Archives de Catégorie: Science-fiction

Les Mystères de Larispem, de Lucie Pierrat-Pajot

Les Mystères de Larispem, de Lucie Pierrat-Pajot

 

Quatrième de couverture

Larispem, 1899.
Dans cette Cité-État indépendante où les bouchers constituent la caste forte d’un régime populiste, trois destins se croisent… Liberté, la mécanicienne hors pair, Carmine, l’apprentie louchébem et Nathanaël, l’orphelin au passé mystérieux. Tandis que de grandes festivités se préparent pour célébrer le nouveau siècle, l’ombre d’une société secrète vient planer sur la ville. Et si les Frères de Sang revenaient pour mettre leur terrible vengeance à exécution?

Nbr de pages : 272 / Éditeur : Gallimard Jeunesse

Mon avis

Ce lomanrem est lénialguche ! Quoi, vous ne comprenez pas ? C’est que vous ne connaissez pas encore l’argot des bouchers ! Je disais donc : Ce roman est génial ! Et il faut savoir souffrir la comparaison à La Passe-miroir, quand on gagne le même prix que Christelle Dabos, mais je trouve que Lucie Pierrat-Pajot ne s’en tire vraiment pas mal et j’ai plongé avec délice dans ce Paris alternatif de 1899 à la Jules Verne : une uchronie à l’univers mystérieux, original, plein de merveilles.

Après seulement quelques pages, on est baigné dans un monde énigmatique, très visuel et plein de surprises. On se pose déjà mille questions sur les personnages, leur mode de vie particulier et surtout l’univers incroyable dans lequel ils évoluent. Bienvenue dans la ville de Larispem (anciennement Paris) où la publicité est débitée dans les rues par des voxomatons, où le système postal est entièrement revu, où volent dans le ciel d’énormes dirigeables, où Jules Verne est un citoyen adulé pour ses inventions que l’on tente de rendre réalisables, où tout le monde se tutoie et jouit des mêmes droits.

L’auteure déborde d’imagination et a construit un univers unique et amusant (j’ai adoré déchiffrer l’argot « louchébem » au fil des conversations entre bouchers). Et s’il n’y a rien à redire sur l’ambiance steampunk étonnante de ce roman, on ne peut rien reprocher non plus à la construction des personnages qui sont vraiment attachants et vivent toutes sortes d’aventures passionnantes. On attend d’ailleurs avec impatience que tout se recoupe et qu’ils se trouvent enfin !

Mais il y a quand même un bémol : c’est fichtrement trop court. L’intrigue est bien lancée, on saisit déjà les futures quêtes mais pour un roman d’une telle ambition, nous laisser sur notre faim après seulement 272 pages, c’est presque criminel ! Vivement donc la suite (et je vois même plus loin : vivement une intégrale qui permettra aux nouveaux lecteurs de savourer cette aventure dans toute sa géniale dimension !).

Note : 9/10

Extras
Illustrateur (de cette superbe couverture) : Donatien Mary
Première publication : avril 2016
Fiche Bibliomania
Lucie Pierrat-Pajot est la gagnante de la deuxième édition du Concours du Premier Roman Jeunesse.
Découvrez cette géniale interview donnée lors de la remise du prix en présence de Lucie Pierrat-Pajot, Christelle Dabos, leur éditrice, une libraire et le blogueur Tom.

Publicités

La 5e vague, de Rick Yancey

La 5e vague, de Rick YanceyRésumé de l’éditeur (tronqué)

1re Vague: extinction des feux.
2e Vague: déferlante.
3e Vague: pandémie.
4e Vague : silence.

À l’aube de la 5e Vague, sur une autoroute désertée, Cassie tente de Leur échapper… Eux, ces êtres qui ressemblent trait pour trait aux humains et qui écument la campagne, exécutant quiconque a le malheur de croiser Leur chemin. Eux, qui ont balayé les dernières poches de résistance et dispersé les quelques rescapés.

Nbr de pages : 608 / Éditeur : Robert Laffont – Collection R / Titre VO : The 5th Wave

Mon avis

Un roman post-apocalyptique, voilà une nouveauté dans ma PAL ! Une Terre à l’abandon, des épidémies, des vagues de morts, des survivants, des envahisseurs venus d’une autre galaxie ; c’est un genre que je n’avais encore jamais lu et je ne savais pas trop si ça allait me plaire… Verdict : une lecture en deux temps, mais un ressenti plus que positif !

Je m’explique… Les débuts furent laborieux. Les 150 premières pages se focalisent sur Cassie, une survivante, qui erre comme une âme en peine avec un seul but en tête. C’est à travers ses souvenirs que l’on découvre le tout début de l’invasion et les différentes vagues qui ont suivi. Un moyen efficace pour nous plonger dans l’ambiance, même si j’ai eu du mal à accrocher à ce personnage et au ton pris par Cassie pour nous raconter sa vie, façon journal intime, avec toutes les réflexions qui lui passent par la tête. Mais finalement, je m’y fais… Et soudain, on change de narrateur, sans aucune mise en garde. Comme beaucoup, j’ai été très surprise et il a fallu du temps pour que je comprenne qu’on n’avait plus affaire à Cassie. Vraiment déroutant, voire irritant, car on retombe dans une dynamique très différente et on se sent complètement perdus. En tout cas, moi, ça m’a beaucoup dérangée. Et les longueurs ont failli avoir raison de moi.

