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U4 : Koridwen, d’Yves Grevet

U4 : Koridwen, d'Yves Grevet

 

Mon résumé

Le virus U4 a tout ravagé sur son passage. Il ne reste plus que des adolescents de 15 à 18 ans, livrés à eux-mêmes dans un monde qu’ils ne reconnaissent plus. Quelques-uns gardent pourtant espoir, suite à un mail de Khronos, le maître d’un célèbre jeu en réseau, leur donnant RDV à Paris pour sauver le monde en remontant le temps. Koridwen fait des rêves étranges liés à ce fameux rendez-vous. Elle décide de partir pour Paris avec son cousin à bord d’un tracteur et de voir par elle-même ce que le destin lui réserve là-bas.

Nbr de pages : 362 / Éditeur : Nathan & Syros

Mon avis

Deuxième round pour la saga U4 ! J’avais passé un agréable moment avec Yannis, mais j’avais tout de même quelques réserves. Dans ce nouvel opus, j’espérais lire quelque chose de différent, qui ne serait pas redondant par rapport au tome sur Yannis, et qui m’apporterait certains éclairages sur l’univers, mais surtout sur ce fameux rendez-vous visant à remonter le temps pour sauver le monde. Et je ne suis pas déçue !

Mais j’avais beau avoir apprécié ma lecture de Yannis, deux mois plus tard, je n’avais pas particulièrement envie de me replonger dans l’univers d’U4. J’ai donc commencé ma lecture de Koridwen un peu à reculons. Mais très vite, cette héroïne a pris toute la place et j’ai découvert une histoire très différente de ce que j’avais déjà pu lire dans le tome précédent. Pas de longueurs cette fois, et une vraie dynamique qui donne envie d’engloutir les chapitres !

Koridwen est une battante, pleine de ressources et très attachante. Tout comme Yannis, elle réfléchit beaucoup, se remet en question, analyse ses sentiments et ses actes. Tous ces moments de relâche, de réflexion sont aussi intéressants que les rebondissements où la tension est palpable. Mais surtout, Koridwen a un secret. Elle aurait hérité des pouvoirs de guérisseuse de sa grand-mère, sa Mamm-gohz bretonne, qui veille sur elle et l’aiguillonne vers sa destinée à coups de signes et de symboles. Koridwen serait en fait la clé de l’histoire. On s’attache à elle, même si son histoire est difficile à croire… et pourtant petit à petit, on finit comme elle par croire qu’un retour dans le passé serait possible. Jusqu’au grand final.

J’ai aimé découvrir la culture bretonne, qui est presque un personnage à part entière de ce roman. L’autre point fort, c’est le personnage de Max, le cousin de Koridwen, dont elle décide de s’occuper. Max a un petit retard mental et va tour à tour nous émouvoir et nous agacer, ne réagissant pas toujours aux événements comme Kori le souhaiterait.

Si vous ne devez lire qu’un tome, choisissez celui-ci. Si vous souhaitez lire les 4 romans, gardez celui-ci pour la fin. Toute l’histoire semble reposer sur les épaules de Koridwen et toutes nos questions trouvent ici réponses. Le grand final tant attendu dans le tome sur Yannis a bien lieu cette fois et je ne regrette pas du tout cette nouvelle plongée dans cette histoire. Je pense avoir fait une très bonne pioche en lisant ces deux tomes d’U4 dans cet ordre : d’abord le questionnement avec Yannis, le point de vue masculin, très humain, le road-trip à travers la France, puis les réponses avec Koridwen, la situation à Paris, les nombreuses rencontres qui enfin nous mènent au rendez-vous du 25 décembre.

Note : 8/10

Extras
Première publication : août 2015
Fiche Bibliomania
Mon avis sur U4 : Yannis
Je découvre Yves Grevet avec ce roman, alors que ça fait très longtemps que j’ai envie de découvrir ses autres titres : Méto et Nox.
Découvrez la même histoire de base vue par les autres protagonistes :
Stéphane (de Vincent Villeminot), Jules (de Carole Trébor) et Yannis (de Florence Hinckel).

