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Mes dernières chroniques

Lady Helen, tome 1 : Le Club des Mauvais Jours, d'Alison Goodman Harry Potter et l'enfant maudit Six of Crows, de Leigh Bardugo Les Mystères de Larispem, de Lucie Pierrat-Pajot Le Garçon au sommet de la montagne, de John Boyne

Le Mystère de Lucy Lost de Michael Morpurgo Oniria, t.1 : Le Royaume des rêves, de B.F. Parry Dis-moi si tu souris, d'Eric Lindstrom Elia, la passeuse d'âmes, de Marie Vareille La 5e vague, de Rick Yancey

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Lady Helen, tome 1 : Le Club des Mauvais Jours, d’Alison Goodman

Lady Helen, tome 1 : Le Club des Mauvais Jours, d'Alison GoodmanRésumé de l’éditeur

Londres, avril 1812. Lady Helen Wrexhall s’apprête à faire son entrée dans le monde. Bientôt, elle sera prise dans le tourbillon des bals avec l’espoir de faire un beau mariage. Mais d’étranges faits surviennent qui la plongent soudain dans les ombres de la Régence : une bonne de la maison disparaît, des meurtres sanglants sont commis et Helen fait la connaissance de lord Carlston, un homme à la réputation sulfureuse. Il appartient au Club des mauvais jours, une police secrète chargée de combattre des démons qui ont infiltré toutes les couches de la société. Lady Helen est dotée d’étranges pouvoirs mais acceptera-t-elle de renoncer à une vie faite de privilèges et d’insouciance pour basculer dans un monde terrifiant ?

Nbr de pages : 576 / Éditeur : Gallimard Jeunesse / Titre VO : Lady Helen :The Dark Days Club

Mon avis

C’était un pari un peu risqué ce mélange des genres… Dans ce roman, on retrouve aussi bien des robes d’époque, des bals, des mariages arrangés que des créatures démoniaques, des disparitions mystérieuses, des pouvoirs surnaturels et des meurtres odieux. Je n’avais encore jamais rien lu de tel, et bien qu’il m’ait fallu un petit temps d’adaptation au début, je me suis finalement régalée jusqu’aux dernières pages, regrettant de devoir attendre longtemps une suite.

Les premiers chapitres sont consacrés en très grande partie au contexte historique, aux petits détails du début des années 1800 qui nous immergent d’un coup dans l’époque : les promenades des jeunes filles dans les parcs, les commérages entre serviteurs, les visites de courtoisie, l’introduction des demoiselles à la Cour, les présentations à la reine, les spéculations autour des futurs mariages. Tout cela peut paraître un peu long, mais le mystère n’en est pas moins disséminé dès les premières pages. Lady Helen se découvre très vite des aptitudes bien particulières et un certain Lord Carlston tente de s’immiscer à tout prix dans sa vie sans que l’on comprenne très bien ses intentions. Mais il faudra pourtant attendre encore un moment avant de basculer dans le fantastique pur et dur.

Outre un contexte richement décrit, un soin spécial est apporté aux personnages et à leurs relations. J’ai trouvé le trio amoureux plein d’élégance et de charme, mais avec une pointe de mordant qui m’a collé un sourire aux lèvres plus d’une fois. Étant donné les mœurs de l’époque, tout se passe dans le regard et durant les rares interactions autorisées entre demoiselles et jeunes hommes. Le cadre historique rend le tout particulièrement savoureux et on ressent une vraie tension entre les personnages.

Malgré quelques baisses de régime au niveau du rythme et une histoire parfois un peu trop fantasque, la sauce prend merveilleusement bien. Si vous êtes ouverts aux découvertes atypiques, une jolie surprise vous attend. (Et puis, ce serait bête de rater l’occasion d’exposer un si beau livre dans sa bibliothèque.)

Note : 8/10

Extras
Traducteur : Philippe Giraudon
Première publication : août 2016
Fiche Bibliomania
Alison Goodman dit avoir fait beaucoup de recherches sur l’époque de la Régence et avoir « travaillé dur pour reconstituer aussi précisément que possible le Londres de 1812 et sa société, et pour respecter la réalité des événements se déroulant à l’arrière-plan de l’action du roman » mais elle avoue avoir pris quelques libertés qu’elle énumère en fin d’ouvrage. J’adore ce genre de notes de l’auteur !

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Harry Potter et l’enfant maudit, par J.K. Rowling, Jack Thorne et John Tiffany

Harry Potter et l'enfant maudit

Résumé de l’éditeur

Être Harry Potter n’a jamais été facile et ne l’est pas davantage depuis qu’il est un employé surmené du ministère de la Magie, marié et père de trois enfants. Tandis que Harry se débat avec un passé qui refuse de le laisser en paix, son plus jeune fils, Albus Severus, doit lutter avec le poids d’un héritage familial dont il n’a jamais voulu. Le destin vient fusionner passé et présent. Père et fils se retrouvent face à une dure vérité : parfois, les ténèbres surviennent des endroits les plus inattendus.

Nbr de pages : 330 / Éditeur : Little, Brown and Company / Titre VO : Harry Potter and the Cursed Child

Mon avis

Il sort dans quelques jours en français, mais comme beaucoup, je n’ai pas pu résister à la tentation de le découvrir au plus vite et de le lire donc en anglais. Le suspense était à son comble, allais-je retomber en enfance et retrouver la magie des romans ? La fan que je suis ne pouvais en tout cas pas passer à côté de cette lecture, quelles que soient les attentes. Et finalement, des attentes, j’en avais très peu. Je souhaitais juste me replonger dans un univers que j’aime, retrouver des personnages que j’aime et je ne savais pas du tout à quoi m’attendre, si ce n’est une histoire basée sur le fils de Harry Potter qui vit mal la célébrité du papa.

Alors… plein de questions se bousculent sans doute dans vos petites têtes et je vous propose dès lors une chronique sous forme de questions/réponses !

1) Une nouvelle histoire dans l’univers, c’est génial… Mais, en pièce de théâtre, ça fonctionne quand même ?

