Archives de Catégorie: Romance

Dis-moi si tu souris, d’Eric Lindstrom

Dis-moi si tu souris, d'Eric Lindstrom

 

Résumé de l’éditeur

« Je suis Parker, j’ai 16 ans et je suis aveugle. Bon j’y vois rien, mais remettez-vous : je suis pareille que vous, juste plus intelligente. D’ailleurs j’ai établi Les Règles :
– Ne me touchez pas sans me prévenir ;
– Ne me traitez pas comme si j’étais idiote ;
– Ne me parlez pas super fort (je ne suis pas sourde) ;
– Et ne cherchez JAMAIS à me duper.
Depuis la trahison de Scott, mon meilleur pote et petit ami, j’en ai même rajouté une dernière. Alors, quand il débarque à nouveau dans ma vie, tout est chamboulé. Parce que la dernière règle est claire : il n’y a AUCUNE seconde chance. La trahison est impardonnable. »
Nbr de pages : 396 / Éditeur : Nathan / Titre VO : Not if I See you First

Mon avis

Voici une très jolie histoire qui, sans révolutionner le genre, apporte un point de vue original : celui de Parker, une jeune adolescente aveugle. Je me demande comment c’est possible que je n’aie encore jamais lu de romans qui parlent de ce handicap et je suis vraiment ravie d’avoir eu cette première expérience avec ce livre touchant et juste.

Parker s’adresse directement à nous et nous raconte son histoire sur le ton de la franche camaraderie. Elle nous explique ce que c’est de vivre au quotidien dans le noir, dans le doute de ce que font les autres autour d’elle, elle parle de son manque d’assurance qu’il faut bien compenser par un caractère bravache. Elle ne manque pas d’humour et d’autodérision, elle voudrait qu’on la traite comme n’importe qui et pouvoir vivre le plus simplement possible. Et elle nous montre que c’est tout à fait faisable, quand on s’entoure des bonnes personnes.

J’ai beaucoup aimé ce personnage, qui m’a ouvert les yeux (sans mauvais jeu de mots) sur toutes sortes de situations que peuvent vivre les aveugles. Elle explique par exemple que non, elle n’écoute pas autant de musique qu’on pourrait le croire ; la navigation sur Internet, la lecture, le tchat entre copines nécessitent des programmes de lecture vocale, du coup, pas de musique en fond sonore. J’ai ressenti ses fêlures, ses craintes, ses envies, et je voulais que tout se passe bien pour elle, même si elle fait souvent sa tête de bourrique et ne se rend pas compte qu’elle peut elle aussi faire de la peine à son entourage et être dans l’erreur. Et Parker a beau prendre beaucoup de place dans ce roman, les personnages secondaires n’en sont pas moins réussis et touchants.

Le reste du roman repose sur des moments assez classiques de l’adolescence, les premières relations amoureuses (souvent déçues), les coups bas à l’école, les amitiés indéfectibles, les séances de shopping, les problèmes familiaux. L’auteur a réussi à garder un ton léger pour son histoire, tout en abordant les aspects dramatiques de la vie de Parker qui a vu mourir sa mère et puis son père. L’écriture n’est pas remarquable, mais elle ne manque pas de sensibilité, surtout pour décrire certaines situations difficiles ou de belles émotions, lors d’un premier baiser ou d’une étreinte entre deux amies.

Je m’avance encore et je l’embrasse doucement sur les lèvres. Je recommence. C’est dingue, c’est comme souffler sur un bol de chocolat chaud quand on a froid et sentir la chaleur vous envelopper le visage, puis le boire à petites gorgées et sentir la chaleur vous envahir les joues, descendre dans votre poitrine et continuer plus bas, jusqu’à vous remplir.

Ce roman va être lu et enregistré pour la Ligue braille et je serais vraiment intéressée d’avoir des retours de personnes aveugles concernant tous ces petits détails de la vie de Parker, pour savoir à quel point l’auteur a visé juste en créant ce personnage. En tout cas, moi il m’a beaucoup émue et je vous le recommande pour un joli moment en toute simplicité.

Ma note : 8/10

Extras
Traductrice : Anne Delcourt
Première publication : juin 2016
Fiche Bibiomania
L’écriture en relief sur la couverture est du vrai braille.
Parker n’est pas fan de mode, mais son truc c’est d’alterner chaque jour les bandeaux sur ses yeux.

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Les Petits Secrets d’Emma, de Sophie Kinsella

Les Petits Secrets d'Emma, de Sophie KinsellaRésumé de l’éditeur

Ce n’est pas qu’Emma soit menteuse, non, c’est plutôt qu’elle a ses petits secrets. Par exemple, elle fait un bon 40, pas du 36. Elle ne supporte pas les strings. Elle a très légèrement embelli son CV. Et avec Connor, son petit ami, au lit ce n’est pas franchement l’extase. Bref, rien de bien méchant, mais plutôt mourir que de l’avouer. Mourir ? Justement… Lors d’un voyage en avion passablement mouvementé, Emma croit sa dernière heure arrivée. Prise de panique, elle déballe tout à son séduisant voisin…

Nbr de pages : 491 / Éditeur : Belgique Loisirs (Piment) / Titre VO : Can You Keep a Secret?

Mon avis

Sophie Kinsella, voilà une auteure que j’aimais beaucoup quand j’avais 16-17 ans ! De façon assez inattendue, j’ai commencé ce petit roman en me demandant si je retrouverais l’humour et la légèreté qui me plaisaient tant dans la littérature chick-lit ou si j’étais définitivement passée à autre chose. Les premiers chapitres m’ont paru assez bateau et niais et puis soudain, j’ai basculé dans l’histoire avec Emma et j’ai dévoré le roman en une soirée. Alors, la réponse est oui, je suis toujours la même qu’il y a 10 ans !

Il faut avouer que je suis assez bon public quand même… J’adore le comique de situations des bons vaudevilles au théâtre. Et ici, on est servi en matière de secrets, de situations inattendues, de quiproquos et de retournements de situation farfelus ! Et ces moments-là, ils sont vraiment jubilatoires.

