Archives de Catégorie: Fantastique

Lady Helen, tome 1 : Le Club des Mauvais Jours, d’Alison Goodman

Lady Helen, tome 1 : Le Club des Mauvais Jours, d'Alison GoodmanRésumé de l’éditeur

Londres, avril 1812. Lady Helen Wrexhall s’apprête à faire son entrée dans le monde. Bientôt, elle sera prise dans le tourbillon des bals avec l’espoir de faire un beau mariage. Mais d’étranges faits surviennent qui la plongent soudain dans les ombres de la Régence : une bonne de la maison disparaît, des meurtres sanglants sont commis et Helen fait la connaissance de lord Carlston, un homme à la réputation sulfureuse. Il appartient au Club des mauvais jours, une police secrète chargée de combattre des démons qui ont infiltré toutes les couches de la société. Lady Helen est dotée d’étranges pouvoirs mais acceptera-t-elle de renoncer à une vie faite de privilèges et d’insouciance pour basculer dans un monde terrifiant ?

Nbr de pages : 576 / Éditeur : Gallimard Jeunesse / Titre VO : Lady Helen :The Dark Days Club

Mon avis

C’était un pari un peu risqué ce mélange des genres… Dans ce roman, on retrouve aussi bien des robes d’époque, des bals, des mariages arrangés que des créatures démoniaques, des disparitions mystérieuses, des pouvoirs surnaturels et des meurtres odieux. Je n’avais encore jamais rien lu de tel, et bien qu’il m’ait fallu un petit temps d’adaptation au début, je me suis finalement régalée jusqu’aux dernières pages, regrettant de devoir attendre longtemps une suite.

Les premiers chapitres sont consacrés en très grande partie au contexte historique, aux petits détails du début des années 1800 qui nous immergent d’un coup dans l’époque : les promenades des jeunes filles dans les parcs, les commérages entre serviteurs, les visites de courtoisie, l’introduction des demoiselles à la Cour, les présentations à la reine, les spéculations autour des futurs mariages. Tout cela peut paraître un peu long, mais le mystère n’en est pas moins disséminé dès les premières pages. Lady Helen se découvre très vite des aptitudes bien particulières et un certain Lord Carlston tente de s’immiscer à tout prix dans sa vie sans que l’on comprenne très bien ses intentions. Mais il faudra pourtant attendre encore un moment avant de basculer dans le fantastique pur et dur.

Outre un contexte richement décrit, un soin spécial est apporté aux personnages et à leurs relations. J’ai trouvé le trio amoureux plein d’élégance et de charme, mais avec une pointe de mordant qui m’a collé un sourire aux lèvres plus d’une fois. Étant donné les mœurs de l’époque, tout se passe dans le regard et durant les rares interactions autorisées entre demoiselles et jeunes hommes. Le cadre historique rend le tout particulièrement savoureux et on ressent une vraie tension entre les personnages.

Malgré quelques baisses de régime au niveau du rythme et une histoire parfois un peu trop fantasque, la sauce prend merveilleusement bien. Si vous êtes ouverts aux découvertes atypiques, une jolie surprise vous attend. (Et puis, ce serait bête de rater l’occasion d’exposer un si beau livre dans sa bibliothèque.)

Note : 8/10

Extras
Traducteur : Philippe Giraudon
Première publication : août 2016
Fiche Bibliomania
Alison Goodman dit avoir fait beaucoup de recherches sur l’époque de la Régence et avoir « travaillé dur pour reconstituer aussi précisément que possible le Londres de 1812 et sa société, et pour respecter la réalité des événements se déroulant à l’arrière-plan de l’action du roman » mais elle avoue avoir pris quelques libertés qu’elle énumère en fin d’ouvrage. J’adore ce genre de notes de l’auteur !

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Harry Potter et l’enfant maudit, par J.K. Rowling, Jack Thorne et John Tiffany

Harry Potter et l'enfant maudit

Résumé de l’éditeur

Être Harry Potter n’a jamais été facile et ne l’est pas davantage depuis qu’il est un employé surmené du ministère de la Magie, marié et père de trois enfants. Tandis que Harry se débat avec un passé qui refuse de le laisser en paix, son plus jeune fils, Albus Severus, doit lutter avec le poids d’un héritage familial dont il n’a jamais voulu. Le destin vient fusionner passé et présent. Père et fils se retrouvent face à une dure vérité : parfois, les ténèbres surviennent des endroits les plus inattendus.

Nbr de pages : 330 / Éditeur : Little, Brown and Company / Titre VO : Harry Potter and the Cursed Child

Mon avis

Il sort dans quelques jours en français, mais comme beaucoup, je n’ai pas pu résister à la tentation de le découvrir au plus vite et de le lire donc en anglais. Le suspense était à son comble, allais-je retomber en enfance et retrouver la magie des romans ? La fan que je suis ne pouvais en tout cas pas passer à côté de cette lecture, quelles que soient les attentes. Et finalement, des attentes, j’en avais très peu. Je souhaitais juste me replonger dans un univers que j’aime, retrouver des personnages que j’aime et je ne savais pas du tout à quoi m’attendre, si ce n’est une histoire basée sur le fils de Harry Potter qui vit mal la célébrité du papa.

Alors… plein de questions se bousculent sans doute dans vos petites têtes et je vous propose dès lors une chronique sous forme de questions/réponses !

1) Une nouvelle histoire dans l’univers, c’est génial… Mais, en pièce de théâtre, ça fonctionne quand même ?

Évidemment, on est habitué aux romans et ce nouveau format peut être désarçonnant pour les personnes peu férues de théâtre. Personnellement, je lis peu de pièces et c’est vrai que je redoutais un peu de ne pas vivre l’histoire aussi facilement… mais il n’en fut rien. Du tout. Les dialogues rendent l’histoire très dynamique et il y a quelques détails visuels pour la mise en scène qui permettent de s’imaginer parfaitement le déroulement de l’intrigue. Après quelques pages, on est pris dans l’histoire et on ne fait même plus attention au fait qu’on lit un script. Par contre, il y a des grands discours déclamatoires très… théâtraux qui ne passent pas toujours tip top à l’écrit et on sent alors le côté très oral du texte, destiné avant tout à être vu, plutôt que lu. Et du coup, ça donne super (super) fort envie de voir la pièce qui doit être tout simplement grandiose ! À plusieurs reprises, on se demande ce que telle situation pourrait donner sur une scène de théâtre, comment ils ont pu rendre tel retournement sans les effets spéciaux des films, etc. Bref, ça doit valoir le coup d’œil et je ne rêve plus que de pouvoir découvrir la pièce à Londres (qui affiche déjà complet jusqu’à l’été 2017 !).