Voilà pour la première partie de ma lecture, mi-figue mi-raisin, mais avec un bon potentiel. Et puis, on saute encore d’un narrateur à un autre, et petit à petit, l’histoire se met en place, elle se construit de mieux en mieux et les différents éléments s’imbriquent de façon vraiment bien foutue. Et au milieu du livre, je me rends compte que je ne peux plus m’arrêter de lire et que c’est vachement cool comme histoire ! On se rend finalement compte que la première moitié, bien que laborieuse, était une étape essentielle pour arriver là où l’auteur voulait nous mener. Et on termine le roman avec toute l’action, tous les rebondissements et toutes les émotions qui m’avaient un peu manqué au début. Bref, malgré quelques défauts, j’ai refermé le livre en pensant « waouh ! ».

Note : 8/10

Extras
Traductrice : Francine Deroyan
Première publication : mai 2013
Fiche Bibliomania
Nouvel essai gagnant pour la Collection R ! Quel sera le prochain titre que je découvrirai ? La Sélection ? Les 100 ?
La 5e vague
est une trilogie dont le dernier tome, La dernière étoile, sort en mai 2016.
Il vient de faire l’objet d’une adaptation au cinéma avec Chloë Grace Moretz dans le rôle phare.
Film La 5e vague

Forget Tomorrow, de Pintip Dunn

Forget Tomorrow, de Pintip DunnQuatrième de couverture
(coupée par mes soins pour plus de surprise à la lecture)

Imaginez un monde où votre avenir a déjà été fixé… par votre futur moi !

Callie vient d’avoir dix-sept ans et, comme tous ses camarades de classe, attend avec impatience le précieux « souvenir », envoyé par son moi futur, qui l’aidera à se glisser dans la peau de la femme qu’elle est destinée à devenir. Athlète de haut niveau… Scientifique de renom… Politique de premier plan… Ou, dans le cas de Callie, tueuse. […] Avant même de comprendre ce qui lui arrive, Callie est arrêtée et internée dans les Limbes – une prison réservée à tous ceux qui sont destinés à enfreindre la loi. Avec l’aide inattendue de Logan, un vieil ami qui a cessé, cinq ans auparavant, de lui parler du jour au lendemain, elle va tenter de déclencher une série d’événements capables d’altérer son destin. Lorsque l’avenir semble tout tracé, le combat est-il perdu d’avance ?

Nbr de pages : 430 / Éditeur : LUMEN / Titre VO : Forget Tomorrow

Mon avis

J’entends parler de la maison d’édition LUMEN depuis pas mal de temps et je n’arrive pas à croire que je n’avais toujours pas lu un de leurs livres alors que je suis clairement la cible, moi qui ne jure presque plus que par les dystopies et le YA. Du coup, je me lance, sûre de mon coup, après avoir lu de nombreux avis positifs sur ce titre.

Et ça commence franchement du tonnerre ! Page 30, je tombe déjà sur le cul en découvrant ce premier retournement de situation inattendu (qui figure sur la quatrième de couverture que je n’avais pas lue). Je suis déjà complètement immergée dans ce monde futuriste bien pensé et intrigant. Tout me plaît : le cadre, la thématique des souvenirs, la société fondée toute entière autour de l’image déterminante du futur que l’on reçoit, l’héroïne et sa superbe relation avec sa petite sœur, son tempérament, sa volonté. Je sens que je vais me régaler…

Sauf que. Et là, je suis vraiment énervée. Soudain, l’intrigue captivante pleine de secrets, de non-dits, d’évasion, d’action est éclipsée par une romance fadasse. Elle prend vraiment toute la place. Il ne se passe plus rien. Vous allez me dire que j’exagère, que je ne suis peut-être pas une grande fan de romance. Mais en fait si. J’ai un cœur de midinette et je craque toujours pour l’histoire d’amour dans un livre*. Mais il faut qu’elle soit bien amenée, intéressante et qu’elle ajoute une plus-value au roman, pas qu’elle le transforme. Ici, ça partait bien, mais Callie n’a QUE ça en tête et c’est TRÈS répétitif. (Surtout qu’elle a quand même d’autres chats à fouetter, nom di dju !)

Et là, je suis extrêmement déçue. En soi, pas tant déçue de ma lecture, mais plutôt de ce qu’elle aurait pu être, du potentiel gâché. Il y avait tous les ingrédients pour me plaire. La fin du roman retrouve une chouette dynamique, apporte des informations intéressantes qui nous font cogiter et le final m’a beaucoup plu. Cela pourrait même s’arrêter là sur un dernier coup de théâtre inattendu. Sauf qu’il y a une suite. Et ce sera sans moi, car je reste sur ce seul bémol qui a tout fait capoter…

Note : 6,5/10

Extras
Traductrice : Diane Durocher
Première publication : janvier 2016
Fiche Bibliomania
Je compte bien découvrir d’autres titres des éditions Lumen, si vous avez des livres à me conseiller, n’hésitez pas !

* Quelques exemples : dans la série Homeland, c’est surtout la romance qui m’intéresse, moi. Et dans le merveilleux livre La Passe-miroir, je fonds à chaque interaction entre Ophélie et Thorn, alors que c’est quand même pas le propos principal du livre. Bref, je signe à deux mains pour les histoires d’amour.

Phobos, de Victor Dixen

Phobos, tome 1, de Victor Dixen Phobos, tome 2, de Victor Dixen

Résumé de l’éditeur

Six prétendantes.
Six prétendants.
Six minutes pour se rencontrer.
L’éternité pour s’aimer.
Il veulent marquer l’Histoire avec un grand H.


Ils sont six filles et six garçons, dans les deux compartiments séparés d’un même vaisseau spatial. Ils ont six minutes chaque semaine pour se séduire et se choisir, sous l’œil des caméras embarquées. Ils sont les prétendants du programme Genesis, l’émission de speed-dating la plus folle de l’Histoire, destinée à créer la première colonie humaine sur Mars.