Emma est un personnage assez stéréotypé, avec ses angoisses et ses petits défauts, ses envies et ses rêves et surtout ses petits secrets. Je pensais ne pas trop me sentir à ma place dans sa tête et pourtant, on s’y amuse beaucoup. Elle est bornée et est toujours en train de ressasser des pensées délirantes. C’est ce que j’ai préféré : ces petites piques qu’elle lance à tout le monde mais seulement en pensée, ces grandes déclarations à elle-même où elle se persuade d’avoir pris la bonne décision quand on sait très bien qu’elle est complètement à côté de la plaque. Ces petits monologues intérieurs sont vraiment les bienvenus, alors qu’en général, ils ont le don de m’énerver. Du coup, pari réussi !

Bref, j’ai passé un très bon moment, même si j’ai quand même relevé quelques petits accros comme le choix de vocabulaire parfois un peu vulgaire, le côté assez prévisible des enchaînements et de la fin, la place omniprésente de la mode, du sexe et de la minceur (Emma ment sur son poids, prétendant faire 48 kg alors qu’elle en fait 58. Là, j’ai vraiment haussé les sourcils…). Mais ces petits défauts sont bien souvent inhérents à ce genre de romans. Et je n’en tiendrai clairement pas rigueur à celui-ci qui mérite tout à fait sa place parmi les (trop) rares livres qui m’ont vraiment fait rire !

Note : 8/10

Extras
Traductrice : Daphné Bernard
Première publication : janvier 2005
Fiche Bibliomania
Je me suis lancée dans cette lecture, car il est en lecture imposée dans une école de la région. Étonnant non ?
J’ai encore quelques romans de Sophie Kinsella dans ma PAL. On refait le point dans 10 ans ?

Tous nos jours parfaits, de Jenniver Niven

Tous nos jours parfaits, de Jennifer NivenRésumé de l’éditeur

Quand Violet et Finch se rencontrent, ils sont au bord du vide, en haut du clocher du lycée, décidés à en finir avec la vie. Finch est la « bête curieuse » de l’école. Il oscille entre les périodes d’accablement, dominées par des idées morbides et les phases « d’éveil » où il déborde d’énergie. De son côté, Violet avait tout pour elle. Mais neuf mois plus tôt, sa sœur adorée est morte dans un accident de voiture. La survivante a perdu pied, s’est isolée et s’est laissée submerger par la culpabilité.
Pour Violet et Finch, c’est le début d’une histoire d’amour bouleversante : l’histoire d’une fille qui réapprend à vivre avec un garçon qui veut mourir.

Nbr de pages : 377 / Éditeur : Gallimard Jeunesse / Titre VO : All the Bright Places

Mon avis

Une nouvelle lecture qui s’annonçait forte en émotions avec des thèmes sensibles et pas toujours faciles à aborder, comme la maladie, le suicide, le deuil, le regard d’autrui et la confiance en soi. Jennifer Niven est parvenue à écrire un très beau livre où elle dose bien les moments tragiques et difficiles de la vie et les instants lumineux de cette rencontre entre deux jeunes qui ne trouvent plus leur place.

Violet et Finch sont des héros intéressants et complexes, incompris et incompréhensibles et en même temps très vrais. Ils se sentent seuls, perdus, déconnectés du monde qui les entoure. Mais ce sont des jeunes qui ont ce quelque chose en plus qui les rend extraordinaires, qui les fait sortir de la masse. Ensemble, ils vont reprendre goût à certaines choses et vont doucement apprendre à accepter ce qu’ils ressentent. Leur histoire, on y croit et on la découvre avec beaucoup de plaisir, en alternant les points de vue.

On a souvent comparé tel ou tel nouveau roman à ceux de John Green, vaillant effort pour attirer l’attention, qui agace plus qu’autre chose et qui est souvent loin d’être justifié, mais cette fois, je dois dire que je comprends le pourquoi de cette comparaison… Il y a chez Jennifer Niven la même sensibilité, la même volonté de montrer l’adolescence avec toutes ses facettes et ses faiblesses, avec une justesse et une précision remarquables. Ils ont tous deux une plume poétique et posent des mots qui sonnent juste sur des émotions pourtant difficiles à analyser.

Je connais assez bien la vie pour savoir qu’on ne peut pas compter sur les choses pour demeurer telles qu’elles sont, ou rester à portée de main, même si on ne souhaite que ça. On ne peut pas empêcher les gens de mourir. On ne peut pas les empêcher de partir. On ne peut pas s’empêcher soi-même de partir non plus. Je me connais assez pour savoir que personne ne peut me tenir éveillé, m’empêcher de sombrer dans le Grand Sommeil. Ça ne tient qu’à moi.

On ressent une belle maturité, tant dans l’écriture que dans la personnalité des héros. Le roman est parsemé de réflexions poignantes et de citations de grands auteurs comme Virginia Woolf. La littérature et la musique sont des éléments présents tout au long du livre, des outils dans la lente convalescence des héros qui ressentent l’envie de laisser une marque, d’écrire et de composer pour exorciser leurs propres démons.

Tout le monde ne sera peut-être pas d’accord avec la façon dont l’auteure traite de la bipolarité ou du suicide. N’ayant (heureusement) jamais eu à y faire face, j’ai trouvé son histoire et sa vision des choses très touchantes. On sent que son expérience personnelle a beaucoup joué dans la rédaction de son roman et elle l’explique d’une jolie façon dans la postface. Mais je n’oserais me mettre à la place de personnes qui ont vécu de près ce genre de drames et affirmer que toutes les émotions et situations sont réalistes.

Pour moi, c’est un roman à la fois sombre et lumineux, qui choque et fait réfléchir, qui propose des pistes et des réflexions sur des sujets douloureux, grâce à deux personnages qui nous restent longtemps en mémoire.

Note : 8,5/10

Extras
Traductrice : Vanessa Rubio-Barreau
Première publication : septembre 2015
Fiche Bibliomania
Superbe interview de Jennifer Niven par The Fountain ici (en anglais) :

A story is a story, no matter the genre, but there’s something I love about YA fiction. Maybe it’s because so much of it deals with firsts—first love, first heartache, first loss. There’s something so wonderful and horrible and full-of-possibility and heartbreaking and poignant about that time of life. I think in many ways, the teen audience is the most discerning. Just because they’re young doesn’t mean you should talk down to them. They can spot fakery a mile away, so the voice and the characters need to be authentic and you have to write honestly. I love the challenge of that. […] Years ago, I knew and loved a boy, and that boy was bipolar. I witnessed up-close the highs and lows, the Awake and the Asleep, and I saw his daily struggle with the world and with himself. I also saw how funny he could be and how vibrantly, shimmeringly alive during the highs. I think humor was part of being Awake for him. He was so happy to be present, to not be depressed and shut down (something he knew would come back again all too soon), and he appreciated every little minute, just like Finch does. And yes, maybe there’s a correlation—people like Finch, like Robin Williams, have this great depth and capacity for emotion, high and low, and humor is part of that. It can be an outlet and an escape and a way of putting a bright face on for the world even when things are dark inside.