Évidemment, on est habitué aux romans et ce nouveau format peut être désarçonnant pour les personnes peu férues de théâtre. Personnellement, je lis peu de pièces et c’est vrai que je redoutais un peu de ne pas vivre l’histoire aussi facilement… mais il n’en fut rien. Du tout. Les dialogues rendent l’histoire très dynamique et il y a quelques détails visuels pour la mise en scène qui permettent de s’imaginer parfaitement le déroulement de l’intrigue. Après quelques pages, on est pris dans l’histoire et on ne fait même plus attention au fait qu’on lit un script. Par contre, il y a des grands discours déclamatoires très… théâtraux qui ne passent pas toujours tip top à l’écrit et on sent alors le côté très oral du texte, destiné avant tout à être vu, plutôt que lu. Et du coup, ça donne super (super) fort envie de voir la pièce qui doit être tout simplement grandiose ! À plusieurs reprises, on se demande ce que telle situation pourrait donner sur une scène de théâtre, comment ils ont pu rendre tel retournement sans les effets spéciaux des films, etc. Bref, ça doit valoir le coup d’œil et je ne rêve plus que de pouvoir découvrir la pièce à Londres (qui affiche déjà complet jusqu’à l’été 2017 !).

2) Harry Potter écrit en grande partie par quelqu’un d’autre que J.K. Rowling, ça dénote ?

J.K. était vraiment une experte au niveau des descriptions, qui étaient très visuelles dans ses romans, et elle n’avait pas son pareil pour nous plonger dans un univers fantastique travaillé. Et puis, il y avait un « je ne sais quoi » de tendre et d’amusant dans sa plume qui nous donnait toujours le sourire. En lisant cette nouvelle histoire, je me suis dit qu’on sentait bien que ce n’était pas elle… Cela manque clairement de finesse et de rigueur. Pourtant, on retrouve de nombreuses touches d’humour « à la Harry Potter », ainsi que beaucoup de tendresse. Mais, comme la forme est différente, tout en dialogues, le décalage n’est pas saisissant et c’est loin d’être mal écrit.

3) D’accord, mais l’histoire, elle tient la route ?

Oui, vraiment ! J’ai été étonnement surprise par la richesse de l’histoire, par les nombreux revirements de situation et l’originalité avec laquelle les scènes s’enchaînent ! Contrairement à certains, je n’ai jamais lu de fanfictions, du coup, je ne savais vraiment pas à quoi ça pouvait ressembler une histoire tirée de l’univers d’Harry Potter. Je m’attendais plutôt à une petite histoire gentille, sans grands remous, sur la vie à Poudlard dix-neuf ans plus tard, vécue avec difficulté par Albus Potter. Et si ce nouveau livre m’a tant plu, c’est indéniablement parce que je ne savais rien de ce qui allait se dérouler sous mes yeux. Et justement, j’en ai pris plein la vue ! Je vous réponds donc oui à cette question, mais je ne vous en dirai pas plus pour ne pas vous gâcher le plaisir.

4) Cette huitième histoire, elle est accessible à tous ?

Pour moi, elle est un superbe bonus pour les millions de fans de Harry Potter. C’est pour eux que cette pièce a été écrite et c’est clairement du « fanservice ». Très peu de nouveauté niveau univers, on reprend tout ce qu’on connaît niveau lieux, sorts et personnages et on en fait une nouvelle histoire. Étant donné le nombre de clins d’œil et de références explicites aux autres romans, ce nouveau livre séduira difficilement les nouveaux lecteurs qui risqueraient de s’y perdre. Mais bon, à notre époque, qui ne connaît pas encore Harry Potter ?! Mais comme l’univers et l’intrigue sont moins sombres et moins complexes que dans les romans, cela pourrait être une chouette façon de commencer la lecture pour les jeunes lecteurs qui n’auraient vu que les films !

5) Oui, mais ce qu’on veut vraiment savoir, c’est si cette suite était une bonne idée… Est-ce qu’on retrouve l’étincelle ? La magie est-elle toujours intacte ?

Quand on est aussi attaché à un univers, on ne peut que se réjouir de pouvoir s’y replonger… Cette suite, elle mise beaucoup sur cet attachement : c’est un vrai plaisir de retrouver des personnages qu’on adorait et de découvrir comment ils ont évolué, d’avoir des informations supplémentaires sur des héros disparus trop tôt. Et puis, les deux héros principaux sont très attachants et l’humour piquant est au rendez-vous. Cette pièce remplit tout à fait sa fonction de suite nostalgique pour les amoureux de Harry Potter et oui, étincelle il y a. De là à dire que la magie est intacte, peut-être pas… On est quand même plusieurs niveaux en-dessous des romans, qui avaient entraîné une véritable révolution dans la littérature jeunesse ! Et en aucun cas, on ne saurait retrouver cette exacte magie, celle de la découverte d’un univers aussi riche et passionnant.

6) Bon alors, pas déçue ?

Personnellement, je suis ravie et cette histoire a répondu à toutes mes attentes et plus encore. Ça n’empêche pas à ce livre d’avoir des défauts, mais on aime tant l’univers qu’on y est presque aveugle. Cela manque peut-être un peu de sang frais et d’inventivité dans le sens où on connait déjà tout et tout le monde, mais l’intrigue m’a emmenée là où je ne l’attendais pas, m’a fait revivre des scènes connues d’un autre œil et a rendu un très bel hommage à certains personnages. Je referme le livre avec un grand sourire en espérant voir un jour la pièce !

Note : 8,5/10

Extras
Traduction : Jean-François Ménard
Première publication : juillet 2016 (VO) – octobre 2016 (VF)
Fiche Bibliomania
Petite auto-promotion : venez retrouver la magie Harry Potter lors de notre soirée pour le lancement du livre en français le 13 octobre à partir de 20 h à la librairie La Parenthèse à Liège ! Toutes les infos ici.

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Six of Crows, de Leigh Bardugo

Six of Crows, de Leigh BardugoRésumé de l’éditeur

Dans les bas-fonds de la ville de Ketterdam, la mafia s’organise en gangs rivaux. L’homme le plus ambitieux et le plus jeune de la pègre est Kaz Brekker, dit « les Mains Sales ».
Prêt à tout pour de l’argent, il accepte la mission du riche marchand Van Eck, qui règne sur la ville : délivrer un savant de la citadelle d’Ice Court, réputée imprenable. C’est l’inventeur du jurda parem, une drogue qui multiplie sans limite les pouvoirs surnaturels de la caste des magiciens : les Grishas.
Kaz décide donc de réunir une équipe de 6 malfrats aux talents exceptionnels. Ensemble, ils peuvent sauver le monde de la destruction. S’ils ne s’entretuent pas avant…

Nbr de pages : 496 / Éditeur : Milan (Page Turners) / Titre VO : Six of Crows

Mon avis

Quel délicieux retour à la Fantasy ! N’ayez pas peur de ce début assez dépaysant, bourré d’informations, de personnages, de lieux, qui pourrait déconcerter les moins férus du genre, il vaut vraiment la peine de se donner un peu de mal ! On peut sembler un peu perdus tant l’univers semble foisonnant et complexe (on s’y perdrait à moins entre le Barrel, les druskelle, les Fabrikators, les Fondeurs, les Faiseurs de marée et j’en passe…), mais on finit par prendre nos marques et à suivre avec avidité ces 6 canailles des bas-fonds de Ketterdam.