Nbr de pages : 448 + 496 = 944 / Éditeur : Robert Laffont – Collection R

Mon avis

Garanti sans spoilers !

Quel plaisir de découvrir un livre aussi haletant et de pouvoir enchaîner directement avec le tome 2 ! Il ne m’a fallu que quelques pages pour m’immerger dans ce roman de science-fiction prometteur.

Le découpage est intéressant et participe au suspense : on suit à la fois les prétendants dans le vaisseau vers Mars, les organisateurs du jeu sur Terre et un jeune garçon mystérieux qui va se retrouver mêlé à toute cette histoire. On découvre tout de suite qu’il y a quelque chose de louche avec ce concept hyper-novateur de téléréalité sur Mars et on apprend tout aussi vite qu’il y a de fait un énorme problème. Nous, lecteurs, devenons complices des organisateurs du jeu, tandis que les prétendants ne le découvriront qu’à la fin du roman. On pourrait penser que cela ôte une partie du suspense, mais cela donne au contraire une autre dynamique et le roman n’en est pas moins prenant.

Seul petit bémol : à force de faire des allers-retours entre la Terre et l’espace, on rate plein de choses du trajet de 5 mois de nos héros. J’aurais voulu être avec eux au quotidien et voir de plus près leurs relations se développer, découvrir chaque rendez-vous amoureux filmé et retransmis partout sur les écrans, de jour comme de nuit. Les passages sur Terre sont primordiaux pour comprendre tous les tenants et aboutissants et faire évoluer l’intrigue, mais je m’y ennuyais parfois et ne souhaitais qu’une chose : remonter vite fait dans l’espace !

Victor Dixen a vraiment réalisé un coup de génie avec cette idée originale : on y sent en filigrane une critique de la téléréalité et de l’apologie du pognon à tout prix, au mépris de tout bon sens, de la surmédiatisation.

Il y a encore tant de choses que nous pourrions acheter, et rentabiliser à notre manière: les écoles, les hôpitaux publics… Imaginez, des plages de publicité obligatoires pendant les cours, dès la maternelle ! Des émissions de téléréalité sur les malades en phase terminale, avec dernier souffle en direct ! Il y a énormément d’argent à se faire, en mettant à contribution les bambins jusqu’aux vieillards.

Et pourtant, l’auteur se calque sur ce qui fonctionne si bien avec ce genre d’émissions et nous rend accros aux moindres coups d’éclat de nos jeunes prétendants. Chacun a un secret, chacun a ses failles et on a beau tomber parfois dans le mélodramatique, on attend avec un certain voyeurisme de découvrir tout ce qu’ils cachent. On ne vaut finalement pas mieux que ces téléspectateurs collés à leur écran, qui ne leur laissent pas un moment de répit dans leur intimité. Et pour ça, je trouve que c’est vraiment bien joué !

Le tome 1 nous laisse avec un goût de trop peu : on veut savoir la suite, on veut savoir quelle tournure va prendre ce voyage futuriste, malgré le fait qu’on connaisse certains secrets depuis le départ. J’ai donc enchaîné avec la suite, qui malheureusement fait un peu retomber l’excitation avant de nous relancer à nouveau au cœur de la tension. Mais une chose est sûre, la fin du tome 2 nous laisse vraiment pantois : cette révélation-là, on ne s’y attendait pas, et nom de dieu, j’aurais dû attendre la sortie du tome 3 ! Vivement novembre 2016 !

Ma note : 9/10

Extras
Première publication : tome 1 – juin 2015 / tome 2 – novembre 2015
Fiche Bibliomania
Deuxième essai gagnant avec Victor Dixen, un auteur à suivre, assurément ! Retrouvez aussi mon avis sur Animale.
Deuxième essai gagnant aussi avec la Collection R qui mérite amplement son succès grandissant. Je ne compte pas m’arrêter là comme en témoigne ma lecture en cours :
La 5e vague !
Sortie de Phobos 3 : novembre 2016
Sortie de Phobos – Les Origines : juin 2016
(dossiers sur les 6 prétendants masculins à lire avant, pendant ou après la saga)

U4 : Koridwen, d’Yves Grevet

U4 : Koridwen, d'Yves Grevet

 

Mon résumé

Le virus U4 a tout ravagé sur son passage. Il ne reste plus que des adolescents de 15 à 18 ans, livrés à eux-mêmes dans un monde qu’ils ne reconnaissent plus. Quelques-uns gardent pourtant espoir, suite à un mail de Khronos, le maître d’un célèbre jeu en réseau, leur donnant RDV à Paris pour sauver le monde en remontant le temps. Koridwen fait des rêves étranges liés à ce fameux rendez-vous. Elle décide de partir pour Paris avec son cousin à bord d’un tracteur et de voir par elle-même ce que le destin lui réserve là-bas.

Nbr de pages : 362 / Éditeur : Nathan & Syros

Mon avis

Deuxième round pour la saga U4 ! J’avais passé un agréable moment avec Yannis, mais j’avais tout de même quelques réserves. Dans ce nouvel opus, j’espérais lire quelque chose de différent, qui ne serait pas redondant par rapport au tome sur Yannis, et qui m’apporterait certains éclairages sur l’univers, mais surtout sur ce fameux rendez-vous visant à remonter le temps pour sauver le monde. Et je ne suis pas déçue !

Mais j’avais beau avoir apprécié ma lecture de Yannis, deux mois plus tard, je n’avais pas particulièrement envie de me replonger dans l’univers d’U4. J’ai donc commencé ma lecture de Koridwen un peu à reculons. Mais très vite, cette héroïne a pris toute la place et j’ai découvert une histoire très différente de ce que j’avais déjà pu lire dans le tome précédent. Pas de longueurs cette fois, et une vraie dynamique qui donne envie d’engloutir les chapitres !

