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Six of Crows, de Leigh Bardugo

Six of Crows, de Leigh BardugoRésumé de l’éditeur

Dans les bas-fonds de la ville de Ketterdam, la mafia s’organise en gangs rivaux. L’homme le plus ambitieux et le plus jeune de la pègre est Kaz Brekker, dit « les Mains Sales ».
Prêt à tout pour de l’argent, il accepte la mission du riche marchand Van Eck, qui règne sur la ville : délivrer un savant de la citadelle d’Ice Court, réputée imprenable. C’est l’inventeur du jurda parem, une drogue qui multiplie sans limite les pouvoirs surnaturels de la caste des magiciens : les Grishas.
Kaz décide donc de réunir une équipe de 6 malfrats aux talents exceptionnels. Ensemble, ils peuvent sauver le monde de la destruction. S’ils ne s’entretuent pas avant…

Nbr de pages : 496 / Éditeur : Milan (Page Turners) / Titre VO : Six of Crows

Mon avis

Quel délicieux retour à la Fantasy ! N’ayez pas peur de ce début assez dépaysant, bourré d’informations, de personnages, de lieux, qui pourrait déconcerter les moins férus du genre, il vaut vraiment la peine de se donner un peu de mal ! On peut sembler un peu perdus tant l’univers semble foisonnant et complexe (on s’y perdrait à moins entre le Barrel, les druskelle, les Fabrikators, les Fondeurs, les Faiseurs de marée et j’en passe…), mais on finit par prendre nos marques et à suivre avec avidité ces 6 canailles des bas-fonds de Ketterdam.

Et parlons-en de ces 6 personnages ! C’est là que l’auteure laisse éclater tout son génie et c’est cet aspect, par-dessus tout, qui m’a complètement séduite… Car même si l’univers est dense, plein de mystères, de complots, si l’intrigue nous entraîne parfois dans des scènes à 100 à l’heure et ne manque jamais de piquant, ce sont véritablement les personnages qui portent ce roman. On pourrait leur consacrer 6 romans à part entière tant ces petits criminels sont intéressants et décrits avec finesse et profondeur. On se réjouit des différents flash-back qui nous plongent dans le passé tourmenté de chacun d’eux (ils en ont vécu des trucs atroces, je peux vous le dire), scotchés aux pages du livre, en voulant encore et toujours plus. L’auteure a vraiment pris le temps d’aller fouiller dans leurs souvenirs pour nous camper des héros attachants, crédibles, plein de ressources, juste ce qu’il faut d’irritants, violents mais laissant transparaître de nombreuses fêlures. Et je ne vous parle même pas de leurs joutes verbales et des relations qui se tissent entre eux, on en redemande !

– Quel est le moyen le plus facile de voler son portefeuille à un homme ?
– Un couteau sous la gorge ? répondit Inej.
– Un pistolet dans le dos ? proposa Jesper.
– Du poison dans son verre ? suggéra Nina.
– Vous êtes monstrueux, s’indigna Matthias.
Kaz leva les yeux au ciel.
– Le meilleur moyen pour voler le portefeuille d’un homme, c’est de l’avertir que tu vas lui voler sa montre.

On arrive trop vite à la fin malgré les 500 pages et je suis ravie de voir qu’il y aura un tome 2 (je ne m’y attendais pas, j’espérais même un one-shot et puis finalement, je les adore tant ces six-là que je me réjouis de les retrouver !). L’histoire se clôture là où on l’y attend et nous apporte toutes les réponses, tout en nous relançant gentiment sur un tome 2. Une très bonne fin pour moi !

Petit bonus qui a rendu ma lecture encore plus plaisante : j’ai aimé retrouver le jargon de la Fantasy, les noms liés aux différentes magies, les noms de lieux et de personnages, mais inspirés cette fois du néerlandais, langue que j’aime beaucoup (d’ailleurs, l’auteure remercie un ami de l’avoir « aidée à massacrer le hollandais de façon un peu plus raisonnée ») !

Note : 9/10

Extras
Traductrice : Anath Riveline
Première publication : mai 2016
Fiche Bibliomania
Le tome 2 sort en anglais le 27 septembre sous le titre Crooked Kingdom.
L’auteure verrait bien les acteurs Jospeh Gordon-Levitt ou Cillian Murphy dans le rôle de Kaz. Retrouvez d’autres anecdotes sur la série ici.

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Dis-moi si tu souris, d’Eric Lindstrom

Dis-moi si tu souris, d'Eric Lindstrom

 

Résumé de l’éditeur

« Je suis Parker, j’ai 16 ans et je suis aveugle. Bon j’y vois rien, mais remettez-vous : je suis pareille que vous, juste plus intelligente. D’ailleurs j’ai établi Les Règles :
– Ne me touchez pas sans me prévenir ;
– Ne me traitez pas comme si j’étais idiote ;
– Ne me parlez pas super fort (je ne suis pas sourde) ;
– Et ne cherchez JAMAIS à me duper.
Depuis la trahison de Scott, mon meilleur pote et petit ami, j’en ai même rajouté une dernière. Alors, quand il débarque à nouveau dans ma vie, tout est chamboulé. Parce que la dernière règle est claire : il n’y a AUCUNE seconde chance. La trahison est impardonnable. »
Nbr de pages : 396 / Éditeur : Nathan / Titre VO : Not if I See you First

Mon avis

Voici une très jolie histoire qui, sans révolutionner le genre, apporte un point de vue original : celui de Parker, une jeune adolescente aveugle. Je me demande comment c’est possible que je n’aie encore jamais lu de romans qui parlent de ce handicap et je suis vraiment ravie d’avoir eu cette première expérience avec ce livre touchant et juste.

Parker s’adresse directement à nous et nous raconte son histoire sur le ton de la franche camaraderie. Elle nous explique ce que c’est de vivre au quotidien dans le noir, dans le doute de ce que font les autres autour d’elle, elle parle de son manque d’assurance qu’il faut bien compenser par un caractère bravache. Elle ne manque pas d’humour et d’autodérision, elle voudrait qu’on la traite comme n’importe qui et pouvoir vivre le plus simplement possible. Et elle nous montre que c’est tout à fait faisable, quand on s’entoure des bonnes personnes.

