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Sans prévenir, de Matthew Crow

Sans prévenir, de Matthew Crow

Quatrième de couverture

À 15 ans, Francis Wootton est passionné de vieux films, de musique rock et de lectures romantiques. Mais avant tout, il ne se prend pas au sérieux. Sans prévenir, un jour, la vie bascule. On lui diagnostique une leucémie. À l’hôpital où il entre pour son traitement, il rencontre Ambre, son caractère de chien, son humour féroce, sa vulnérabilité désarmante…

Nbr de pages : 320 / Éditeur : Gallimard jeunesse / Titre VO : In Bloom

Mon avis

Quand on écrit une histoire d’amour dramatique entre deux jeunes cancéreux, il faut savoir souffrir la comparaison avec Nos étoiles contraires, qui s’est imposé aussi bien dans les librairies, sur les blogs, sur les écrans que dans nos cœurs. Malheureusement, n’est pas John Green qui veut. Là où j’avais été transportée bien loin par l’émotion et l’amour, je suis cette fois-ci restée bien ancrée sur terre, à la limite parfois de l’ennui.

Matthew Crow nous propose un héros de quinze ans assez banal, solitaire et un brin loser. Francis n’a rien de bien folichon et m’a semblé être un héros un peu fadasse pour une histoire de cet acabit. De l’autre côté, on rencontre Ambre, déjà bien plus pétillante. Mais l’alchimie ne fonctionne pas vraiment. Leur histoire est mignonne, mais pas exaltante. Ils se font des petits bisous et se donnent la main, organisent quelques petits coups en douce, mais ne nous entraînent jamais dans des aventures folles, dans des discussions palpitantes, dans des scènes émouvantes.

Ce roman est clairement destiné à de jeunes lecteurs qui pourront s’identifier aux héros. Francis et Ambre font encore très gamins et sont loin d’avoir la maturité d’Augustus et Hazel. Matthew Crow nous explique dans sa lettre aux blogueurs qu’il a souhaité créer « un héros masculin pathétique, gentil, plein de bonnes intentions, mais quand même bien niais », le genre de personnage qu’un ado grassouillet et couvert d’acné aurait envie de retrouver dans un roman, loin des clichés des « beaux gosses, des stars de films d’action et des bourreaux des cœurs qui disaient toujours exactement ce qu’il fallait dire au bon moment. » En cela, Matthew Crow a vraiment atteint son objectif et du coup, je ne voudrais pas être trop sévère avec son roman, car je suis passée à côté de son intention. Moi, à 25 ans, je préfère clairement un beau héros plein de repartie (Augustus, je t’aime !).

J’ai quand même rigolé à quelques reprises et ma gorge s’est serrée à la fin, alors je ne pourrais pas dire que ce roman manque d’émotions, ce serait faux. La panoplie de personnages secondaires est très bien réussie et Ambre, avec son fort caractère, porte presque à elle seule le roman. Mais Francis est de fait très niais, fait des montagnes pour pas grand-chose et chaque petit aléa de sa vie d’ado devient un scénario mélodramatique capital. Un ado se retrouvera peut-être dans son personnage, toujours dans l’exagération, mais l’urgence de la maladie et la tristesse de la famille me semblaient tellement terribles à côté, que je me suis rarement prise d’affection pour Francis.

Note : 6,5/10

Extras
Traductrice : Marie Hermet
Première publication : janvier 2015
Fiche Bibliomania
Si j’ai bien compris, le titre anglais « In Bloom » est sorti en 2013, mais le roman va être republié en mars 2015 sous le titre « The Brilliant Light of Amber Sunrise ».
Matthew Crow est né en 1987.

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Challenge ABC 2015 organisé par Nanet

ABC20153 dans le challenge ABC 2015 – Lettre C

Challenge Gourmand, organisé par Titepomme

Challenge gourmand
2 : une boule en chocolat

Abandon, de Meg Cabot

Abandon, de Meg Cabot

Mon résumé

Pierce a vécu une expérience de mort imminente. Mais elle n’a pas seulement vu une lumière, elle a rencontré John, qui lui a proposé de passer l’éternité là-bas avec lui. Mais Pierce a réussi à s’enfuir et est revenue dans le monde des vivants. Elle essaye de retrouver une vie normale, mais John continue à faire irruption dans sa vie.