Koridwen est une battante, pleine de ressources et très attachante. Tout comme Yannis, elle réfléchit beaucoup, se remet en question, analyse ses sentiments et ses actes. Tous ces moments de relâche, de réflexion sont aussi intéressants que les rebondissements où la tension est palpable. Mais surtout, Koridwen a un secret. Elle aurait hérité des pouvoirs de guérisseuse de sa grand-mère, sa Mamm-gohz bretonne, qui veille sur elle et l’aiguillonne vers sa destinée à coups de signes et de symboles. Koridwen serait en fait la clé de l’histoire. On s’attache à elle, même si son histoire est difficile à croire… et pourtant petit à petit, on finit comme elle par croire qu’un retour dans le passé serait possible. Jusqu’au grand final.

J’ai aimé découvrir la culture bretonne, qui est presque un personnage à part entière de ce roman. L’autre point fort, c’est le personnage de Max, le cousin de Koridwen, dont elle décide de s’occuper. Max a un petit retard mental et va tour à tour nous émouvoir et nous agacer, ne réagissant pas toujours aux événements comme Kori le souhaiterait.

Si vous ne devez lire qu’un tome, choisissez celui-ci. Si vous souhaitez lire les 4 romans, gardez celui-ci pour la fin. Toute l’histoire semble reposer sur les épaules de Koridwen et toutes nos questions trouvent ici réponses. Le grand final tant attendu dans le tome sur Yannis a bien lieu cette fois et je ne regrette pas du tout cette nouvelle plongée dans cette histoire. Je pense avoir fait une très bonne pioche en lisant ces deux tomes d’U4 dans cet ordre : d’abord le questionnement avec Yannis, le point de vue masculin, très humain, le road-trip à travers la France, puis les réponses avec Koridwen, la situation à Paris, les nombreuses rencontres qui enfin nous mènent au rendez-vous du 25 décembre.

Note : 8/10

Extras
Première publication : août 2015
Fiche Bibliomania
Mon avis sur U4 : Yannis
Je découvre Yves Grevet avec ce roman, alors que ça fait très longtemps que j’ai envie de découvrir ses autres titres : Méto et Nox.
Découvrez la même histoire de base vue par les autres protagonistes :
Stéphane (de Vincent Villeminot), Jules (de Carole Trébor) et Yannis (de Florence Hinckel).

 

U4 - Auteurs

Les Copies, de Jesper Wung-Sung

Les Copies, de Jesper Wung-Sung

Quatrième de couverture

Le « Virus Q » provoque une inflammation du système nerveux central et s’attaque uniquement aux enfants. En attendant de trouver un remède, ces derniers sont mis en « stand-by ». Pour combler cet énorme vide « des copies » sont mises en circulation. Des clones parfaits. Jonas est l’un deux. Bientôt, les libérateurs de copies se lanceront à sa poursuite car le remède au virus a été trouvé.

Nbr de pages : 192 / Éditeur : Rouergue épik / Titre VO : Kopierne

Mon avis

De jeunes malades plongés dans un sommeil artificiel, remplacés pour un temps par des copies. Jusqu’au réveil des enfants guéris. Il est alors temps de supprimer toutes ces copies, dont Jonas, notre héros. Ça promettait une intrigue palpitante, non ?

Eh bien… non. Moi qui m’attendais à du suspense, à des rebondissements, à un univers original bien exploité, je ne peux qu’être déçue. Au vu de cette courte mise en bouche, je m’imaginais toutes sortes de scénarios alléchants : les copies essayant de retrouver leur place dans une société qui ne veut pas d’eux, jouant des tours à leur original, créant des alliances, survivant à d’horribles courses poursuites. Mais finalement, ce petit roman n’est qu’une longue chasse à l’homme sans grandes surprises ou belle analyse de cette société redoutable.

On suit tout simplement Jonas dans les bois, qui fuit sa maison, ses amis, sa famille. Rejeté sans sourciller par ses « parents », il n’a pas d’autre choix que de se cacher. On le voit courir, se battre, s’enfuir à nouveau, tenter de survivre dans la nature, chasser, se faire chasser… jusqu’au point de non-retour. On le suit dans toutes ses réflexions, ses incompréhensions, ses fragments de pensées qu’il ressasse encore et encore. Qui suis-je ? Mes envies et mes souvenirs sont-ils vraiment les miens ? Mérité-je de vivre ? Heureusement, Jonas est attachant et il lui arrive quelques épisodes émouvants. Mais comme lui, on tourne très vite en rond. Sans réponses.

En bref, c’est une déception car je ne m’attendais pas à ça. Le résumé me promettait un roman tellement intense, avec de l’action et des mises en garde sur notre société. Mais c’est l’histoire d’une désillusion, d’une remise en question, d’un questionnement et surtout d’une longue marche à travers la forêt. On passe 200 pages dans la tête d’une copie qui ne sait plus qui elle est, si elle doit tout faire pour survivre, trouver un but à sa fuite ou se rendre. Et on s’y ennuie finalement très vite…

Note : 6/10

Extras
Traducteur : Jean-Baptiste Coursaud
Première publication : novembre 2015
Fiche Bibliomania
Jesper Wung-Sung est un auteur danois qui a déjà écrit de nombreux romans, souvent récompensés.
Les Copies
est son premier roman traduit en français.