J’ai beaucoup aimé ce personnage, qui m’a ouvert les yeux (sans mauvais jeu de mots) sur toutes sortes de situations que peuvent vivre les aveugles. Elle explique par exemple que non, elle n’écoute pas autant de musique qu’on pourrait le croire ; la navigation sur Internet, la lecture, le tchat entre copines nécessitent des programmes de lecture vocale, du coup, pas de musique en fond sonore. J’ai ressenti ses fêlures, ses craintes, ses envies, et je voulais que tout se passe bien pour elle, même si elle fait souvent sa tête de bourrique et ne se rend pas compte qu’elle peut elle aussi faire de la peine à son entourage et être dans l’erreur. Et Parker a beau prendre beaucoup de place dans ce roman, les personnages secondaires n’en sont pas moins réussis et touchants.

Le reste du roman repose sur des moments assez classiques de l’adolescence, les premières relations amoureuses (souvent déçues), les coups bas à l’école, les amitiés indéfectibles, les séances de shopping, les problèmes familiaux. L’auteur a réussi à garder un ton léger pour son histoire, tout en abordant les aspects dramatiques de la vie de Parker qui a vu mourir sa mère et puis son père. L’écriture n’est pas remarquable, mais elle ne manque pas de sensibilité, surtout pour décrire certaines situations difficiles ou de belles émotions, lors d’un premier baiser ou d’une étreinte entre deux amies.

Je m’avance encore et je l’embrasse doucement sur les lèvres. Je recommence. C’est dingue, c’est comme souffler sur un bol de chocolat chaud quand on a froid et sentir la chaleur vous envelopper le visage, puis le boire à petites gorgées et sentir la chaleur vous envahir les joues, descendre dans votre poitrine et continuer plus bas, jusqu’à vous remplir.

Ce roman va être lu et enregistré pour la Ligue braille et je serais vraiment intéressée d’avoir des retours de personnes aveugles concernant tous ces petits détails de la vie de Parker, pour savoir à quel point l’auteur a visé juste en créant ce personnage. En tout cas, moi il m’a beaucoup émue et je vous le recommande pour un joli moment en toute simplicité.

Ma note : 8/10

Extras
Traductrice : Anne Delcourt
Première publication : juin 2016
Fiche Bibiomania
L’écriture en relief sur la couverture est du vrai braille.
Parker n’est pas fan de mode, mais son truc c’est d’alterner chaque jour les bandeaux sur ses yeux.

La 5e vague, de Rick Yancey

La 5e vague, de Rick YanceyRésumé de l’éditeur (tronqué)

1re Vague: extinction des feux.
2e Vague: déferlante.
3e Vague: pandémie.
4e Vague : silence.

À l’aube de la 5e Vague, sur une autoroute désertée, Cassie tente de Leur échapper… Eux, ces êtres qui ressemblent trait pour trait aux humains et qui écument la campagne, exécutant quiconque a le malheur de croiser Leur chemin. Eux, qui ont balayé les dernières poches de résistance et dispersé les quelques rescapés.

Nbr de pages : 608 / Éditeur : Robert Laffont – Collection R / Titre VO : The 5th Wave

Mon avis

Un roman post-apocalyptique, voilà une nouveauté dans ma PAL ! Une Terre à l’abandon, des épidémies, des vagues de morts, des survivants, des envahisseurs venus d’une autre galaxie ; c’est un genre que je n’avais encore jamais lu et je ne savais pas trop si ça allait me plaire… Verdict : une lecture en deux temps, mais un ressenti plus que positif !

Je m’explique… Les débuts furent laborieux. Les 150 premières pages se focalisent sur Cassie, une survivante, qui erre comme une âme en peine avec un seul but en tête. C’est à travers ses souvenirs que l’on découvre le tout début de l’invasion et les différentes vagues qui ont suivi. Un moyen efficace pour nous plonger dans l’ambiance, même si j’ai eu du mal à accrocher à ce personnage et au ton pris par Cassie pour nous raconter sa vie, façon journal intime, avec toutes les réflexions qui lui passent par la tête. Mais finalement, je m’y fais… Et soudain, on change de narrateur, sans aucune mise en garde. Comme beaucoup, j’ai été très surprise et il a fallu du temps pour que je comprenne qu’on n’avait plus affaire à Cassie. Vraiment déroutant, voire irritant, car on retombe dans une dynamique très différente et on se sent complètement perdus. En tout cas, moi, ça m’a beaucoup dérangée. Et les longueurs ont failli avoir raison de moi.

Voilà pour la première partie de ma lecture, mi-figue mi-raisin, mais avec un bon potentiel. Et puis, on saute encore d’un narrateur à un autre, et petit à petit, l’histoire se met en place, elle se construit de mieux en mieux et les différents éléments s’imbriquent de façon vraiment bien foutue. Et au milieu du livre, je me rends compte que je ne peux plus m’arrêter de lire et que c’est vachement cool comme histoire ! On se rend finalement compte que la première moitié, bien que laborieuse, était une étape essentielle pour arriver là où l’auteur voulait nous mener. Et on termine le roman avec toute l’action, tous les rebondissements et toutes les émotions qui m’avaient un peu manqué au début. Bref, malgré quelques défauts, j’ai refermé le livre en pensant « waouh ! ».

Note : 8/10

Extras
Traductrice : Francine Deroyan
Première publication : mai 2013
Fiche Bibliomania
Nouvel essai gagnant pour la Collection R ! Quel sera le prochain titre que je découvrirai ? La Sélection ? Les 100 ?
La 5e vague
est une trilogie dont le dernier tome, La dernière étoile, sort en mai 2016.
Il vient de faire l’objet d’une adaptation au cinéma avec Chloë Grace Moretz dans le rôle phare.
Film La 5e vague

Forget Tomorrow, de Pintip Dunn

Forget Tomorrow, de Pintip DunnQuatrième de couverture
(coupée par mes soins pour plus de surprise à la lecture)

Imaginez un monde où votre avenir a déjà été fixé… par votre futur moi !

