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Tant que nous sommes vivants, d’Anne-Laure Bondoux

Tant que nous sommes vivants, d'Anne-Laure BondouxQuatrième de couverture

Bo et Hama travaillent dans la même usine. Elle est ouvrière de jour, lui, forgeron la nuit. Dès le premier regard, ils tombent follement amoureux. Un matin, une catastrophe survient et ils doivent fuir la ville dévastée. Commence alors pour eux un fabuleux périple à travers les territoires inconnus… Mais quand l’ombre a pris la place de la lumière, l’amour suffit-il à nous garder vivants?

Nbr de pages : 304 / Éditeur : Gallimard Jeunesse

Mon avis

Voici un roman original et touchant. On y entre comme dans un rêve, sans avoir aucune idée du lieu ou de l’époque. On se laisse de suite envelopper par cette ambiance particulière, par ce joli conte qui n’est ni réaliste ni fantastique. On s’imagine une histoire en noir et blanc avec une petite musique mélancolique en bruit de fond. On voit les personnages se déplacer, se rencontrer, se sourire, tomber amoureux. J’ai visualisé toute leur histoire au fond de moi et je l’ai tout de suite aimée. Après seulement quarante pages, j’avais déjà les larmes aux yeux. Quelques pages seulement m’ont suffi pour m’attacher à Bo et à Hama, à ce couple merveilleux qu’ils forment.

À leurs gestes, on devinait sans peine qu’ils avaient passé la nuit dans le même lit, et à leurs yeux, qu’ils n’y avaient pas beaucoup dormi.

Il y a des moments très beaux, d’autres très tristes. On sourit et on a le cœur qui flanche. Sincèrement, ce roman est différent de tout ce que j’ai pu lire ; on est loin des livres « qui ressemblent à » ou « qui font penser à », aucun sentiment de « déjà vu », juste le plaisir de découvrir quelque chose de nouveau et d’inclassable.

La vie de Bo et Hama va être semée d’embûches, de rencontres improbables et de défis. Ils vont devoir affronter la douleur, la perte, l’exclusion, la faim, la séparation, la peur. J’en ai un peu voulu à Anne-Laure Bondoux de torturer à ce point mes personnages, car finalement, qui peut supporter autant d’épreuves ? Cet amour si fort était-il voué à l’échec dès le début ? J’ai été triste de voir ce que sont devenus les héros au fil des pages, avec la rancœur qui monte et ne les lâche plus. J’aurais aimé une autre fin pour eux, mais l’auteur veut nous montrer ce que c’est vraiment la vie.

Tu crois qu’il faut toujours perdre une part de soi pour que la vie continue ?

La deuxième partie du roman m’a beaucoup moins transportée, mais j’ai refermé « Tant que nous sommes vivants » avec un petit pincement au cœur pour cette belle et terrible histoire. J’en voulais plus et surtout je voulais autre chose. Le début était tellement merveilleux et m’a tant touchée que je n’ai pu qu’être un peu déçue par le reste. Mais je garde de ce livre un très beau souvenir : superbement écrit, avec des mots qui charment, avec des images qui marquent, avec une musicalité et une poésie que je retrouve rarement dans un roman pour ados.

Note : 8,5/10

Extras
Première publication : septembre 2014
Fiche Bibliomania
Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat (quelle délicieuse association !) vont publier un roman épistolaire à quatre mains en mars 2015 chez Fleuve éditions : Et je danse, aussi.
Petit mot pour l’illustratrice de la couverture, Hélène Druvert, qui a fait un superbe travail. J’ai adoré pouvoir retrouvé tous les détails de l’histoire une fois ma lecture terminée !

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Challenge 1% Rentrée littéraire organisé par Sophie Hérisson

challenge 1% Rentrée littéraire8/6

Challenge 1 mois = 1 consigne, organisé par Nessa

ChallengeJanvier : Lire un livre sorti en 2014

Challenge ABC 2015 organisé par Nanet

ABC20151 dans le challenge ABC 2015 – Lettre B

 Challenge Petit Bac organisé par Enna
Petit Bac 2015Pronom personnel sujet : nous

Sous les couvertures, de Bertrand Guillot

Sous les couvertures, de Bertrand Guillot

 

Quatrième de couverture

Un samedi soir, une librairie de quartier. Comme toutes les nuits, sitôt le rideau tombé, les livres s’éveillent et se racontent leurs histoires… Mais ce soir, l’heure est grave : les nouveautés viennent d’arriver, et les romans du fond de la librairie n’ont plus que quelques jours pour trouver un lecteur ! Pour sortir par la grande porte, il leur faudra s’unir et prendre la place des best-sellers solidement empilés près de la caisse. Autant dire qu’ils n’ont pratiquement aucune chance…

Nbr de pages : 176 / Éditeur : Rue Fromentin

Mon avis

En voilà un livre original, plein d’humour et de fraîcheur ! Quel lecteur n’aurait pas envie de voir des livres prendre vie sous ses yeux, que ce soit pour taper la causette ou pour ne pas devoir se relever pour aller chercher le bouquin oublié aux toilettes ? Je me suis plongée avec plaisir dans cette amusante fable, en me remémorant mes heures passées devant le dessin animé Les Babalous, où tous les objets de la maison s’éveillaient la nuit tombée (♫ L’heure, c’est l’heure, avant l’heure c’est pas l’heure… ♫).

Les Babalous

Les premiers chapitres sont particulièrement intéressants, avec plein de détails sur le métier de libraire dans lesquels j’ai pu me reconnaître (les réflexions habituelles des clients, les arrivages massifs de nouveautés, les livres à sélectionner pour les tables proches de la caisse). Le vieux libraire a bien des années d’expérience derrière lui, mais il a perdu son idéalisme et s’est laissé prendre de vitesse par les nouvelles technologies. Il commence par oublier petit à petit au fond du magasin de bons livres… qui vont décider d’eux-mêmes de prendre les choses en mains et de s’imposer sur la grande table.