Et parlons-en de ces 6 personnages ! C’est là que l’auteure laisse éclater tout son génie et c’est cet aspect, par-dessus tout, qui m’a complètement séduite… Car même si l’univers est dense, plein de mystères, de complots, si l’intrigue nous entraîne parfois dans des scènes à 100 à l’heure et ne manque jamais de piquant, ce sont véritablement les personnages qui portent ce roman. On pourrait leur consacrer 6 romans à part entière tant ces petits criminels sont intéressants et décrits avec finesse et profondeur. On se réjouit des différents flash-back qui nous plongent dans le passé tourmenté de chacun d’eux (ils en ont vécu des trucs atroces, je peux vous le dire), scotchés aux pages du livre, en voulant encore et toujours plus. L’auteure a vraiment pris le temps d’aller fouiller dans leurs souvenirs pour nous camper des héros attachants, crédibles, plein de ressources, juste ce qu’il faut d’irritants, violents mais laissant transparaître de nombreuses fêlures. Et je ne vous parle même pas de leurs joutes verbales et des relations qui se tissent entre eux, on en redemande !

– Quel est le moyen le plus facile de voler son portefeuille à un homme ?
– Un couteau sous la gorge ? répondit Inej.
– Un pistolet dans le dos ? proposa Jesper.
– Du poison dans son verre ? suggéra Nina.
– Vous êtes monstrueux, s’indigna Matthias.
Kaz leva les yeux au ciel.
– Le meilleur moyen pour voler le portefeuille d’un homme, c’est de l’avertir que tu vas lui voler sa montre.

On arrive trop vite à la fin malgré les 500 pages et je suis ravie de voir qu’il y aura un tome 2 (je ne m’y attendais pas, j’espérais même un one-shot et puis finalement, je les adore tant ces six-là que je me réjouis de les retrouver !). L’histoire se clôture là où on l’y attend et nous apporte toutes les réponses, tout en nous relançant gentiment sur un tome 2. Une très bonne fin pour moi !

Petit bonus qui a rendu ma lecture encore plus plaisante : j’ai aimé retrouver le jargon de la Fantasy, les noms liés aux différentes magies, les noms de lieux et de personnages, mais inspirés cette fois du néerlandais, langue que j’aime beaucoup (d’ailleurs, l’auteure remercie un ami de l’avoir « aidée à massacrer le hollandais de façon un peu plus raisonnée ») !

Note : 9/10

Extras
Traductrice : Anath Riveline
Première publication : mai 2016
Fiche Bibliomania
Le tome 2 sort en anglais le 27 septembre sous le titre Crooked Kingdom.
L’auteure verrait bien les acteurs Jospeh Gordon-Levitt ou Cillian Murphy dans le rôle de Kaz. Retrouvez d’autres anecdotes sur la série ici.

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Les Mystères de Larispem, de Lucie Pierrat-Pajot

Les Mystères de Larispem, de Lucie Pierrat-Pajot

 

Quatrième de couverture

Larispem, 1899.
Dans cette Cité-État indépendante où les bouchers constituent la caste forte d’un régime populiste, trois destins se croisent… Liberté, la mécanicienne hors pair, Carmine, l’apprentie louchébem et Nathanaël, l’orphelin au passé mystérieux. Tandis que de grandes festivités se préparent pour célébrer le nouveau siècle, l’ombre d’une société secrète vient planer sur la ville. Et si les Frères de Sang revenaient pour mettre leur terrible vengeance à exécution?

Nbr de pages : 272 / Éditeur : Gallimard Jeunesse

Mon avis

Ce lomanrem est lénialguche ! Quoi, vous ne comprenez pas ? C’est que vous ne connaissez pas encore l’argot des bouchers ! Je disais donc : Ce roman est génial ! Et il faut savoir souffrir la comparaison à La Passe-miroir, quand on gagne le même prix que Christelle Dabos, mais je trouve que Lucie Pierrat-Pajot ne s’en tire vraiment pas mal et j’ai plongé avec délice dans ce Paris alternatif de 1899 à la Jules Verne : une uchronie à l’univers mystérieux, original, plein de merveilles.

Après seulement quelques pages, on est baigné dans un monde énigmatique, très visuel et plein de surprises. On se pose déjà mille questions sur les personnages, leur mode de vie particulier et surtout l’univers incroyable dans lequel ils évoluent. Bienvenue dans la ville de Larispem (anciennement Paris) où la publicité est débitée dans les rues par des voxomatons, où le système postal est entièrement revu, où volent dans le ciel d’énormes dirigeables, où Jules Verne est un citoyen adulé pour ses inventions que l’on tente de rendre réalisables, où tout le monde se tutoie et jouit des mêmes droits.

L’auteure déborde d’imagination et a construit un univers unique et amusant (j’ai adoré déchiffrer l’argot « louchébem » au fil des conversations entre bouchers). Et s’il n’y a rien à redire sur l’ambiance steampunk étonnante de ce roman, on ne peut rien reprocher non plus à la construction des personnages qui sont vraiment attachants et vivent toutes sortes d’aventures passionnantes. On attend d’ailleurs avec impatience que tout se recoupe et qu’ils se trouvent enfin !

Mais il y a quand même un bémol : c’est fichtrement trop court. L’intrigue est bien lancée, on saisit déjà les futures quêtes mais pour un roman d’une telle ambition, nous laisser sur notre faim après seulement 272 pages, c’est presque criminel ! Vivement donc la suite (et je vois même plus loin : vivement une intégrale qui permettra aux nouveaux lecteurs de savourer cette aventure dans toute sa géniale dimension !).

Note : 9/10

Extras
Illustrateur (de cette superbe couverture) : Donatien Mary
Première publication : avril 2016
Fiche Bibliomania
Lucie Pierrat-Pajot est la gagnante de la deuxième édition du Concours du Premier Roman Jeunesse.
Découvrez cette géniale interview donnée lors de la remise du prix en présence de Lucie Pierrat-Pajot, Christelle Dabos, leur éditrice, une libraire et le blogueur Tom.

