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Le Garçon au sommet de la montagne, de John Boyne

Le Garçon au sommet de la montagne, de John Boyne

 

Résumé de l’éditeur

À l’aube de la Seconde Guerre mondiale, Pierrot vit à Paris avec ses parents, ignorant tout des nazis. Devenu orphelin, il est envoyé chez sa tante, en Allemagne, dans une maison au sommet d’une montagne.
Ce n’est pas une maison ordinaire. Le Berghof est la résidence d’Adolf Hitler. Pierrot va découvrir là un autre monde, fascinant et monstrueux.

Nbr de pages : 272 / Éditeur : Gallimard Jeunesse / Titre VO : The Boy at the Top of the Mountain

Mon avis

Un roman assez édifiant, qui nous laisse entrevoir comment l’idéologie nazie a pu contaminer autant de gens, et ce à travers le personnage d’un petit garçon innocent. Chapeau à l’auteur qui a du entrer dans la tête de Pierrot et y glisser cette lente et terrible transformation. Ça ne doit être ni évident ni enviable de se retrouver dans l’esprit de ce genre de personnages, mais ça n’en est pas moins essentiel. Alors, merci à lui pour ce roman.

– Tu as fait une énorme erreur, Emma, cracha-t-il.
– Je n’en doute pas, dit-elle. Mais ce n’est rien comparé à l’erreur que ta pauvre tante a faite le jour où elle a décidé de te faire venir ici. Que t’est-il arrivé, Pierrot ? demanda-t-elle, le visage soudain radouci. Tu étais si gentil quand tu es arrivé au Berghof. Est-il donc si facile de corrompre un innocent ?

Au début du roman, on rencontre Pierrot, alors âgé de 4 ans. Il aime converser en langue des signes avec son meilleur ami, un petit juif sourd muet. Il vénère son papa, ancien soldat, malgré les propos racistes, les soirées de beuverie, les moments de violence. Il adore sa maman qui endure, non sans broncher. On découvre en quelques pages et sous-entendus ce contexte de l’entre-deux-guerres, la vision du papa, allemand, et celle de la maman, française. Et entre eux deux, ce petit bout de chou adorable sur lequel le sort va s’acharner.

– Anshel est juif, avait murmuré Pierrot, car il voyait souvent son ami partir avec sa mère pour la synagogue.
– Anshel fait partie des bons, avait marmonné papa. À ce qu’on dit dans tout panier de bonnes pommes, il en est toujours une pourrie. Ça doit marcher dans l’autre sens aussi…

On le voit grandir, partir parcourir le pays, chercher son identité, traverser des moments particulièrement difficiles et toujours, on a envie de le serrer dans nos bras, de le consoler et on ne peut imaginer que lui, ce petit gamin plein d’espoir et de bon sens, va basculer si brutalement du côté obscur. On n’y croit pas, on ne le veut pas, mais le jour où là-haut, dans la maison au sommet de la montagne, il rencontre un petit homme moustachu, tout va petit à petit changer dans sa façon de voir l’avenir, l’Allemagne et les gens qui l’entourent. Et ça fait mal au cœur de le voir devenir si arrogant, pour finalement ne même plus se remettre en question et renier son « ancien » pays, son passé, son ancien ami.

On a beau savoir à quoi s’attendre en commençant ce récit, ça n’en est pas moins effarant. Mon seul reproche est que ce roman est un peu court sur la fin. Autant la montée en puissance du nazisme en Europe et dans la tête de Pierrot est très bien retranscrite, autant la fin de la guerre, les désillusions et remises en question se font un peu vite. Mais John Boyne écrit très bien, suscite en nous toutes sortes de questions et apporte un éclairage différent sur ce sombre épisode de l’Histoire. Il explique dans la lettre aux lecteurs que « Pierrot ne ressemble pas aux personnages d’enfants de mes livres précédents dans le sens où vous ne manquerez pas de trouver son comportement révoltant et sa prise de conscience tardive. Mais à cette époque les garçons comme Pierrot étaient nombreux et, comme lui, ils ont été obligés d’affronter leurs actes et de vivre avec le mal qu’ils avaient répandu pour le restant de leurs jours. »