2) Harry Potter écrit en grande partie par quelqu’un d’autre que J.K. Rowling, ça dénote ?

J.K. était vraiment une experte au niveau des descriptions, qui étaient très visuelles dans ses romans, et elle n’avait pas son pareil pour nous plonger dans un univers fantastique travaillé. Et puis, il y avait un « je ne sais quoi » de tendre et d’amusant dans sa plume qui nous donnait toujours le sourire. En lisant cette nouvelle histoire, je me suis dit qu’on sentait bien que ce n’était pas elle… Cela manque clairement de finesse et de rigueur. Pourtant, on retrouve de nombreuses touches d’humour « à la Harry Potter », ainsi que beaucoup de tendresse. Mais, comme la forme est différente, tout en dialogues, le décalage n’est pas saisissant et c’est loin d’être mal écrit.

3) D’accord, mais l’histoire, elle tient la route ?

Oui, vraiment ! J’ai été étonnement surprise par la richesse de l’histoire, par les nombreux revirements de situation et l’originalité avec laquelle les scènes s’enchaînent ! Contrairement à certains, je n’ai jamais lu de fanfictions, du coup, je ne savais vraiment pas à quoi ça pouvait ressembler une histoire tirée de l’univers d’Harry Potter. Je m’attendais plutôt à une petite histoire gentille, sans grands remous, sur la vie à Poudlard dix-neuf ans plus tard, vécue avec difficulté par Albus Potter. Et si ce nouveau livre m’a tant plu, c’est indéniablement parce que je ne savais rien de ce qui allait se dérouler sous mes yeux. Et justement, j’en ai pris plein la vue ! Je vous réponds donc oui à cette question, mais je ne vous en dirai pas plus pour ne pas vous gâcher le plaisir.

4) Cette huitième histoire, elle est accessible à tous ?

Pour moi, elle est un superbe bonus pour les millions de fans de Harry Potter. C’est pour eux que cette pièce a été écrite et c’est clairement du « fanservice ». Très peu de nouveauté niveau univers, on reprend tout ce qu’on connaît niveau lieux, sorts et personnages et on en fait une nouvelle histoire. Étant donné le nombre de clins d’œil et de références explicites aux autres romans, ce nouveau livre séduira difficilement les nouveaux lecteurs qui risqueraient de s’y perdre. Mais bon, à notre époque, qui ne connaît pas encore Harry Potter ?! Mais comme l’univers et l’intrigue sont moins sombres et moins complexes que dans les romans, cela pourrait être une chouette façon de commencer la lecture pour les jeunes lecteurs qui n’auraient vu que les films !

5) Oui, mais ce qu’on veut vraiment savoir, c’est si cette suite était une bonne idée… Est-ce qu’on retrouve l’étincelle ? La magie est-elle toujours intacte ?

Quand on est aussi attaché à un univers, on ne peut que se réjouir de pouvoir s’y replonger… Cette suite, elle mise beaucoup sur cet attachement : c’est un vrai plaisir de retrouver des personnages qu’on adorait et de découvrir comment ils ont évolué, d’avoir des informations supplémentaires sur des héros disparus trop tôt. Et puis, les deux héros principaux sont très attachants et l’humour piquant est au rendez-vous. Cette pièce remplit tout à fait sa fonction de suite nostalgique pour les amoureux de Harry Potter et oui, étincelle il y a. De là à dire que la magie est intacte, peut-être pas… On est quand même plusieurs niveaux en-dessous des romans, qui avaient entraîné une véritable révolution dans la littérature jeunesse ! Et en aucun cas, on ne saurait retrouver cette exacte magie, celle de la découverte d’un univers aussi riche et passionnant.

6) Bon alors, pas déçue ?

Personnellement, je suis ravie et cette histoire a répondu à toutes mes attentes et plus encore. Ça n’empêche pas à ce livre d’avoir des défauts, mais on aime tant l’univers qu’on y est presque aveugle. Cela manque peut-être un peu de sang frais et d’inventivité dans le sens où on connait déjà tout et tout le monde, mais l’intrigue m’a emmenée là où je ne l’attendais pas, m’a fait revivre des scènes connues d’un autre œil et a rendu un très bel hommage à certains personnages. Je referme le livre avec un grand sourire en espérant voir un jour la pièce !

Note : 8,5/10

Extras
Traduction : Jean-François Ménard
Première publication : juillet 2016 (VO) – octobre 2016 (VF)
Fiche Bibliomania
Petite auto-promotion : venez retrouver la magie Harry Potter lors de notre soirée pour le lancement du livre en français le 13 octobre à partir de 20 h à la librairie La Parenthèse à Liège ! Toutes les infos ici.

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La Passe-miroir, de Christelle Dabos

 La Passe-miroir, tome 1 : Les Fiancés de l'hiver, de Christelle Dabos La Passe-miroir, tome 2 : Les Disparus du Clairdelune, de Christelle Dabos

Résumé de l’éditeur

Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l’Arche d’Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. À quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d’un complot mortel.

Nbr de pages : 528 + 560 = 1088 / Éditeur : Gallimard Jeunesse

Mon avis

Garanti sans spoilers !

Joie ! Délice ! Jubilation ! Voilà ce que l’on ressent quand on lit la Passe-miroir et qu’on se délecte de cet univers richissime, plein de détails et de surprises, qu’on se lie d’amitié avec toutes sortes de personnages plus farfelus et épatants les uns que les autres. Bref, cette saga géniale file tout droit dans mes coups de cœur et je vous invite grandement à la découvrir par vous-même ; vous ne serez pas déçus !

On dit souvent des vieilles demeures qu’elles ont une âme. Sur Anima, l’arche où les objets prennent vie, les vieilles demeures ont surtout tendance à développer un épouvantable caractère. Le bâtiment des Archives familiales, par exemple, était continuellement de mauvaise humeur.

Tout dans cette histoire prête à l’émerveillement. Les premiers chapitres nous plongent dans un monde éclaté constitué d’arches et de familles gigantesques aux pouvoirs surprenants. La jeune Ophélie peut lire le passé des objets (qui deviennent parfois de vrais personnages à eux tout seuls tant ils sont influencés par les émotions de leur propriétaire) ou passer à travers les miroirs pour se rendre d’un endroit à un autre. Sa vie bascule lorsqu’elle est forcée d’épouser un homme froid et énigmatique et de quitter son arche pour le Pôle et sa cour, où fourmillent toutes sortes de complots, d’alliances et de meurtres. Pas facile de distinguer le vrai du faux dans une arche où les puissants peuvent créer des illusions phénoménales, cachant aux yeux de tous la réalité.