Les nouveautés jeunesse les plus attendues [Rentrée littéraire 2016]

Comme chaque année, c’est la rentrée littéraire, avec des centaines de nouveautés qui arrivent sur les tables des libraires. Et comme l’année passée [voir mon article ici], je voudrais vous présenter quelques-uns de ces livres dont on parle un peu moins à cette époque de l’année : ceux du rayon jeunesse, qui regorge encore une fois de pépites qu’il me tarde de découvrir ! Voici donc ma sélection (purement subjective, affective et non-exhaustive) des romans, BD et albums qui m’ont le plus tapé dans l’œil et qui vont tout doucement commencer à paraître au fil des semaines à venir. N’hésitez pas à partager vos propres envies et les titres que vous avez déjà repérés, tous genres confondus !

Nouveautés jeunesse

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Ma catégorie préférée : fantastique et SF

Cell. 7, de Kerry Drewery Rebelle du désert, de Alwyn Hamilton NEED, de Joelle Charbonneau Sang-de-lune, de Charlotte Bousquet The Ones, de Daniel Sweren-Becker

Cell. 7, de Kerry Drewery, aux éditions Hachette – Sortie le 21 septembre
En Grande-Bretagne, le système judiciaire a été réformé : un jury populaire décide de la peine capitale. Sept jours, sept étapes, sept cellules, des millions de téléspectateurs votant la vie ou la mort. Martha, 16 ans, est arrêtée pour meurtre et envoyée dans le couloir de la mort, cellule 1.
=> Les dérives possibles de la télé-réalité, ça me parle et ça avait déjà super bien fonctionné avec ma lecture de Phobos. Un des titres que j’attends avec le plus d’impatience !

Rebelle du désert, d’Alwyn Hamilton, aux éditions PKJ – Sortie le 1 septembre
Enfermée depuis tant d’années dans une vie étouffante au cœur du désert, Amani n’aurait jamais rêvé qu’un jour elle galoperait sur un cheval fantastique avec un fugitif recherché pour trahison. Emportée par le tourbillon de l’aventure, elle n’aurait pas imaginé non plus qu’elle tomberait amoureuse de lui… ni qu’elle l’aiderait à mener la résistance contre le Sultan.
=> L’année passée, il y avait dans mon top Une braise sous la cendre (que j’ai adoré) et ce roman m’y fait vaguement penser, alors j’espère être dépaysée et emportée dans cette aventure (bien que le résumé ne soit pas tourné de la meilleure des façons pour nous appâter…).

Au pays de l’Ailleurs, de Tahereh Mafi, aux éditions Michel Lafon – Sortie le 13 octobre
Avec sa peau pâle et ses cheveux de neige, Alice détonne à Ferenwood. Car Ferenwood est un monde éclatant de couleurs, révélatrices d’un don magique. La blanche Alice n’a donc apparemment aucun don, aucun intérêt : les habitants de ce lieu en ont fait une paria. Aussi lorsque son père, la seule personne qui lui témoigne de la bienveillance, disparaît soudainement, la jeune fille n’a-t-elle plus qu’un seul but : le retrouver. Pour cela, elle va devoir explorer la mythique et dangereuse contrée un peu plus loin que l’horizon… Elle part avec Oliver, un compagnon de route dont le talent magique consiste à pouvoir tromper son monde. Ce don leur sera-t-il utile Là-bas, un univers sans pitié peuplé de créatures effroyables où rien n’est ce que l’on croit, où les pièges pullulent ? Alice elle-même devra reprendre confiance et utiliser des pouvoirs cachés que nul n’avait décelé chez elle. Reverra-t-elle son père et pourra-t-elle enfin mettre des couleurs sur sa vie ?
=> J’ai toujours dans ma PAL Insaisissable de cette auteure, mais je risque bien de découvrir sa plume avec ce roman-ci, dont j’ai lu les 40 premières pages et… je suis déjà séduite !

NEED, de Joelle Charbonneau, aux éditions Milan – Sortie le 10 octobre
Les adolescents du lycée de Nottawa se réunissent tous sur NEED, un nouveau réseau social qui leur promet de répondre à leurs besoins sous couvert d’un total anonymat, quels que soient ces besoins… et quelles qu’en soient les conséquences. Car, c’est bien connu, on n’a rien sans rien. Et si au départ la contrepartie semble dérisoire, il y a bientôt des morts dans la petite communauté…
=> Alors que la saga L’élite est toujours dans mes grosses envies de lecture, voilà que l’auteure nous sort un nouveau roman tout aussi alléchant ! 

Sang-de-lune, de Charlotte Bousquet, aux éditions Gulf Stream – Sortie le 25 août
Alta. Une cité où les femmes, les sang-de-lune, sont soumises à l’autorité des fils-du-soleil. Mais, avec la découverte d’une carte d’un monde inconnu, deux jeunes filles, Gia et sa petite sœur, Arienn, rêvent de fuir cette société où règne la terreur. Pour atteindre ce monde mystérieux qui cristallise leurs espoirs, elles doivent traverser des régions et des épreuves effrayantes.
=> Un roman fantastique aux accents très réalistes. Ça m’a tout l’air d’un livre à lire et faire lire !

The Ones, de Daniel Sweren-Becker, aux éditions Hugo Roman (coll. New Way) – Sortie le 6 octobre
Cody a toujours été fière d’appartenir aux Ones. Son copain James et elle font partie du 1 % de chanceux sélectionnés par le gouvernement pour être modifiés génétiquement à la naissance. Aujourd’hui, les Ones excellent en tout : ils sont beaux, talentueux, intelligents, sportifs… Mais pour certains, c’est une injustice. Et le mouvement Equality profite allègrement de la jalousie et de la peur montante au sein de la société, pour gagner des voix et imposer son parti. Le gouvernement américain montre alors sa face la plus sombre et les Ones deviennent illégaux. Alors que la frontière entre bien et mal se brouille, Cody rejoint un groupe de radicaux qui ont bien l’intention de préparer la révolte. Et James commence à se demander jusqu’où Cody pourrait aller pour la cause…
=> Hugo New Way se lance dans la science-fiction et c’est une très bonne idée car ce nouveau titre me tente énormément et fait écho à de nombreux problèmes de notre société. J’en attends beaucoup et j’espère ne pas être déçue !