 

U4 - Auteurs

Nous, les enfants sauvages, d’Alice de Poncheville

Nous les enfants sauvages, d'Alice de PonchevilleRésumé de l’éditeur

Une fois la drôle de bête glissée dans son sac, Linka songea qu’elle allait peut-être s’attirer de gros ennuis. L’article 1 était explicite : toute personne en contact avec une vie non humaine devait l’éliminer. C’était ainsi depuis que l’épidémie de PIK3 avait décimé la population et provoqué l’abattage de tous les animaux du pays.
Non humaine, la bête l’était assurément, mais de quel animal s’agissait-il ? Même dans les vieux documentaires animaliers qu’on leur montrait à l’orphelinat, Linka n’avait jamais croisé ce drôle de poisson aérien qui changeait de forme à volonté. Elle l’avait appelée «Vive » et, malgré la surveillance constante dont elle faisait l’objet, la jeune fille était parvenue à la cacher.
Avec Vive à ses côtés, Linka se sentait étrangement plus forte et capable d’affronter les menaces qui l’entouraient : Mme Loubia et le professeur Singre, prêts à« reconditionner » Linka au moindre faux pas ; les Brigades vertes et les Fantassins, toujours à l’affût des déserteurs et des rebelles ; et ce mystérieux Docteur Fury, un vagabond qui cherchait à récupérer Vive…

Nbr de pages : 408 / Éditeur : Ecole des Loisirs

Mon avis

Voilà un des livres qui me tentaient le plus parmi la déferlante de nouveautés de cette rentrée littéraire. Je pensais bien ne pas me tromper en misant sur une dystopie qui, dès le résumé, me proposait un vrai ton, un univers mystérieux plein de tabous et une si jolie maîtrise des liens entre humains et animaux.

Et de fait, voici une dystopie comme je n’en avais encore jamais lue, poétique et réfléchie. Alice de Poncheville nous pousse à toutes sortes de questionnements sur notre monde, notre lien à la nature, nos tendances à choisir la solution de facilité, à ne pas considérer les choses de plusieurs points de vue. Elle nous propose d’avoir un autre regard sur notre façon de vivre avec ce roman qui est surtout une petite fable écologique et philosophique, servie par une plume magnifique.

Elle tenta d’imaginer à quoi ressemblait l’époque où l’on consommait de la viande. Tuer des animaux pour les manger lui paraissait d’une violence inouïe. Cependant, elle prit subitement conscience d’un paradoxe : aujourd’hui, on ne les tuait plus, mais ils n’existaient plus. Valait-il mieux qu’ils existent, bien que ce fût pour être mangés ? Un autre paradoxe la fit réfléchir : depuis la disparition des animaux d’élevage, l’air était beaucoup plus sain. Il fallait se rappeler qu’avant l’arrivée du PIK3 la pollution liée à l’élevage des bêtes et à la culture de leur nourriture dépassait de loin la pollution des voitures et des usines. C’était un fait. Mais la vie… Linka se demanda si l’on ne pouvait pas trouver un moyen de laisser la place aux animaux, à la vie même, sans rien lui demander en échange.

Mais il a malheureusement aussi un gros défaut : il manque cruellement de rythme. Il y a de nombreux passages pleins de risques et d’aventures, et pourtant cela manque de rebondissements, de suspense. On se pose en spectateur de cette société contrôlée, de ces vies un peu fades, de ce début de soulèvement, sans en faire vraiment partie, comme si l’auteure voulait nous tenir un peu à distance. On a beau s’attacher aux trois jeunes héros, qui nous racontent tour à tour leur vie et leur vision de ce monde à l’agonie, on ne souffre pas vraiment avec eux. Pourtant, tout y est : mystère, réflexion, écriture, personnages charismatiques, originalité, aventures. Peut-être manque-t-il le liant ? Peut-être cette distanciation est-elle voulue ? Peut-être…

Il n’empêche que j’en garde un beau souvenir, de cet hymne à la nature. Ce n’est pas le genre de livres qu’on dévore, avide de connaître le fin mot de l’histoire, mais on ressort grandi de cette lecture qui nous parle de valeurs, de respect et de responsabilités.

Ils restèrent un instant enlacés, puis se séparèrent, comme ivres. Les embrassades étaient devenues si rares qu’on en sortait vacillant.

