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Indulgences, de Jean-Pierre Bours

Indulgences, de Jean-Pierre BoursQuatrième de couverture

Dans une Allemagne entre Moyen Âge et Renaissance, dans un monde que se disputent la peste et la lèpre, la famine et la guerre, une mère et sa fille doivent braver leur destin pour tenter de se retrouver.
1500, au cœur de la forêt saxonne, une femme abandonne son enfant avant d’être arrêtée pour sorcellerie.
Quinze ans plus tard, alors que les premiers feux de la Renaissance et de la Réforme commencent à briller sur Wittenberg, la jeune Gretchen ne sait pas encore que la quête de son identité l’amènera à croiser ceux qui sont en train d’écrire l’histoire, qu’il s’agisse de Luther, de Cranach ou du très mystérieux docteur Faust…

Nbr de pages : 416 / Éditeur : HC Éditions

Mon avis

J’avais quelques doutes avant de me lancer dans ce livre, car je lis peu de romans historiques. Mais ceux-ci se sont très vite envolés et je me suis plongée dans cette histoire passionnante ancrée dans la très sombre Allemagne du début des années 1500. J’y ai découvert une époque fascinante, que je ne connaissais que très peu : les débuts de l’imprimerie, les procès pour sorcellerie, les révoltes contre la corruption de l’Église, les ravages de la peste.

J’aime bien l’Inquisition, elle est une partie de cette Force qui veut toujours le Bien et fait toujours le Mal. Il fallait bien que J’en soit le greffier, non ?

Jean-Pierre Bours, auteur belge (liégeois de surcroît), connaît vraiment bien son sujet. On voit de suite qu’il s’est beaucoup documenté : il insiste sur certains détails et donne parfois des précisions dans de petites notes en bas de page pour que l’on sache ce qui est fiction et ce qui est historique. On rencontre par exemple des personnages comme Luther ou Faust (l’auteur m’a d’ailleurs donné très envie de découvrir Goethe et son mythe du docteur Faust !). Il parsème également son texte de mots allemands, qui renforcent la plongée du lecteur dans ces petits villages de l’époque.

Cela pourrait en refroidir certains, peu coutumiers du genre historique (comme moi), mais sachez que ce roman est vraiment très accessible et prenant. Jean-Pierre Bours parvient à nous intéresser à une multitude de détails historiques et les descriptions ne sont jamais trop envahissantes et quand il y en a, c’est vraiment intéressant (je pense notamment au passage concernant l’atelier d’imprimerie et son utilisation). Et puis, les deux héroïnes sont particulièrement attachantes et on ne peut rester de marbre face à leur destin. On passe sans cesse d’une histoire à l’autre, du procès d’une jeune femme jugée par des personnages abjects à la quête d’identité d’une adolescente, et jamais la monotonie ne s’installe.

Je suis passée par pas mal d’émotions : au comble du désespoir face à des gens bornés et stupides, ravie d’une belle histoire d’amour, irritée par la cruauté de l’un, charmée par la bonté de l’autre, et captivée par tous les détails que j’ai appris. Comme petit bémol, j’ai noté que tous ces personnages étaient finalement peu nuancés et manichéens (la jolie jeune fille irréprochable face au pire barbare qui soit), mais ça ne nuit pas particulièrement à ce roman, que j’ai lu d’une traite.

Note : 8,5/10

Extras
Première publication : novembre 2014
Fiche Bibliomania
En 1977, Jean-Pierre Bours a remporté le prix Jean Ray pour son recueil de nouvelles fantastiques : Celui qui pourrissait. Pour Indulgences, l’auteur est encensé par Amélie Nothomb, qui juge son roman passionnant et impressionnant.

« Je m’étais demandé comment affronter l’histoire. Un moment donné, je me suis dit que j’allais la faire raconter par Méphisto. Mais je me suis aperçu que cela devait alors l’être sur un mode ironique et que le pathos disparaîtrait. j’ai dès lors adopté un compromis : Méphisto n’est pas un narrateur, mais il intervient, il commente. En italique dans le texte. Comme dit l’imprimeur Franz, c’est le caractère du diable. »
Le Soir, 29-30 novembre 2014

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Challenge 1% Rentrée littéraire organisé par Sophie Hérisson

challenge 1% Rentrée littéraire6/6

Challenge 1 mois = 1 consigne, organisé par Nessa

Challenge 1 mois = 1 consigne
Novembre : Lire un livre choisi par quelqu’un d’autre

J’aurais préféré vivre, de Thierry Cohen

J'aurais préféré vivre, de Thierry Cohen

 

Quatrième de couverture

Le 8 mai 2001, jour de ses vingt ans, Jeremy se suicide. Victoria, la femme qu’il aime, l’a rejeté.
Le 8 mai 2002, il se réveille près de Victoria, folle d’amour pour lui.
Est-il vraiment mort ?
Jeremy devient alors le spectateur d’une vie qui lui échappe. Une vie étrange, dans laquelle sa personnalité est différente, change, évolue, l’inquiète.
Au fil des jours et des réveils, Jeremy va dérouler le fil d’un destin qu’il n’a pas choisi… le sien.

Nbr de pages : 224 / Éditeur : Pocket

Mon avis

Première découverte de Thierry Cohen et je suis très satisfaite de cette rencontre ! Le thème m’a plu instantanément et le contenu a été à la hauteur de mes espérances : je suis restée scotchée tout au long de ma lecture et j’ai rarement lu un roman aussi rapidement (Enfin, vous allez me dire, 224 pages…). En effet, difficile de s’arrêter, tant on va de surprise en surprise. La structure est telle qu’on se demande ce qui attend notre héros à chaque nouveau chapitre : à chaque réveil, Jérémy redécouvre sa vie tourneboulée sans qu’il sache ce qui s’est passé… C’est dans le même ordre d’idée que le film L’Effet papillon (que j’ai adoré).

Là où ça coince, c’est la dimension religieuse, le discours un peu prêchi-prêcha qui sert de conclusion : « Le suicide, c’est mal, la volonté divine s’abattra sur toi… ». Je caricature un peu, mais je ne voudrais pas pour autant vous faire fuir ! Je suis assez réfractaire à ce qui touche à la religion en général, et j’avoue que ces cinq dernières pages imbuvables m’ont un peu gâché la fin du roman. MAIS cette dimension est largement éclipsée pendant tout le roman par une histoire vraiment intrigante et originale. J’ai pris tant de plaisir à lire la folle aventure de Jérémy que je ne veux pas trop cracher sur cet aspect négatif. Je veux vous donner envie de passer outre, en toute connaissance de cause. Si moi, j’ai pu dévorer ce roman, je suis sûre que vous aussi, malgré ce seul défaut. Bref, tentez le coup ! (À la limite, arrêtez-vous un chapitre avant la fin, c’est tout aussi bien…)

À ce qu’il paraît, on compare souvent Cohen à Levy et Musso (deux auteurs que je lis avec plaisir, même si j’ai été déçue par plusieurs de leurs romans). Personnellement, ça ne m’a pas sauté aux yeux, si ce n’est que ce sont des auteurs français mêlant romance et fantastique, avec un style qui se lit très vite. L’histoire de Cohen ne m’a rappelé aucun livre, et la romance ne sert que de prétexte pour lancer la machine infernale qui va détruire la petite vie de Jérémy.

Note : 8/10

Extras
Première publication : mars 2007
Fiche Bibliomania
J’aurais préféré vivre est le premier roman de l’auteur. Il a obtenu le prix Jean d’Ormesson, récompense pour la capacité à défendre la langue française.
Thierry Cohen