction de la réalité. »

Nbr de pages : 272 / Éditeur : Belgique Loisirs – Piment

Mon avis

Quelle merveilleuse surprise ! Je ne m’attendais à rien de bien extraordinaire et j’ai été charmée à presque chaque page. Par une réplique, une blague, un mot, une définition, une note en bas de page, une émotion, une métaphore, des points de suspension… Dès la lecture de la quatrième de couverture, je suis tombée sous le charme. Avec ce roman, David Foenkinos nous donne envie de le rencontrer et de lire tout ce qu’il a pu écrire jusqu’à présent.

J’ai directement été séduite par la présence de l’auteur, par son audace, par l’empreinte qu’il laisse dans son roman, comme s’il était une sorte de personnage secondaire. Il prend part au drame, avec à ses phrases délicates et nous émeut, mais surtout il nous donne le sourire, grâce à son humour tendre et ravageur. J’ai eu envie de noter des dizaines de citations, de phrases qui sonnent parfaitement, qui sont tout à fait à propos ou qui peuvent nous toucher personnellement.

Voilà à peu près ce qu’il aurait aimé dire. Mais c’est ainsi : on a toujours cinq minutes de retard sur nos conversations amoureuses.

Néanmoins, il ne faut pas s’attendre à une histoire renversante et originale. Ce petit roman est assez banal et traite, comme beaucoup l’ont déjà fait, de l’amour, du deuil, du bonheur et de comment réapprendre à vivre. Ça ne paie pas de mine comme ça, et pourtant, c’est une belle histoire, rigolote et touchante, écrite avec talent et ce « je ne sais quoi » qui la classe au-dessus des autres.

Note : 9/10

Extras
Première publication : août 2009
Fiche Bibliomania
Dans ma PAL : Nos Séparations
Ce roman a été adapté en 2011 au cinéma par les frères Foenkinos, avec Audrey Tautou et François Damiens.

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Challenge 1 mois = 1 consigne, organisé par Nessa

Challenge 1 mois = 1 consigne
Août : Lire un livre depuis trop longtemps dans ma PAL
(acheté en septembre 2012)

Challenge ABC 2014 organisé par Nanet

ABC 2014
12 dans le challenge ABC 2014 – Lettre F

La Voleuse de livres, de Markus Zusak

La voleuse de livres, de Markus ZusakQuatrième de couverture


Leur heure venue, bien peu sont ceux qui peuvent échapper à la Mort. Et, parmi eux, plus rares encore, ceux qui réussissent à éveiller Sa curiosité.
Liesel Meminger y est parvenu.
Trois fois cette fillette a croisé la Mort et trois fois la Mort s’est arrêtée.
Est-ce son destin d’orpheline dans l’Allemagne nazie qui lui a valu cet intérêt inhabituel ? Ou bien sa force extraordinaire face aux événements ? À moins que ce ne soit son secret… Celui qui l’a aidée à survivre. Celui qui a même inspiré à la Mort ce si joli surnom : la Voleuse de livres…

Nbr de pages : 633 / Éditeur : Pocket / Titre VO : The Book Thief

Mon avis

Voici un joli petit bijou ! Ce livre m’a transmis beaucoup d’émotions et le souvenir que j’en garderai ne risque pas de tomber aux oubliettes. Pourtant, ce n’était pas gagné d’avance. Les premières pages laissent perplexes et sont loin d’être accrocheuses. Il m’a fallu une centaine de pages pour vraiment m’intéresser au sort de cette fillette, recueillie par une famille allemande en temps de guerre. Et puis soudain, on entre tout entier dans l’histoire et on ne veut plus en ressortir.

Mise à part cette entrée en matière délicate, je n’ai que des éloges à faire à ce roman. Il y a tout d’abord cette approche originale consistant à placer la Mort comme première narratrice. Étrangement, elle nous est rapidement attachante et ses interventions sont souvent émouvantes. Eh oui, pas évident de faire un tel job en 1942… Je ne m’attendais pas à ce genre de confidences mi-amusantes mi-tragiques, qui font réfléchir sur cette folie qu’est la guerre. Les apparitions de la Mort sont intéressantes, mais restent somme toute assez rares ; l’histoire de Liesel se lit la plupart du temps comme une narration traditionnelle à la 3e personne.