Callie vient d’avoir dix-sept ans et, comme tous ses camarades de classe, attend avec impatience le précieux « souvenir », envoyé par son moi futur, qui l’aidera à se glisser dans la peau de la femme qu’elle est destinée à devenir. Athlète de haut niveau… Scientifique de renom… Politique de premier plan… Ou, dans le cas de Callie, tueuse. […] Avant même de comprendre ce qui lui arrive, Callie est arrêtée et internée dans les Limbes – une prison réservée à tous ceux qui sont destinés à enfreindre la loi. Avec l’aide inattendue de Logan, un vieil ami qui a cessé, cinq ans auparavant, de lui parler du jour au lendemain, elle va tenter de déclencher une série d’événements capables d’altérer son destin. Lorsque l’avenir semble tout tracé, le combat est-il perdu d’avance ?

Nbr de pages : 430 / Éditeur : LUMEN / Titre VO : Forget Tomorrow

Mon avis

J’entends parler de la maison d’édition LUMEN depuis pas mal de temps et je n’arrive pas à croire que je n’avais toujours pas lu un de leurs livres alors que je suis clairement la cible, moi qui ne jure presque plus que par les dystopies et le YA. Du coup, je me lance, sûre de mon coup, après avoir lu de nombreux avis positifs sur ce titre.

Et ça commence franchement du tonnerre ! Page 30, je tombe déjà sur le cul en découvrant ce premier retournement de situation inattendu (qui figure sur la quatrième de couverture que je n’avais pas lue). Je suis déjà complètement immergée dans ce monde futuriste bien pensé et intrigant. Tout me plaît : le cadre, la thématique des souvenirs, la société fondée toute entière autour de l’image déterminante du futur que l’on reçoit, l’héroïne et sa superbe relation avec sa petite sœur, son tempérament, sa volonté. Je sens que je vais me régaler…

Sauf que. Et là, je suis vraiment énervée. Soudain, l’intrigue captivante pleine de secrets, de non-dits, d’évasion, d’action est éclipsée par une romance fadasse. Elle prend vraiment toute la place. Il ne se passe plus rien. Vous allez me dire que j’exagère, que je ne suis peut-être pas une grande fan de romance. Mais en fait si. J’ai un cœur de midinette et je craque toujours pour l’histoire d’amour dans un livre*. Mais il faut qu’elle soit bien amenée, intéressante et qu’elle ajoute une plus-value au roman, pas qu’elle le transforme. Ici, ça partait bien, mais Callie n’a QUE ça en tête et c’est TRÈS répétitif. (Surtout qu’elle a quand même d’autres chats à fouetter, nom di dju !)

Et là, je suis extrêmement déçue. En soi, pas tant déçue de ma lecture, mais plutôt de ce qu’elle aurait pu être, du potentiel gâché. Il y avait tous les ingrédients pour me plaire. La fin du roman retrouve une chouette dynamique, apporte des informations intéressantes qui nous font cogiter et le final m’a beaucoup plu. Cela pourrait même s’arrêter là sur un dernier coup de théâtre inattendu. Sauf qu’il y a une suite. Et ce sera sans moi, car je reste sur ce seul bémol qui a tout fait capoter…

Note : 6,5/10

Extras
Traductrice : Diane Durocher
Première publication : janvier 2016
Fiche Bibliomania
Je compte bien découvrir d’autres titres des éditions Lumen, si vous avez des livres à me conseiller, n’hésitez pas !

* Quelques exemples : dans la série Homeland, c’est surtout la romance qui m’intéresse, moi. Et dans le merveilleux livre La Passe-miroir, je fonds à chaque interaction entre Ophélie et Thorn, alors que c’est quand même pas le propos principal du livre. Bref, je signe à deux mains pour les histoires d’amour.

Tous nos jours parfaits, de Jenniver Niven

Tous nos jours parfaits, de Jennifer NivenRésumé de l’éditeur

Quand Violet et Finch se rencontrent, ils sont au bord du vide, en haut du clocher du lycée, décidés à en finir avec la vie. Finch est la « bête curieuse » de l’école. Il oscille entre les périodes d’accablement, dominées par des idées morbides et les phases « d’éveil » où il déborde d’énergie. De son côté, Violet avait tout pour elle. Mais neuf mois plus tôt, sa sœur adorée est morte dans un accident de voiture. La survivante a perdu pied, s’est isolée et s’est laissée submerger par la culpabilité.
Pour Violet et Finch, c’est le début d’une histoire d’amour bouleversante : l’histoire d’une fille qui réapprend à vivre avec un garçon qui veut mourir.

Nbr de pages : 377 / Éditeur : Gallimard Jeunesse / Titre VO : All the Bright Places

Mon avis

Une nouvelle lecture qui s’annonçait forte en émotions avec des thèmes sensibles et pas toujours faciles à aborder, comme la maladie, le suicide, le deuil, le regard d’autrui et la confiance en soi. Jennifer Niven est parvenue à écrire un très beau livre où elle dose bien les moments tragiques et difficiles de la vie et les instants lumineux de cette rencontre entre deux jeunes qui ne trouvent plus leur place.

Violet et Finch sont des héros intéressants et complexes, incompris et incompréhensibles et en même temps très vrais. Ils se sentent seuls, perdus, déconnectés du monde qui les entoure. Mais ce sont des jeunes qui ont ce quelque chose en plus qui les rend extraordinaires, qui les fait sortir de la masse. Ensemble, ils vont reprendre goût à certaines choses et vont doucement apprendre à accepter ce qu’ils ressentent. Leur histoire, on y croit et on la découvre avec beaucoup de plaisir, en alternant les points de vue.

On a souvent comparé tel ou tel nouveau roman à ceux de John Green, vaillant effort pour attirer l’attention, qui agace plus qu’autre chose et qui est souvent loin d’être justifié, mais cette fois, je dois dire que je comprends le pourquoi de cette comparaison… Il y a chez Jennifer Niven la même sensibilité, la même volonté de montrer l’adolescence avec toutes ses facettes et ses faiblesses, avec une justesse et une précision remarquables. Ils ont tous deux une plume poétique et posent des mots qui sonnent juste sur des émotions pourtant difficiles à analyser.