A comme aujourd’hui, de David Levithan

A comme aujourd'hui, de David LevithanMon résumé

A comme aujourd’hui raconte l’histoire d’une personne sans attaches, sans famille et sans amis. Il s’est surnommé A. Ce personnage singulier n’a pas de sexe défini et se réveille chaque matin dans un corps différent. Il s’impose dans la vie d’une personne qu’il ne connaît pas, accède aux données de son hôte et emprunte son identité, le temps d’une journée. Chaque matin, c’est le même rituel : découvrir un nouveau corps, une nouvelle famille, une nouvelle vie… qu’il devra quitter à minuit. C’est le seul mode de vie qu’il ait jamais connu. Il a appris à s’y faire, à ne pas s’attacher, à ne pas chambouler la vie de ses hôtes. Mais le jour où il rencontre Rhiannon, il se rend compte qu’il ne veut plus vivre cette vie sans saveur. Il veut aimer Rhiannon et l’être en retour. Il veut devenir une personne à part entière et être reconnu comme telle. Rhiannon lui donne l’espoir d’une vie banale, comme peuvent en vivre tous les ados du monde. Il ne veut plus avoir à oublier. Pourquoi n’aurait-il pas droit lui aussi au bonheur ?

Nbr de pages : 384 / Éditeur : Les Grandes Personnes / Titre VO : Every Day

Mon avis

Cela doit faire au moins un an que je n’avais pas eu un aussi joli coup de cœur ! Quel bonheur de plonger dans cette belle histoire, à la fois touchante et amusante, mais surtout très originale.

Chaque matin, A se réveille dans un corps différent et vit la vie de quelqu’un d’autre. Dès les premières pages, on découvre l’horreur de cette situation et l’histoire de A nous touche directement quand il nous raconte son enfance difficile, quand il espérait encore pouvoir retrouver la même maman deux jours d’affilée, quand il pleurait le soir, suppliant ses parents de la journée de ne pas le quitter pour toujours. Mais A a dû apprendre à se définir par lui-même, sans parents pour le guider et il est finalement devenu quelqu’un d’intelligent, de sensible et de généreux. Il a choisi de s’effacer derrière ses hôtes, de montrer le même courage qu’eux quand ils sont dans une mauvaise passe et de ne pas interférer. Jusqu’au jour où il tombe amoureux de Rhiannon et qu’il décide de la retrouver les jours suivants, peu importe les conséquences.

Ce roman sort vraiment des sentiers battus et nous pousse à nous poser les bonnes questions. A a été fille, garçon, aveugle, drogué, handicapé, pom-pom girl, geek, religieux, homo, hétéro, obèse, intello, dépressif et j’en passe. Ce changement de corps quotidien, outre le fait d’être un élément très intrigant de l’histoire, est un astucieux prétexte pour nous parler d’un tas de sujets importants, actuels et qui touchent directement les ados. On parle aussi beaucoup de sexualité, sous toutes ses formes et on sent que l’auteur veut nous faire passer un message important.

D’après mon expérience, il y a le désir, et il y a l’amour. Je ne suis jamais tombé amoureux de quelqu’un parce qu’il s’agissait d’une fille ou d’un garçon. Je suis tombé amoureux d’individus en raison de ce qu’ils manifestaient d’unique. Je sais que la plupart des gens ne fonctionnent pas selon cette logique, et pourtant, elle me paraît la seule valable.

On pourrait penser que la monotonie va s’installer à force de découvrir un nouveau corps, un nouvel ado à chaque chapitre, mais il n’en est rien… du tout. L’histoire de A est passionnante et quand il nous fait part avec émotion de ses préoccupations, de ses réflexions, de ses souvenirs, de ses envies, on s’attache inexorablement à lui. Mais surtout, on est presque tenus en haleine dans cette histoire d’amour hors du commun. A va-t-il oser se dévoiler devant Rhiannon ? Leur histoire est-elle possible ? Jusqu’où seraient-ils prêts à aller pour être ensemble ? Et comment vivre avec quelqu’un sans jamais pouvoir faire de projet, sans pouvoir passer une seule nuit ensemble ? A va-t-il enfin pouvoir goûter au bonheur d’une vie banale ? Les pages se tournent à toute allure tant on est pris dans le tourbillon de cette histoire qui se renouvelle sans cesse, qui continue de nous étonner à chaque nouveau chapitre, qui nous surprend là où on ne l’y attendait pas et surtout qui nous interpelle et nous fait réfléchir.

La fin du roman est très réussie, nostalgique, douce-amère et on referme le livre avec un pincement au cœur, mais aussi le sourire aux lèvres. C’est un roman qui marque pour longtemps et nous offre un beau message de respect et de tolérance. C’est un livre que tous les ados devraient lire. Et il sort en poche le 19 mars, donc vous n’avez plus d’excuse, lisez-le !

Ma note : 9,5/10

Extras
Traducteur : Simon Baril
Première publication : septembre 2013
Fiche Bibliomania
On sent tout au long du roman que le thème de l’identité sexuelle est cher au cœur de l’auteur, lui-même homosexuel. On retrouve d’ailleurs cette thématique dans d’autres de ses romans. Une jolie façon de bouleverser un peu les mentalités…

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Challenge ABC 2015 organisé par Nanet

ABC20155 dans le challenge ABC 2015 – Lettre L

 Challenge Petit Bac organisé par Enna
Petit Bac 2015Musique : A

Sans prévenir, de Matthew Crow

Sans prévenir, de Matthew Crow

Quatrième de couverture

À 15 ans, Francis Wootton est passionné de vieux films, de musique rock et de lectures romantiques. Mais avant tout, il ne se prend pas au sérieux. Sans prévenir, un jour, la vie bascule. On lui diagnostique une leucémie. À l’hôpital où il entre pour son traitement, il rencontre Ambre, son caractère de chien, son humour féroce, sa vulnérabilité désarmante…

Nbr de pages : 320 / Éditeur : Gallimard jeunesse / Titre VO : In Bloom

Mon avis

Quand on écrit une histoire d’amour dramatique entre deux jeunes cancéreux, il faut savoir souffrir la comparaison avec Nos étoiles contraires, qui s’est imposé aussi bien dans les librairies, sur les blogs, sur les écrans que dans nos cœurs. Malheureusement, n’est pas John Green qui veut. Là où j’avais été transportée bien loin par l’émotion et l’amour, je suis cette fois-ci restée bien ancrée sur terre, à la limite parfois de l’ennui.