– La cour ! souffla Roseline en grattant le papier de sa plume. Un bien joli mot pour désigner une grotesque scène de théâtre où les coups de poignard se distribuent dans les coulisses.

Une fois embarqués à la Citacielle avec Ophélie, on ne lâche plus le livre. Christelle Dabos a un vrai talent de conteuse et qu’est-ce qu’elle écrit bien ! Elle insuffle à son histoire plein de mystère et distille les réponses au compte-goutte : à chaque fin de chapitre, on a envie d’enchaîner, d’en savoir plus. Mais surtout, on est sans cesse surpris par la tournure des événements, l’auteure nous entraîne là où on ne s’y attend pas et ça, qu’est-ce que c’est bon ! Sans parler de la multitude de personnages inventés, qui apportent chacun un petit plus. On a beau ne pas savoir sur quel pied danser avec eux, je les adore tous, que ce soit Thorn, l’intrigant fiancé d’Ophélie, Archibald, l’ambassadeur coquin et frivole, ou les tantes Bérénilde et Roseline, froides aux premiers abords mais qui nous touchent en plein cœur au fur et à mesure qu’on découvre leur fragilité.

C’est une saga aboutie, réfléchie, fascinante. On reprend sa lecture, en fin de journée avec avidité. C’est comme se glisser dans un cocon moelleux, dans lequel on sait qu’on va passer des heures délicieuses à se prélasser. Voilà ce que je ressens chaque fois que je me replonge dans la Passe-miroir. C’est rare que j’enchaîne un tome 2 directement à sa sortie, mais là impossible de résister tant j’aurais aimé que le tome 1 ne s’arrête jamais… Les deux romans sont aussi remarquables l’un que l’autre ; on continue de découvrir le monde des arches et toutes ses subtilités, avec de nouvelles intrigues, de nouveaux questionnements et encore plus d’interactions entre Ophélie et Thorn (miam miam !).

Quelle horreur quand je pense qu’il faudra encore attendre des mois, peut-être des années avant la suite… Mon conseil sera donc : lisez cette saga ! Mais attendez peut-être quelques années qu’elle soit achevée. Non allez qu’est-ce que je raconte, foncez !

Note : 9,5/10

Extras
Première publication : tome 1 – juin 2013 / tome 2 – octobre 2015
Fiche Bibliomania
Christelle Dabos prévoit 4 romans pour sa saga.
Ses inspirations : Marcel Aymé, J.K. Rowling, Philip Pullman,
Hayao Miyazaki, Alice au pays des merveilles.
Lieu de résidence : La Belgique !
« J’ai grandi sur la Côte d’Azur, mais je vis actuellement en Belgique, un pays qui m’inspire énormément pour écrire : la pluie, les maisons, les gens… La Passe-miroir est née ici. »
(suite de l’interview par Vavi ici)

Gregor, tome 1 : La Prophétie du Gris, de Suzanne Collins

Gregor, tome 1 : La Prophétie du gris, de Suzanne Collins

 

Mon résumé

Grégor et sa petite soeur, Moufle, se retrouvent aspirés sous terre dans un monde mystérieux où évoluent différents peuples : des humains à la peau blême et aux yeux violets, des chauves-souris qui leur servent à l’occasion de monture, des cafards au langage étrange et d’affreux rats. L’arrivée des Surterriens va mettre en branle tout ce petit monde et déclencher une mystérieuse prophétie dont Grégor semble être le héros.

Nbr de pages : 307 / Éditeur : Le Livre de Poche / Titre VO : The Underland Chronicles, book 1 : Gregor the Overlander

Mon avis

Suzanne Collins, ça vous dit quelque chose ? Et comment ! Alors, évidemment que j’avais envie de découvrir l’autre saga de l’auteur de Hunger Games, mais j’avais quelques appréhensions. Et finalement, c’est une superbe découverte ! Certains ont pointé le caractère jeunesse, voire enfantin de ce roman, mais pour ma part, je l’ai trouvé particulièrement riche, prenant et bien écrit pour attirer aussi bien les jeunes lecteurs que les grands ados que nous sommes restés.

Suzanne Collins ne m’a nullement déçue. Elle a tout mis en œuvre pour nous immerger dans un univers travaillé et étonnant. J’ai découvert avec émerveillement le Souterre, peuplé d’immondes créatures : des cafards, des chauves-souris, des rats… géants. Un monde fantastique qui fait froid dans le dos, jusqu’à ce qu’on apprenne à connaître toutes ces tribus, aux mœurs et parfois langages différents. Nous sommes accompagnés dans notre périple par le jeune Grégor et sa petite sœur de deux ans, Moufle, qui est absolument adorable, n’a peur de rien et s’émerveille de tout. Elle ajoute à cette histoire une note de fraîcheur et d’humour inattendue. Car tout n’est pas rose là en bas : la guerre gronde et Grégor va se retrouver mêler à une prophétie bien étrange.

— Moi fait caca ! s’écria Moufle avec son à-propos coutumier. Moi fait caca, Guégo !
— Aaah. Venir plus près pouvons-nous, venir plus près ? demanda le cafard, balayant délicatement d’une patte l’espace devant lui.
— Nous ? répondit Gregor.
C’est à ce moment-là qu’il aperçut autour d’eux d’autres formes sortant de l’obscurité. Les bosses lisses et sombres qu’il avait prises pour des pierres étaient en fait les carapaces d’une douzaine de cafards géants. Il se pressèrent avidement autour de Moufle, agitant leurs antennes et frissonnant de plaisir.
Moufle, qui adorait les compliments, sentit instinctivement qu’on l’admirait. Elle leva ses bras potelés vers les énormes insectes.

Il est vrai que cette histoire reste relativement classique, avec sa quête regroupant des membres de chaque clan, sa prophétie mystérieuse, ses notions de respect, d’entraide et de bravoure, ses clins d’œil à de grands classiques comme Le Seigneur des Anneaux ou Arthur et les Minimoys. Mais sans être révolutionnaire, il y a une véritable richesse dans cette histoire qui ne souffre d’aucun temps mort. On saute d’une surprises à l’autre, on s’attache énormément aux personnages et on croise les doigts avec eux pour que tout finisse bien. Pour moi, ce fut vraiment une lecture passionnante et j’en redemande !

Note : 9/10

Extras
Excellente traduction de : Laure Porché
Première publication : 2004 (VO), 2012 (VF)
Fiche Bibliomania
Il existe déjà 5 tomes à cette saga,
mais ce roman met un vrai point final à son intrigue et peut se lire indépendamment.
Interview de Suzanne Collins concernant sa série Grégor ici.
– Of all the places Gregor could have traveled to, why the Underland ?
I liked the fact that this world was teeming under New York City and nobody was aware of it. That you could be going along preoccupied with your own problems and then whoosh! You take a wrong turn in your laundry room and suddenly a giant cockroach is right in your face. No magic, no space or time travel, there’s just a ticket to another world behind your clothes dryer.