Si l’idée est amusante et promet des situations cocasses, elle ne tient malheureusement pas la route bien longtemps. Une fois les livres-héros présentés et l’attaque mise en place, le récit de la bagarre des livres tire un peu en longueur et les réflexions sur le monde du livre se font moins présentes. Ce livre, qui est pourtant déjà court, aurait gagné à être raccourci de quelques pages et aurait été d’autant plus percutant.

Je ne partage pas la vision un peu pessimiste du vieux libraire, je ne crois pas que « plus personne ne lit » et je suis particulièrement enjouée lorsque je déballe les nouveautés en librairie, contrairement à lui, qui soupire de lassitude. Et puis, je ne suis pas non plus du genre à cracher sur les best-sellers et je pense qu’il en fait pour tous les goûts. Mais on a beau être d’accord ou pas avec lui, Bertrand Guillot a pas mal de choses à dire et il soulève plusieurs questions intelligentes sur la chaîne du livre. Et une chose est sûre, on termine ce roman le sourire aux lèvres, en imaginant ses propres livres se lancer dans de grands débats sur leurs auteurs et éditeurs.

Est-ce l’auteur qui fait le grand livre, ou ce que les lecteurs en retiennent ?

Note : 7,5/10

Extras
Première publication : septembre 2014
Fiche Bibliomania
Sous les couvertures est le 4e roman de Bertrand Guillot.
L’idée de l’auteur est tirée des contes d’Andersen et de Toy Story.
Il a rencontré beaucoup de libraires pour comprendre la façon dont ils travaillent.
(propos recueillis dans l’interview du site Mandor)
Un grand merci à Priceminister pour ses Matchs de la rentrée littéraire !

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Challenge ABC 2014 organisé par Nanet

ABC 2014
16 dans le challenge ABC 2014 – Lettre G

Challenge 1% Rentrée littéraire organisé par Sophie Hérisson

challenge 1% Rentrée littéraire7/6

Challenge 1 mois = 1 consigne, organisé par Nessa

Challenge 1 mois = 1 consigne
Décembre : Lire un livre féérique

Challenge Haut en couleurs organisé par Addiction littéraire
Challenge Haut en Couleurs
14/15 : rose

Trente-six chandelles, de Marie-Sabine Roger

Trente-six chandelles, de Marie-Sabine Roger

 

Quatrième de couverture

Allongé dans son lit en costume de deuil, ce 15 février, à l’heure de son anniversaire, Mortimer Decime attend sagement la mort car, depuis son arrière-grand-père, tous les hommes de sa famille sont décédés à onze heures du matin, le jour de leurs 36 ans. La poisse serait-elle héréditaire, comme les oreilles décollées ? Y a-t-il un gène de la scoumoune ? Un chromosome du manque de pot ? Que faire de sa vie, quand le chemin semble tout tracé à cause d’une malédiction familiale ?

Nbr de pages : 278 / Éditeur : Rouergue

Mon avis

Parmi les livres de cette rentrée un peu morose, celui-ci semblait tout indiqué pour passer un bon moment, promesse de situations loufoques et de personnages amusants. Le résumé m’avait de suite plu, avec cette malédiction originale touchant les hommes de la famille Decime, tous morts le jour de leurs 36 ans à 11 h.

Malheureusement, c’est un petit flop pour moi. Je n’ai pas particulièrement apprécié l’humour de l’auteure, ni ses nombreuses métaphores, son langage très familier parfois un peu vulgaire, ses digressions. Je n’ai pas non plu été séduite par les personnages, Mortimer étant un peu fadasse et Paquita trop extravagante, décrite sans grande subtilité ; elle s’habille « comme une pute » et pense que l’Europe est un pays.

Le héros va très vite découvrir que la malédiction ne s’applique pas à lui et il va devoir apprendre à vivre sans épée de Damoclès au-dessus de sa tête. Mais il va surtout nous raconter comment il a vécu jusque-là, avec une pointe de nostalgie et je n’ai finalement pas ri du tout. Mais ne soyons pas peau de vache, j’ai tout de même souri à quelques répliques et dégusté les passages où Mortimer nous raconte les morts stupides de son père, grand-père et arrière-grand-père.

L’histoire se veut pleine de bons sentiments, d’entraide et d’humanité, avec une petite leçon sur l’urgence de vivre sa vie pleinement. Je suis sûre qu’il plaira à beaucoup de monde, dans la même lignée que « Le liseur du 6h27 », mais pour ma part, je n’en garderai pas un grand souvenir. Ce court roman se lit tout de même sans déplaisir et certaines anecdotes sont amusantes, mais il ne faut pas s’attendre à la franche rigolade que laissait espérer le résumé.

Ma note : 6,5/10

Extras
Première publication : août 2014
Fiche Bibliomania
Marie-Sabine Roger a déjà écrit plein de romans (dont Bon rétablissement et La tête en friche, adapté au cinéma avec Depardieu) et d’albums pour enfants.
Elles ont adoré : Nathalie, Clara, Mademoizelle Nebel.

