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Le Puits des mémoires, tome 1 : La Traque, de Gabriel Katz

Le Puits des mémoires, t.1 : La Traque, de Gabriel KatzQuatrième de couverture

Trois hommes se réveillent dans les débris d’un chariot pénitentiaire accidenté en pleine montagne. Aucun d’eux n’a le moindre souvenir de son nom, de son passé, de la raison pour laquelle il se trouve là, en haillons, dans un pays inconnu. Sur leurs traces, une horde de guerriers, venue de l’autre bout du monde, mettra le royaume à feu et à sang pour les retrouver.

Fugitifs, mis à prix, impitoyablement traqués pour une raison mystérieuse, Olen, Karib et Nils se découvrent au fil des pages, au fur et à mesure que leur passé les rattrape, et vont devoir survivre dans un monde où règnent la violence, les complots et la magie noire…

Nbr de pages : 400 / Éditeur : Scrinéo

Mon avis

Voici un livre que je voulais découvrir depuis un bon moment et qui m’a énormément plu, comme je l’espérais. L’histoire de ces trois amnésiques en cavale regorge de mystère, de péripéties, et, détail peu habituel en Fantasy, d’humour. Ce ton particulier donne toute son originalité à cette histoire classique mais passionnante et la rend encore plus agréable à lire.

Le roman commence très fort dès le début, avec la rencontre immédiate de nos trois héros : trois personnages sympathiques, amusants, avec des personnalités assez différentes. Ils vont se découvrir les uns les autres, apprendre à s’apprivoiser et partir à la recherche de leur passé au même rythme que le lecteur. On s’étonne en même temps qu’eux, on voit tout à travers leurs yeux. Une amitié se tisse rapidement, ils se charrient souvent les uns les autres et c’est un régal d’entrer dans leur tête tour à tour pour les entendre se plaindre ou se moquer de leurs compagnons de fortune.

L’histoire et l’univers ne sortent pas particulièrement de l’ordinaire, la plume n’a pas la poésie de certains grands de la Fantasy, mais le talent de conteur de Gabriel Katz est indéniable : il nous embarque complètement et on ne veut plus lâcher son livre. La diversité des scènes, des paysages et des personnages fait qu’on ne s’ennuie jamais.

Cela manquait parfois un peu de complexité et de détails ou de poésie pour moi, mais je ne crois vraiment pas qu’on puisse être déçu par ce roman. D’ailleurs, je pense qu’il est parfait pour ceux qui veulent se lancer dans la Fantasy mais qui craignent ce genre : l’histoire est prenante et accessible, le style est fluide sans descriptions assommantes, et il y a de l’action et des pointes d’humour.

Note : 9/10

Extras
Première publication : mai 2012
Fiche Bibliomania
La Traque a gagné le Prix des Imaginales 2013, catégorie roman francophone.
Vous pouvez rencontrer Gabriel Katz pendant tous le mois de janvier chez Book en Stock. On découvre plein de choses intéressantes : il a travaillé comme nègre pour des auteurs connus, il a trouvé Le Seigneur des anneaux soporifique, Gabriel Katz est un nom de plume, etc etc.
Voici un petit extrait de l’interview, que vous pouvez retrouver ici dans sa totalité :
« J’essaie au maximum de faire des dédicaces personnalisées, pour que le lecteur venu faire signer son livre ne reparte pas avec une formule stéréotypée (du genre “Bonne plongée dans ce Puits des mémoires où les apparences sont trompeuses”, blabla). Et encore moins avec la même dédicace, mot pour mot, que la personne qui est passée avant lui. Une dédicace, c’est (souvent) plus qu’une signature, c’est une rencontre, si courte soit-elle. »
[…]
« Les noms, en général, me viennent tout seuls. Ils ne sont pas – ou très peu – liés à la vraie vie, et je mets rarement ma voisine à contribution, même si je ne doute pas de son imagination.
C’est surtout une question de sonorité : il faut qu’un nom aille au personnage. Contrairement à la vraie vie où on peut s’appeler Cléopâtre tout en étant petite, grosse, bête et moche, dans les livres, on choisit un nom en fonction de qui le porte. Il est rare qu’un terrible méchant s’appelle Bibi, ou qu’un brave aubergiste se fasse appeler Kradesh Khan le grand. Mais une chose est sûre : je fuis comme la peste les noms « de fantasy », souvent imprononçables, blindés d’apostrophes, et qui sonnent comme un chameau qui éternue (Exemple : je préfère Nils à Azkh’maaz’el k’reeeb). »

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 Challenge ABC 2014 organisé par Nanet

ABC 20141 dans le challenge ABC 2014 – Lettre K

Challenge 1 mois = 1 consigne, organisé par Nessa

Challenge 1 mois = 1 consigneJanvier : Lire un premier tome d’une saga

La Vie d’une autre, de Frédérique Deghelt

La vie d'une autre, de Frédérique Deghelt

Quatrième de couverture

Marie a vingt-cinq ans. Un soir de fête, coup de foudre pour le beau Pablo, nuit d’amour et le lendemain… Elle se réveille à ses côtés, douze ans plus tard, mariée, mère de trois enfants, sans un seul souvenir de ces années écoulées. Comment faire pour donner le change à son entourage ? Et comment retrouver sa propre vie ?

Nbr de pages : 252 / Éditeur : Le Livre de Poche

Mon avis

L’idée de base était très alléchante. Évidemment, dès qu’il est question d’amnésie, de double personnalité, de voyages dans le temps ou de mondes parallèles, moi je fonce, donc… Du coup, cette histoire de jeune femme qui se réveille mariée avec douze ans de plus et aucun souvenir de ces dernières années, ça avait tout pour me plaire. Mais finalement, je suis assez déçue car je n’ai pas aimé grand-chose si ce n’est le thème et un début assez prometteur.