Je connais assez bien la vie pour savoir qu’on ne peut pas compter sur les choses pour demeurer telles qu’elles sont, ou rester à portée de main, même si on ne souhaite que ça. On ne peut pas empêcher les gens de mourir. On ne peut pas les empêcher de partir. On ne peut pas s’empêcher soi-même de partir non plus. Je me connais assez pour savoir que personne ne peut me tenir éveillé, m’empêcher de sombrer dans le Grand Sommeil. Ça ne tient qu’à moi.

On ressent une belle maturité, tant dans l’écriture que dans la personnalité des héros. Le roman est parsemé de réflexions poignantes et de citations de grands auteurs comme Virginia Woolf. La littérature et la musique sont des éléments présents tout au long du livre, des outils dans la lente convalescence des héros qui ressentent l’envie de laisser une marque, d’écrire et de composer pour exorciser leurs propres démons.

Tout le monde ne sera peut-être pas d’accord avec la façon dont l’auteure traite de la bipolarité ou du suicide. N’ayant (heureusement) jamais eu à y faire face, j’ai trouvé son histoire et sa vision des choses très touchantes. On sent que son expérience personnelle a beaucoup joué dans la rédaction de son roman et elle l’explique d’une jolie façon dans la postface. Mais je n’oserais me mettre à la place de personnes qui ont vécu de près ce genre de drames et affirmer que toutes les émotions et situations sont réalistes.

Pour moi, c’est un roman à la fois sombre et lumineux, qui choque et fait réfléchir, qui propose des pistes et des réflexions sur des sujets douloureux, grâce à deux personnages qui nous restent longtemps en mémoire.

Note : 8,5/10

Extras
Traductrice : Vanessa Rubio-Barreau
Première publication : septembre 2015
Fiche Bibliomania
Superbe interview de Jennifer Niven par The Fountain ici (en anglais) :

A story is a story, no matter the genre, but there’s something I love about YA fiction. Maybe it’s because so much of it deals with firsts—first love, first heartache, first loss. There’s something so wonderful and horrible and full-of-possibility and heartbreaking and poignant about that time of life. I think in many ways, the teen audience is the most discerning. Just because they’re young doesn’t mean you should talk down to them. They can spot fakery a mile away, so the voice and the characters need to be authentic and you have to write honestly. I love the challenge of that. […] Years ago, I knew and loved a boy, and that boy was bipolar. I witnessed up-close the highs and lows, the Awake and the Asleep, and I saw his daily struggle with the world and with himself. I also saw how funny he could be and how vibrantly, shimmeringly alive during the highs. I think humor was part of being Awake for him. He was so happy to be present, to not be depressed and shut down (something he knew would come back again all too soon), and he appreciated every little minute, just like Finch does. And yes, maybe there’s a correlation—people like Finch, like Robin Williams, have this great depth and capacity for emotion, high and low, and humor is part of that. It can be an outlet and an escape and a way of putting a bright face on for the world even when things are dark inside.

Gregor, tome 1 : La Prophétie du Gris, de Suzanne Collins

Gregor, tome 1 : La Prophétie du gris, de Suzanne Collins

 

Mon résumé

Grégor et sa petite soeur, Moufle, se retrouvent aspirés sous terre dans un monde mystérieux où évoluent différents peuples : des humains à la peau blême et aux yeux violets, des chauves-souris qui leur servent à l’occasion de monture, des cafards au langage étrange et d’affreux rats. L’arrivée des Surterriens va mettre en branle tout ce petit monde et déclencher une mystérieuse prophétie dont Grégor semble être le héros.

Nbr de pages : 307 / Éditeur : Le Livre de Poche / Titre VO : The Underland Chronicles, book 1 : Gregor the Overlander

Mon avis

Suzanne Collins, ça vous dit quelque chose ? Et comment ! Alors, évidemment que j’avais envie de découvrir l’autre saga de l’auteur de Hunger Games, mais j’avais quelques appréhensions. Et finalement, c’est une superbe découverte ! Certains ont pointé le caractère jeunesse, voire enfantin de ce roman, mais pour ma part, je l’ai trouvé particulièrement riche, prenant et bien écrit pour attirer aussi bien les jeunes lecteurs que les grands ados que nous sommes restés.

Suzanne Collins ne m’a nullement déçue. Elle a tout mis en œuvre pour nous immerger dans un univers travaillé et étonnant. J’ai découvert avec émerveillement le Souterre, peuplé d’immondes créatures : des cafards, des chauves-souris, des rats… géants. Un monde fantastique qui fait froid dans le dos, jusqu’à ce qu’on apprenne à connaître toutes ces tribus, aux mœurs et parfois langages différents. Nous sommes accompagnés dans notre périple par le jeune Grégor et sa petite sœur de deux ans, Moufle, qui est absolument adorable, n’a peur de rien et s’émerveille de tout. Elle ajoute à cette histoire une note de fraîcheur et d’humour inattendue. Car tout n’est pas rose là en bas : la guerre gronde et Grégor va se retrouver mêler à une prophétie bien étrange.

— Moi fait caca ! s’écria Moufle avec son à-propos coutumier. Moi fait caca, Guégo !
— Aaah. Venir plus près pouvons-nous, venir plus près ? demanda le cafard, balayant délicatement d’une patte l’espace devant lui.
— Nous ? répondit Gregor.
C’est à ce moment-là qu’il aperçut autour d’eux d’autres formes sortant de l’obscurité. Les bosses lisses et sombres qu’il avait prises pour des pierres étaient en fait les carapaces d’une douzaine de cafards géants. Il se pressèrent avidement autour de Moufle, agitant leurs antennes et frissonnant de plaisir.
Moufle, qui adorait les compliments, sentit instinctivement qu’on l’admirait. Elle leva ses bras potelés vers les énormes insectes.