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Challenge 1% Rentrée littéraire organisé par Sophie Hérisson

challenge 1% Rentrée littéraire4/6

Challenge Petit Bac organisé par Enna
Challenge Petit Bac 2013
Objet : chandelle

Challenge Haut en couleurs organisé par Addiction littéraire
Challenge Haut en Couleurs
12/15 : gris foncé

Challenge 1 mois = 1 consigne, organisé par Nessa

Challenge 1 mois = 1 consigne
Septembre : Lire un livre dont le nom/prénom de l’auteur ou le titre du livre commence par M

L’Ordinateur du paradis, de Benoît Duteurtre

L'Ordinateur du paradis, de Benoît DuteurtreQuatrième de couverture

Arrivé aux portes du paradis, un nouvel élu, fraîchement décédé, découvre les normes d’hygiène et de sécurité désormais fixées pour la vie éternelle.
Au même moment, sur terre, un projet de pénalisation des images pornographiques perturbe la tranquillité de Simon Laroche, haut fonctionnaire bon teint qui redoute de se voir démasqué pour ses escapades sur Internet. Pourtant, c’est une simple phrase, filmée à son insu, qui va le précipiter dans un engrenage cauchemardesque.
Dans cette société à peine imaginaire où les réseaux se dérèglent, où les informations des uns arrivent sur les ordinateurs des autres, où les femmes et les hommes guerroient sans relâche, deux jeunes banlieusards opposent une résistance dérisoire à l’ordre établi.

Nbr de pages : 224 / Éditeur : Gallimard

Mon avis

Benoît Duteurtre nous livre une savoureuse satire de notre société que l’on dévore, le sourire aux lèvres. Préparez-vous à bien des situations cocasses ! D’un côté, on nous ouvre la porte sur un paradis surpeuplé, fourmillant de salles d’attente où l’on ne peut même pas fumer ! Prenez votre ticket, attendez comme tout le monde, et priez pour que l’accès au paradis vous soit accordé… Et de l’autre, on retrouve notre bonne vieille Terre, où Internet a décidé de faire des siennes et de balancer tous nos petits secrets sur la place publique. Adios la confidentialité dans nos e-mails, bonjour le grand chambardement dans nos vies.

On suit avec régal Simon, en charge de tout ce qui touche aux libertés publiques, qui va se retrouver au centre de cette catastrophe. Lui qui aimait justement surfer de temps à autres sur des sites pornos, il n’a plus qu’à prier pour ne pas voir ses petits vices éclater au grand jour. On compatit et surtout, on se met à sa place et on réfléchit à tout ce que ce manque de confidentialité sur le net pourrait avoir comme conséquences. Peut-on virer quelqu’un parce qu’il émet des propos déplacés une fois chez lui ? Peut-on utiliser Internet pour dénicher des criminels si cela signifie briser les limites de la confidentialité ?

Outre cette grande question, l’auteur attire également l’attention sur notre société de consommation. Son personnage se laisse souvent aller à la nostalgie, se plaignant du manque d’authenticité des villes, de l’omniprésence des grandes marques, des faux progrès qui nous compliquent la vie. Son discours frôle parfois celui du grincheux qui pense que de toute façon « c’était mieux avant », surtout dans le dernier chapitre, qui sert de petite morale. Ce sera mon seul bémol.

L’auteur soulève pas mal de points intéressants qui méritent réflexion, tout en gardant un ton léger et un humour subtil et rafraîchissant. Ce roman amusant a été un vrai plaisir dans cette rentrée littéraire assez sombre. Attention toutefois à ne pas mettre ce livre dans toutes les mains : l’auteur se moque gentiment mais sûrement du féminisme à outrance, ce qui pourrait en offusquer certaines. Mais franchement, quel homme ne serait pas horrifié de découvrir qu’on veut bannir le porno du net et traquer ses amateurs ? Bien une idée de femme, ça !

À prendre bien sûr au second degré

Ma note : 8/10

Extras
Première publication : août 2014
Fiche Bibliomania
Ce roman fait partie de la liste des 15 sélectionnés pour le Goncourt 2014.
Certains autres livres de Benoît Duteurtre semblent renfermer cette même nostalgie pour le passé, soulignant les pièges de notre société : Chemins de fer, Service clientèle, Le Retour du Général.

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challenge 1% Rentrée littéraire2/6

Challenge ABC 2014 organisé par Nanet

ABC 2014
13 dans le challenge ABC 2014 – Lettre F

Challenge Petit Bac organisé par Enna
Challenge Petit Bac 2013
Lieu : paradis

Peine perdue, d’Olivier Adam

Peine perdue, d'Olivier AdamQuatrième de couverture

Les touristes ont déserté les lieux, la ville est calme, les plages à l’abandon. Pourtant, en quelques jours, deux événements vont secouer cette station balnéaire de la Côte d’Azur: la sauvage agression d’Antoine, jeune homme instable et gloire locale du football amateur, qu’on a laissé pour mort devant l’hôpital, et une tempête inattendue qui ravage le littoral, provoquant une étrange série de noyades et de disparitions. Familles des victimes, personnel hospitalier, retraités en villégiature, barmaids, saisonniers, petits mafieux, ils sont vingt-deux personnages à se succéder dans une ronde étourdissante. Vingt-deux hommes et femmes aux prises avec leur propre histoire, emportés par les drames qui agitent la côte.

Nbr de pages : 414 / Éditeur : Flammarion

Mon avis

Pour cette première lecture de la rentrée : découverte d’Olivier Adam, un auteur pourtant déjà bien connu. D’après les quelques discussions que j’ai pu avoir avec mes amis du net, ses romans sont toujours très sombres… et celui-ci ne déroge pas à la règle. En deux mots : dépressifs, s’abstenir. De mon côté, n’ayant rien contre les romans tristes, noirs et sans une once d’espoir, j’ai lu celui-ci avec plaisir.

Ce qui m’a particulièrement plu, c’est l’originalité de la narration, cette ronde de personnages qui se laissent tour à tour la parole. On découvre en premier lieu Antoine, jeune footballeur talentueux, papa divorcé, mais surtout tête brûlée qui n’arrive pas à prendre ses responsabilités et se retrouve souvent dans le pétrin. Après quelques pages, il se fait tabasser et tombe dans le coma. S’ensuivent alors les témoignages de son ex-femme, de sa sœur, de ses coéquipiers, d’une infirmière, d’une jeune fugueuse, du magnat de la station balnéaire. On les écoute chacun nous raconter leur petite vie, souvent malheureuse, et les liens qu’ils nouent avec les autres personnages du roman.