 

 

Mon avis

Première réaction : pff que c’était long ! Et pas très bien écrit, ou mal traduit, je ne sais pas. D’ailleurs, la traductrice est la même que celle de La Communauté du Sud et j’ai déjà entendu dire que les traductions laissaient un peu à désirer. Mais entre les expressions pour faire jeune (« énôrme », « c’est trop pas cool ») et les phrases qui n’en finissent pas, coupées à tout bout de champ par des parenthèses parfois mal ponctuées et des tirets, je dois dire que ma lecture n’a pas été des plus simples.

« Un peu comme elle préférait ignorer qu’elle était revenue à Isla Huesos pour approfondir ses recherches sur ses spatules roses adorées (Ça ressemble à des flamants roses, sauf que ça a le bec aplati comme une crêpe.) juste après que la plus grande catastrophe écologique de l’histoire – l’histoire des États-Unis, faut pas exagérer – eut bien failli les éradiquer. »

Sans parler du sentiment de ne pas toujours comprendre où l’auteure veut en venir. Pendant les cent premières pages, c’est vraiment la pagaille. On oscille entre présent, passé et futur, entre ce qu’il s’est vraiment passé, ce que Pierce pense maintenant et ce qu’elle pensait sur le moment. C’était très déroutant et ça ne m’a laissé qu’une impression de brouillon, d’idées mises les unes à côté des autres, et tant pis pour la chronologie.

Et puis, j’en ai vite eu marre d’être dans la tête de Pierce. Elle a son petit mot à dire sur tout ce qu’il se passe, sur tout ce qu’elle pense. En général, j’aime encore bien avoir accès aux pensées des personnages, mais ici, il y avait trop de parenthèses, trop de petites remarques inutiles, qui ne font qu’entraver la lecture. Il y avait un vrai manque de fluidité (ce n’est pas pour rien qu’il m’a fallu un mois pour le lire !)

Et enfin, après ¾ d’un livre assez fade, où il ne se passait pas grand-chose, l’histoire devient intéressante. Quand enfin, l’auteure a fini de nous expliquer ce qu’il est arrivé à Pierce et de préparer le terrain pour son intrigue, les choses peuvent vraiment commencer. Enfin un peu d’action, de retournements et d’amour.

« Impossible de penser au cimetière, aux Furies ou à la Nuit du Cercueil quand il m’embrassait comme ça. Impossible d’envisager qu’il puisse arriver quoi que ce soit. Jamais. J’avais la tête vide. Ou pleine. Pleine de lui.
Il a laissé sa bouche s’attarder là, sur la mienne. Pas de façon possessive, non, ni même tendre… juste comme si c’était sa place normale, comme si nos lèvres étaient faites pour s’épouser. »

Et puis, boum, fini.

Certains blogueurs défendent souvent ce genre de livre en disant qu’il sert d’introduction à la saga, qu’un premier tome se doit de poser des bases. Je ne suis pas d’accord. Pour moi, un livre doit se suffire à lui-même. Les bases doivent être posées, oui, mais pendant les quatre premiers chapitres. Je ne veux pas d’un livre qui serve de prologue à une saga, je veux être transportée par l’histoire dès le début, et c’est de ça que dépendra mon envie de continuer la saga. Ici, c’est raté !

Toutefois, petite note positive : l’idée de base est très séduisante. Meg Cabot s’est renseignée avant d’écrire son roman et nous intrigue avec son mythe d’Hadès et Perséphone revisité. Elle propose même en fin de roman un livre pour ceux qui s’intéressent aux Enfers de la mythologie grecque, et ça c’est une très bonne initiative !

Note : 4/10

Extras
Traductrice : Frédérique Le Boucher
Première publication : novembre 2011
Fiche Bibliomania
Meg Cabot déclare s’être intéressée aux divinités des Enfers,
et plus particulièrement au mythe d’Hadès et de Perséphone,
quand elle était encore au lycée.
C’est là que lui est venue l’idée de son livre Abandon.

Je remercie Babelio et les éditions Hachette pour ce partenariat.
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