Matthew Crow nous propose un héros de quinze ans assez banal, solitaire et un brin loser. Francis n’a rien de bien folichon et m’a semblé être un héros un peu fadasse pour une histoire de cet acabit. De l’autre côté, on rencontre Ambre, déjà bien plus pétillante. Mais l’alchimie ne fonctionne pas vraiment. Leur histoire est mignonne, mais pas exaltante. Ils se font des petits bisous et se donnent la main, organisent quelques petits coups en douce, mais ne nous entraînent jamais dans des aventures folles, dans des discussions palpitantes, dans des scènes émouvantes.

Ce roman est clairement destiné à de jeunes lecteurs qui pourront s’identifier aux héros. Francis et Ambre font encore très gamins et sont loin d’avoir la maturité d’Augustus et Hazel. Matthew Crow nous explique dans sa lettre aux blogueurs qu’il a souhaité créer « un héros masculin pathétique, gentil, plein de bonnes intentions, mais quand même bien niais », le genre de personnage qu’un ado grassouillet et couvert d’acné aurait envie de retrouver dans un roman, loin des clichés des « beaux gosses, des stars de films d’action et des bourreaux des cœurs qui disaient toujours exactement ce qu’il fallait dire au bon moment. » En cela, Matthew Crow a vraiment atteint son objectif et du coup, je ne voudrais pas être trop sévère avec son roman, car je suis passée à côté de son intention. Moi, à 25 ans, je préfère clairement un beau héros plein de repartie (Augustus, je t’aime !).

J’ai quand même rigolé à quelques reprises et ma gorge s’est serrée à la fin, alors je ne pourrais pas dire que ce roman manque d’émotions, ce serait faux. La panoplie de personnages secondaires est très bien réussie et Ambre, avec son fort caractère, porte presque à elle seule le roman. Mais Francis est de fait très niais, fait des montagnes pour pas grand-chose et chaque petit aléa de sa vie d’ado devient un scénario mélodramatique capital. Un ado se retrouvera peut-être dans son personnage, toujours dans l’exagération, mais l’urgence de la maladie et la tristesse de la famille me semblaient tellement terribles à côté, que je me suis rarement prise d’affection pour Francis.

Note : 6,5/10

Extras
Traductrice : Marie Hermet
Première publication : janvier 2015
Fiche Bibliomania
Si j’ai bien compris, le titre anglais « In Bloom » est sorti en 2013, mais le roman va être republié en mars 2015 sous le titre « The Brilliant Light of Amber Sunrise ».
Matthew Crow est né en 1987.

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Challenge ABC 2015 organisé par Nanet

ABC20153 dans le challenge ABC 2015 – Lettre C

Challenge Gourmand, organisé par Titepomme

Challenge gourmand
2 : une boule en chocolat

La Délicatesse, de David Foenkinos

La Délicatesse, de David FoenkinosRésumé de l’éditeur

« François pensa : si elle commande un déca, je me lève et je m’en vais. C’est la boisson la moins conviviale qui soit. Un thé, ce n’est guère mieux. On sent qu’on va passer des dimanches après-midi à regarder la télévision. Ou pire : chez les beaux-parents. Finalement, il se dit qu’un jus ça serait bien. Oui, un jus, c’est sympathique. C’est convivial et pas trop agressif. On sent la fille douce et équilibrée. Mais quel jus ? Mieux vaut esquiver les grands classiques : évitons la pomme ou l’orange, trop vu. Il faut être un tout petit peu original, sans être toutefois excentrique. La papaye ou la goyave, ça fait peur. Le jus d’abricot, ça serait parfait. Si elle choisit ça, je l’épouse…
– Je vais prendre un jus… Un jus d’abricot, je crois, répondit Nathalie.
Il la regarda comme si elle était une effraction de la réalité. »

Nbr de pages : 272 / Éditeur : Belgique Loisirs – Piment

Mon avis

Quelle merveilleuse surprise ! Je ne m’attendais à rien de bien extraordinaire et j’ai été charmée à presque chaque page. Par une réplique, une blague, un mot, une définition, une note en bas de page, une émotion, une métaphore, des points de suspension… Dès la lecture de la quatrième de couverture, je suis tombée sous le charme. Avec ce roman, David Foenkinos nous donne envie de le rencontrer et de lire tout ce qu’il a pu écrire jusqu’à présent.

J’ai directement été séduite par la présence de l’auteur, par son audace, par l’empreinte qu’il laisse dans son roman, comme s’il était une sorte de personnage secondaire. Il prend part au drame, avec à ses phrases délicates et nous émeut, mais surtout il nous donne le sourire, grâce à son humour tendre et ravageur. J’ai eu envie de noter des dizaines de citations, de phrases qui sonnent parfaitement, qui sont tout à fait à propos ou qui peuvent nous toucher personnellement.

Voilà à peu près ce qu’il aurait aimé dire. Mais c’est ainsi : on a toujours cinq minutes de retard sur nos conversations amoureuses.

Néanmoins, il ne faut pas s’attendre à une histoire renversante et originale. Ce petit roman est assez banal et traite, comme beaucoup l’ont déjà fait, de l’amour, du deuil, du bonheur et de comment réapprendre à vivre. Ça ne paie pas de mine comme ça, et pourtant, c’est une belle histoire, rigolote et touchante, écrite avec talent et ce « je ne sais quoi » qui la classe au-dessus des autres.

Note : 9/10

Extras
Première publication : août 2009
Fiche Bibliomania
Dans ma PAL : Nos Séparations
Ce roman a été adapté en 2011 au cinéma par les frères Foenkinos, avec Audrey Tautou et François Damiens.