Cette petite farandole nous ouvre les yeux sur certains problèmes de la société, sur le désespoir ambiant. Certains personnages sont assez attachants et on aimerait les suivre encore quelques chapitres, quand d’autres nous ennuient trop rapidement. Dans l’ensemble, on reste souvent en retrait, par manque d’empathie. C’est parfois un rien longuet, et chaque bout de vie ne semble pas toujours nécessaire. Mais petit à petit, on assemble les quelques pièces de puzzle permettant de découvrir ce qui est arrivé à Antoine : qui pouvait lui en vouloir au point de le laisser pour mort ?

Le titre est sans appel et correspond parfaitement au contenu du roman : tout est peine perdue, pour presque chacun des 22 personnages que l’on rencontre. On pourrait croire que la fin laissera une porte entrouverte sur la lumière, mais… non. Le dernier chapitre est surprenant et inattendu, mais reste résolument tragique. J’ai aimé cette dernière claque du destin, qui me fait oublier les longueurs du roman, pour n’en garder qu’un bon moment de lecture.

Ma note : 7/10

Extras
Première publication : août 2014
Fiche Bibliomania
Olivier Adam dit s’être inspiré de Friday Night Lights et on retrouve dans son roman une petite référence à la série, au coach Taylor et à Riggins.
Dans une interview pour Livres Hebdo, il déclare : « Je ne fais jamais de plan, je ne prends jamais de notes. Même pour Je vais bien, ne t’en fais pas, qui a en apparence une architecture scénaristique assez huilée, je l’ai écrit au fil, sans connaître à l’avance le dénouement. Pour Peine perdue, je suis parti avec les trois premiers chapitres et les personnages seulement caractérisés par un prénom, un métier, un fait. »

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challenge 1% Rentrée littéraire1/6

La Délicatesse, de David Foenkinos

La Délicatesse, de David FoenkinosRésumé de l’éditeur

« François pensa : si elle commande un déca, je me lève et je m’en vais. C’est la boisson la moins conviviale qui soit. Un thé, ce n’est guère mieux. On sent qu’on va passer des dimanches après-midi à regarder la télévision. Ou pire : chez les beaux-parents. Finalement, il se dit qu’un jus ça serait bien. Oui, un jus, c’est sympathique. C’est convivial et pas trop agressif. On sent la fille douce et équilibrée. Mais quel jus ? Mieux vaut esquiver les grands classiques : évitons la pomme ou l’orange, trop vu. Il faut être un tout petit peu original, sans être toutefois excentrique. La papaye ou la goyave, ça fait peur. Le jus d’abricot, ça serait parfait. Si elle choisit ça, je l’épouse…
– Je vais prendre un jus… Un jus d’abricot, je crois, répondit Nathalie.
Il la regarda comme si elle était une effraction de la réalité. »

Nbr de pages : 272 / Éditeur : Belgique Loisirs – Piment

Mon avis

Quelle merveilleuse surprise ! Je ne m’attendais à rien de bien extraordinaire et j’ai été charmée à presque chaque page. Par une réplique, une blague, un mot, une définition, une note en bas de page, une émotion, une métaphore, des points de suspension… Dès la lecture de la quatrième de couverture, je suis tombée sous le charme. Avec ce roman, David Foenkinos nous donne envie de le rencontrer et de lire tout ce qu’il a pu écrire jusqu’à présent.

J’ai directement été séduite par la présence de l’auteur, par son audace, par l’empreinte qu’il laisse dans son roman, comme s’il était une sorte de personnage secondaire. Il prend part au drame, avec à ses phrases délicates et nous émeut, mais surtout il nous donne le sourire, grâce à son humour tendre et ravageur. J’ai eu envie de noter des dizaines de citations, de phrases qui sonnent parfaitement, qui sont tout à fait à propos ou qui peuvent nous toucher personnellement.

Voilà à peu près ce qu’il aurait aimé dire. Mais c’est ainsi : on a toujours cinq minutes de retard sur nos conversations amoureuses.

Néanmoins, il ne faut pas s’attendre à une histoire renversante et originale. Ce petit roman est assez banal et traite, comme beaucoup l’ont déjà fait, de l’amour, du deuil, du bonheur et de comment réapprendre à vivre. Ça ne paie pas de mine comme ça, et pourtant, c’est une belle histoire, rigolote et touchante, écrite avec talent et ce « je ne sais quoi » qui la classe au-dessus des autres.

Note : 9/10

Extras
Première publication : août 2009
Fiche Bibliomania
Dans ma PAL : Nos Séparations
Ce roman a été adapté en 2011 au cinéma par les frères Foenkinos, avec Audrey Tautou et François Damiens.

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Challenge 1 mois = 1 consigne, organisé par Nessa

Challenge 1 mois = 1 consigne
Août : Lire un livre depuis trop longtemps dans ma PAL
(acheté en septembre 2012)

Challenge ABC 2014 organisé par Nanet

ABC 2014
12 dans le challenge ABC 2014 – Lettre F

Celui dont le nom n’est plus, de René Manzor

Celui dont le nom n'est plu, de René Manzor

 

Quatrième de couverture

Londres, au petit matin. Sur une table de cuisine, gît un homme vidé de ses organes. L’assassin est une vieille dame à la vie exemplaire. Pourquoi cette femme a-t-elle sacrifié l’homme qu’elle a élevé comme un fils ?
Elle est incarcérée. Pourtant, le lendemain, un autre homme est tué de façon similaire. Par la personne qui l’aimait le plus au monde. À chaque fois, les tueurs, qui ne se connaissent pas, laissent derrière eux la même épitaphe écrite dans le sang de leur victime :
Puissent ces sacrifices apaiser l’âme de Celui dont le Nom n’est plus…

Nbr de pages : 391 / Éditeur : Kero

Mon avis

J’étais très enthousiaste à l’idée de découvrir ce nouveau thriller, proposant une intrigue originale autour de meurtriers éplorés ayant tué sans le savoir la personne qu’ils aiment le plus. Un thème alléchant pour un roman agréable à lire, mais je ne serai malheureusement pas aussi dithyrambique que mes copinautes (notamment Paikanne et La tête dans les livres), car il m’a manqué certains des ingrédients du parfait thriller.