Il est vrai que cette histoire reste relativement classique, avec sa quête regroupant des membres de chaque clan, sa prophétie mystérieuse, ses notions de respect, d’entraide et de bravoure, ses clins d’œil à de grands classiques comme Le Seigneur des Anneaux ou Arthur et les Minimoys. Mais sans être révolutionnaire, il y a une véritable richesse dans cette histoire qui ne souffre d’aucun temps mort. On saute d’une surprises à l’autre, on s’attache énormément aux personnages et on croise les doigts avec eux pour que tout finisse bien. Pour moi, ce fut vraiment une lecture passionnante et j’en redemande !

Note : 9/10

Extras
Excellente traduction de : Laure Porché
Première publication : 2004 (VO), 2012 (VF)
Fiche Bibliomania
Il existe déjà 5 tomes à cette saga,
mais ce roman met un vrai point final à son intrigue et peut se lire indépendamment.
Interview de Suzanne Collins concernant sa série Grégor ici.
– Of all the places Gregor could have traveled to, why the Underland ?
I liked the fact that this world was teeming under New York City and nobody was aware of it. That you could be going along preoccupied with your own problems and then whoosh! You take a wrong turn in your laundry room and suddenly a giant cockroach is right in your face. No magic, no space or time travel, there’s just a ticket to another world behind your clothes dryer.

Qui es-tu Alaska ? de John Green

Qui es-tu Alaska ? de John Green

 

Mon résumé

Miles a l’impression de passer à côté de sa vie et décide de partir en quête d’un Grand Peut-Être. Il quitte ses parents et son école pour s’installer bien loin dans un pensionnat. Ce sera pour lui le commencement d’une autre vie, faite de toutes sortes de premières fois et de rencontres. Des rencontres qui marquent, surtout quand il s’agit d’une jeune fille aussi intrépide, lunatique et merveilleuse qu’Alaska.

 

Nbr de pages : 365 / Éditeur : Gallimard Jeunesse / Titre VO : Looking for Alaska

Mon avis

Voici une histoire toute simple et à la fois très complexe, qui parle d’amour et d’amitié, des premiers émois et expériences sexuelles, de profs et de cours séchés, des premières cigarettes et gueules de bois. Une histoire comme on a sans doute déjà pu en lire, mais John Green possède ce petit quelque chose qui fait qu’on revit toutes ces choses à notre tour, la gorge serrée.

Dès les premières pages, on pressent qu’on ne sortira pas indemne de notre lecture. Le premier chapitre s’intitule « 136 jours AVANT ». On voit où John Green compte nous emmener, on devine quelques petites choses… C’est sans grand suspense, cela tire parfois en longueur, mais il règne néanmoins dans ce livre une certaine tension, car on sait qu’à la moitié du roman, on aura droit à la partie « APRÈS ». Et même si on est loin du degré d’émotions de Nos étoiles contraires, on n’échappe pas pour autant aux yeux humides.

Mais je manquais de courage et elle avait un copain et j’étais gauche et elle était sublime et j’étais désespérément ennuyeux et elle était infiniment captivante. Alors je suis retourné dans ma chambre et je me suis écroulé sur mon lit, en me disant que si les gens étaient de la pluie, j’étais de la bruine et elle, un ouragan.

Quant aux personnages, ils sont lumineux, complètement fous, attachants. Ils sont incroyables, presque trop. Comme dans Nos étoiles contraires, ils ont cette maturité qu’on n’attend pas toujours chez des ados de 16 ans. L’un ne lit que des biographies et est un expert des dernières paroles d’illustres personnalités, l’autre nous sort des bouts de poème appris par cœur et se pose des questions existentielles et philosophiques à tout bout de champ. Une fois de plus, John Green ne prend pas son lecteur pour un demeuré et lui balance des références qui resteront peut-être et le pousseront à la découverte.

John Green explique dans ses remerciements qu’il adorait ses professeurs… et ça se voit. Toute son intelligence transparaît à travers ses personnages, on sent qu’il met une part de lui dans chacun d’eux, comme cette fascination de Miles pour les dernières paroles qui est aussi la sienne. Cet auteur est un type brillant, qui parvient à nous bouleverser à coups de petites phrases bien senties, sans jamais se départir de son humour. Son arme, c’est de transformer des sujets du quotidien, somme toute banals, en thématiques pleines de profondeur. Il nous pousse à réfléchir, à nous remettre en question, à voir le monde sous un autre angle. Qui es-tu Alaska ? est de ces lectures dont on a l’impression de ressortir grandi…

Note : 8,5/10

Extras
Traductrice : Catherine Gibert
Première publication : 2005 (VO), 2007 (VF)
Fiche Bibliomania
Qui es-tu Alaska ? est le premier roman de John Green, écrit à l’âge de 27 ans.
Il sera son troisième roman à être adapté au cinéma.

***

 Challenge Petit Bac organisé par Enna
Petit Bac 2015Lieu : Alaska

Challenge ABC 2015 organisé par Nanet

ABC20157/13 dans le challenge ABC 2015 – Lettre G

 

Le Prisme noir, de Brent Weeks

Le Prisme noir, de Brent Weeks

 

Quatrième de couverture

Gavin Guile est le Prisme, l’homme le plus puissant du monde. Empereur et magicien, il est le gardien d’une paix bien fragile.
Et d’un terrible secret.
Les Prismes ne vivent jamais vieux, et Gavin sait exactement combien de temps il lui reste : cinq ans… et cinq missions impossibles à accomplir.
Nbr de pages : 712 / Éditeur : Milady / Titre VO : The Black Prism

Mon avis

Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas lancée dans un gros pavé de Fantasy. Et ça fait du bien ! Même si tout n’est pas parfait et qu’il m’a bien fallu 200 pages pour accrocher à cette histoire, je ne cache pas mon plaisir de retrouver un univers original, décrit dans les moindres détails, avec une magie intéressante basée sur les couleurs.