U4 : Yannis, de Florence Hinckel

U4 : Yannis, de Florence Hinckel

 

Mon résumé

Le virus U4 a tout ravagé sur son passage. Il ne reste plus que des adolescents de 15 à 18 ans, livrés à eux-mêmes dans un monde qu’ils ne reconnaissent plus. Quelques-uns gardent pourtant espoir, suite à un mail de Khronos, le maître d’un célèbre jeu en réseau, leur donnant RDV à Paris pour sauver le monde en remontant le temps. Yannis n’a plus rien à perdre et décide de quitter Marseille avec son fidèle chien, Happy, pour se rendre à ce fameux RDV.

Nbr de pages : 401 / Éditeur : Nathan & Syros

Mon avis

Alors, qu’en est-il de ce fameux phénomène de la rentrée, projet ambitieux à huit mains ? De mon point de vue, l’idée de ces 4 romans se liant et se répondant est vraiment originale et surtout, elle fonctionne bien. Après avoir lu une de ces histoires, l’envie de découvrir les autres est bien présente. Car on ne veut pas en rester là. On veut avoir des réponses aux questions qui perdurent, on voudrait assembler toutes les pièces du puzzle. À la fin de cette première histoire, il reste encore de nombreux points d’interrogation, mais ça tombe sous le sens ; il faut bien titiller la curiosité et pousser le lecteur vers les trois autres versions de ce monde qui dépérit.

Florence Hinckel a trouvé le bon équilibre entre action et temps mort, entre moments de réflexion et tension. Mais surtout, elle parvient à nous décrire un héros attachant, avec de jolies valeurs. Un héros dans lequel on se glisse facilement et qu’il est agréable de suivre, autant à travers les courses poursuites que ses périodes d’introspection et ses analyses du monde et des personnes qui l’entourent.

Si le concept apporte un vrai plus, il n’en reste pas moins que l’univers proposé (le virus qui ne touche qu’une tranche d’âge, le régime totalitaire qui tend à s’imposer, l’apocalypse qui pousse les humains à retourner à leur état le plus primaire, etc.) n’a rien de bien innovant. On ressent aussi quelques longueurs, et au final, je n’ai pas été tenue en haleine par ce périple à travers la France. Mais surtout, il me semble difficile de gober que nos héros soient aussi vite convaincus qu’un saut dans le passé pour sauver le monde soit possible… À croire que l’abus de jeux vidéo peut véritablement endommager le cerveau… ? 😉 Blague à part, cette petite touche de fantaisie qui est quand même l’élément déclencheur de base me semble un peu légère. Je comprends tout à fait qu’une réunion de joueurs offre une dernière lueur d’espoir à des jeunes démunis, livrés à eux-mêmes, sans but. Mais de là à vraiment croire qu’on peut remonter dans le temps… Mouais.

En bref, j’ai passé un moment agréable avec Yannis, malgré quelques réserves. Pour moi, un roman ne suffit pas à bien saisir l’ampleur du phénomène U4 et je compte bien découvrir prochainement un deuxième roman. Mais lequel choisir ? Stéphane pourrait apporter un éclairage intéressant sur certains rebondissements, mais j’ai un peu peur de l’effet redondant tant les deux personnages sont étroitement liés pendant les trois quarts de l’histoire. Je compte plutôt découvrir la version de Koridwen, que j’ai à peine eu le temps de rencontrer. Avec elle, qui croit dur comme fer au rendez-vous de Khronos et au voyage dans le passé, tout s’éclairera peut-être et nous aurons peut-être droit à une autre fin, qui répondra aux quelques interrogations soulevées dans ce livre-ci.

Je vous en dirai donc bientôt plus et je saurai si après deux romans, l’histoire tend à s’essouffler ou si l’envie de découvrir les 4 points de vue est bien là.

Note : 7,5/10

Extras
Première publication : août 2015
Fiche Bibliomania
Découvrez la même histoire de base vue par les autres protagonistes :
Stéphane (de Vincent Villeminot), Jules (de Carole Trébor) et Koridwen (d’Yves Grevet).

U4 - Auteurs

Divergente, raconté par Quatre, de Veronica Roth

Divergente, raconté par Quatre, de Veronica Roth

 

Quatrième de couverture

L’histoire de Quatre avant sa rencontre avec Tris.

Lors de sa cérémonie du choix, un jeune altruiste se dresse contre sa famille et sa faction : il rejoint les audacieux. Il choisit un nouveau destin, et devient Quatre. Mais ce qu’il découvre alors met en péril son avenir, et celui de la société tout entière. Va-t-il devoir se dresser contre sa nouvelle faction ?

Nbr de pages : 259 / Éditeur : Nathan / Titre VO : Four: A Divergent Collection

Mon avis

Divergente est une des rares sagas que j’ai lue d’un bout à l’autre, et qui ne m’a pas déçue un seul instant. J’appréhendais donc un peu de lire ces quelques nouvelles racontées par Quatre, et en même temps, je me réjouissais de retrouver cet univers et ces personnages que j’ai tant aimés. Si certains ont pu être déçus, de mon côté, j’ai été plus que ravie !

Quel plaisir de me replonger dans la fosse, de découvrir plus intimement les failles de Quatre et l’infâme Éric, de retrouver les difficiles séances d’entraînement, de voir la genèse de toutes les intrigues politiques et bien sûr, d’avoir à nouveau le cœur qui bat face à nos deux héros. J’ai vraiment apprécié ce complément à la saga et découvrir l’envers de certaines situations du tome 1. Mon seul petit reproche, c’est que les histoires sont un peu disparates et ne suivent pas toujours la chronologie initiale, avec de longues ellipses. Et que c’est bien trop court !

Après un instant d’hésitation, je pose les coudes sur la table et je regarde Éric en haussant les sourcils.
– Je m’appelle Quatre. Appelle-moi encore une fois « Pète-sec » et on va avoir un problème, toi et moi.
Il lève les yeux au plafond, mais je sais que le message est passé. J’ai un nouveau nom, ce qui signifie que je peux devenir quelqu’un d’autre. Quelqu’un qui n’a pas à subir des vannes d’Érudits je-sais-tout. Quelqu’un qui peut riposter. Quelqu’un qui est enfin prêt à se battre.
Quatre.