René Manzor possède une plume très efficace et son livre se lit très vite. Je suis contente d’avoir pu découvrir cet auteur qui n’en est pas à son premier coup d’essai, ayant déjà travaillé comme scénariste et réalisateur à Hollywood. Dans ce roman, son talent réside surtout dans la description des scènes de crime, originales, morbides et très détaillées, et de ses personnages attachants, écorchés par la vie. On prend plaisir à suivre les deux inspecteurs dans leur enquête, mais surtout à découvrir leurs souvenirs les plus traumatisants. On ne peut que souffrir à leur côté face aux épreuves qu’ils ont eu à surmonter.

Le gros bémol, selon moi, c’est le manque de surprise. Je ne sais pas si c’est le cas de tout le monde, mais pour ma part, j’avais toujours une longueur d’avance sur les inspecteurs. Tout se devine assez facilement et les rebondissements se sont enchaînés dans la même logique que mon hypothèse de départ. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il n’y pas de suspense, car il y a bien une certaine tension et l’envie de vérifier nos théories, mais il n’y aucun retournement de situation inattendu.

Quant à la fin, elle nous réserve enfin une belle surprise ! Les dernières pages m’ont beaucoup plu et s’écartent des happy-end traditionnels. Je ne m’attendais pas du tout à cette révélation finale, qui renforce d’autant plus ma sympathie pour nos deux inspecteurs. On finit donc sur une belle note et on quitte un peu à regret des personnages vraiment intéressants.

Note : 7/10

Extras
Première publication : mai 2014
Fiche Bibliomania
René Manzor a aussi écrit Les âmes rivales, et réalisé au cinéma Le Passage et 3615 Code Père Noël.
Vous pouvez feuilleter les deux premiers chapitres ici.
Un grand merci aux éditions Kero.

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Challenge Haut en couleurs organisé par Addiction littéraire
Challenge Haut en Couleurs
11/15 : blanc

Tom, petit Tom, tout petit homme Tom, de Barbara Constantine

Tom, petit Tom, tout petit homme Tom, de Barbara Constantine

 

Mon résumé

À onze ans, Tom vit avec sa maman dans un mobile home et doit se débrouiller, s’il ne veut pas finir à la DDASS. Alors pour aider sa maman, il cherche de quoi manger dans les jardins du voisinage. Jusqu’à ce qu’il découvre une vieille dame allongée dans les plants de tomates de son jardin et qu’il décide de l’aider. Une belle amitié va naître entre ces deux-là.

Nbr de pages : 224 / Éditeur : Le Livre de Poche

Mon avis

Ma lecture remonte déjà un peu, mais j’en garde le souvenir d’un très beau petit roman. Une histoire agréable et qui réchauffe le cœur, comme on aime en lire parfois, pleine de fraicheur grâce à Tom, ce petit bonhomme attachant et amusant.

Pendant les cinquante premières pages, je n’arrêtais pas de rire et sourire tant la rencontre avec Tom est surprenante. Il a onze ans, vit avec sa jeune maman (qui, d’ailleurs, l’interdit de l’appeler « maman ») dans un mobile home et chaparde des légumes dans le potager des voisins (des anglais à l’accent français délicieux et à l’humour irrésistible).

Ce que j’ai particulièrement adoré, c’est le ton oral du roman. Le narrateur raconte l’histoire comme s’il était parfois dans la tête de Tom et s’exprime comme lui, ce qui donne lieu à des expressions haut en couleur et des réflexions rigolotes. Mais même si Tom remporte la palme du personnage le plus chouette, le reste du voisinage n’est pas en reste.

Et il se dit que c’est bien que Joss ait trouvé du boulot. Mais que devoir la réveiller tous les jours, pour lui, ne sera pas une sinécure. C’est un mot qu’il a eu dans une dictée l’autre jour.

Bref, on s’amuse beaucoup, tout en abordant des thèmes sérieux et émouvants. Le début m’a vraiment enchantée, mais passées les premières surprises, le roman perd un peu de son intérêt. On le finit très rapidement, en se remémorant surtout les répliques des premières pages.

Note : 7,5/10

Extras
Première publication : janvier 2010
Fiche Bibliomania
Dans ma PAL : Et puis Paulette
Dans ce livre, Tom résume toute l’histoire du film La vie est belle. Faites donc attention si vous ne l’avez pas lu ! (et si c’est le cas, qu’attendez-vous, il est génial :P)

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Challenge Petit Bac organisé par Enna
Challenge Petit Bac 2013
Prénom : Tom

Challenge Haut en couleurs organisé par Addiction littéraire
Challenge Haut en Couleurs
8/15 : vert

 

Le Puits des mémoires, tome 1 : La Traque, de Gabriel Katz

Le Puits des mémoires, t.1 : La Traque, de Gabriel KatzQuatrième de couverture

Trois hommes se réveillent dans les débris d’un chariot pénitentiaire accidenté en pleine montagne. Aucun d’eux n’a le moindre souvenir de son nom, de son passé, de la raison pour laquelle il se trouve là, en haillons, dans un pays inconnu. Sur leurs traces, une horde de guerriers, venue de l’autre bout du monde, mettra le royaume à feu et à sang pour les retrouver.