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Quelques romans contemporains

Cette obscure clarté, d'Estelle Laure Songe à la douceur, de Clémentine Beauvais 

Cette obscure clarté, d’Estelle Laure, aux éditions Hachette – Sortie le 14 septembre
Lucille, 17 ans, vit seule avec Wren, sa petite sœur de 9 ans. Leur père a été interné, leur mère a quitté la ville. L’adolescente est débordée entre le lycée et le job qu’elle a décroché tandis que sa meilleure amie, Eden, garde Wren. Des miracles surviennent, comme un frigo qui se remplit tout seul et une voiture qui se répare par magie. Mais un jour, Eden fait une chute et tombe dans le coma.
=> Un petit roman plus réaliste pour me sortir de tous ces mondes fantastiques et sociétés dystopiques, qui m’a attiré par le côté mystérieux et touchant de son résumé.

Songe à la douceur, de Clémentine Beauvais, aux éditions Sarbacane – Sortie le 24 août
Quand Tatiana rencontre Eugène, elle a 14 ans, il en a 17 ; c’est l’été, et il n’a rien d’autre à faire que de lui parler. Il est sûr de lui, charmant, et plein d’ennui, et elle timide, idéaliste et romantique. Inévitablement, elle tombe amoureuse de lui, et lui, semblerait-il… aussi. Alors elle lui écrit une lettre ; il la rejette, pour de mauvaises raisons peut-être. Et puis un drame les sépare pour de bon. Dix ans plus tard, ils se retrouvent par hasard. Tatiana s’est affirmée, elle est mûre et confiante ; Eugène s’aperçoit, maintenant, qu’il la lui faut absolument. Mais est-ce qu’elle veut encore de lui ? Songe à la douceur , c’est l’histoire de ces deux histoires d’un amour absolu et déphasé – l’un adolescent, l’autre jeune adulte – et de ce que dix ans à ce moment-là d’une vie peuvent changer. Une double histoire d’amour inspirée des deux Eugène Onéguine de Pouchkine et de Tchaikovsky – et donc écrite en vers, pour en garder la poésie.
=> Un des rares livres pour lequel il y a déjà pléthore d’avis dithyrambiques !Je dois bien avouer qu’à première vue, il ne m’avait pas fait forte impression, mais j’ai lu les quelques premières pages et j’adore déjà le ton, donc j’espère franchement être aussi enthousiaste que prévu. 

Le syndrome du papillon, de Maxence Fermine, aux éditions Michel Lafon – Sortie le 13 octobre
Hugo Mars, 17 ans, n’est pas un adolescent comme les autres. Atteint d’un mal étrange, le syndrome du papillon, un dérèglement d’ordre neurologique qui lui ôte la faculté de faire des choix, il est interné en hôpital psychiatrique après une grave dépression.
=> Contrairement à la plupart, je n’ai pas du tout aimé Neige de cet auteur. Mais là, je dois mettre mes a priori de côté car ce roman a l’air d’être un petit bijou d’émotions et le thème m’intrigue énormément !

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Quelques thrillers

Génération K, de Marine Carteron Shadow, de Claude Merle

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Le détour, de S.A. Bodeen, aux éditions Michel Lafon – Sortie le 22 septembre
Livvy, 17 ans, romancière à succès d’une série fantastique pour adolescents, est victime d’un accident de la route dans un endroit isolé. Lorsqu’elle revient à elle, elle s’aperçoit qu’on la retient prisonnière dans une cave. Une mère et sa fille dérangée lui en veulent et exigent des excuses. Pourquoi ?
=> un thriller pour ados aux accents de Misery (Stephen King), c’est vachement alléchant et mystérieux !

Génération K, de Marine Carteron, aux éditions du Rouergue – Sortie le 14 septembre
Kassandre, Mina et Georg, tous trois un peu bizarres et révoltés, ont un point commun que la plupart des gens ignorent : un pouvoir terrifiant… D’un pensionnat luxueux en Suisse aux quartiers chauds de Naples, la traque commence car leurs dons sont convoités par de redoutables puissances.
=> Un thriller fantastique au résumé très intrigant. Je ne sais pas trop ce que ça donnera, mais Marine Carteron est apparemment une auteure à suivre (je n’ai pas encore lu sa saga des Autodafeurs, mais je n’arrête pas d’en entendre parler !).

Shadow, de Claude Merle, aux éditions Bulles de savon – Sorti le 17 août
Léo Langlois n’ est pas un adolescent comme les autres. Surdoué, il peut voir ce qui reste invisible pour la plupart des gens, en particulier les enquêteurs de la police. Ce don extraordinaire fait de lui un génial détective. Qu’ est-ce qui le différencie des autres ? Léo est aveugle. Loin d’ être un handicap, sa cécité développe sa perception dans tous les domaines et lui permet de résoudre les énigmes les plus indéchiffrables.
=> Un petit policier plus classique, genre que je lis moins souvent, mais les particularités du jeune enquêteur rendent ce roman bien intéressant et je suis curieuse de découvrir un nouveau personnage aveugle après ma chouette lecture de Dis-moi si tu souris (qui mettait en scène une jeune ado aveugle).

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Un petit roman historique

Une fille au manteau bleu, de Monica Hesse, aux éditions Gallimard – Sortie le 27 octobre
Amsterdam, 1943. Hanneke sillonne les rues de la ville afin de dénicher des marchandises au marché noir. Un jour, une cliente lui fait une requête particulière, retrouver une jeune fille juive qu’elle hébergeait et qui a disparu. En recherchant la prénommée Mirjam Roodvet, Hanneke découvre les activités secrètes des réseaux d’entraide aux familles juives et entre à son tour dans la clandestinité.