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Challenge 1 mois = 1 consigne, organisé par Nessa

Challenge 1 mois = 1 consigne
Août : Lire un livre depuis trop longtemps dans ma PAL
(acheté en septembre 2012)

Challenge ABC 2014 organisé par Nanet

ABC 2014
12 dans le challenge ABC 2014 – Lettre F

Un homme à distance, de Katherine Pancol

Un homme à distance, de Katherine Pancol


Résumé de l’éditeur

Ainsi commence ce roman par lettres comme on en écrivait au XVIIIe siècle. Il raconte la liaison épistolaire de Kay Bartholdi, libraire à Fécamp, et d’un inconnu qui lui écrit pour commander des livres. Au fil des lettres, le ton devient moins officiel, plus inquisiteur, plus tendre aussi. Kay et Jonathan parlent de leurs lectures, certes, mais entament un vrai dialogue amoureux. Ils se font des scènes, ils se font des confidences, ils se tendent des pièges, s’engagent dans une relation que Kay, hantée par le souvenir d’une déchirure ancienne, s’efforce de repousser.

Nbr de pages : 153 / Éditeur : Le Livre de Poche

Mon avis

Pancol m’avait ravie avec sa trilogie, mais après quelques essais, je ne suis décidément pas convaincue par ses autres livres. Pourtant, en férue de romans épistolaires, je pensais vraiment tomber sous le charme de cette petite romance.

Est-ce qu’on sait tout de l’autre quand on aime les mêmes livres ?
Est-ce que les livres sont un moyen de tout se dire, même l’inavoué, le plus terrible secret ?

On découvre Kay, une jeune libraire passionnée et Jonathan, un écrivain, qui vont se dévoiler au fil des lettres. Cette correspondance est presque exclusivement axée sur leur amour des livres et fourmille donc de références littéraires. C’est un vrai plaisir de découvrir cette passion commune pour la littérature et de suivre le quotidien de Kay dans sa librairie : ses petites manies avec les livres, ses recommandations, les demandes incongrues des clients, les coups de cœur qu’elle essaie de mettre en évidence. Pour nous, amoureux des livres, ces thèmes nous enchantent toujours.

Une cliente m’a soutenu mordicus qu’il existait un livre qui s’appelait « Légumes du jour », que son gamin lui avait réclamé pour l’école ! J’avais beau ne rien trouver qui corresponde, elle s’énervait, postillonnait, répétait « Légumes du jour, Légumes du jour » en me considérant comme une véritable idiote ! Jusqu’à ce que la lumière se fasse en moi et que je traduise par L’écume des jours de Boris Vian !

Cela avait donc tout pour me plaire, mais malheureusement, toutes ses références m’ont perdue plus d’une fois. Les romans mentionnés sont des classiques et il y a beaucoup d’extraits tirés de poèmes, des citations qui ne m’ont pas touchée. Les deux protagonistes sont bien plus cultivés que moi, fascinés par la beauté des mots et des émotions qui se dégagent de textes que je ne connaissais absolument pas.

Finalement, cette correspondance m’a rapidement lassée au point de m’ennuyer. Je ne me suis à aucun moment attachée aux personnages, que j’ai trouvés peureux, dramatiques et trop sérieux. Par contre, quelques pages avant la fin, j’ai eu l’agréable surprise d’un retournement de situation auquel je ne m’attendais pas du tout. Une romance à chute !

En bref, ce très court roman est loin de m’avoir captivée ou attendrie comme je l’espérais. Les amoureux de Rainer Maria Rilke, Elizabeth Browning, Faulkner, Dickinson et Henry James seront sans doute aux anges et je pense vraiment que toutes les références littéraires sont un atout de ce roman pour les plus connaisseurs. Malheureusement, je n’en fais pas partie.

Note : 6/10

Extras
Première publication : février 2002
Fiche Bibliomania
À noter : ce livre est un coup de cœur pour de nombreuses lectrices comme ASK et Enigma.
Katherine Pancol cite, en fin d’ouvrage, tous les auteurs et titres mentionnés dans la correspondance de Kay et Jonathan. Voici quelques exemples :
Maison des autres, Silvio d’Arzo
Tu, mio, Erri de Luca
Le Fils de Bakounine, Sergio Atzeni
Le Grand Meaulnes, Alain-Fournier
Lettre d’une inconnue, Stefan Zweig
Les Diaboliques, Barbey d’Aurevilly

***

Challenge ABC 2014 organisé par Nanet

ABC 2014
6 dans le challenge ABC 2014 – Lettre P

Challenge Haut en couleurs organisé par Addiction littéraire
Challenge Haut en Couleurs
7/15 : multicolore

Un jour, de David Nicholls

Un jour, de David Nicholls

 

Mon résumé

Emma et Dexter ont 23 ans. Ils ont fini leurs études et ont toute la vie devant eux. Ils sont au lit, à moitié nus, et se racontent leurs projets, leurs envies. Quelque chose est en train de se passer entre eux, mais ils ne s’en rendent pas vraiment compte. Ces deux-là n’ont pas fini de se croiser, de s’étonner, de se décevoir, de se faire rire, de se détester, de se quitter et peut-être, un jour… de s’aimer.

Nbr de pages : 692 / Éditeur : France Loisirs (Belfond) / Titre VO : One Day

Mon avis

Quelle belle histoire… J’ai été emportée tout au long de ces années avec Dex et Em, une superbe histoire d’amitié, de vies, de fous rires, de ratés, de rendez-vous manqués, de retrouvailles, de déceptions, de désirs. Ils m’auront bien émue ces deux-là !

Et quelle agréable surprise de découvrir deux héros adultes auxquels je peux m’identifier, loin des considérations adolescentes. Je ne me souvenais pas à quel point c’était rafraichissant la littérature contemporaine, après tous ces romans jeunesse ! Ici, pas de dangereuse malédiction pour séparer nos deux héros, pas de « L’amour sera-t-il plus fort que le destin ? », juste deux idiots, parfois arrogants, souvent peu sûrs d’eux, qui ne veulent pas s’avouer que les meilleurs moments de leur vie sont ceux qu’ils passent ensemble.

C’est vraiment un roman très plaisant et marrant ; Emma a un humour ravageur et ses reparties sont géniales. Dexter est bien de mon avis et pourtant, il laisse filer sa chance plus d’une fois. C’est vrai qu’ils forment un couple atypique, mais parfait à mes yeux. Et j’ai adoré découvrir l’humour au masculin de David Nicholls qui porte un regard original sur cette histoire d’amour/amitié.