Locke & Key, de Joe Hill et Gabriel Rodriguez

Mon résumé

À la suite du meurtre de leur père, Bode, Tyler et Kinsey Locke emménagent avec leur mère à Keyhouse, la maison d’enfance du défunt, située à Lovecraft. Ils vont rapidement découvrir une série de clés dotées de propriétés surnaturelles incroyables. La famille Locke tente de laisser derrière elle ses démons et de prendre un nouveau départ, mais c’est sans compter un être mystérieux et malfaisant, qui semble très intéressé par la famille Locke et leurs clés… Il n’hésitera pas à utiliser tous les moyens possibles pour arriver à ses fins, du plus astucieux au plus abominable.

Éditeur : Milady Graphics / Titre VO : Locke & Key

Mon avis  *garanti sans spoiler*

Je lis de plus en plus régulièrement des BD, sans y trouver vraiment mon bonheur. Elles me semblent souvent trop courtes, l’histoire survolée, manquant de détails… Je n’arrive pas à m’attacher suffisamment aux personnages, tout se déroule trop vite et voilà que c’est déjà terminé. Bref, je ne ressens pas les mêmes émotions qu’en me glissant dans un bon gros bouquin. Sauf que voilà, il y a Locke & Key. Une saga de 6 comics d’environ 170 pages chacun. Et là, je peux vous dire qu’on ne ressort pas indemne de cette histoire et que des détails, des émotions, de la complexité, il y en a à revendre. En un mot, c’est trop méga-giga-bien !

L’un des principaux attraits de Locke & Key, c’est son originalité. L’idée de ces clés magiques est géniale et utilisée avec brio ; chacune d’entre elles a un rôle à jouer. Chaque détail a son importance. Certains, a priori négligeables, finissent tôt ou tard par prendre tout leur sens, parfois plusieurs tomes plus loin. Tout se tient parfaitement, chaque page des six tomes formant une pièce d’un gigantesque puzzle. Et tout au long de la série, le suspense reste présent, au fur et à mesure que les pièces s’imbriquent les unes dans les autres. Joe Hill a vraiment des idées démentes et se place en digne héritier de son père, Stephen King, avec qui il semble partager certains thèmes de prédilection.

L’autre grande force de Locke & Key, c’est la qualité des illustrations. Le dessin est très réaliste, parfois cru et certaines scènes sont très violentes, ce qui renforce encore la tension. Les dessins précis de Gabriel Rodriguez fourmillent d’éléments qui étayent les dialogues et apportent une multitude d’indices. Le dessinateur parvient aussi à faire transparaître, dans les traits des personnages, toute une gamme de sentiments, d’états d’esprit. Il suffit au lecteur d’un coup d’œil pour comprendre ce qu’ils ressentent. Les personnages constituent d’ailleurs une autre qualité marquante du comics. Ils tous sont fouillés, ont une personnalité bien définie, des sentiments qui les rongent, etc. Ils sont extrêmement attachants et suscitent véritablement la compassion du lecteur qui ne peut qu’être touché par ces êtres blessés par un destin qui s’acharne.

Une histoire originale, une ambiance fantastique et sombre, un suspense omniprésent, des personnages qui ne laissent jamais de marbre, un dessin de haut vol servant parfaitement le récit : tous les ingrédients sont réunis pour garantir quelques heures d’agréables frissons aux lecteurs de la série.  Je sais donc qu’il est possible de tomber sur des pépites en BD et je ne désespère pas de retrouver ce genre d’émotions et d’avidité de lire avec d’autres. Je n’ai qu’une chose à ajouter, lisez cette série géniale – d’une traite si possible, pour ne rien rater !

Note : 9,5/10

Extras
Traducteur : Maxime Le Dain
Première publication : novembre 2010-avril 2014
Fiche Bibliomania
En 2011, Joe Hill a reçu le prix Eisner du meilleur scénariste et Gabriel Rodriguez a été nominé dans la catégorie « meilleur dessinateur ». En 2012, ils remportent le prix British Fantasy du meilleur comics.
Ma chronique de Cornes, de Joe Hill.
N’hésitez pas à me conseiller vos BD préférées !

Archie Greene et le secret du magicien, de D.D. Everest

Archie Greene et le secret du magicien, de D.D. Everest

Mon résumé

Archie Greene vit avec sa grand-mère et a toujours rêvé d’aventures. Le jour de ses douze ans, il reçoit un étonnant grimoire et une lettre lui révélant l’existence d’une librairie étonnante à Oxford, où il est attendu sur-le-champ. C’est le début d’un intrigant périple où il découvrira qu’on lui a caché bien des choses. La magie est toujours bien présente et il fait partie des gardiens de la flamme d’Alexandrie, qui veillent sur les livres magiques.

Nbr de pages : 371 / Éditeur : Bayard Jeunesse / Titre VO : Archie Greene and the Magician’s secret

Mon avis

Alors bien sûr, on pense à Harry Potter, avec ce monde magique en marge du nôtre, la lettre qui arrive pour le douzième anniversaire, le statut d’orphelin du jeune héros, mais on s’en détache très vite pour se laisser porter par les aventures d’Archie, apprenti relieur dans une librairie assez particulière…

Je craignais un peu que cette lecture soit trop simpliste et finalement, quelle bonne surprise ! L’univers proposé est vraiment bien réfléchi et très original. L’auteur a imaginé des dizaines d’objets magiques, de livres fantastiques aux propriétés étonnantes, de métiers inattendus, le tout mêlé à une histoire de collectionneurs remontant à Alexandre Le Grand et à l’incendie de la bibliothèque d’Alexandrie. On sourit aux nombreux clins d’œil et on s’émerveille devant toutes ces trouvailles : les Livres Captivants qui peuvent nous happer entre leurs pages, le loup-flamme, mi-loup mi-dragon, le Livre de Jadis qui nous révèle le passé, les livres pop-up d’où jaillissent chevaliers et bêtes féroces, les Terribles Tomes qui pourraient bien détruire notre monde à coups de magie noire et bien d’autres surprises vous attendent.

Ce livre est parfait pour les bons petits lecteurs dès 9 ans qui n’oseraient pas encore se lancer dans la grande saga d’Harry Potter. Les aventures d’Archie Greene et de ses cousins Ronce et Chardon s’enchaînent rapidement et promettent de nombreuses péripéties. Pour les moins jeunes par contre, cela manquera sans doute de nuances et de subtilité. Tout est dit clairement pour mettre le héros sur la piste et les petites réflexions en fin de chapitre laissent souvent peu de place aux doutes. Pour le coup, on est loin des intrigues intelligentes et complexes d’Harry Potter.