J’avais peur que ces nouvelles soient un peu redondantes, qu’on n’apprenne rien qu’on ne sache déjà, mais finalement ce n’est vraiment pas le cas. Toute la première partie se concentre sur Tobias, sur sa vie avant les audacieux, sur ses choix et sa vie dans la fosse avant qu’il ne rencontre Tris. Ensuite, on a droit à presque toutes les scènes importantes qui les concernent ensemble, plus certaines dont on ne connaissait même pas l’existence. Bref, n’ayez crainte, aucun sentiment de redite, ce n’est que du régal !

Le mot de la fin, par Veronica Roth : <4

Ma note : 8,5/10

Extras
Traductrice : Anne DelcourtPremière publication : avril 2015
Fiche Bibliomania
Veronica Roth est née en 1988.
Mon avis sur le tome 1tome 2tome 3

LoveStar, d’Andri Snaer Magnason

LoveStar, d'Andri Snaer MagnasonQuatrième de couverture

LoveStar est un génie. Il a trouvé le moyen de pouvoir communiquer et transmettre des données sans ne plus rien utiliser que les ondes. Fini les GSM, les ordinateurs, les câbles. Bref, adieu l’électronique. Mais LoveStar ne s’arrête pas là et creuse chacune de ses nouvelles idées sensées révolutionner notre monde : les aboyeurs, LoveMort, ReGret, le rembobinage, mais surtout… InLove. Innovation géniale sensée repérer tous les couples d’âmes sœurs du monde, afin d’enfin aboutir à la paix sur Terre. Mais que faire quand, à l’instar de Sigridur et d’Indridi, on est déjà très heureux en amour avec la personne que l’on s’est choisi sans l’aide d’aucune machine ?

Nbr de pages : 429 / Éditeur : Zulma / Titre VO : LoveStar

Mon avis

Partez pour un voyage complètement déjanté ! La jaquette nous prévient que « rien n’arrête une idée » et c’est le moins qu’on puisse dire… Des idées, l’auteur en a à la pelle et il va jusqu’au bout de ses pensées, complètement folles, mais parfois cruellement plausibles !

La première partie du roman est consacrée à l’exploration de ce monde hors du commun : un futur débarrassé des câbles, où les gens restent néanmoins constamment connectés à tout et à tout le monde via les ondes. Cette nouvelle société futuriste fait marrer autant qu’elle fait peur : la publicité omniprésente, la possibilité de visionner en direct dans sa tête n’importe quel endroit sur terre, le rembobinage des enfants mal embarqués dans la vie, le calcul des âmes sœurs, et j’en passe. Tous les aspects de la vie (la mort, l’amour, la famille) sont passés au crible pour « améliorer » la société grâce à de nouvelles technologies révolutionnaires… qui finissent par ôter tout libre-arbitre.

Une fois cet univers mis en place, on rencontre enfin nos deux héros, Sigridur et Indridi, fous amoureux, jusqu’au jour où on les prévient qu’ils ne sont pas des âmes sœurs. Bien au contraire, Sigridur a été « calculée » et son véritable amour l’attend bien sagement dans le département de LoveStar. Comment se révolter contre une machine qui entend bien avoir le dernier mot, coûte que coûte ? Leur histoire est désopilante et révèle bien des surprises.

Le roman souffre malheureusement de grosses longueurs, notamment les passages sur LoveStar, le créateur de tout ce cirque, et il faut attendre une bonne centaine de pages pour découvrir l’histoire d’Indridi et de Sigridur. Il faut parfois s’accrocher pour comprendre tout cet univers et les nombreuses digressions, mais il vaut vraiment la peine, ne serait-ce que pour rencontrer « les aboyeurs », ces personnes débitant en rue des publicités ciblées en fonction des gens qu’ils croisent.

« ATTACHEZ VOTRE CEINTURE ET NE ROULEZ PAS TROP VITE ! »
Récemment arrêté pour excès de vitesse et défaut du port de la ceinture, l’homme avait été condamné à écouter, par aboyeurs interposés, deux mille annonces de rééducation dont il payait les frais. Là résidait peut-être l’avantage majeur des technologies nouvelles : elles amélioraient la société.
« AIMEZ VOTRE PROCHAIN ! » s’écriait toutes les demi-heures un homme à la mine patibulaire. Un assassin fraîchement sorti de prison, pensa à juste titre Indridi en faisant un pas sur le côté.

On tombe plus d’une fois dans l’absurde, en se disant « Non, il n’a pas osé, quand même… ». Mais si ! Dans ce roman, il faut accepter de se laisser happer par cet univers délirant et il devient une vraie mine d’or tant on passe de découvertes en découvertes. L’auteur parvient à nous faire rire tout en pointant le doigt de façon très judicieuse sur les dérives possibles d’une société hyper-connectée, vers laquelle nous tendons de plus en plus.