Les débuts furent un peu fastidieux. L’histoire se met en place doucement et ne se démarque pas vraiment des romans du genre, si ce n’est par son univers et son jargon, que je peine à comprendre. Le premier grand rebondissement est loin d’être une surprise pour moi et le jeune héros, Kip, ne parvient pas à gagner ma sympathie. Son histoire est assez cliché : jeune garçon sans avenir, né d’un père inconnu et d’une mère défoncée, qui se retrouve propulsé au cœur d’une guerre et de complots, vers une destinée inattendue. C’est un grand blagueur de seize ans, presque obèse, amoureux de toute jolie fille passant devant lui. Les pensées qui lui traversent l’esprit à tout va ne nous sont pas épargnées. Cela permet de le rendre plus humain, plus compréhensible, mais ça a aussi eu le don de m’agacer plus d’une fois…

– Tu es merveilleux, Kip. J’ai l’impression de taquiner le petit frère que je n’ai jamais eu.
Ah, être comparé avec le petit frère. Exactement ce que les hommes aiment entendre dans la bouche d’une belle femme. Ça y est, je suis castré.

Je commençais à me lasser un peu quand j’ai finalement été complètement happée par l’intrigue, les complots, les secrets. Les personnages prennent de plus en plus d’ampleur, on ressent leurs failles, on s’y attache. L’univers des sept satrapies, complexe à souhait, prend vie sous nos yeux avec sa luxine aux propriétés différentes en fonction de sa couleur. Certaines scènes nous en mettent plein la vue et on attend avec impatience de savoir si les secrets seront démasqués. J’ai dévoré la deuxième moitié, avec l’envie d’en savoir encore plus.

Malgré mon peu d’enthousiasme au départ, je suis ravie de cette découverte. L’histoire finit par être très prenante et l’univers est particulièrement riche (d’ailleurs, je ne le recommanderais pas vraiment aux néophytes du genre). Ce roman demande une certaine concentration pour assimiler tous les détails, mais il en vaut la peine !

Ma note : 8/10

Extras
Traducteur : Emmanuel Pailler
Première publication : octobre 2011
Fiche Bibliomania
Les tomes 2 et 3 sont disponibles chez Bragelonne. Autre saga de l’auteur : L’Ange de la nuit.
Une fois encore, la couverture chez Milady ne me donne pas du tout envie. Je suis peut-être seule dans le cas, mais j’ai vraiment du mal avec cette maison d’édition…

***

Challenge ABC 2015 organisé par Nanet

ABC20157 dans le challenge ABC 2015 – Lettre W

 Challenge Petit Bac organisé par Enna
Petit Bac 2015Couleur : noir

A comme aujourd’hui, de David Levithan

A comme aujourd'hui, de David LevithanMon résumé

A comme aujourd’hui raconte l’histoire d’une personne sans attaches, sans famille et sans amis. Il s’est surnommé A. Ce personnage singulier n’a pas de sexe défini et se réveille chaque matin dans un corps différent. Il s’impose dans la vie d’une personne qu’il ne connaît pas, accède aux données de son hôte et emprunte son identité, le temps d’une journée. Chaque matin, c’est le même rituel : découvrir un nouveau corps, une nouvelle famille, une nouvelle vie… qu’il devra quitter à minuit. C’est le seul mode de vie qu’il ait jamais connu. Il a appris à s’y faire, à ne pas s’attacher, à ne pas chambouler la vie de ses hôtes. Mais le jour où il rencontre Rhiannon, il se rend compte qu’il ne veut plus vivre cette vie sans saveur. Il veut aimer Rhiannon et l’être en retour. Il veut devenir une personne à part entière et être reconnu comme telle. Rhiannon lui donne l’espoir d’une vie banale, comme peuvent en vivre tous les ados du monde. Il ne veut plus avoir à oublier. Pourquoi n’aurait-il pas droit lui aussi au bonheur ?

Nbr de pages : 384 / Éditeur : Les Grandes Personnes / Titre VO : Every Day

Mon avis

Cela doit faire au moins un an que je n’avais pas eu un aussi joli coup de cœur ! Quel bonheur de plonger dans cette belle histoire, à la fois touchante et amusante, mais surtout très originale.

Chaque matin, A se réveille dans un corps différent et vit la vie de quelqu’un d’autre. Dès les premières pages, on découvre l’horreur de cette situation et l’histoire de A nous touche directement quand il nous raconte son enfance difficile, quand il espérait encore pouvoir retrouver la même maman deux jours d’affilée, quand il pleurait le soir, suppliant ses parents de la journée de ne pas le quitter pour toujours. Mais A a dû apprendre à se définir par lui-même, sans parents pour le guider et il est finalement devenu quelqu’un d’intelligent, de sensible et de généreux. Il a choisi de s’effacer derrière ses hôtes, de montrer le même courage qu’eux quand ils sont dans une mauvaise passe et de ne pas interférer. Jusqu’au jour où il tombe amoureux de Rhiannon et qu’il décide de la retrouver les jours suivants, peu importe les conséquences.

Ce roman sort vraiment des sentiers battus et nous pousse à nous poser les bonnes questions. A a été fille, garçon, aveugle, drogué, handicapé, pom-pom girl, geek, religieux, homo, hétéro, obèse, intello, dépressif et j’en passe. Ce changement de corps quotidien, outre le fait d’être un élément très intrigant de l’histoire, est un astucieux prétexte pour nous parler d’un tas de sujets importants, actuels et qui touchent directement les ados. On parle aussi beaucoup de sexualité, sous toutes ses formes et on sent que l’auteur veut nous faire passer un message important.

D’après mon expérience, il y a le désir, et il y a l’amour. Je ne suis jamais tombé amoureux de quelqu’un parce qu’il s’agissait d’une fille ou d’un garçon. Je suis tombé amoureux d’individus en raison de ce qu’ils manifestaient d’unique. Je sais que la plupart des gens ne fonctionnent pas selon cette logique, et pourtant, elle me paraît la seule valable.