Mais je ne cache pas pour autant mon plaisir ! Ce petit roman est prenant, intrigant, plein de mystère, de fantaisie, de magie et bien sûr… de livres, alors forcément, je ne pouvais qu’aimer !

Ma note : 8/10

Extras
Traductrice : Sidonie Van Den Dries
Première publication : mars 2015
Fiche Bibliomania
D.D. Everest est un auteur et journaliste économique britannique.
Archie Greene est son premier roman.
Archie Greene - VO

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 Challenge Petit Bac organisé par Enna
Petit Bac 2015Prénom : Archie

Challenge Gourmand, organisé par Titepomme

Challenge gourmand
3 : chocolat et marshmallow

A comme aujourd’hui, de David Levithan

A comme aujourd'hui, de David LevithanMon résumé

A comme aujourd’hui raconte l’histoire d’une personne sans attaches, sans famille et sans amis. Il s’est surnommé A. Ce personnage singulier n’a pas de sexe défini et se réveille chaque matin dans un corps différent. Il s’impose dans la vie d’une personne qu’il ne connaît pas, accède aux données de son hôte et emprunte son identité, le temps d’une journée. Chaque matin, c’est le même rituel : découvrir un nouveau corps, une nouvelle famille, une nouvelle vie… qu’il devra quitter à minuit. C’est le seul mode de vie qu’il ait jamais connu. Il a appris à s’y faire, à ne pas s’attacher, à ne pas chambouler la vie de ses hôtes. Mais le jour où il rencontre Rhiannon, il se rend compte qu’il ne veut plus vivre cette vie sans saveur. Il veut aimer Rhiannon et l’être en retour. Il veut devenir une personne à part entière et être reconnu comme telle. Rhiannon lui donne l’espoir d’une vie banale, comme peuvent en vivre tous les ados du monde. Il ne veut plus avoir à oublier. Pourquoi n’aurait-il pas droit lui aussi au bonheur ?

Nbr de pages : 384 / Éditeur : Les Grandes Personnes / Titre VO : Every Day

Mon avis

Cela doit faire au moins un an que je n’avais pas eu un aussi joli coup de cœur ! Quel bonheur de plonger dans cette belle histoire, à la fois touchante et amusante, mais surtout très originale.

Chaque matin, A se réveille dans un corps différent et vit la vie de quelqu’un d’autre. Dès les premières pages, on découvre l’horreur de cette situation et l’histoire de A nous touche directement quand il nous raconte son enfance difficile, quand il espérait encore pouvoir retrouver la même maman deux jours d’affilée, quand il pleurait le soir, suppliant ses parents de la journée de ne pas le quitter pour toujours. Mais A a dû apprendre à se définir par lui-même, sans parents pour le guider et il est finalement devenu quelqu’un d’intelligent, de sensible et de généreux. Il a choisi de s’effacer derrière ses hôtes, de montrer le même courage qu’eux quand ils sont dans une mauvaise passe et de ne pas interférer. Jusqu’au jour où il tombe amoureux de Rhiannon et qu’il décide de la retrouver les jours suivants, peu importe les conséquences.

Ce roman sort vraiment des sentiers battus et nous pousse à nous poser les bonnes questions. A a été fille, garçon, aveugle, drogué, handicapé, pom-pom girl, geek, religieux, homo, hétéro, obèse, intello, dépressif et j’en passe. Ce changement de corps quotidien, outre le fait d’être un élément très intrigant de l’histoire, est un astucieux prétexte pour nous parler d’un tas de sujets importants, actuels et qui touchent directement les ados. On parle aussi beaucoup de sexualité, sous toutes ses formes et on sent que l’auteur veut nous faire passer un message important.

D’après mon expérience, il y a le désir, et il y a l’amour. Je ne suis jamais tombé amoureux de quelqu’un parce qu’il s’agissait d’une fille ou d’un garçon. Je suis tombé amoureux d’individus en raison de ce qu’ils manifestaient d’unique. Je sais que la plupart des gens ne fonctionnent pas selon cette logique, et pourtant, elle me paraît la seule valable.

On pourrait penser que la monotonie va s’installer à force de découvrir un nouveau corps, un nouvel ado à chaque chapitre, mais il n’en est rien… du tout. L’histoire de A est passionnante et quand il nous fait part avec émotion de ses préoccupations, de ses réflexions, de ses souvenirs, de ses envies, on s’attache inexorablement à lui. Mais surtout, on est presque tenus en haleine dans cette histoire d’amour hors du commun. A va-t-il oser se dévoiler devant Rhiannon ? Leur histoire est-elle possible ? Jusqu’où seraient-ils prêts à aller pour être ensemble ? Et comment vivre avec quelqu’un sans jamais pouvoir faire de projet, sans pouvoir passer une seule nuit ensemble ? A va-t-il enfin pouvoir goûter au bonheur d’une vie banale ? Les pages se tournent à toute allure tant on est pris dans le tourbillon de cette histoire qui se renouvelle sans cesse, qui continue de nous étonner à chaque nouveau chapitre, qui nous surprend là où on ne l’y attendait pas et surtout qui nous interpelle et nous fait réfléchir.

La fin du roman est très réussie, nostalgique, douce-amère et on referme le livre avec un pincement au cœur, mais aussi le sourire aux lèvres. C’est un roman qui marque pour longtemps et nous offre un beau message de respect et de tolérance. C’est un livre que tous les ados devraient lire. Et il sort en poche le 19 mars, donc vous n’avez plus d’excuse, lisez-le !

Ma note : 9,5/10

Extras
Traducteur : Simon Baril
Première publication : septembre 2013
Fiche Bibliomania
On sent tout au long du roman que le thème de l’identité sexuelle est cher au cœur de l’auteur, lui-même homosexuel. On retrouve d’ailleurs cette thématique dans d’autres de ses romans. Une jolie façon de bouleverser un peu les mentalités…

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Challenge ABC 2015 organisé par Nanet

ABC20155 dans le challenge ABC 2015 – Lettre L

 Challenge Petit Bac organisé par Enna
Petit Bac 2015Musique : A

Sous les couvertures, de Bertrand Guillot

Sous les couvertures, de Bertrand Guillot

 

Quatrième de couverture

Un samedi soir, une librairie de quartier. Comme toutes les nuits, sitôt le rideau tombé, les livres s’éveillent et se racontent leurs histoires… Mais ce soir, l’heure est grave : les nouveautés viennent d’arriver, et les romans du fond de la librairie n’ont plus que quelques jours pour trouver un lecteur ! Pour sortir par la grande porte, il leur faudra s’unir et prendre la place des best-sellers solidement empilés près de la caisse. Autant dire qu’ils n’ont pratiquement aucune chance…

Nbr de pages : 176 / Éditeur : Rue Fromentin

Mon avis

En voilà un livre original, plein d’humour et de fraîcheur ! Quel lecteur n’aurait pas envie de voir des livres prendre vie sous ses yeux, que ce soit pour taper la causette ou pour ne pas devoir se relever pour aller chercher le bouquin oublié aux toilettes ? Je me suis plongée avec plaisir dans cette amusante fable, en me remémorant mes heures passées devant le dessin animé Les Babalous, où tous les objets de la maison s’éveillaient la nuit tombée (♫ L’heure, c’est l’heure, avant l’heure c’est pas l’heure… ♫).