Fugitifs, mis à prix, impitoyablement traqués pour une raison mystérieuse, Olen, Karib et Nils se découvrent au fil des pages, au fur et à mesure que leur passé les rattrape, et vont devoir survivre dans un monde où règnent la violence, les complots et la magie noire…

Nbr de pages : 400 / Éditeur : Scrinéo

Mon avis

Voici un livre que je voulais découvrir depuis un bon moment et qui m’a énormément plu, comme je l’espérais. L’histoire de ces trois amnésiques en cavale regorge de mystère, de péripéties, et, détail peu habituel en Fantasy, d’humour. Ce ton particulier donne toute son originalité à cette histoire classique mais passionnante et la rend encore plus agréable à lire.

Le roman commence très fort dès le début, avec la rencontre immédiate de nos trois héros : trois personnages sympathiques, amusants, avec des personnalités assez différentes. Ils vont se découvrir les uns les autres, apprendre à s’apprivoiser et partir à la recherche de leur passé au même rythme que le lecteur. On s’étonne en même temps qu’eux, on voit tout à travers leurs yeux. Une amitié se tisse rapidement, ils se charrient souvent les uns les autres et c’est un régal d’entrer dans leur tête tour à tour pour les entendre se plaindre ou se moquer de leurs compagnons de fortune.

L’histoire et l’univers ne sortent pas particulièrement de l’ordinaire, la plume n’a pas la poésie de certains grands de la Fantasy, mais le talent de conteur de Gabriel Katz est indéniable : il nous embarque complètement et on ne veut plus lâcher son livre. La diversité des scènes, des paysages et des personnages fait qu’on ne s’ennuie jamais.

Cela manquait parfois un peu de complexité et de détails ou de poésie pour moi, mais je ne crois vraiment pas qu’on puisse être déçu par ce roman. D’ailleurs, je pense qu’il est parfait pour ceux qui veulent se lancer dans la Fantasy mais qui craignent ce genre : l’histoire est prenante et accessible, le style est fluide sans descriptions assommantes, et il y a de l’action et des pointes d’humour.

Note : 9/10

Extras
Première publication : mai 2012
Fiche Bibliomania
La Traque a gagné le Prix des Imaginales 2013, catégorie roman francophone.
Vous pouvez rencontrer Gabriel Katz pendant tous le mois de janvier chez Book en Stock. On découvre plein de choses intéressantes : il a travaillé comme nègre pour des auteurs connus, il a trouvé Le Seigneur des anneaux soporifique, Gabriel Katz est un nom de plume, etc etc.
Voici un petit extrait de l’interview, que vous pouvez retrouver ici dans sa totalité :
« J’essaie au maximum de faire des dédicaces personnalisées, pour que le lecteur venu faire signer son livre ne reparte pas avec une formule stéréotypée (du genre “Bonne plongée dans ce Puits des mémoires où les apparences sont trompeuses”, blabla). Et encore moins avec la même dédicace, mot pour mot, que la personne qui est passée avant lui. Une dédicace, c’est (souvent) plus qu’une signature, c’est une rencontre, si courte soit-elle. »
[…]
« Les noms, en général, me viennent tout seuls. Ils ne sont pas – ou très peu – liés à la vraie vie, et je mets rarement ma voisine à contribution, même si je ne doute pas de son imagination.
C’est surtout une question de sonorité : il faut qu’un nom aille au personnage. Contrairement à la vraie vie où on peut s’appeler Cléopâtre tout en étant petite, grosse, bête et moche, dans les livres, on choisit un nom en fonction de qui le porte. Il est rare qu’un terrible méchant s’appelle Bibi, ou qu’un brave aubergiste se fasse appeler Kradesh Khan le grand. Mais une chose est sûre : je fuis comme la peste les noms « de fantasy », souvent imprononçables, blindés d’apostrophes, et qui sonnent comme un chameau qui éternue (Exemple : je préfère Nils à Azkh’maaz’el k’reeeb). »

***

 Challenge ABC 2014 organisé par Nanet

ABC 20141 dans le challenge ABC 2014 – Lettre K

Challenge 1 mois = 1 consigne, organisé par Nessa

Challenge 1 mois = 1 consigneJanvier : Lire un premier tome d’une saga

Le Livre et l’épée, tome 1 : La Voie de la colère, d’Antoine Rouaud

Le Livre et l'épée, tome 1 : La Voie de la colère, d'Antoine Rouaud

 

Mon résumé

Dun-Cadal n’est plus qu’un vieux bougre, noyant ses souvenirs dans l’alcool. Pourtant, il était l’un des plus grands chevaliers qui soient, servant l’Empereur à coups d’épée, au péril de sa vie. Mais l’Empire est tombé et avec lui tous ses rêves. Il a perdu sa dignité, son statut, sa fierté, ainsi que Grenouille, son jeune apprenti qu’il a aimé comme un fils. Alors qu’il n’espère plus rien de la vie, un drôle de couple à la recherche d’Eraëd, l’épée perdue de l’Empereur, va le sortir de sa torpeur et le pousser à découvrir bien des secrets cachés.

Nbr de pages : 480 / Éditeur : Bragelonne

Mon avis

Je ne me lasse décidément pas de mes lectures Fantasy ! J’aime les univers proposés, la complexité des intrigues, le vocabulaire recherché, parfois un peu désuet, mêlé à des termes inventés, liés à la magie et à un monde particulier. Comme dirait Belle : « J’aime les romans de cape et d’épée, pleins de magie et de princes ensorcelés » (oui, je connais mes classiques… On a des références, ou on n’en a pas !).