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De chouettes romans pour les 9-13

Scaraboy, de M.G. Leonard Le Sacre des Trois, de J.D. Rinehart Le mystère du livre disparu, tome 1 : Au secours de Peter Pan, de Pierdomenico Baccalario et Eduardo Jauregui

Scaraboy, de M.G. Leonard, aux éditions du Seuil – Sorti le 18 août
Darkus, 13 ans, se sent plus seul que jamais. Son père, Bartholomew Cuttle, célèbre scientifique du Museum d’Histoire Naturelle, s’est mystérieusement volatilisé, et le jeune garçon doit emménager chez son oncle Max qu’il connaît à peine. Le jour où les brutes épaisses du collège veulent s’en prendre à lui, il reçoit une aide pour le moins inattendue : un très, très gros scarabée vient lui porter secours. Et comme si ce n’était pas assez étrange, le scarabée semble parfaitement le comprendre ! Darkus et Baxter – c’est ainsi qu’il prénomme le scarabée – deviennent rapidement amis. Avec oncle Max, ils partent à la recherche de Bartholomew. Mais plus ils enquêtent, plus le mystère s’épaissit. Comment Bartholomew a-t-il pu disparaître de son bureau fermé à double tour ? Quel est cet étrange projet Fabre sur lequel il travaillait ? Qui est Lucretia Cutter, cette femme qui semble terroriser oncle Max ? Une chose est sûre : pour retrouver son père, Darkus devra suivre la piste des scarabées…
=> Une enquête, des mystères, une touche non négligeable de fantaisie loufoque : une recette qui me parle !

Le Sacre des Trois, de J.D. Rinehart, aux éditions PKJ – Sortie le 15 septembre
Toronia, un royaume divisé en trois provinces, est en proie à une guerre civile. Le roi Brutan fait régner la terreur. Une prophétie révèle que les trois enfants illégitimes du roi le tueront et régneront ensemble, en paix. Séparés à la naissance, les enfants doivent d’abord se retrouver, pour ensuite accomplir leur destin. Mais la route vers le trône est longue et semée d’embûches.
=> Typiquement le genre de petits romans Fantasy qui m’enchante ! Celui-là, je suis convaincue qu’il va me plaire. Verdict très vite !

Le mystère du livre disparu, tome 1 : Au secours de Peter Pan, de Pierdomenico Baccalario et Eduardo Jauregui, aux éditions Flammarion – Sortie le 5 octobre
Alba et Diego sont tombés dans un pays imaginaire où les livres classiques sont réécrits avec des scènes étranges. Le frère et la sœur ont décidé de voler au secours de Peter Pan.
=> Je ne peux résister aux réécritures, aux livres qui parlent d’autres livres, à ceux qui jouent avec des personnages connus ! Et vous allez en avoir la confirmation avec les prochains livres présentés ci-dessous !

***

Du côté des BD

Les aventures ahurissantes de Benjamin Blackstone, tome 1 : L'île de la jungle, de Nicolas Perge, François Rivière et Casado Les trois cochons petits dans la forêt enchantée, de Michel Van Zeveren Les Contes de notre enfance revisités, de Tiffany Cooper

Les aventures ahurissantes de Benjamin Blackstone, tome 1 : L’île de la jungle, de Nicolas Perge, François Rivière et Casado, aux éditions Casterman – Sortie le 31 août
Benjamin est orphelin et s’ennuie dans la maison de sa tante. Dans la bibliothèque, il rencontre Lord Schenbock, le fantôme de son oncle, qui peut littéralement plonger dans les livres et modifier leurs histoires. Benjamin le suit alors dans différents romans. Mais chacun a son méchant et ils finissent par poursuivre le duo qui doit trouver des alliés.

Les trois cochons petits dans la forêt enchantée, de Michel Van Zeveren, aux éditions Bayard (BD Kids) – Sortie le 7 septembre
Bonjour ! Nous sommes les Trois Cochons Petits, Igor, Nestor et Fédor ! Avec nos parents, on forme une famille comme les autres. Tout ce qu’il y a de plus normale. Si ce n’est que nos parents n’ont pas réalisé qu’ils ont emménagé au cœur de la forêt des contes et que parfois, au détour d’un petit chemin ou autre, il arrive qu’on fasse des rencontres… plutôt surprenantes et familières ! Dans ce premier volume, le petit poucet aide les parents à retrouver leur chemin dans la forêt, les haricots achetés au marché se révèlent magiques, les biscuits préparés par maman prennent vie pendant la nuit, le Père Noël dit tout de ses secrets, et nos trois cochons petits se font des amis vraiment… merveilleux !

Les Contes de notre enfance revisités, de Tiffany Cooper, aux éditions Marabout – Sortie le 21 septembre
Un grand méchant loup regardant Netflix en attendant le petit Chaperon rouge, une Cendrillon se rendant au bal en robe Dior pour rencontrer son prince ressemblant fortement à Justin Bieber, ou des petits cochons construisant des villas américaines, tout l’humour de Tiffany Cooper à savourer au fil des pages !

=> 3 bandes dessinées qui font la part belle aux contes et romans de notre enfance ! Je me réjouis de découvrir ces trois façons de revisiter ces histoires connues, et tout particulièrement celle de Michel Van Zeveren qui a le don de me faire marrer !

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Du côté des albums

Les crayons rentrent à la maison, de Drew Daywalt et Oliver JeffersCambouis, de Geoffroy de Pennart   Les Liszt, de Kyo Maclear et Julia Sarda Presque toute la vérité sur les lutins, de Clothilde Delacroix

Les crayons rentrent à la maison, de Drew Daywalt et Oliver Jeffers, aux éditions Kaléidoscope – Sortie le 31 août
Duncan est heureux. Il a écouté les revendications de ses crayons en rébellion et la vie a retrouvé toutes ses couleurs. Enfin presque, car arrive au courrier une pile de cartes postales à son nom…
=> Ouiii, un nouveau Jeffers et en plus c’est la suite des géniales cartes postales des crayons (voir Rebellion chez les crayons, du même duo) ! Je me réjouis de voir ce qu’ils ont à dire cette fois… Si vous ne connaissez pas l’auteur/illustrateur Oliver Jeffers, je vous suggère de réparer cette erreur au plus vite !

Cambouis, de Geoffroy de Pennart, aux éditions Kaléidoscope – Sortie le 14 septembre
Un as de la mécanique, deux frères bêtes et méchants, un concours de chant, un soulier qui glisse, une course-poursuite… C’est la version très rock and roll que Geoffroy de Pennart nous offre de Cendrillon, à découvrir sur les chapeaux de roues.
=> Ouiii, un nouveau Pennart et ses contes détournés ! Pareil si vous ne connaissez pas encore ce talentueux monsieur, il est plus que temps !

Les Liszt, de Kyo Maclear et Julia Sarda, aux éditions de la Pastèque – Sortie le 4 novembre
Les Liszt font des listes. Ils font des listes en hiver, au printemps, en été et à l’automne. Ils font des listes tous les jours sauf le dimanche. Mama Liszt, Papa Liszt, Winifred, Edward, Frederick et grand-père font des listes toute la journée. Puis un jour, un visiteur arrive. Comment vont-ils gérer quelque chose d’inattendu ? Il n’est sur la liste de personne…
=> En tant que fana de listes, je ne peux décemment pas passer à côté de celui-là. Et puis, il a l’air beauuuu !