Les Babalous

Les premiers chapitres sont particulièrement intéressants, avec plein de détails sur le métier de libraire dans lesquels j’ai pu me reconnaître (les réflexions habituelles des clients, les arrivages massifs de nouveautés, les livres à sélectionner pour les tables proches de la caisse). Le vieux libraire a bien des années d’expérience derrière lui, mais il a perdu son idéalisme et s’est laissé prendre de vitesse par les nouvelles technologies. Il commence par oublier petit à petit au fond du magasin de bons livres… qui vont décider d’eux-mêmes de prendre les choses en mains et de s’imposer sur la grande table.

Si l’idée est amusante et promet des situations cocasses, elle ne tient malheureusement pas la route bien longtemps. Une fois les livres-héros présentés et l’attaque mise en place, le récit de la bagarre des livres tire un peu en longueur et les réflexions sur le monde du livre se font moins présentes. Ce livre, qui est pourtant déjà court, aurait gagné à être raccourci de quelques pages et aurait été d’autant plus percutant.

Je ne partage pas la vision un peu pessimiste du vieux libraire, je ne crois pas que « plus personne ne lit » et je suis particulièrement enjouée lorsque je déballe les nouveautés en librairie, contrairement à lui, qui soupire de lassitude. Et puis, je ne suis pas non plus du genre à cracher sur les best-sellers et je pense qu’il en fait pour tous les goûts. Mais on a beau être d’accord ou pas avec lui, Bertrand Guillot a pas mal de choses à dire et il soulève plusieurs questions intelligentes sur la chaîne du livre. Et une chose est sûre, on termine ce roman le sourire aux lèvres, en imaginant ses propres livres se lancer dans de grands débats sur leurs auteurs et éditeurs.

Est-ce l’auteur qui fait le grand livre, ou ce que les lecteurs en retiennent ?

Note : 7,5/10

Extras
Première publication : septembre 2014
Fiche Bibliomania
Sous les couvertures est le 4e roman de Bertrand Guillot.
L’idée de l’auteur est tirée des contes d’Andersen et de Toy Story.
Il a rencontré beaucoup de libraires pour comprendre la façon dont ils travaillent.
(propos recueillis dans l’interview du site Mandor)
Un grand merci à Priceminister pour ses Matchs de la rentrée littéraire !

***

Challenge ABC 2014 organisé par Nanet

ABC 2014
16 dans le challenge ABC 2014 – Lettre G

Challenge 1% Rentrée littéraire organisé par Sophie Hérisson

challenge 1% Rentrée littéraire7/6

Challenge 1 mois = 1 consigne, organisé par Nessa

Challenge 1 mois = 1 consigne
Décembre : Lire un livre féérique

Challenge Haut en couleurs organisé par Addiction littéraire
Challenge Haut en Couleurs
14/15 : rose

Cornes, de Joe Hill

Cornes, de Joe Hill

 

Résumé de l’éditeur

Après une terrible nuit d’ivresse, Ignatius Martin Perrish se réveille avec la gueule de bois et des cornes qui lui sortent des tempes. Depuis le viol et la mort un an auparavant de sa bien-aimée Merrin Williams, reclus dans la solitude, il vit un enfer, lui qui vient d’un milieu privilégié. Mais ses cornes vont lui permettre de retrouver l’assassin de Merrin, quitte à donner sa part au diable.

Nbr de pages : 535 / Éditeur : J’ai lu / Titre VO : Horns

Mon avis

J’ai découvert Joe Hill, le fils de Stephen King, grâce à son excellent BD Locke & Key (que je vous recommande chaudement). J’étais donc très enthousiaste à l’idée de me lancer dans ce thriller fantastique et je n’ai pas été du tout déçue.

Le résumé était particulièrement alléchant : imaginez que vous vous réveillez avec des cornes, sans aucun souvenir de la veille, et que vous pouvez faire avouer à tous ceux que vous croisez leurs pires secrets. L’arme parfaite pour retrouver l’assassin de sa petite amie… surtout quand tout le monde pense que vous êtes le coupable. Une bonne dose de fantastique qui rend ce thriller glaçant et inoubliable.

Le début de l’histoire est terrible, pleine de rencontres farfelues avec des gens banals qui se révèlent tous être de grands malades avec des envies perverses ou terrifiantes. Ça fait peur et le pire reste les retrouvailles entre Ig et sa famille. Quelle situation horrible de découvrir ce que nos proches pensent vraiment de nous ! Mais outre ces révélations insolites, on se lance également dans une enquête intrigante pour retrouver le meurtrier de Merrin.

Ce roman est osé, surprenant, original et gore. Bref, j’ai adoré. Dommage que la deuxième partie réserve moins de surprises et prenne une tournure un peu trop saugrenue et fantasque. Les pièces du puzzle se mettent rapidement en place pour reconstituer la nuit du meurtre, à coups de révélations et de flash-back. Le suspense n’est pas conservé très longtemps, mais jusqu’au bout, on reste scotché à Ig, un personnage complexe et attachant, dans l’attente des derniers détails qui bouclent cette enquête hors du commun.

Note : 8,5/10

Extras
Traductrice : Valérie Rosie
Première publication : septembre 2011
Fiche Bibliomania
Cornes fera l’objet d’une adaptation cinématographique en 2014 avec Daniel Radcliffe dans le rôle principal.
Daniel Radcliffe, alias Ig

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Challenge ABC 2014 organisé par Nanet

ABC 2014
5 dans le challenge ABC 2014 – Lettre H

Challenge 1 mois = 1 consigne, organisé par Nessa

Challenge 1 mois = 1 consigne
Mars
: Lire un livre fantastique

Animale : La Malédiction de Boucle d’Or, de Victor Dixen

Animale, de Victor Dixen

 

Mon résumé

Blonde. Blonde qui vit recluse dans un couvent. Blonde qui a de magnifiques boucles dorées. Blonde qui ne sait pas vraiment qui elle est, ni d’où elle vient. Elle porte un vulgaire nom d’animal, qu’on lui a donné pour qu’elle sente, peut-être, qu’elle n’a pas sa place parmi les autres couventines. Lorsqu’un étranger lui transmet un dossier relatant la mystérieuse disparition d’une jeune fille vingt ans plus tôt, tout va être chamboulé dans la petite vie bien rangée de Blonde.