Note : 8/10

Extras
Traducteur : Éric Boury
Première publication : janvier 2015
Fiche Bibliomania
Rajoutons-en une couche, Andri Snaer Magnason a écrit ce texte en 2002 ! Un vrai visionnaire…

***

Challenge ABC 2015 organisé par Nanet

ABC20154 dans le challenge ABC 2015 – Lettre M

 Challenge Petit Bac organisé par Enna
Petit Bac 2015Titre en un seul mot

Challenge 1 mois = 1 consigne, organisé par Nessa

ChallengeFévrier : Lire un livre de SF

Le Chaos en marche, tome 1 : La Voix du couteau, de Patrick Ness

Le Chaos en marche, tome 1 : La Voix du couteau, de Patrick Ness

 

Quatrième de couverture

Dans un mois, Todd Hewitt aura treize ans. Dans un mois, il deviendra un homme. Il sera le tout dernier garçon de Nouveau Monde à atteindre l’âge adulte puisque, depuis la guerre contre les Spackle, les femmes ont été tuées, sans exception, par le virus du Bruit ; le Bruit, omniprésent, qui ne vous laisse pas en paix, jamais. Jusqu’au jour où Todd trouve un endroit où le Bruit se tait.

Nbr de pages : 544 / Éditeur : Folio SF / Titre VO : The Knife of Never Letting Go

Mon avis

Ce roman est particulièrement original, mais aussi très déroutant. On découvre un monde où les femmes ont disparu et où les hommes vivent dans un chaos incessant, plongés dans le bruit des pensées de chacun d’entre eux. Il n’y a pas de répit, jamais, même pas la nuit. Même les animaux s’y sont mis. On découvre ce Nouveau monde par l’intermédiaire de Todd, le plus jeune garçon restant. Et là où la lecture devient vraiment déconcertante, c’est quand on se rend compte que tout le roman est écrit de la façon dont Todd pense et parle, avec des phrases alambiquées, lourdes, des mots inventés, des fautes de syntaxe et de prononciation. J’étais prévenue, mais comme tout le monde, il a fallu le temps que je m’habitue à ses « à cause que », « attenssion » et autres « purain ».

Le silence, ça n’existe pas. Pas ici, nulle part. Pas quand tu dors, pas quand t’es seul. Jamais.
Je ferme les yeux.
« Je m’appelle Todd Hewitt. J’ai douze ans et douze mois. J’habite à Prentissville, Nouveau monde. Je serai un homme dans un mois exactement. »
Ce truc, c’est Ben qui me l’a appris pour m’aider calmer mon Bruit. On ferme les yeux, et, bien tranquillement, bien distinctement, on se raconte qui on est, à cause que c’est ça justement qui se perd dans tout ce BRUIT.

Ce livre est vraiment une très chouette découverte, passées les premières pages d’étonnement. On s’attache assez vite à Todd et surtout à son chien Manchee, qui n’a pas grand-chose à raconter, mais n’en est pas moins un animal fidèle et touchant. Nos deux compères vont très vite se retrouver dans une « purain » de galère, fuyant leur village, poursuivi par une armée. Les grands secrets du pourquoi et du comment de ce Nouveau monde et de cette traque restent dissimulés tout au long du roman jusqu’au grand final, qui donne vraiment envie de découvrir le tome 2.

C’est surtout le concept de ce livre qui m’avait attiré, ce Bruit que l’on retrouve placardé parfois sur certaines pages du roman, comme s’il voulait sortir du livre et venir nous hanter nous aussi. Et l’auteur a vraiment traité son sujet de façon efficace avec de belles réflexions sur l’humanité, des moments plein de tension, de l’action et des péripéties, des amitiés naissantes, des scènes déchirantes et émouvantes. Par contre, cette quête souffre tout de même de quelques longueurs : Todd court, se fait presque rattraper, trouve refuge, doit repartir, et le schéma se renouvelle un peu trop souvent à mon goût. Et quand enfin, les dernières pages semblent apporter la touche d’espoir tant attendue pour notre héros, badaboum ! Un dernier coup du destin, dont il faudra attendre la suite pour savoir si Todd s’en relèvera encore une fois.

C’est un livre classé en jeunesse, mais Gallimard a décidé de le republier dans sa collection « Folio SF » : une riche idée, qui, j’espère, poussera plus de gens à découvrir cette trilogie. Todd a beau avoir 13 ans, son histoire est particulièrement cruelle et n’est pas à mettre dans toutes les mains. Patrick Ness ne fait pas grand cas des hommes et ne laisse que peu d’espoir à l’humanité. Les êtres humains ont dû quitter notre Terre tant y régnaient la violence et le désespoir, mais ils semblent n’avoir retenu aucune leçon, et c’est Todd qui en fait les frais. On finit sur une touche amère et j’espère découvrir dans la suite quelques pointes d’espoir pour notre héros, ses idéaux et son Nouveau monde.

Note : 8,5/10

Extras
Traducteur : Bruno Krebs
Première publication : avril 2009
Fiche Bibliomania
Cette série a remporté de nombreux prix prestigieux. Les tomes 2 et 3 sont déjà disponibles en poche chez Folio SF.
Du même auteur, j’ai très envie de découvrir également Quelques minutes après minuit.
Merci à Babelio (et son Masse Critique) qui continue de me ravir.

***

Challenge ABC 2014 organisé par Nanet

ABC 2014
15 dans le challenge ABC 2014 – Lettre N

Silo – Origines, de Hugh Howey

Silo : Origines, de Hugh Howey

 

Quatrième de couverture

En 2049, le monde est encore tel que nous le connaissons, mais le temps est compté. Seule une poignée de potentats savent ce que l’avenir réserve. Ils s’y préparent. Ils essaient de nous en protéger. Ils vont nous engager sur une voie sans retour. Une voie qui mènera à la destruction ; une voie qui nous conduira sous terre. L’histoire du silo est sur le point de débuter. Notre avenir commence demain.
Nbr de pages : 576 / Éditeur : Actes Sud / Titre VO : Shift

Mon avis

[Mon avis sur le tome 1]

Je me réjouissais de replonger dans les profondeurs du Silo, d’en apprendre encore plus et d’avoir un nouvel aperçu de ce monde, comme nous le promettait le titre. Nous avons bel et bien les réponses à nos questions et le mystère est levé ! Pourtant, je ne ressors pas aussi convaincue et emballée que prévu (contrairement à mes copines Cajou et Stéphanie, qui ont a-do-ré).