Presque toute la vérité sur les lutins, de Clothilde Delacroix, aux éditions du Seuil – Sortie le 29 septembre
Tout (ou presque) ce que vous avez toujours voulu savoir sur les lutins sans jamais oser le demander ! Un album pour tout savoir sur les lutins : l’origine de leur petite taille, de leurs oreilles en pointe, de leur passion pour les champignons, leurs habits, …
=> 96 pages de faits divers sur les lutins, avec plein de réponses loufoques, moi ça me botte bien !

***

Que pensez-vous de cette sélection ?
Quels sont les titres que vous avez repérés chez vous ?

Bon c’est dur de s’arrêter quand on voit tout ce que les éditeurs nous ont réservé, mais je vais enfin terminer cet article. Même si je n’ai pas encore mentionné mes grosses envies… en matière de suite de saga [comme la sortie de Phobos 3 (le 15/11), Oniria 4 (le 16/11) et Une braise sous la cendre 2 (le 6/10)] … en matière de sorties poche [Gardiens des cités perdues (le 6/10 chez PKJ), Contrecoups (le 1/09 chez 10/18), Aeternia (le 3/11 chez Pocket) … en matière de thrillers (le dernier de Barbara Abel, Je sais pas (le 6/10 chez Belfond), Sujet 375 (le 8/09 chez Pocket), Le Sang du monstre (le 22/09 chez Sonatine) … Allez, cette fois, c’est fini !!

Extras
Le super plan de métro de la rentrée jeunesse de Sophie

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Le Garçon au sommet de la montagne, de John Boyne

Le Garçon au sommet de la montagne, de John Boyne

 

Résumé de l’éditeur

À l’aube de la Seconde Guerre mondiale, Pierrot vit à Paris avec ses parents, ignorant tout des nazis. Devenu orphelin, il est envoyé chez sa tante, en Allemagne, dans une maison au sommet d’une montagne.
Ce n’est pas une maison ordinaire. Le Berghof est la résidence d’Adolf Hitler. Pierrot va découvrir là un autre monde, fascinant et monstrueux.

Nbr de pages : 272 / Éditeur : Gallimard Jeunesse / Titre VO : The Boy at the Top of the Mountain

Mon avis

Un roman assez édifiant, qui nous laisse entrevoir comment l’idéologie nazie a pu contaminer autant de gens, et ce à travers le personnage d’un petit garçon innocent. Chapeau à l’auteur qui a du entrer dans la tête de Pierrot et y glisser cette lente et terrible transformation. Ça ne doit être ni évident ni enviable de se retrouver dans l’esprit de ce genre de personnages, mais ça n’en est pas moins essentiel. Alors, merci à lui pour ce roman.

– Tu as fait une énorme erreur, Emma, cracha-t-il.
– Je n’en doute pas, dit-elle. Mais ce n’est rien comparé à l’erreur que ta pauvre tante a faite le jour où elle a décidé de te faire venir ici. Que t’est-il arrivé, Pierrot ? demanda-t-elle, le visage soudain radouci. Tu étais si gentil quand tu es arrivé au Berghof. Est-il donc si facile de corrompre un innocent ?

Au début du roman, on rencontre Pierrot, alors âgé de 4 ans. Il aime converser en langue des signes avec son meilleur ami, un petit juif sourd muet. Il vénère son papa, ancien soldat, malgré les propos racistes, les soirées de beuverie, les moments de violence. Il adore sa maman qui endure, non sans broncher. On découvre en quelques pages et sous-entendus ce contexte de l’entre-deux-guerres, la vision du papa, allemand, et celle de la maman, française. Et entre eux deux, ce petit bout de chou adorable sur lequel le sort va s’acharner.

– Anshel est juif, avait murmuré Pierrot, car il voyait souvent son ami partir avec sa mère pour la synagogue.
– Anshel fait partie des bons, avait marmonné papa. À ce qu’on dit dans tout panier de bonnes pommes, il en est toujours une pourrie. Ça doit marcher dans l’autre sens aussi…

On le voit grandir, partir parcourir le pays, chercher son identité, traverser des moments particulièrement difficiles et toujours, on a envie de le serrer dans nos bras, de le consoler et on ne peut imaginer que lui, ce petit gamin plein d’espoir et de bon sens, va basculer si brutalement du côté obscur. On n’y croit pas, on ne le veut pas, mais le jour où là-haut, dans la maison au sommet de la montagne, il rencontre un petit homme moustachu, tout va petit à petit changer dans sa façon de voir l’avenir, l’Allemagne et les gens qui l’entourent. Et ça fait mal au cœur de le voir devenir si arrogant, pour finalement ne même plus se remettre en question et renier son « ancien » pays, son passé, son ancien ami.

On a beau savoir à quoi s’attendre en commençant ce récit, ça n’en est pas moins effarant. Mon seul reproche est que ce roman est un peu court sur la fin. Autant la montée en puissance du nazisme en Europe et dans la tête de Pierrot est très bien retranscrite, autant la fin de la guerre, les désillusions et remises en question se font un peu vite. Mais John Boyne écrit très bien, suscite en nous toutes sortes de questions et apporte un éclairage différent sur ce sombre épisode de l’Histoire. Il explique dans la lettre aux lecteurs que « Pierrot ne ressemble pas aux personnages d’enfants de mes livres précédents dans le sens où vous ne manquerez pas de trouver son comportement révoltant et sa prise de conscience tardive. Mais à cette époque les garçons comme Pierrot étaient nombreux et, comme lui, ils ont été obligés d’affronter leurs actes et de vivre avec le mal qu’ils avaient répandu pour le restant de leurs jours. »

Note : 8,5/10

Extras
Traductrice : Catherine Gibert
Première publication : juin 2016
Fiche Bibliomania
À découvrir maintenant de toute urgence : Le Garçon au pyjama rayé.
Extrait de la lettre de John Boyne adressée aux libraires et blogueurs :
« Lorsqu’on se remémore les agissements de l’État allemand pendant la Seconde Guerre mondiale on se heurte toujours à la même difficulté : comprendre comment un pays tout entier a pu souscrire à une telle barbarie. On se dit que, dans les mêmes conditions, on n’aurait jamais fait la même chose, on se serait battu en faveur de la vie et de la dignité humaine, et on en est persuadés. Mais il est facile de lancer de telles affirmations soixante ans après, quand le courage et les grands mots ne nous coûtent rien. C’est cette idée qui est à l’origine du Garçon au sommet de la montagne. »

Tag des 6 mois : petit bilan

Après le sympathique test des éditions PKJ concernant ma PAL, les voici de retour avec un tag sur nos lectures de ces 6 premiers mois de 2016. Une façon comme une autre de faire un petit point et de vous repointer du doigt quelques livres récemment découverts que vous ne devriez pas manquer ! Et puis comme c’est Julia (du blog Allez vous faire lire, blog que vous DEVEZ suivre assidûment) qui me lance gentiment cette invitation, je vais me coller avec plaisir à cette petite liste de questions (en tant que list-addict, ça ne se refuse pas !).