Ses lunettes, qui lui donnaient l’air grave, presque guindé, ne l’avantageaient pas. Et son menton rond était un peu potelé – mais était-ce vraiment un défaut ? Les filles n’aimaient pas ce genre d’adjectif, en tout cas. Impossible de les qualifier de « potelées » sans se faire engueuler. C’était pareil avec leurs seins : on ne pouvait pas leur faire de compliments, même sincères, à leurs propos, sans risquer de les offenser.
Vaste sujet…

Si j’ai adoré le fond, la forme par contre m’a beaucoup frustrée. Le livre s’étale sur vingt ans et chaque chapitre est consacré au 15 juillet d’une année, en commençant par celui de leur rencontre. Ce qui fait qu’à chaque fin de chapitre, on les quitte pour un an, et c’est parfois déchirant ! Alors qu’on se bidonne avec eux en vacances, voilà qu’on doit déjà les quitter après un seul jour au soleil, non mais zut ! Je veux connaître le reste de leur périple, moi… On perd des jours et des jours avec eux, à se demander s’ils vont se retrouver, s’ils vont finir enfin ensemble sous la couette. Et le pire, c’est quand un chapitre ne se contente de nous raconter la vie que d’un des deux personnages, qu’est-ce que c’est râlant ! Enfin, je râle, je râle, mais j’avoue qu’au final, l’idée n’est pas mauvaise. Ça change et permet une histoire sous un angle différent. Et mine de rien, on engloutit les 700 pages avec avidité et on tourne la dernière page avec l’impression de connaître Em et Dex comme des potes, d’avoir vraiment vécu ces vingt années avec eux. Alors j’ai envie de dire « Bien vu David ! »

Note : 9/10

Extras
Traductrice : Karine Reignier
Première publication : février 2011
Fiche Bibliomania
David Nicholls a dit :
« Comme mon héroïne, j’ai d’abord été tenté par le théâtre, j’ai joué des petits rôles, galéré. Je n’ai vraiment commencé à gagner ma vie qu’à 32 ans et mes parents étaient très inquiets, comme ceux d’Emma. Comme elle, je suis d’origine modeste. Emma, c’est un peu moi. »
Source : L’Express.

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 Challenge ABC 2013 organisé par Nanet

ABC 2013
4 dans le challenge ABC 2013 – Lettre N

Un mot sur le film

Anne Hathaway & Jim Sturgess

Mon avis

On m’avait dit que le film était loin d’arriver à la cheville du roman, mais personnellement, je l’ai trouvé plutôt bon. C’est vrai qu’il tire un peu en longueur et manque de rythme, alors que dans le livre, j’en voulais toujours plus, mais le film est très fidèle et on retrouve avec plaisir nos deux héros comme on les avait imaginés. Les deux acteurs sont parfaits dans leur rôle (contrairement à Ian, qui n’est qu’un gros balourd hideux). Alors bien sûr, il manque quelques scènes pour comprendre toute la complexité, l’ambigüité et la beauté de leur relation, mais le tout donne quand même une jolie romance. Le principal regret que j’ai, c’est le manque d’humour, alors que j’avais beaucoup souri aux blagues d’Emma (et pourtant le scénario du film a été écrit par Nicholls).

Extras
Sorti en août 2011 ; Durée : 1 h 48.
Réalisé par la Danoise Lone Scherfig.
Acteurs : Anne Hathaway (Emma), Jim Sturgess (Dexter).
Anecdote :
les fans du livre ont été très déçus du choix de l’actrice pour Emma, trouvant Anne Hathaway trop glamour pour jouer cette fille de classe moyenne un peu geek. Mais selon David Nicholls,  « Anne Hathaway a la vulnérabilité et l’intelligence qu’il fallait pour le personnage ». Et je suis d’accord !

Challenge Regarde ce que tu lis

 

Le théorème de Cupidon, d’Agnès Abécassis

Lethéorème de Cupidon, d'Agnès Abécassis

Quatrième de couverture

THEOREME DE CUPIDON (Déf) : deux lignes parallèles ne se croisent jamais. Sauf si elles sont faites l’une pour l’autre.

Adélaïde est exubérante, directe, rigolote, mais fuit les histoires d’amour.
Philéas est timide, maladroit, sérieux, et ne pense qu’à conclure.
Ils ont le même âge, travaillent tous les deux dans le cinéma, pourtant ils ne se connaissent pas. …
Enfin, c’est ce qu’ils croient.

Entre situations pétillantes et rebondissements irrésistibles, une savoureuse comédie-romantique à deux voix, l’une féminine, l’autre qui a mué.

Nbr de pages : 231 / Éditeur : Calmann-Lévy

Mon avis

Un gros bof ! J’attendais beaucoup de ce livre, car ça fait un moment que je n’ai pas lu quelque chose de bien marrant et la quatrième de couverture nous promettait un humour à la hauteur des meilleurs romancières de chick-lit… Hum, pour l’humour, Agnès Abécassis, elle repassera ! Enfin, je dis ça, mais ça doit être mon humour qui n’est pas compatible avec le sien, parce que la plupart des blogueuses ont l’air de s’être bien marrées.

Alors oui, Adélaïde est une fille dynamique et sympa qui se veut rigolote, mais ses blagues sont souvent tombées à plat. Des fois, quand même, ça marche pas trop mal et j’ai souri… mais d’autres fois, les répliques du style « Je m’en bats l’œil avec une tranche de courgette grillée » m’ont plutôt laissée sceptique. Mais alors qu’on passe tout de même quelques moments amusants avec Adé (les scènes de speed-dating, ça fonctionne toujours bien, et là j’ai un peu ri), Philéas, lui, est franchement naze. On m’avait promis un Sheldon timide et maladroit et je me retrouve face à un abruti macho antipathique qui se dit romantique alors qu’il ne pense qu’à conclure… Heureusement, j’ai quand même eu ma petite référence à la série :

[…] sa silhouette gracile vêtue d’un tee-shirt manches courtes qu’elle porte par-dessus un tee-shirt manches longues aux couleurs acidulées, s’inspirant du look de Sheldon dans The Big Bang Theory. Elle, son trip, c’est de se déguiser en geek.