Nbr de pages : 437 / Éditeur : Gallimard Jeunesse

Mon avis

Je viens ajouter mon avis positif au concert d’éloges sur Animale. Je me suis vraiment régalée avec cette réécriture du conte de Boucle d’Or, qui est introduit de façon très originale et passionnante. Directement, l’intrigue se met en place et on retrouve les références au conte, les trois bols, les trois chaises et les trois lits, avec une bonne dose de suspense en plus.

Je me hissai en chancelant sur la chaise la plus haute. Mais son bois mal dégrossi m’égratigna les chairs à travers l’étoffe trop fine de ma robe. Je reposai pied à terre, et je m’apprêtai à me laisser tomber sur la deuxième chaise. Je me retins au dernier moment : des chaines aux maillons rouillés pendaient lugubrement le long de son dossier… Je me rabattis sur la troisième chaise ; sa surface était douce sous mes doigts : avec soulagement, je me rendis compte qu’elle était polie.

Intrigant non ? Nous sommes en 1832 et l’histoire s’insère parfaitement dans le contexte historique. J’ai beaucoup aimé en apprendre un peu sur les guerres napoléoniennes, mais aussi sur la mythologie nordique. Cela ancre ce récit fantastique dans le concret et on se met à y croire, tout devient plausible. J’ai vraiment été sous le charme pendant une grande partie du roman, que j’ai trouvé absolument excellente. La sublime plume de l’auteur, en harmonie avec cette ancienne époque, l’atmosphère parfois lugubre et inquiétante, la structure dynamique du roman avec des récits enchâssés afin de découvrir ce qu’il s’est vraiment passé 20 ans plus tôt, l’envie de savoir le pourquoi de ces trois chaises si différentes… Tout nous donne envie de lire, lire, lire.

Malheureusement, une fois tous les secrets dévoilés, l’histoire commence à s’essouffler. Le côté fantastique prend le dessus, ce qui mène parfois à quelques facilités. L’histoire est toujours agréable à lire, mais il n’y a plus vraiment de nouveautés ou de rebondissements. Tout se déroule comme on pourrait s’y attendre et les mêmes événements se répètent encore et encore ; la deuxième moitié tire un peu en longueur. Le début était tellement excellent et l’univers tellement riche, qu’on ne peut qu’être un tantinet déçu de la fin, mais je ne vois pas bien comment cela aurait pu se dérouler autrement…

Je suis finalement très heureuse de cette découverte, qui m’a passionnée dès le début et je vous recommande de découvrir qui se cachent derrière les trois habitants de la petite chaumière, vous serez bien surpris !

Note : 8/10

Extras
Première publication : août 2013
Fiche Bibliomania
Le prélude est disponible ici. Il est très différent du roman et raconte la bataille de Napoléon en Russie. Il ne m’a pas passionnée, mais je suis heureuse de l’avoir lu pour mieux comprendre l’origine des mystérieux personnages de l’histoire.
Victor Dixen est également l’auteur de la saga Le Cas Jack Spark, que je compte bien découvrir.

Chez Book en Stock, vous pouvez aller poser ici vos questions à l’auteur qui y répondra ! Dans une interview, également sur Book en Stock, Victor Dixen a dit :
« Tout est parti d’un rêve, un rêve très simple : une chaumière isolée au creux d’une forêt profonde, baignée par une lumière aquatique comme dans une grotte marine. Je tournais autour de cette chaumière sans pouvoir y entrer, mais j’avais conscience qu’il y avait à l’intérieur quelque chose d’étrange, de véritablement fascinant… de terriblement dangereux. Au réveil, je me suis souvenu d’un conte de Boucle d’Or dont j’avais gardé comme tout le monde un vague souvenir. Il a fallu que je le relise, que je le redécouvre. Et je me suis aperçu qu’il posait plus de questions qu’il n’apportait de réponses : la curiosité, est-ce une bonne ou une mauvaise chose ? Quelle différence entre humain et animal ? Et surtout, qu’advient-il de Boucle d’Or après sa fuite hors de la chaumière ? Tout cela, le conte ne le dit pas. Il n’y a pas de morale, pas de fin, juste des points de suspension inquiétants… »

***

Challenge Petit Bac organisé par Enna
Challenge Petit Bac 2013
Couleur : or

Un grand merci à Gallimard Jeunesse pour cette découverte !
Gallimard Jeunesse

Dôme, de Stephen King

Dôme, t.1, de Stephen KingDôme, t.2, de Stephen King

Mon résumé

En une belle journée ensoleillée, un dôme s’abat sur une petite ville. Ce mur invisible va occasionner de terribles accidents et tuer des nombreuses personnes qui se trouvaient au mauvais endroit au mauvais moment. Mais les dégâts les plus terribles restent à venir, car quand une population est livrée à elle-même, apeurée, ce qu’il y a de plus noir dans l’âme humaine se réveille…

Nbr de pages : 630 + 564 = 1194 / Éditeur : Albin Michel / Titre VO : Under the Dome

Mon avis

Il m’aura fallu du temps, mais je serai venue à bout de cette bête ! Pas que l’histoire ne soit pas prenante, loin de là, mais c’est tout de même long mille pages pour quelques jours sous le dôme. J’ai retrouvé avec appréhension le style de Stephen King ; je ne fais pas partie de ses fans et j’ai quelques difficultés à me faire à ses nombreuses digressions. Il a son mot à dire sur tout ce qui se passe, il a une histoire à raconter sur chaque objet que l’on croise. Alors évidemment, il y a eu quelques baisses de régime pendant ma lecture.

Pourtant, dès le début, Stephen King fait très fort. La description de l’arrivée de ce mur géant était absolument sensationnelle et très visuelle : une marmotte disséquée par-ci, un crash d’avion par-là et moult accidents de voiture. On découvre avec intérêt la petite communauté de Chester’s Mill et l’impact de cette catastrophe sur leur quotidien. Tout se met lentement en place pour le grand décollage, fin du tome 1. À partir de là, difficile de s’arrêter. Les morts s’enchaînent (avec un petit air de Battle royale, par moments), le suspense ne cesse d’augmenter (avec des petites crises de panique pour le lecteur dans les moments stressants). Tout s’emboîte parfaitement, tout est rythmé, il n’y a plus aucun temps mort jusqu’à la fin.