Note : 8,5/10

Extras
Traductrice : Catherine Gibert
Première publication : juin 2016
Fiche Bibliomania
À découvrir maintenant de toute urgence : Le Garçon au pyjama rayé.
Extrait de la lettre de John Boyne adressée aux libraires et blogueurs :
« Lorsqu’on se remémore les agissements de l’État allemand pendant la Seconde Guerre mondiale on se heurte toujours à la même difficulté : comprendre comment un pays tout entier a pu souscrire à une telle barbarie. On se dit que, dans les mêmes conditions, on n’aurait jamais fait la même chose, on se serait battu en faveur de la vie et de la dignité humaine, et on en est persuadés. Mais il est facile de lancer de telles affirmations soixante ans après, quand le courage et les grands mots ne nous coûtent rien. C’est cette idée qui est à l’origine du Garçon au sommet de la montagne. »

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Merci pour les souvenirs, de Cecelia Ahern

Merci pour les souvenirs, de Cecelia Ahern

Quatrième de couverture

Après un accident qui a bouleversé sa vie et détruit son mariage, Joyce Conway ne doit la vie qu’à une transfusion sanguine. Mais des phénomènes étranges commencent à se produire. Elle se souvient de choses qu’elle n’a pas vécues. Elle peut parler des heures durant des rues pavées et sinueuses de Paris, ville qu’elle n’a jamais visitée, ou disserter sur l’architecture baroque. Et, toutes les nuits, elle rêve d’une petite fille aux cheveux blonds. Dès lors, Joyce n’aura plus qu’un but : découvrir à tout prix qui lui a donné son sang, dans l’espoir de comprendre ce qui lui arrive. Et retrouver le charmant Américain dont elle a fait la connaissance le jour de sa sortie de l’hôpital.

Nbr de pages : 474 / Éditeur : J’ai lu / Titre VO : Thanks for the Memories

Mon avis

Un mois après avoir terminé ce livre, je n’en garde déjà plus que quelques souvenirs. Et pourtant… je sais que j’ai adoré. Je me souviens avoir été émue aux larmes par le désespoir de Joyce au début du livre et m’être marrée devant les blagues lourdingues de son papa, qui ferait tout pour rendre le sourire à sa petite fille. Par dessus tout dans ce livre, c’est la beauté de cette complicité entre Joyce et son vieux papa qui m’a le plus plu. Ce papa à la fois innocent et taquin, un brin toqué, désopilant, qui fume en cachette et qui s’étonne de tout comme un gamin, est plus qu’attendrissant. Je me suis rarement autant attachée à un personnage secondaire qu’à ce papa clopin-clopant, un personnage hors du commun, qui vaut à lui seul que l’on prête toute son attention à ce roman. Cecelia Ahern a créé des personnages très prometteurs, pleins de charisme, qui m’ont fait rire et sourire, tout du long.

Arrivée à la moitié du roman, j’en aurais bien fait un coup de cœur tellement j’étais happée par l’histoire et émerveillée devant la justesse des personnages. Et puis j’ai commencé à trouver ça long ; Joyce recherche son mystérieux inconnu et l’inconnu est à la recherche de Joyce. Il se croisent, s’évitent, se rencontrent, un vrai chassé-croisé qui dure plus de 400 pages (une bonne centaine de trop). Et c’est dommage car tout le contexte, l’écriture si attachante de l’auteure, les anecdotes et les réflexions sur la vie qu’il y a autour de cette intrigue romantique m’ont vraiment séduite. L’histoire d’amour reste courue d’avance et sans grand suspense, mais malgré les longueurs inutiles, j’ai réellement apprécié ma lecture.

C’est le quatrième roman de Cecelia Ahern que je lis, ce n’est pas le meilleur, mais jusqu’ici, elle ne m’a toujours pas déçue. Je trouve qu’elle a un réel talent pour faire d’une histoire banale et sans surprise une belle histoire avec des personnages forts et émouvants. Moi j’en redemande !

Ma note : 8/10

Extras
Traductrice : Maryse Leynaud
Première publication : octobre 2010
Fiche Bibliomania
Déjà lu : PS I love you, Si tu me voyais maintenant, La vie est un arc-en-ciel.
Un grand merci à Mandy, chez qui j’ai gagné ce livre 🙂