On pourrait penser que la monotonie va s’installer à force de découvrir un nouveau corps, un nouvel ado à chaque chapitre, mais il n’en est rien… du tout. L’histoire de A est passionnante et quand il nous fait part avec émotion de ses préoccupations, de ses réflexions, de ses souvenirs, de ses envies, on s’attache inexorablement à lui. Mais surtout, on est presque tenus en haleine dans cette histoire d’amour hors du commun. A va-t-il oser se dévoiler devant Rhiannon ? Leur histoire est-elle possible ? Jusqu’où seraient-ils prêts à aller pour être ensemble ? Et comment vivre avec quelqu’un sans jamais pouvoir faire de projet, sans pouvoir passer une seule nuit ensemble ? A va-t-il enfin pouvoir goûter au bonheur d’une vie banale ? Les pages se tournent à toute allure tant on est pris dans le tourbillon de cette histoire qui se renouvelle sans cesse, qui continue de nous étonner à chaque nouveau chapitre, qui nous surprend là où on ne l’y attendait pas et surtout qui nous interpelle et nous fait réfléchir.

La fin du roman est très réussie, nostalgique, douce-amère et on referme le livre avec un pincement au cœur, mais aussi le sourire aux lèvres. C’est un roman qui marque pour longtemps et nous offre un beau message de respect et de tolérance. C’est un livre que tous les ados devraient lire. Et il sort en poche le 19 mars, donc vous n’avez plus d’excuse, lisez-le !

Ma note : 9,5/10

Extras
Traducteur : Simon Baril
Première publication : septembre 2013
Fiche Bibliomania
On sent tout au long du roman que le thème de l’identité sexuelle est cher au cœur de l’auteur, lui-même homosexuel. On retrouve d’ailleurs cette thématique dans d’autres de ses romans. Une jolie façon de bouleverser un peu les mentalités…

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Challenge ABC 2015 organisé par Nanet

ABC20155 dans le challenge ABC 2015 – Lettre L

 Challenge Petit Bac organisé par Enna
Petit Bac 2015Musique : A

Esprit d’hiver, de Laura Kasischke

Esprit d'hiver, de Laura Kasischke

Quatrième de couverture

Réveillée tard le matin de Noël, Holly se voit assaillie par un sentiment d’angoisse inexplicable. Rien n’est plus comme avant. Le blizzards s’est levé, les invités se décommandent pour le déjeuner traditionnel. Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana, habituellement affectueuse, mais dont le comportement se révèle de plus en plus étrange et inquiétant…

Nbr de pages : 276 / Éditeur : Christian Bourgois / Titre VO : Mind of Winter

Mon avis

On m’avait promis une chute renversante ; renversante au point de vouloir relire le livre pour voir ce qu’on avait bien pu louper. Alors évidemment, ça m’a mis l’eau à la bouche. Mais, ça a involontairement déclenché mon détecteur d’indices à chute renversante et je me suis vite retrouvée à décortiquer chaque phrase du livre en me demandant ce qu’on allait réussir à me cacher. Et j’ai découvert le pot aux roses page 30… C’est vraiment bête, car ça m’a en partie gâché cette lecture. Malheureusement, beaucoup d’autres choses ont gâché cette histoire que j’espérais angoissante et intrigante. Disons qu’une chute inattendue aurait pu me sortir au dernier moment de l’ennui dans lequel je m’étais petit à petit installée.

On m’avait aussi promis une atmosphère oppressante, un malaise omniprésent. Je n’ai rien ressenti de tel, je n’ai même rien ressenti du tout, si ce n’est un sentiment d’étrangeté, de bizarrerie, d’inexplicable, de tordu. Cet affrontement mère/fille ne m’a pas touché et si malaise il y a, il n’a pas su se détacher des pages pour se fondre dans l’atmosphère et s’étendre jusqu’à moi.

J’ai tout de même lu ce petit roman rapidement, car il y a quand même l’envie de savoir. Je me réjouissais de pouvoir confirmer ou plutôt infirmer mon hypothèse et d’être surprise comme tant d’autres lecteurs. Mais je n’irai pas jusqu’à dire qu’il se lit vite, au contraire, j’ai eu l’impression d’être engluée dans cette histoire sans pouvoir en sortir, sans en voir la fin. Enfin, arrivent les dernières pages qui lèvent petit à petit le voile et sont les plus intéressantes. Je n’avais pas tout flairé non plus, mais bien des choses restent inexplicables… Le reste du texte m’a semblé laborieux à lire, englouti par des redondances, des scènes répétitives et sans intérêt, et un manque cruel de… quelque chose, d’action, d’angoisse, de terreur, de sentiments, d’empathie, de rythme.

Note : 4/10

Extras
Traductrice : Aurélie Tronchet
Première publication : août 2013
Fiche Bibliomania
Tout comme l’héroïne de ce roman, Laura Kasische est poétesse. Elle est également l’auteure de 9 romans. Je lui donnerai peut-être une deuxième chance avec Les revenants.

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Challenge Haut en couleurs organisé par Addiction littéraire
Challenge Haut en Couleurs
13/15 : brun

Les fausses bonnes questions, de Lemony Snicket

Les fausses bonnes questions de Lemony SnicketQuatrième de couverture

Lemony Snicket, 13 ans et détective stagiaire, part à la recherche d’une mystérieuse statue. Qui l’aurait volée? Et surtout, pourquoi ?

Avant de lire ce livre, il est préférable de vous poser ces questions:

1. Voulez-vous savoir ce qui se passe dans une ville en bord de mer qui ne se trouve plus en bord de mer?

2. Voulez-vous en apprendre davantage sur un objet volé qui n’a pas du tout été volé?

3. Pensez-vous vraiment que cela vous regarde? Pourquoi ? Quelles sont vos motivations? En êtes-vous sûr ?

4. Qui se tient derrière vous ?

Nbr de pages : 256 / Éditeur : Nathan / Titre VO : All the Wrong Questions : Who could that be at this hour?

Mon avis

J’ai un bon, mais très vague souvenir des Orphelins Baudelaire, série que j’ai lue quand j’étais petite. Je pensais donc me plonger dans des aventures prenantes et surprenantes, mais ça n’a pas du tout été le cas. Je ne vois d’ailleurs pas grand-chose à dire de positif pour sauver les meubles.