Au fil des ans, j’en ai vu, des jeunes hommes qui croient se précipiter sur d’autres jeunes hommes. Il se trompent. Ils se précipitent vers moi. (La Mort)

En soi, l’histoire n’a rien d’exceptionnel. On nous raconte le quotidien de Liesel dans l’Allemagne nazie, les Jeunesses Hiltériennes, les parties de foot entre copains, la faim, le cortège de Juifs dans les rues, les raclées de l’institutrice, les nuits à apprendre la lecture. Mais la force de ce roman, ce sont les multiples merveilleux personnages qui nous donnent foi en l’humanité, que l’on aimerait rencontrer ou avoir dans sa famille. On s’attache bien sûr à Liesel, mais surtout à son papa de substitution, modèle d’amour et de générosité. Comment ne pas fondre devant ses démonstrations de patience, de gentillesse et d’humour ? On nous propose toute une galerie de personnes étonnantes, avec leurs qualités et leurs défauts, leurs faiblesses, leur envie de s’en sortir et de contribuer à quelque chose de vrai.

Parfois, je me dis que mon papa est un accordéon. Quand il respire et me regarde en souriant, j’entends les notes.

Et puis, on ne peut qu’être touché par le très beau rapport à la lecture que va développer Liesel au fil du temps. Apprendre à lire, jongler avec les phrases, comprendre le pouvoir des mots, découvrir le besoin irrépressible de se lier aux livres, de les avoir avec soi, d’en avoir un nouveau, et encore un autre, de les lire encore et encore jusqu’à plus soif. Impossible de rester de marbre face à cette fillette qui nous ressemble tant.

Des livres en veux-tu, en voilà. Chaque mur était couvert d’étagères pleines à craquer et pourtant impeccables. On distinguait à peine la peinture. Liesel avait rarement vu quelque chose d’aussi beau. Elle sourit, émerveillée. Dire qu’il existait une pièce comme celle-ci !

Et puis ce que je retiendrai surtout, c’est la sublime écriture de Markus Zusak. Ce roman est écrit avec émotion et une grande subtilité. L’auteur joue lui aussi avec les mots et leurs sens, pour nous offrir de jolies métaphores, des images qui marquent et que l’on veut garder en mémoire. La poésie de ce texte m’a beaucoup touchée, au point de m’arracher quelques larmes dans les moments les plus tristes. J’ai refermé le livre le cœur serré, et malgré un début chaotique, on peut dire que j’ai frôlé le coup de cœur.

Note : 9/10

Extras
Traductrice : Marie-France Girod
Première publication : mars 2007
Fiche Bibliomania
Markus Zusak est né à Sidney, de parents d’origine allemande et autrichienne.
L’auteur insère beaucoup de mots allemands dans son roman, qui nous plonge d’autant plus dans l’ambiance du pays.
Ce livre a fait l’objet d’une adaptation au cinéma en 2013 par Brian Percival.

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Challenge Petit Bac organisé par Enna
Challenge Petit Bac 2013
Objet : livre

Challenge L’énigme des 5 continents, organisé par Drussnaga
Challenge L'énigme des 5 continents
Continent : Océanie

Challenge 1 mois = 1 consigne, organisé par Nessa

Challenge 1 mois = 1 consigne
Juillet : Lire un livre de plus de 450 pages

Challenge ABC 2014 organisé par Nanet

ABC 2014
11 dans le challenge ABC 2014 – Lettre Z

L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa, de Romain Puertolas

L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa, de Romain Puértolas   Mon résumé

Monsieur Ajatashatru Lavash Patel (« Attache ta charrue, la vache » pour les intimes) débarque à Paris pour acheter chez Ikéa un lit, 15 000 clous à monter soi-même. Manque de bol, il lui manque quelques euros pour régler la facture et va se retrouver… coincé dans une armoire du magasin. Ce n’est que le début d’une longue aventure semée d’embûches, notre fakir se faisant trimballer d’un côté à l’autre du globe, pour notre plus grand plaisir.

Nbr de pages : 256 / Éditeur : Le Dilettante

Mon avis

Ca a été un tel succès et j’en ai entendu tellement de bien que je ne pouvais pas passer à côté. Et c’est vrai que ce livre est parfait pour illuminer une soirée morne, tant on s’amuse avec cet étrange personnage qui nous raconte ses folles aventures.

Alors c’est vrai que c’est marrant, mais pas aussi hilarant que je l’espérais. On garde le sourire aux lèvres tout au long de la lecture, mais pas d’éclats de rire pour moi. Vous allez finir par me trouver exigeante avec les livres humoristiques, mais j’attends toujours de pied ferme le livre qui me fera mourir de rire… Dans ce cas-ci, l’humour fonctionne parfaitement, mais l’auteur a tendance à en faire un peu trop. Au bout de dix fois, la même blague n’est plus marrante, non… Au contraire, ça agace (notamment cette vache sacrée qu’on nous ressert à toutes les sauces). Mais une chose est sûre, on ne s’ennuie pas une minute et on va de découvertes surprenantes en situations cocasses, pour notre plus grand bonheur. Et ça se termine bien trop vite, à notre grand désarroi. Bref, je ne cacherai pas non plus mon plaisir, j’ai quand même passé un très chouette moment.