Donc une fois de plus, banco ! On a bien des chevaliers qui se battent fièrement, une mystérieuse épée perdue et un peu de magie, bien qu’elle ne fasse pas vraiment partie du contexte ou de l’intrigue, comme c’est souvent le cas. L’histoire est assez classique, mais j’ai beaucoup aimé l’affrontement entre Empire et République, et la question de savoir si les dieux écrivent bel et bien le destin de tout un chacun. C’est la première fois que je lis un roman où le héros est du côté des « méchants » : Dun-Cadal, défenseur et fervent partisan de l’Empire, empêche le peuple, avide de liberté, de se révolter. J’ai trouvé ça extrêmement intéressant et original de découvrir sa vision des choses, de le voir si sûr de lui, de ses croyances, de ses idées, bien trop arrêtées.

Il a tout de même fallu attendre une bonne centaine de pages pour que j’accroche à l’histoire, et encore plus pour que je me prenne de sympathie pour les deux personnages, qui ne se révèlent que sur le tard. Mais à partir de la moitié, de la première grande révélation, tout s’éclaire, tout se met en branle et je n’ai plus voulu lâcher mon livre.

Une chose est sûre, l’auteur mène sa barque avec brio. Il nous emmène dans une narration qui alterne les époques, passe sous silence certaines scènes pour y revenir plus tard, jongle entre passé et présent, raconte les mêmes scènes sous un angle différent, sous le regard d’un autre personnage. C’est dans ces passages qu’on comprend les dessous de l’histoire, qu’on se rend compte que l’on s’était mépris sur certains actes, sur certaines réactions. Loin d’être redondant, c’est jouissif de voir comme on s’était trompé ! Ce style de narration me plaît énormément et il est ici utilisé à très bon escient pour garder une part de mystère, qui donne tout son sens aux longueurs ou lenteurs du début.

Un premier roman intelligent et prenant, qui m’a fait réfléchir, qui m’a fait découvrir le mot « fat », qui m’a emportée dans un univers de complots, de trahisons, de haine et de révolte. Il ne se hisse pas aux côtés de mes préférés du genre, mais il m’a fait passer un excellent moment !

Note : 8,5/10

Extras
Première publication : 31 octobre 2013
Fiche Bibliomania
La Voie de la colère est le premier tome d’une trilogie. L’auteur écrit actuellement le deuxième volet.
◆ Les droits ont déjà été achetés par plusieurs pays ; le livre bénéficiera d’une sortie mondiale.
◆ Dans une interview par Fantasy.fr, Antoine Rouaud raconte d’où lui est venue l’idée de ce roman : « Tout bêtement suite à un mail de Stéphane Marsan. J’avais envoyé un premier roman, jugé trop jeunesse mais, visiblement, mon écriture leur avait plu. Il m’a demandé d’écrire quelque chose de plus adulte. En lisant le mail… l’idée est venue. Comme un défi. Une chance à ne pas laisser passer. L’occasion de montrer ce que je pouvais faire. Je n’avais rien à perdre. La majorité de l’histoire est venue comme ça, de façon très ordonnée, comme une évidence. Après, à force de travailler, j’ai arrangé certains points, changé certaines façons de lier les événements. Mais l’idée, le plan, la continuité, c’est venu très rapidement. »

***

Challenge Haut en couleurs organisé par Addiction littéraire
Challenge Haut en Couleurs
2/15 : couleur noire

Challenge Petit Bac organisé par Enna
Challenge Petit Bac 2013
Sentiment : colère

Animale : La Malédiction de Boucle d’Or, de Victor Dixen

Animale, de Victor Dixen

 

Mon résumé

Blonde. Blonde qui vit recluse dans un couvent. Blonde qui a de magnifiques boucles dorées. Blonde qui ne sait pas vraiment qui elle est, ni d’où elle vient. Elle porte un vulgaire nom d’animal, qu’on lui a donné pour qu’elle sente, peut-être, qu’elle n’a pas sa place parmi les autres couventines. Lorsqu’un étranger lui transmet un dossier relatant la mystérieuse disparition d’une jeune fille vingt ans plus tôt, tout va être chamboulé dans la petite vie bien rangée de Blonde.

Nbr de pages : 437 / Éditeur : Gallimard Jeunesse

Mon avis

Je viens ajouter mon avis positif au concert d’éloges sur Animale. Je me suis vraiment régalée avec cette réécriture du conte de Boucle d’Or, qui est introduit de façon très originale et passionnante. Directement, l’intrigue se met en place et on retrouve les références au conte, les trois bols, les trois chaises et les trois lits, avec une bonne dose de suspense en plus.

Je me hissai en chancelant sur la chaise la plus haute. Mais son bois mal dégrossi m’égratigna les chairs à travers l’étoffe trop fine de ma robe. Je reposai pied à terre, et je m’apprêtai à me laisser tomber sur la deuxième chaise. Je me retins au dernier moment : des chaines aux maillons rouillés pendaient lugubrement le long de son dossier… Je me rabattis sur la troisième chaise ; sa surface était douce sous mes doigts : avec soulagement, je me rendis compte qu’elle était polie.

Intrigant non ? Nous sommes en 1832 et l’histoire s’insère parfaitement dans le contexte historique. J’ai beaucoup aimé en apprendre un peu sur les guerres napoléoniennes, mais aussi sur la mythologie nordique. Cela ancre ce récit fantastique dans le concret et on se met à y croire, tout devient plausible. J’ai vraiment été sous le charme pendant une grande partie du roman, que j’ai trouvé absolument excellente. La sublime plume de l’auteur, en harmonie avec cette ancienne époque, l’atmosphère parfois lugubre et inquiétante, la structure dynamique du roman avec des récits enchâssés afin de découvrir ce qu’il s’est vraiment passé 20 ans plus tôt, l’envie de savoir le pourquoi de ces trois chaises si différentes… Tout nous donne envie de lire, lire, lire.

