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L’innocence des bourreaux, de Barbara Abel

L'innocence des bourreaux, de Barbara Abel

Quatrième de couverture

Joachim est au plus mal. Il est seul, plus personne pour l’aider. Le désespoir guette et il ne voit plus qu’une solution. Il prépare un flingue, une cagoule et sélectionne une petite supérette. Il n’aperçoit que quelques clients. Il imagine un braquage rapide et concis, sans effusion. Mais le destin en a décidé autrement…

Nbr de pages : 336 / Éditeur : Belfond

Mon avis

Barbara Abel fait partie des rares auteurs que j’apprécie tout particulièrement. Je l’ai découverte il y a presque dix ans et j’ai lu la grande majorité de ses romans, sans jamais être déçue. Alors bien sûr, l’annonce de son nouveau roman et les premiers avis élogieux m’ont donné envie de me jeter dessus à mon tour.

On retrouve la patte de l’auteur, sa façon très précise de décortiquer les sentiments humains, de nous faire entrer dans les chaumières des uns et des autres et de comprendre ces personnages qui, au final, sont comme vous et moi. On sait que très vite, tout va se recouper pour nous exploser à la figure, on sent la tension monter… et j’aime ça.

Malheureusement, cette fois, ça n’aura pas suffi. Il y a une petite part d’invraisemblance dans la plupart des romans de Barbara Abel, qui permet souvent une chute inattendue et un choc dont on se régale. Mais dans son dernier roman, on peine vraiment à y croire… Les réactions des protagonistes ne sonnent pas tout à fait justes. Et là où on se glisse d’habitude si facilement dans les chaussures de ses personnages, c’est plutôt l’incompréhension qui règne. Je ne lui en aurai peut-être pas tenu rigueur si la suite de l’histoire avait été à la hauteur, mais la deuxième moitié du roman nous entraîne dans un petit road-trip sans grands rebondissements. Fini la tension, les chocs, les chutes. Les révélations sont derrière nous et on termine le bouquin sans passion.

Cela n’est pas pour autant un mauvais livre, mais je suis déçue car je m’attendais au grand feu d’artifice. Sa lecture reste plaisante, et je l’ai d’ailleurs lu d’une traite, mais cela manque d’un dernier retournement de situation dont Barbara Abel a le secret. Contrairement au génial Duelle, ce dernier roman ne me restera pas longtemps en mémoire.

Note : 7/10

Extras
Première publication : mai 2015
Fiche Bibliomania
Barbara Abel est une auteure belge, avec une dizaine de romans à son actif. Son précédent roman, Derrière la haine, a reçu le Prix des lycéens de littérature belge cette année. Retrouvez mon avis ici.

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Challenge ABC 2015 organisé par Nanet

ABC20158 dans le challenge ABC 2015 – Lettre A

 Challenge Petit Bac organisé par Enna
Petit Bac 2015Mort : bourreau

Challenge 1 mois = 1 consigne, organisé par Nessa

ChallengeJuin : Lire un roman d’un auteur francophone

Challenge Haut en couleurs organisé par Addiction littéraire
Challenge Haut en Couleurs
15/15 : blanc

Un Hiver en enfer, de Jo Witek

Un Hiver en enfer, de Jo WitekQuatrième de couverture

Edward a grandi avec son père, brillant architecte. Sa mère, Rose, lointaine et fragile, revient un jour d’un long séjour en hôpital psychiatrique. Elle, qui n’a jamais su l’aimer, lui demande à présent de jouer le jeu de la famille soudée. Pour le jeune garçon, il est hors de question d’effacer toutes ces années privées de l’amour maternel. Il préfère se réfugier dans le monde virtuel des jeux vidéo. Tout bascule avec la mort accidentelle de son père. Il se retrouve seul dans un chalet avec cette mère haïe, qui soudainement l’étouffe d’affection et l’isole davantage. Un face-à-face terrible commence au cœur de l’hiver. Deux êtres. Deux folies. Au point de conduire au meurtre ? Qui entre eux deux dit la vérité ? Un seul, forcément…

Nbr de pages : 352 / Éditeur : Actes Sud Junior

Mon avis

J’en ai rarement croisé et celui-ci est mon premier : un thriller pour adolescents. On y retrouve tous les ingrédients que l’on aime découvrir dans un roman à suspense : une atmosphère sombre, une tension qui monte crescendo, des personnages captivants et ambigus et une chute inattendue.

L’intrigue ne regorge pas de grosses ficelles et de rebondissements en tout genre ; tout est dans l’évolution des personnages, de l’atmosphère paranoïaque, de la tension. L’histoire se met doucement en place, peut-être un peu trop lentement. Et cette lenteur se fait ressentir à plusieurs moments du récit, mais semble nécessaire pour bien comprendre chacune des facettes des deux personnages : d’un côté, Edward, délaissé toute son enfance par une mère distante et fragile psychologiquement, de l’autre, cette mère qui se découvre soudain un amour intense pour son fils, au point de l’étouffer, de le confiner chez eux, de jalouser son entourage et peut-être pire. Ce face-à-face entre mère et fils, presque sous forme de huis clos, est brillamment mené et on oscille sans cesse entre les hypothèses possibles : Edward perd-il la tête ou sa mère lui veut-elle vraiment du mal ? Jusqu’au dénouement…

Et Jo Witek ne se contente pas seulement de créer une ambiance oppressante et une intrigue prenante, elle essaie également d’introduire des thèmes particulièrement intéressants pour les jeunes : les jeux en ligne qui prennent parfois plus de place que la vie IRL, le racket et l’intimidation à l’école, le désespoir qui peut mener un enfant aux pires actes, le deuil et la perte d’un être cher. Je pense qu’Edward est un héros attachant auquel un ado peut facilement s’identifier.