Note : 7,5/10

Extras
Première publication : septembre 2015
Fiche Bibliomania
Inteview d’Alice de Poncheville sur le blog Les trois brigands :
« Comment vivez-vous le travail d’écriture ?
C’est un grand voyage. On entre dans un monde, on est en conversation avec ses personnages. On est dans la retranscription de ce monde intérieur, dans un flux de pensée. Quand j’écris un livre, le monde qui est dans ma tête me protège du reste.« 

U4 : Yannis, de Florence Hinckel

U4 : Yannis, de Florence Hinckel

 

Mon résumé

Le virus U4 a tout ravagé sur son passage. Il ne reste plus que des adolescents de 15 à 18 ans, livrés à eux-mêmes dans un monde qu’ils ne reconnaissent plus. Quelques-uns gardent pourtant espoir, suite à un mail de Khronos, le maître d’un célèbre jeu en réseau, leur donnant RDV à Paris pour sauver le monde en remontant le temps. Yannis n’a plus rien à perdre et décide de quitter Marseille avec son fidèle chien, Happy, pour se rendre à ce fameux RDV.

Nbr de pages : 401 / Éditeur : Nathan & Syros

Mon avis

Alors, qu’en est-il de ce fameux phénomène de la rentrée, projet ambitieux à huit mains ? De mon point de vue, l’idée de ces 4 romans se liant et se répondant est vraiment originale et surtout, elle fonctionne bien. Après avoir lu une de ces histoires, l’envie de découvrir les autres est bien présente. Car on ne veut pas en rester là. On veut avoir des réponses aux questions qui perdurent, on voudrait assembler toutes les pièces du puzzle. À la fin de cette première histoire, il reste encore de nombreux points d’interrogation, mais ça tombe sous le sens ; il faut bien titiller la curiosité et pousser le lecteur vers les trois autres versions de ce monde qui dépérit.

Florence Hinckel a trouvé le bon équilibre entre action et temps mort, entre moments de réflexion et tension. Mais surtout, elle parvient à nous décrire un héros attachant, avec de jolies valeurs. Un héros dans lequel on se glisse facilement et qu’il est agréable de suivre, autant à travers les courses poursuites que ses périodes d’introspection et ses analyses du monde et des personnes qui l’entourent.

Si le concept apporte un vrai plus, il n’en reste pas moins que l’univers proposé (le virus qui ne touche qu’une tranche d’âge, le régime totalitaire qui tend à s’imposer, l’apocalypse qui pousse les humains à retourner à leur état le plus primaire, etc.) n’a rien de bien innovant. On ressent aussi quelques longueurs, et au final, je n’ai pas été tenue en haleine par ce périple à travers la France. Mais surtout, il me semble difficile de gober que nos héros soient aussi vite convaincus qu’un saut dans le passé pour sauver le monde soit possible… À croire que l’abus de jeux vidéo peut véritablement endommager le cerveau… ? 😉 Blague à part, cette petite touche de fantaisie qui est quand même l’élément déclencheur de base me semble un peu légère. Je comprends tout à fait qu’une réunion de joueurs offre une dernière lueur d’espoir à des jeunes démunis, livrés à eux-mêmes, sans but. Mais de là à vraiment croire qu’on peut remonter dans le temps… Mouais.

En bref, j’ai passé un moment agréable avec Yannis, malgré quelques réserves. Pour moi, un roman ne suffit pas à bien saisir l’ampleur du phénomène U4 et je compte bien découvrir prochainement un deuxième roman. Mais lequel choisir ? Stéphane pourrait apporter un éclairage intéressant sur certains rebondissements, mais j’ai un peu peur de l’effet redondant tant les deux personnages sont étroitement liés pendant les trois quarts de l’histoire. Je compte plutôt découvrir la version de Koridwen, que j’ai à peine eu le temps de rencontrer. Avec elle, qui croit dur comme fer au rendez-vous de Khronos et au voyage dans le passé, tout s’éclairera peut-être et nous aurons peut-être droit à une autre fin, qui répondra aux quelques interrogations soulevées dans ce livre-ci.

Je vous en dirai donc bientôt plus et je saurai si après deux romans, l’histoire tend à s’essouffler ou si l’envie de découvrir les 4 points de vue est bien là.

Note : 7,5/10

Extras
Première publication : août 2015
Fiche Bibliomania
Découvrez la même histoire de base vue par les autres protagonistes :
Stéphane (de Vincent Villeminot), Jules (de Carole Trébor) et Koridwen (d’Yves Grevet).

U4 - Auteurs