Malheureusement, une fois tous les secrets dévoilés, l’histoire commence à s’essouffler. Le côté fantastique prend le dessus, ce qui mène parfois à quelques facilités. L’histoire est toujours agréable à lire, mais il n’y a plus vraiment de nouveautés ou de rebondissements. Tout se déroule comme on pourrait s’y attendre et les mêmes événements se répètent encore et encore ; la deuxième moitié tire un peu en longueur. Le début était tellement excellent et l’univers tellement riche, qu’on ne peut qu’être un tantinet déçu de la fin, mais je ne vois pas bien comment cela aurait pu se dérouler autrement…

Je suis finalement très heureuse de cette découverte, qui m’a passionnée dès le début et je vous recommande de découvrir qui se cachent derrière les trois habitants de la petite chaumière, vous serez bien surpris !

Note : 8/10

Extras
Première publication : août 2013
Fiche Bibliomania
Le prélude est disponible ici. Il est très différent du roman et raconte la bataille de Napoléon en Russie. Il ne m’a pas passionnée, mais je suis heureuse de l’avoir lu pour mieux comprendre l’origine des mystérieux personnages de l’histoire.
Victor Dixen est également l’auteur de la saga Le Cas Jack Spark, que je compte bien découvrir.

Chez Book en Stock, vous pouvez aller poser ici vos questions à l’auteur qui y répondra ! Dans une interview, également sur Book en Stock, Victor Dixen a dit :
« Tout est parti d’un rêve, un rêve très simple : une chaumière isolée au creux d’une forêt profonde, baignée par une lumière aquatique comme dans une grotte marine. Je tournais autour de cette chaumière sans pouvoir y entrer, mais j’avais conscience qu’il y avait à l’intérieur quelque chose d’étrange, de véritablement fascinant… de terriblement dangereux. Au réveil, je me suis souvenu d’un conte de Boucle d’Or dont j’avais gardé comme tout le monde un vague souvenir. Il a fallu que je le relise, que je le redécouvre. Et je me suis aperçu qu’il posait plus de questions qu’il n’apportait de réponses : la curiosité, est-ce une bonne ou une mauvaise chose ? Quelle différence entre humain et animal ? Et surtout, qu’advient-il de Boucle d’Or après sa fuite hors de la chaumière ? Tout cela, le conte ne le dit pas. Il n’y a pas de morale, pas de fin, juste des points de suspension inquiétants… »

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Challenge Petit Bac organisé par Enna
Challenge Petit Bac 2013
Couleur : or

Un grand merci à Gallimard Jeunesse pour cette découverte !
Gallimard Jeunesse

J’aurais préféré vivre, de Thierry Cohen

J'aurais préféré vivre, de Thierry Cohen

 

Quatrième de couverture

Le 8 mai 2001, jour de ses vingt ans, Jeremy se suicide. Victoria, la femme qu’il aime, l’a rejeté.
Le 8 mai 2002, il se réveille près de Victoria, folle d’amour pour lui.
Est-il vraiment mort ?
Jeremy devient alors le spectateur d’une vie qui lui échappe. Une vie étrange, dans laquelle sa personnalité est différente, change, évolue, l’inquiète.
Au fil des jours et des réveils, Jeremy va dérouler le fil d’un destin qu’il n’a pas choisi… le sien.

Nbr de pages : 224 / Éditeur : Pocket

Mon avis

Première découverte de Thierry Cohen et je suis très satisfaite de cette rencontre ! Le thème m’a plu instantanément et le contenu a été à la hauteur de mes espérances : je suis restée scotchée tout au long de ma lecture et j’ai rarement lu un roman aussi rapidement (Enfin, vous allez me dire, 224 pages…). En effet, difficile de s’arrêter, tant on va de surprise en surprise. La structure est telle qu’on se demande ce qui attend notre héros à chaque nouveau chapitre : à chaque réveil, Jérémy redécouvre sa vie tourneboulée sans qu’il sache ce qui s’est passé… C’est dans le même ordre d’idée que le film L’Effet papillon (que j’ai adoré).

Là où ça coince, c’est la dimension religieuse, le discours un peu prêchi-prêcha qui sert de conclusion : « Le suicide, c’est mal, la volonté divine s’abattra sur toi… ». Je caricature un peu, mais je ne voudrais pas pour autant vous faire fuir ! Je suis assez réfractaire à ce qui touche à la religion en général, et j’avoue que ces cinq dernières pages imbuvables m’ont un peu gâché la fin du roman. MAIS cette dimension est largement éclipsée pendant tout le roman par une histoire vraiment intrigante et originale. J’ai pris tant de plaisir à lire la folle aventure de Jérémy que je ne veux pas trop cracher sur cet aspect négatif. Je veux vous donner envie de passer outre, en toute connaissance de cause. Si moi, j’ai pu dévorer ce roman, je suis sûre que vous aussi, malgré ce seul défaut. Bref, tentez le coup ! (À la limite, arrêtez-vous un chapitre avant la fin, c’est tout aussi bien…)

À ce qu’il paraît, on compare souvent Cohen à Levy et Musso (deux auteurs que je lis avec plaisir, même si j’ai été déçue par plusieurs de leurs romans). Personnellement, ça ne m’a pas sauté aux yeux, si ce n’est que ce sont des auteurs français mêlant romance et fantastique, avec un style qui se lit très vite. L’histoire de Cohen ne m’a rappelé aucun livre, et la romance ne sert que de prétexte pour lancer la machine infernale qui va détruire la petite vie de Jérémy.

Note : 8/10

Extras
Première publication : mars 2007
Fiche Bibliomania
J’aurais préféré vivre est le premier roman de l’auteur. Il a obtenu le prix Jean d’Ormesson, récompense pour la capacité à défendre la langue française.
Thierry Cohen