Alors pour la sympathique petite histoire d’amour, on repassera aussi ! Nos deux héros ne se rencontrent que 40 pages avant la fin… enfin ! Déjà que le début m’avait un peu gavée, avec des scènes ridicules (la mère qui préfèrerait se pendre que d’enlever les 4 poux sur la tête de son fils), il a fallu que ça tire en longueur… Pour un livre de 230 pages, ça la fout mal.

Allez, je vais pas être vache, il y a quand même des trucs qui m’ont plu : ça se passe dans le monde du cinéma, c’est assez original (avec des références à Catherine Devétuste, Pierre Pauvrard ou Angelina Moshe), les quiproquos pimentent un peu l’histoire (parce qu’à part ça, on suit juste la vie des deux héros, chacun de leur côté, et leurs déceptions amoureuses et c’est pas très folichon) et… la fin sauve tout, ouf ! Je me suis même esclaffée deux fois. Dommage qu’on doive attendre jusque là… Bref, une histoire sans plus, assez délassante par moments, mais je m’attendais à tellement mieux…

Note : 6/10

Extras
Première publication : mars 2011
Fiche Bibliomania
J’avais prévu de lire un livre rose, voici une petite photo de ce que j’ai chez moi :
Livres roses

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Challenge New Pal organisé par Yukarie
New Pal 2013
1/189

Irrésistible alchimie, de Simone Elkeles

Irrésistible alchimie, de Simone Elkeles

 

Résumé de l’éditeur

À Chicago, au milieu des guerres de gangs et des problèmes familiaux, Alex, jeune mexicain loubard et Brittany, jeune fille sage braveront les interdits et feront preuve de courage et d’audace démontrant ainsi que l’Amour n’a ni préjugés, ni frontières.

 

Nbr de pages : 410 / Éditeur : La Martinière Jeunesse / Titre VO : Perfect chemistry

Mon avis

Brittany est blonde, chef des pom-pom girls et sort avec le capitaine de l’équipe de foot. Sa vie semble parfaite. Alex est latino, fait partie d’un gang et joue les gros bras insensibles. Tout les sépare. Un cours de chimie en binôme va les rapprocher. Il va vouloir sortir avec elle pour un pari. Plus cliché, tu meurs. Originalité zéro. Du déjà vu. Je partais avec de gros a priori et pourtant, et pourtant… j’ai adoré, savouré et dévoré ce beau roman à deux voix, plein d’émotions. Je ne me souviens pas avoir été aussi absorbée par une histoire d’amour entre ados. Je rouspétais avec Brit, ressentais les caresses d’Alex, rigolais à ses remarques pleines d’humour et priais pour que tout se passe bien pour ces deux héros plus qu’attachants.

Alors oui, l’histoire a un côté très caricatural qui déplaira à certains, mais on passe très vite outre, car il y a bien plus que ça : la tendresse de Brit pour sa sœur handicapée, la façade de perfection derrière laquelle elle cache ses faiblesses, les efforts d’Alex pour ne pas entraîner son frère dans son monde de brutes (sans oublier « ses biceps, ses triceps et tout ses autres « eps » », un atout non négligeable du roman !). L’alternance des points de vue de chapitre en chapitre a su me séduire, une fois de plus. C’est pour moi une des meilleures façons de raconter une histoire, j’adhère totalement et je me plonge dans chaque chapitre avec encore plus d’avidité.

Peut-être suis-je particulièrement bon public, peut-être est-ce la jolie plume de Simone Elkeles, quoi qu’il en soit j’ai su faire abstraction de tous ces clichés pour vraiment m’imprégner dans cette histoire et la déguster. Et puis, l’auteure fait référence à Grease, alors je ne peux qu’approuver !

– Sois honnête, Alex. Colin Adams est mignon, c’est le capitaine de l’équipe de football et le héros de Fairfield. Toi, tu te prends pour Danny Zuko dans Grease. Tu fumes, tu fais partie d’un gang et tu es sorti avec les pires tigresses du coin. Brittany, elle, ressemble à Sandy… une Sandy qui ne se montrera jamais au lycée en veste de cuir noir, avec une clope au bec. Oublie ce fantasme.

Ma note : 8,5/10

Extras
Traducteur : Cyril Laumonier
Première publication : février 2011
Alors que ce tome raconte l’histoire d’Alex Fuentes,
la suite, Irrésistible attraction et Irrésistible fusion (qui vient de sortir ce 6 septembre 2012),
se consacre aux aventures des deux autres frères Fuentes.
Je ne pensais pas lire la suite, par peur de relire une histoire trop similaire,
mais comme je l’ai trouvé en très bon état à 3€, je vais lui donner sa chance et j’espère faire une autre très belle découverte  !
Fiche Bibliomania
Au vu des nombreuses chroniques élogieuses, j’avais très envie de découvrir ce roman,
je remercie donc Cajou pour ce joli cadeau 🙂

 Une nouvelle lecture pour le Challenge ABC de Nanet !

 Challenge ABC 2012
N° 7 dans le challenge ABC 2012 – Lettre E

Merci pour les souvenirs, de Cecelia Ahern

Merci pour les souvenirs, de Cecelia Ahern

Quatrième de couverture

Après un accident qui a bouleversé sa vie et détruit son mariage, Joyce Conway ne doit la vie qu’à une transfusion sanguine. Mais des phénomènes étranges commencent à se produire. Elle se souvient de choses qu’elle n’a pas vécues. Elle peut parler des heures durant des rues pavées et sinueuses de Paris, ville qu’elle n’a jamais visitée, ou disserter sur l’architecture baroque. Et, toutes les nuits, elle rêve d’une petite fille aux cheveux blonds. Dès lors, Joyce n’aura plus qu’un but : découvrir à tout prix qui lui a donné son sang, dans l’espoir de comprendre ce qui lui arrive. Et retrouver le charmant Américain dont elle a fait la connaissance le jour de sa sortie de l’hôpital.