Tout au long du roman, l’auteur nous laisse dans le flou, un brouillard apparemment volontaire, mais qui ne m’a pas plu du tout. Lemony est engagé dans une sorte d’organisation d’espions pour jeunes, dont on n’apprend absolument rien. On ne sait rien non plus sur lui, sur ses motivations, sur son passé ou sa famille. À croire qu’on a manqué un tome zéro, servant d’introduction. Difficile du coup de le rendre attachant ou intéressant.

Je ne me suis donc à aucun moment attachée à Lemony, trop mature et un brin prétentieux à mon goût. Et encore moins à son mentor, Theodora, qui enchaîne les répliques idiotes et n’a pas deux sous de jugeote. Le lecteur et Lemony comprennent rapidement les dessous de l’enquête, tandis qu’elle fonce tête baissée dans des suppositions invraisemblables, toujours sûre d’elle. L’auteur se moque ainsi des adultes, et c’est bien vu, mais quel personnage agaçant !

Les situations s’enchaînent sans jamais attiser la curiosité : recherche d’une statuette volée, découverte de la statuette, perte de la statuette, retrouvaille de la statuette et enfin re-perte de la statuette. Suite au prochain épisode. Car oui, bien que je n’éprouvais que peu de plaisir à suivre Lemony dans son enquête, j’espérais tout de même avoir le fin mot de cette histoire, mais que nenni, ce sera pour le tome 2 (et sans moi).

Bref, rien ne m’a plu, si ce n’est que cette lecture de 250 pages est bouclée en quelques heures, tellement les pages sont aérées et parsemées d’illustrations, qui donne un côté très enfantin au roman. Je ne vois pas ce qui pourra plaire aux jeunes dans ce roman qui manque cruellement de passion et de suspense. L’humour est présent mais très particulier, tourné presque exclusivement vers des jeux sur la langue. Malheureusement, même cette touche humoristique n’était pas non plus à mon goût… Je dois vraiment être passée à côté du style atypique de l’auteur, avec ses petites expressions revenant des dizaines de fois dans les dialogues.

Il va falloir user d’un subterfuge, mot signifiant ici : « un chouïa d’entourloupe ».

Note : 3,5/10

Extras
Traductrice : Rose-Marie Vassallo
Première publication : janvier 2014
Fiche Bibliomania
Comme vous l’aurez compris, Lemony Snicket (pseudonyme de Daniel Hadler) est à la fois l’auteur et le personnage principal. Il est également présent dans Les orphelins Baudelaire, mais en tant qu’adulte. On peut donc en apprendre davantage sur ce personnage en lisant les deux sagas.

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Challenge ABC 2014 organisé par Nanet

ABC 2014
7 dans le challenge ABC 2014 – Lettre S

 

 

Ferrailleurs des mers, de Paolo Bacigalupi

Ferrailleurs des mers, de Paolo BacigalupiQuatrième de couverture

Fin du XXIe siècle, il n’y a plus de pétrole, la mondialisation est un vieux souvenir et la plupart des États-Unis un pays du tiers-monde. Dans un bidonville côtier de Louisiane, Nailer, un jeune ferrailleur, dépouille avec d’autres enfants et adolescents les carcasses de vieux pétroliers. Le précieux cuivre récupéré dans les câblages électriques au péril de leur vie leur permettent à peine de se nourrir.

Un jour, après une tempête dévastatrice, Nailer découvre un bateau ultramoderne qui s’est fracassé contre les rochers. Le bateau renferme une quantité phénoménale de matériaux rares, d’objets précieux, de produits luxueux… et une jeune fille en très mauvaise posture.
Nailer se retrouve face à un dilemme. D’un côté, pour récupérer une partie de ce trésor et en tirer de quoi vivre à l’aise parmi les siens, il doit sacrifier la jeune fille. De l’autre, l’inconnue est aussi belle que riche et lui promet une vie encore bien meilleure, faite d’aventures maritimes dont il rêve depuis longtemps…

Nbr de pages : 397 / Éditeur : Au diable vauvert / Titre VO : Ship Breaker

Mon avis

Une sublime couverture, de nombreux prix gagnés, un titre intrigant et un résumé prometteur… J’attendais beaucoup de ce roman, mais il est loin de m’avoir convaincue. J’ai d’abord été déçue du nombre de fautes/coquilles et de certains choix de traduction dans les premiers chapitres. Une première impression un peu entachée, qui m’a laissée avec un petit goût amer pour toute la durée de ma lecture, malheureusement.

L’histoire en soi est assez originale : des groupes de jeunes triment sur les plages à la recherche de cuivre dans les bateaux échoués, une tâche compliquée et mortelle. Chaque jour, il faut remplir des quotas et survivre à la pauvreté. Le thème sort de l’ordinaire et les détails de cette ère post-pétrolière, bien que peu nombreux, sont vraiment intéressants et promettent un univers hors du commun.

Par contre, une fois l’aventure du jeune Nailer lancée, tout se déroule sans grandes surprises. L’intrigue est assez convenue et le contexte original s’estompe pour laisser place à une traque banale et à l’éclosion d’une amitié entre nos deux héros. Ce roman est clairement destiné à de jeunes ados, avec ses personnages au vocabulaire très vulgaire et argotique. Si ce n’est l’univers esquissé, rien ne m’a particulièrement emballée. Le livre se lit facilement et rien n’est vraiment mauvais, mais l’histoire ne surprend pas et ne restera certainement pas dans ma mémoire.

Peut-être laisserai-je tout de même sa chance au deuxième tome, Les cités englouties, qui approfondit l’univers de ce roman avec des nouveaux personnages et de nouveaux enjeux. Le résumé est alléchant, mais la peur d’être encore déçue risque de me retenir…

Note : 6/10

Extras
Traductrice : Sara Doke
Première publication : avril 2013
Fiche Bibliomania
Il a gagné de nombreux prix : Prix Michael Printz jeunes adultes 2011, Prix Locus du premier roman jeune adulte et finaliste du National Book Award.
Ce roman peut se lire séparément, mais une suite vient de sortir en novembre 2013, Les cités englouties, avec de nouveaux personnages.

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 Challenge ABC 2013 organisé par Nanet

ABC 2013
16 dans le challenge ABC 2013 – Lettre B