Dans la liste des « j’aime pas » : d’abord, une narration très bizarre et le style alambiqué de l’auteure. Aucune distinction n’est faite entre les dialogues, la narration et les pensées. On passe d’un à l’autre sans s’en rendre compte et on reste avec l’impression d’un gros micmac. Et puis, l’enchaînement de phrases qui semblent vides de sens, longues, parfois incompréhensibles, qui ajoutent encore un peu plus de flou à cette histoire. Ensuite, des répétitions à la pelle dans les réflexions de Marie qui ne cesse de ressasser les mêmes pensées. Bon ok, ça se comprend, on doit être « un peu » perdu dans ce genre de situation, et finalement, la narration colle à merveille à son état de confusion, mais bon, j’ai trouvé ça assez pénible à lire parfois… Dans ma tête, c’était : bla, bla, bla…

Nos relations se tissent à l’intérieur de conversations pleines de gravité qui m’en apprennent beaucoup plus sur l’être-là. Ils me ramènent à l’enfance en m’en éloignant. Et toujours je m’étonne de la charnelle histoire… Avant de venir dans mon ventre, que faisais-tu ?

… bla, bla, bla. Je me disais souvent qu’en sautant trois lignes sur quatre, l’histoire aurait été plus fluide et moins ennuyeuse. Et pour finir, je n’ai pas non plus aimé l’intrigue, qui en fait n’en est pas une. Je ne sais pas trop à quoi je m’attendais, j’espérais un peu de suspense, des révélations chocs sur cette perte de mémoire et même pourquoi pas une petite dose de fantastique. Mais il ne se passe rien. Au final, c’est une banale histoire de couple, sur l’amour qui s’effrite au fil du temps.

Beaucoup ont adoré cette histoire qui « fait réfléchir ». Je crois que dans mon cas, si je n’ai pas su apprécier ce livre à sa juste valeur, c’est parce que l’histoire est bien trop loin de mon quotidien d’étudiante amoureuse. Peut-être m’aurait-elle plus marquée si j’étais mariée depuis quinze ans et que l’histoire pouvait faire écho à la mienne, qu’elle me touchait personnellement et que je m’identifiais à Marie. Mais là, rien de rien. Et même pas une fin digne de ce nom à se mettre sous la dent. Tout est très convenu et on n’est surpris à aucun moment.

Par contre, dans la liste des « j’aime », il y a quand même cette jeune héroïne sympa (parce finalement dans sa tête, elle a toujours 25 ans) qui découvre sa nouvelle vie avec curiosité et j’ai beaucoup aimé ses premiers pas dans la peau de « l’autre » : son amour grandissant pour ses gosses qu’elle apprend petit à petit à connaître, sa découverte de l’an 2000 et de l’Internet, son humour dans des situations imprévues, son envie de profiter et de vivre heureuse malgré le manque de souvenirs.

Finalement, ça se laisse lire, on a parfois envie de s’endormir, mais l’histoire n’est pas non plus désagréable pour autant. Elle ne m’aura ni marquée ni emballée comme je l’aurais souhaité, mais c’est surtout parce que je m’attendais à quelque chose de très différent. Je finirai par un « bof » très explicite…

Ma note : 5/10

Extras
Première publication : juin 2008
Fiche Bibliomania
Elles ont adoré : Irrégulière, Tessa, Lizouzou.
Ce roman a été adapté au cinéma en 2012 par Sylvie Testud,
avec Juliette Binoche dans le rôle de Marie.

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Challenge New Pal organisé par Yukarie
New Pal 2013
7/189

Challenge ABC 2013 organisé par Nanet

ABC 2013
N° 3 dans le challenge ABC 2013 – Lettre D

Un mot sur le film

La vie d'une autre, réalisé par Sylvie TestudMon avis

Le livre ne m’a pas laissé un souvenir impérissable, mais j’ai tout de même voulu comparer avec le film. Étant donné que c’est surtout la plume de l’auteure qui m’a déplu, je me disais que le film pouvait être pas mal avec la même idée de base. Et en effet ! On retrouve ce qui m’a plus dans le roman, la découverte d’une vie et d’une époque inconnue pour l’héroïne, sans les désagréments du livre. Ce n’est pas du tout une adaptation fidèle, l’histoire n’est pas la même, tous les détails sont modifiés et ça me va très bien ! Malgré tout, si ce n’est en comparaison du livre, je ne pense pas que j’aurais été vraiment emballée. Quelques moments amusants ou beaux, mais l’histoire sans réelle trame manque de punch, se finit un peu abruptement et s’oublie rapidement. Mais à noter : c’est la première fois que je préfère le film au livre !

Extras
Sorti en février 2012 ; Durée : 1 h 37.
Réalisé par l’actrice Sylvie Testud.
Acteurs : Juliette Binoche (Marie), Mathieu Kassovitz.
Anecdote : la réalisatrice a inventé le scénario avec l’image de Juliette Binoche en tête et ne voulait qu’elle pour le personne de Marie. « Le visage de Juliette s’est imposé. J’écrivais pour elle. Sans le savoir, elle m’aidait à construire ce personnage. Elle a guidé mon écriture. Juliette a ce côté femme fatale, mais elle garde en même temps une part d’enfance que l’on voit surgir dès qu’elle sourit. Si elle avait refusé, j’aurais abandonné le projet ! » (source)

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