Nbr de pages : 474 / Éditeur : J’ai lu / Titre VO : Thanks for the Memories

Mon avis

Un mois après avoir terminé ce livre, je n’en garde déjà plus que quelques souvenirs. Et pourtant… je sais que j’ai adoré. Je me souviens avoir été émue aux larmes par le désespoir de Joyce au début du livre et m’être marrée devant les blagues lourdingues de son papa, qui ferait tout pour rendre le sourire à sa petite fille. Par dessus tout dans ce livre, c’est la beauté de cette complicité entre Joyce et son vieux papa qui m’a le plus plu. Ce papa à la fois innocent et taquin, un brin toqué, désopilant, qui fume en cachette et qui s’étonne de tout comme un gamin, est plus qu’attendrissant. Je me suis rarement autant attachée à un personnage secondaire qu’à ce papa clopin-clopant, un personnage hors du commun, qui vaut à lui seul que l’on prête toute son attention à ce roman. Cecelia Ahern a créé des personnages très prometteurs, pleins de charisme, qui m’ont fait rire et sourire, tout du long.

Arrivée à la moitié du roman, j’en aurais bien fait un coup de cœur tellement j’étais happée par l’histoire et émerveillée devant la justesse des personnages. Et puis j’ai commencé à trouver ça long ; Joyce recherche son mystérieux inconnu et l’inconnu est à la recherche de Joyce. Il se croisent, s’évitent, se rencontrent, un vrai chassé-croisé qui dure plus de 400 pages (une bonne centaine de trop). Et c’est dommage car tout le contexte, l’écriture si attachante de l’auteure, les anecdotes et les réflexions sur la vie qu’il y a autour de cette intrigue romantique m’ont vraiment séduite. L’histoire d’amour reste courue d’avance et sans grand suspense, mais malgré les longueurs inutiles, j’ai réellement apprécié ma lecture.

C’est le quatrième roman de Cecelia Ahern que je lis, ce n’est pas le meilleur, mais jusqu’ici, elle ne m’a toujours pas déçue. Je trouve qu’elle a un réel talent pour faire d’une histoire banale et sans surprise une belle histoire avec des personnages forts et émouvants. Moi j’en redemande !

Ma note : 8/10

Extras
Traductrice : Maryse Leynaud
Première publication : octobre 2010
Fiche Bibliomania
Déjà lu : PS I love you, Si tu me voyais maintenant, La vie est un arc-en-ciel.
Un grand merci à Mandy, chez qui j’ai gagné ce livre 🙂

Envoûtement, de Cara Lynn Shultz

Envoûtement, de Cara Lynn Shultz

Mon résumé

Emma a perdu son frère jumeau et sa mère mais a hérité d’un beau-père violent qui a failli la faire tuer dans un accident de voiture. Seule au monde, elle décide d’aller vivre avec sa tante à New-York et de tout recommencer à zéro. Nouvelle école, nouveaux amis, nouvelle vie. Et elle compte bien ne révéler à personne son triste passé. Dans sa classe, elle rencontre un jeune garçon au regard d’émeraude, Brendan, par qui elle se sent irrémédiablement attirée. Elle se sent comme… envoûtée. Qui est-il ? Et pourquoi a-t-il volé à son secours alors qu’elle s’empêtrait déjà dans des mensonges sur son passé ?

Nbr de pages : 392 / Éditeur : Harlequin (Darkiss) / Titre VO : Spellbound

Mon avis

Vous allez me dire : « Encore une histoire à l’eau de rose, agrémentée d’un soupçon de paranormal, entre deux lycéens mystérieux étrangement attirés l’un par l’autre. » Et oui, mais cette fois-ci, ça marche.

 De un, parce qu’Emma n’est pas une tête-à-claques. Jusqu’ici, les héroïnes que j’avais rencontrées étaient nunuches, pleurnichardes ou naïves (voire complètement à côté de la plaque). Alors oui, Emma se remet parfois en question et se demande ce qui lui arrive, mais pas toutes les trois phrases. Elle est déterminée et courageuse quand il le faut. Elle se pose les bonnes questions, ne s’apitoie pas trop sur elle-même. Pour une fois dans ce genre de romans, j’ai pris plaisir à découvrir son histoire. C’est une jeune fille brisée par la vie, mais qui sourit toujours aux petits bonheurs que celle-ci lui apporte.
J’ai ri aux répliques d’Emma, qui a son petit caractère, et qui doit survivre dans un monde de mesquinerie, de paillettes et de petites filles gâtées. J’ai trouvé l’humour de l’auteure très bien placé. C’est assez rare qu’un livre jeunesse me fasse rire, j’ai donc été agréablement surprise que cet humour puisse m’atteindre.

« Ashley sortit de sa sacoche un petit échantillon couvert de paillettes et, sans prévenir, m’inonda d’un parfum sucré à vomir.
­­­­­­– Ashley ! On dirait des pets de licorne ! »

 De deux, parce que l’histoire d’Emma et Brendan ne tombe pas comme un cheveu dans la soupe. Oui, ils sont attirés l’un par l’autre, mais ils vont se découvrir petit à petit et apprendre à se connaître. Leur amour a une raison d’être et il évolue de façon logique et mignonne, non pas de façon disproportionnée, comme si elle sortait de nulle part.

 Attention, une fois de plus, je trouve que la 4e de couverture en dit trop (le pourquoi du comment de cette attirance). Même si dans le livre, les révélations arrivent assez vite, je trouve ça un peu dommage. De mon côté, j’ai lu ce roman sans rien en savoir et ça a beaucoup joué. Je suis partie sans a priori et du coup, j’ai vraiment pu apprécier cette histoire. Sincèrement, je me demande si cela vaut vraiment la peine de lire le livre si on a lu le résumé, tant il lève le voile sur l’intrigue ; tout est dit au dos du livre (et surtout ne lisez pas le résumé sur Livraddict qui révèle TOUT).

 Évidemment, ce livre ne révolutionne absolument pas le genre, les ficelles sont assez grosses, et une fois arrivé à la moitié du roman, il n’y a plus de grosses surprises. Bizarrement, la fin est à la fois peu crédible et vraiment prévisible, mais elle conclut assez bien le roman. Il y a du bon et du moins bon, mais dans la catégorie jeunesse/romance paranormale, je pense que Envoûtement occupe une place de choix.

Note : 7/10

Extras
Traductrice : Juliette Bouchery
Première publication : mars 2012
Fiche Bibliomania
Le roman se suffit à lui-même mais une suite est prévue.
Retrouvez Emma et Brendan le 27 mars dans Spellcaster, le tome 2 en VO.

Je remercie Babelio et les éditions Harlequin pour ce partenariat.
Babelio - Masse Critique