J’enfoncerai le clou en vous disant que ce thriller m’a beaucoup fait penser à ceux de Barbara Abel dans le traitement des relations entre les personnages, de la montée en puissance de la haine, du choc final, de l’angoisse grandissante, de la lenteur nécessaire aux changements subtils dans le comportement des personnages. Je le recommande aussi bien aux adultes qu’aux jeunes lecteurs confirmés. Un très bon thriller psychologique !

Note : 8,5/10

Extras
Première publication : août 2014
Fiche Bibliomania
Jo Witek est une auteure française qui écrit surtout pour les ados. Son premier thriller, Peur express, m’intrigue beaucoup.
Dans une interview d’Actes Sud, elle déclare : « Ce roman fut difficile à écrire, je veux dire affectivement, car j’ai plongé dans la part obscure de la mère et, en tant que maman de deux fils − que j’ai eu la chance d’aimer dès leur arrivée dans ce monde −, ce ne fut pas de tout repos ! Mais c’est aussi ce que j’aime dans l’acte d’écrire, c’est une plongée permanente dans les cavernes humaines les plus obscures, cachées et terrifiantes… Un exercice aussi effrayant que jubilatoire, car il est bon de se faire peur ! »

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Challenge 1% Rentrée littéraire organisé par Sophie Hérisson

challenge 1% Rentrée littéraire3/6

Challenge ABC 2014 organisé par Nanet

ABC 2014
14 dans le challenge ABC 2014 – Lettre W

Challenge Petit Bac organisé par Enna
Challenge Petit Bac 2013
Gros mot : enfer

Challenge Haut en couleurs organisé par Addiction littéraire
Challenge Haut en Couleurs
11/15 : bleu clair

En toute confiance, d’Ann Rule

En toute confiance, d'Ann Rule4e de couverture

Dany et Joanne Lindstrom partent camper sur la côte ouest, mais l’escapade romantique tourne au cauchemar. Dany disparaît dans des circonstances mystérieuses et Joanne se retrouve livrée à elle-même, perdue dans une nature hostile. Son seul espoir réside dans un autre randonneur, qui lui propose de la guider jusqu’à la ville la plus proche. il semble bien connaître la forêt et ses dangers. La jeune femme n’a pas le choix : pour survivre, elle doit lui faire confiance…

 

Mon avis

Ann Rule, en plus d’être écrivain, collabore avec le FBI pour traquer des tueurs en série. Je m’attendais donc à un thriller très poussé et haletant. Hélas, En toute confiance est un thriller psychologique qui s’attache principalement aux liens entre un agresseur et sa victime. Il y a donc peu d’action, de suspence et j’ai été très déçue de cette lecture.

La quatrième de couverture en dit à la fois trop et pas assez. Ce n’est qu’une fois à la moitié du roman que, comme l’annonce le résumé, « Dany disparaît dans des circonstances mystérieuses » lors d’une escapade en forêt avec sa femme. Les 200 premières pages sont destinées à la présentation de « l’autre randonneur » qui, on le découvre tout au début, est un tueur en série déséquilibré. Ainsi, on sait à l’avance ce qui va arriver à Joanne et Dany avant même de les rencontrer, car le tueur a déjà échafaudé son plan. Il n’y a donc aucun suspence.
La suite du roman est trop axée sur le comportement de Joanne face à ce mystérieux randonneur, comportement que je n’ai jamais réussi à comprendre. Je n’ai dès lors pas eu d’empathie pour cette femme, selon moi un peu trop faible, sans réelle personnalité. Une proie facile.
La lecture est fluide malgré le manque d’action mais j’ai tout de même trouvé la relation entre Joanne et Dany un peu fade. C’est peut-être dû au fait que l’histoire se déroule en 1980. Par contre, le personnage de Sam, le coéquipier de Dany a une vraie profondeur et est très attachant. Pour moi, c’est lui le véritable héros de cette intrigue.

Ann Rule écrit en général des thrillers authentiques. Je ne sais pas si c’est le cas de En toute confiance, mais je n’accroche pas à ce genre de romans. Je préfère des histoires hors du commun, empreintes d’un peu plus de fantaisie. Je pense donc que ce livre plaira à d’autres, notamment à ceux qui s’intéressent à la psychologie, au syndrome de Stockholm et aux séquelles mentales qu’une agression peut entraîner.

Note : 3,5/10

Extras
Traductrice : Catherine Makarius
Titre anglais : Possession
Première publication en VO en 1983
Fiche Bibliomania

Je remercie Livraddict et les éditions Michel Lafon pour ce partenariat.
LivraddictMichel Lafon