Là où King fait très fort, c’est dans sa démonstration de ce que l’âme humaine a de plus noir : les conséquences désastreuses que peuvent entraîner la perte de contrôle des gens apeurés, le chacun-pour-soi quand on est sur le point d’y rester, la bêtise liée à l’effet de groupe. C’est terrible les proportions que peuvent prendre les choses quand on se laisse guider aveuglément par quelqu’un avide de pouvoir, capable de vous faire gober n’importe quoi.

Comme la plupart des démagogues de talent, il ne sous-estimait jamais la capacité du public qu’il ciblait à accepter l’absurde.

L’autre talent de King, c’est la description de ses personnages, même si on ne les côtoie qu’une page ou deux. Ils sont tous extrêmement bien travaillés et on a l’impression de connaître tous les habitants du village. Le petit hic, c’est qu’on se retrouve très vite face aux méchants versus les gentils, à croire qu’il n’y a que des braves gens, des héros, et des péquenots, des gros glands insupportables. Heureusement, il y a aussi le grand gros méchant qu’on adore détester tellement il est odieux. Big Jim, on le sent directement, est une des pires crapules de la littérature et rien que pour lui et ses plans machiavéliques, Dôme mérite toute votre attention !

 Note : 8/10

Extras
Traducteur : William Olivier Desmond
Première publication : en un volume en VO en 2009 et en deux volumes en français en mars 2011
Fiche Bibliomania
Stephen King a dit :
« Je me sentais débordé non pas par le nombre des personnages – j’aime bien les romans comptant une vaste population –, mais par les problèmes techniques que soulevait l’histoire, en particulier par les conséquences écologiques et climatiques du Dôme. »

***

 Challenge ABC 2013 organisé par Nanet

ABC 2013
12 dans le challenge ABC 2013 – Lettre K

Challenge Haut en couleurs organisé par Addiction littéraire
Challenge Haut en Couleurs
1/15 : couleur mauve

Un mot sur la série
Under the domeMon avis

J’ai commencé la série après avoir fini le premier tome. Mauvais calcul ! Tous les détails et les liens entre les personnages sont modifiés, le tout est tellement différent du livre que je m’emmêlais vraiment les pinceaux entre les deux. En soi, ce point ne me dérange pas trop, j’aime qu’une adaptation série sache se distancier du livre. Mais l’ensemble n’a vraiment rien d’intéressant et après cinq épisodes, je n’accroche toujours pas. Peut-être faudrait-il que je persévère, étant donné que j’ai eu aussi quelques baisses de régime pendant ma lecture… Mais là, les personnages ne me font ni chaud ni froid, bien qu’ils ne soient pas tout blanc ou tout noir comme dans le livre. Et qu’est-ce qu’ils ont fait à mon Big Jim ? On voit qu’il est pas tout juste, mais dans la série, il a l’air de pas être un mauvais gars pour l’instant. Argh, il a intérêt à se révéler dans toute sa splendeur, parce que le tout est assez fade jusqu’à présent… Pas sûre de vouloir connaître la suite. Surtout qu’il nous prolonge la série sur une deuxième saison, ce qui risque de faire très long pour une histoire d’une semaine.

ExtrasUnder the Dome
Série sortie en juin 2013 ; saisons de 13 épisodes et 42 minutes.
Créée par Brian K. Vaughan ; diffusée par CBS.
Acteurs : Dean Norris (Big Jim), Mike Vogel (Barbie).
La série a déjà été renouvelée pour une deuxième saison de 13 épisodes, dont le premier sera écrit par Stephen King.

J’aurais préféré vivre, de Thierry Cohen

J'aurais préféré vivre, de Thierry Cohen

 

Quatrième de couverture

Le 8 mai 2001, jour de ses vingt ans, Jeremy se suicide. Victoria, la femme qu’il aime, l’a rejeté.
Le 8 mai 2002, il se réveille près de Victoria, folle d’amour pour lui.
Est-il vraiment mort ?
Jeremy devient alors le spectateur d’une vie qui lui échappe. Une vie étrange, dans laquelle sa personnalité est différente, change, évolue, l’inquiète.
Au fil des jours et des réveils, Jeremy va dérouler le fil d’un destin qu’il n’a pas choisi… le sien.

Nbr de pages : 224 / Éditeur : Pocket

Mon avis

Première découverte de Thierry Cohen et je suis très satisfaite de cette rencontre ! Le thème m’a plu instantanément et le contenu a été à la hauteur de mes espérances : je suis restée scotchée tout au long de ma lecture et j’ai rarement lu un roman aussi rapidement (Enfin, vous allez me dire, 224 pages…). En effet, difficile de s’arrêter, tant on va de surprise en surprise. La structure est telle qu’on se demande ce qui attend notre héros à chaque nouveau chapitre : à chaque réveil, Jérémy redécouvre sa vie tourneboulée sans qu’il sache ce qui s’est passé… C’est dans le même ordre d’idée que le film L’Effet papillon (que j’ai adoré).

Là où ça coince, c’est la dimension religieuse, le discours un peu prêchi-prêcha qui sert de conclusion : « Le suicide, c’est mal, la volonté divine s’abattra sur toi… ». Je caricature un peu, mais je ne voudrais pas pour autant vous faire fuir ! Je suis assez réfractaire à ce qui touche à la religion en général, et j’avoue que ces cinq dernières pages imbuvables m’ont un peu gâché la fin du roman. MAIS cette dimension est largement éclipsée pendant tout le roman par une histoire vraiment intrigante et originale. J’ai pris tant de plaisir à lire la folle aventure de Jérémy que je ne veux pas trop cracher sur cet aspect négatif. Je veux vous donner envie de passer outre, en toute connaissance de cause. Si moi, j’ai pu dévorer ce roman, je suis sûre que vous aussi, malgré ce seul défaut. Bref, tentez le coup ! (À la limite, arrêtez-vous un chapitre avant la fin, c’est tout aussi bien…)

À ce qu’il paraît, on compare souvent Cohen à Levy et Musso (deux auteurs que je lis avec plaisir, même si j’ai été déçue par plusieurs de leurs romans). Personnellement, ça ne m’a pas sauté aux yeux, si ce n’est que ce sont des auteurs français mêlant romance et fantastique, avec un style qui se lit très vite. L’histoire de Cohen ne m’a rappelé aucun livre, et la romance ne sert que de prétexte pour lancer la machine infernale qui va détruire la petite vie de Jérémy.

Note : 8/10

Extras
Première publication : mars 2007
Fiche Bibliomania
J’aurais préféré vivre est le premier roman de l’auteur. Il a obtenu le prix Jean d’Ormesson, récompense pour la capacité à défendre la langue française.
Thierry Cohen