Pour quelqu’un venant d’un pays occidental de tendance démocratique, monsieur Ikéa avait développé un concept commercial pour le moins insolite : la visite forcée de son magasin.

Certains passages sont amusants, d’autres émouvants. On alterne les blagues et les réflexions intéressantes sur le fonctionnement de la société, car oui, c’est un roman humoristique mais pas que. C’est entre autres un joli prétexte pour parler de l’immigration sans tabou et avec justesse. Et malgré le côté hautement improbable et guimauve de l’histoire de notre fakir, on y croit, on croise les doigts et on espère une issue favorable pour tout ce petit monde.

Un roman plaisant à lire, pas aussi génial que je l’espérais (mais étant donné le tohu-bohu autour de ce titre, difficile de ne pas avoir des attentes très élevées), qui dissimule derrière l’humour une jolie morale sur le don de soi, la solidarité et tout le bien que ça peut nous rapporter. Vous aussi aidez votre prochain, et qui sait, peut-être serez vous récompensé, comme notre fakir, par une valisette pleine de billets !

Note : 7,5/10

Extras
Première publication : août 2013
Fiche Bibliomania
Ce roman n’est pas le premier de l’auteur, mais c’est le 1er à être une vraie révélation dans le monde de l’édition. Son histoire de fakir qu’il a commencé à rédiger sur son smartphone dans le métro est devenu très rapidement un best-seller inattendu. Le format poche sortira en 2015 et c’est l’éditeur Le Livre de Poche qui a obtenu les droits. Une adaptation au cinéma est même déjà prévue. Seul petit bémol à ce sans faute, l’entreprise Ikéa a demandé aux éditeurs de supprimer son logo de la couverture et voulait même faire retirer toute référence à la marque ! Plus d’infos ici.

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Challenge Petit Bac organisé par Enna Challenge Petit Bac 2013 Bâtiment : Ikéa

Challenge Haut en couleurs organisé par Addiction littéraire Challenge Haut en Couleurs 9/15 : jaune

Tom, petit Tom, tout petit homme Tom, de Barbara Constantine

Tom, petit Tom, tout petit homme Tom, de Barbara Constantine

 

Mon résumé

À onze ans, Tom vit avec sa maman dans un mobile home et doit se débrouiller, s’il ne veut pas finir à la DDASS. Alors pour aider sa maman, il cherche de quoi manger dans les jardins du voisinage. Jusqu’à ce qu’il découvre une vieille dame allongée dans les plants de tomates de son jardin et qu’il décide de l’aider. Une belle amitié va naître entre ces deux-là.

Nbr de pages : 224 / Éditeur : Le Livre de Poche

Mon avis

Ma lecture remonte déjà un peu, mais j’en garde le souvenir d’un très beau petit roman. Une histoire agréable et qui réchauffe le cœur, comme on aime en lire parfois, pleine de fraicheur grâce à Tom, ce petit bonhomme attachant et amusant.

Pendant les cinquante premières pages, je n’arrêtais pas de rire et sourire tant la rencontre avec Tom est surprenante. Il a onze ans, vit avec sa jeune maman (qui, d’ailleurs, l’interdit de l’appeler « maman ») dans un mobile home et chaparde des légumes dans le potager des voisins (des anglais à l’accent français délicieux et à l’humour irrésistible).

Ce que j’ai particulièrement adoré, c’est le ton oral du roman. Le narrateur raconte l’histoire comme s’il était parfois dans la tête de Tom et s’exprime comme lui, ce qui donne lieu à des expressions haut en couleur et des réflexions rigolotes. Mais même si Tom remporte la palme du personnage le plus chouette, le reste du voisinage n’est pas en reste.

Et il se dit que c’est bien que Joss ait trouvé du boulot. Mais que devoir la réveiller tous les jours, pour lui, ne sera pas une sinécure. C’est un mot qu’il a eu dans une dictée l’autre jour.

Bref, on s’amuse beaucoup, tout en abordant des thèmes sérieux et émouvants. Le début m’a vraiment enchantée, mais passées les premières surprises, le roman perd un peu de son intérêt. On le finit très rapidement, en se remémorant surtout les répliques des premières pages.

Note : 7,5/10

Extras
Première publication : janvier 2010
Fiche Bibliomania
Dans ma PAL : Et puis Paulette
Dans ce livre, Tom résume toute l’histoire du film La vie est belle. Faites donc attention si vous ne l’avez pas lu ! (et si c’est le cas, qu’attendez-vous, il est génial :P)

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Challenge Petit Bac organisé par Enna
Challenge Petit Bac 2013
Prénom : Tom

Challenge Haut en couleurs organisé par Addiction littéraire
Challenge Haut en Couleurs
8/15 : vert