La narration de ce second tome est assez ambitieuse : on retourne en 2049, aux prémisses du projet « Silo » et on navigue ensuite dans des centaines d’années, dans différents lieux, avec différents personnages pour comprendre certains moments clés du Silo. Cette narration en plusieurs temps fonctionne très bien : on avance vite, on comprend de mieux en mieux au fil des chapitres et on élargit enfin le champ de vision à tout ce qui entoure le Silo. Mais surtout, on attend le moment où les deux tomes se télescoperont, où on retrouvera les personnages que l’on connaît. Et il faut malheureusement attendre longtemps avant d’avoir quelques allusions à Juliette. Ce n’est qu’à la fin que le voile se lève sur nos personnages que l’on retrouve juste avant de les quitter à nouveau.

Ce tome 2 ne sert finalement que d’intermède entre l’intrigue générale des tomes 1 et 3. On rencontre de nouveaux personnages, mais qui ne sont pas voués à rester, et je n’ai pas réussi à m’attacher à eux. Ce « prequel » nous montre l’envers du décor, et même si c’est bougrement intéressant de découvrir la genèse du Silo et d’en apprendre plus sur des métiers jusque-là laissés dans l’ombre, comme les porteurs, je n’ai pas ressenti la même frénésie et envie de lire que pour le tome précédent.

Il m’a même fallu un mois pour en venir à bout. Certains passages sont captivants et je ne me suis jamais ennuyée, mais il reste selon moi beaucoup trop de longueurs, qui font que ce livre ne se lit pas vite du tout et manque de suspense. Les révélations autour du projet Silo ont beau être choquantes, j’en étais quand même arrivé à une conclusion similaire en grappillant les indices du tome 1.

Une chose est sûre, j’attends de pied ferme le grand final, qui sortira à l’automne, pour reprendre l’intrigue là où je l’avais quittée dans le premier volet. Je pense que j’y retrouverai ce qui m’avait tant plus. Même s’il m’a manqué la tension, le doute et l’action du tome 1, je ne suis pas déçue de ce roman, qui remplit à merveille son rôle de « prequel », en levant le grand mystère, tout en nous donnant très envie de découvrir la suite.

Note : 7,5/10

Extras
Traductrice : Laure Manceau
Première publication : mai 2014
Fiche Bibliomania
Le dernier volet, Silo – Générations, sortira en octobre 2014.

***

Challenge Petit Bac organisé par Enna
Challenge Petit Bac 2013
Bâtiment : silo

 

Cinder, de Marissa Meyer

Cinder, de Marissa Meyer

 

Quatrième de couverture

Humains et androïdes cohabitent tant bien que mal dans la ville de Néo-Beijing.
Une terrible épidémie ravage la population.
Depuis l’Espace, un peuple sans pitié attend son heure…

Nbr de pages : 412 / Éditeur : PKJ / Titre VO : The Lunar Chronicles : Cinder

Mon avis

Il n’y a pas grand-chose à redire, cette réécriture de conte est très originale et brillamment menée ! Une fois de plus, cette nouvelle tendance dans la littérature me ravit. Cinder est un livre très agréable, qui se lit à une vitesse folle et avec lequel on ne s’ennuie pas une seconde.

Comme toujours, on se plaît à relever les clins d’œil au conte, qui sont nombreux, bien que l’histoire soit finalement très différente. Les grands thèmes sont présents, mais très vite, on oublie Cendrillon et on découvre Cinder, ses raccordements électroniques, sa passion pour la mécanique, son touchant attachement pour sa petite sœur (eh oui, quand je vous disais qu’on s’éloignait du conte !) et sa vie de recluse de la société.

Cette histoire m’a fascinée, car pour moi, c’est un univers très neuf. Je n’avais encore rien lu de tel. C’est un habile mélange de science-fiction avec ses robots et ses habitants lunaires, de conte de fées, de drame avec cette terrible épidémie et la lutte des classes, le tout dans une Chine futuriste très impressionnante. L’univers est vraiment le point fort du roman et nous découvrons les yeux écarquillés tous les détails technologiques et le jargon qui va de pair.

Mon seul regret est le manque de suspense : on voit tout venir bien trop facilement, et les rebondissements tombent un peu à plat. Les indices arrivent trop tôt, sont trop marqués et l’effet de surprise est manqué, même pour la « révélation finale ». Ceci dit, pas besoin de suspense pour apprécier l’histoire. Ce petit manque de subtilité est largement compensé par des personnages attachants, un contexte original et des références savoureuses.

Note : 8,5/10

Extras
Traducteur : Guillaume Fournier (qui a traduit Hunger Games)
Première publication : mars 2013
Fiche Bibliomania
Le tome 2, Scarlet (réécriture du Petit Chaperon rouge), est sorti en novembre 2013 et le tome 3, Cress (réécriture de Raiponce), est prévu pour octobre 2014. Cinder se termine sur un petit suspense, et je me réjouis déjà de découvrir sa rencontre avec Scarlet dans le tome 2 !
Un grand merci à Babelio, qui me ravit depuis tant d’années avec ses Masse Critique.

***

Challenge L’énigme des 5 continents, organisé par Drussnaga
Challenge L'énigme des 5 continents
Continent : Asie

Challenge 1 mois = 1 consigne, organisé par Nessa

Challenge 1 mois = 1 consigne
Juin
: Lire un roman jeunesse

Challenge Petit Bac organisé par Enna
Challenge Petit Bac 2013
Matière : Cinder (cendre)