Tag 6 mois

Alors… Avant de me lancer dans ces 14 questions, je vais rapidement zieuter dans mon fichier Excel pour voir à combien s’élève le nombre de livres lus ces 6 derniers mois. Roulements de tambour… 43 romans, 4 livres audio et 38 BD (et même plein d’albums et de premières lectures). Mais il va falloir que je carbure un peu plus si je veux atteindre mon but des 100 romans fin d’année !

***

1) Avez-vous eu un coup de cœur ?

Oui, j’ai eu deux beaux coups de coeur : Oniria, une aventure fabuleuse dans le monde des rêves, un roman d’une rare inventivité et Elia, la passeuse d’âmes, une dystopie géniale qui se place directement dans mon trio de cœur du genre.

Oniria, t.1 : Le Royaume des rêves, de B.F. Parry Elia, la passeuse d'âmes, de Marie Vareille

2) Avez-vous lu un roman Pocket Jeunesse ?

J’en ai lu deux : un coup de cœur et une déception (mon avis sur Au bout du tunnel tarde à venir, mais  en gros, j’en attendais beaucoup plus au vu des avis si enthousiastes et ça m’a semblé un peu trop cliché et… fade).

Elia, la passeuse d'âmes, de Marie Vareille Au bout du tunnel, de Carlos Garcia Miranda

3) Avez-vous découvert un nouvel auteur ?

Énormément de découvertes, mais la plus notable est ma première et bien trop tardive incursion dans le monde tordu et poilant de Roald Dahl ! Je ne suis régalée en en découvrant plus ou moins un par mois, et ce qu’il y a de beau c’est que c’est pas fini ! Pour l’instant, mes chouchous sont Matilda (découvert en livre audio – fantastique ! – avec en tête les images du film – LE film de mon enfance – et c’était génial) et Sacrées sorcières. Mais il m’en reste encore plein et je fonde de grands espoirs sur Le BGG !

Les deux gredins, de Roald Dahl Matilda, de Roald Dahl La potion magique de Gerges Bouillon, de Roald Dahl Sacrées sorcières, de Roald Dahl

4) Avez-vous lu un de vos auteurs préférés ?

Alors, je n’ai pas vraiment d’auteur fétiche dont j’aurais lu plein de livres et dont j’attendrais avec impatience la sortie de son dernier roman. J’ai plutôt des livres préférés (À la croisée des mondes, La Passe-miroir, Le Nom du vent, Entre chiens et loups). Par contre, j’ai lu en 2015 deux romans que j’ai adorés : Un hiver en enfer, de Jo Witek et Le Passage, de Louis Sachar. Du coup, quand j’ai vu que ces deux auteurs venaient de sortir un nouveau livre, j’ai sauté dessus… et j’ai été relativement déçue. Deux lectures en demi-teinte donc pour Le Domaine et Chemins toxiques (peut-être en attendais-je trop ? Mais je suis très contente du coup de n’avoir pas commencé par ceux-là car je n’aurais sans doute jamais découvert leur précédent !). Je vais peut-être m’en tenir aux vraies découvertes !

Le Domaine, de Jo Witek Chemins toxiques, de Louis Sachar

5) Avez-vous terminé une série ?

Non, mais je suis à jour dans la série Phobos (j’ai lu les 2 premiers tomes en mars et je termine à l’instant le hors série), j’attends donc de pied ferme la suite en novembre.

  Phobos, tome 1, de Victor Dixen Phobos, tome 2, de Victor Dixen Phobos Origines, de Victor Dixen

6) Avez-vous lu un livre sorti cette année ?

Plein ! Je n’ai jamais autant été à la page ! Et ça peut être une très bonne chose, comme pour Les Mystères de Larispem, que j’ai adoré découvrir en avant-première et qui est top (il faut vraiment que je vous en parle dans une chronique) ! Mais ça peut aussi avoir ses inconvénients ; la sortie de Forget Tomorrow a fait beaucoup de bruit sur la blogo et je n’ai pas attendu longtemps pour le lire, sauf que je suis loin de comprendre un tel engouement…

Les Mystères de Larispem, de Lucie Pierrat-Pajot Forget Tomorrow, de Pintip Dunn

7) Avez-vous rencontré un auteur ?

Non.

8) Attendez-vous avec grande impatience un livre qui sortira pendant la seconde moitié de 2016 ?

Bon, of course il y a le « nouveau » Harry Potter. Je ne pourrai décemment pas passer à côté même si j’ai quelques méfiances. Et puis, of course bis (après les éloges de tarés de Julia, mais pas que !), il faudra que je me penche sur le nouveau Clémentine Beauvais, qui à première vue ne m’avait pas fait forte impression (SHAME ! mais ça c’était avant d’avoir vu ça !). J’ai lu les quelques premières pages et j’adore déjà le ton, donc j’espère franchement être aussi enthousiaste que prévu. Et enfin, une petite sortie de septembre chez Hachette repérée sur le blog de Galléane, qui m’attire par le mystère de son résumé et je ne sais vraiment pas à quoi m’attendre, mais ça m’attire !

Harry Potter et l'enfant maudit Songe à la douceur, de Clémentine Beauvais Cette obscure clarté, d'Estelle Laure

Harry Potter et l’enfant maudit
Être Harry Potter n’a jamais été facile et ne l’est pas davantage depuis qu’il est un employé surmené du Ministère de la Magie, marié et père de trois enfants.
Tandis que Harry se débat avec un passé qui refuse de le laisser en paix, son plus jeune fils, Albus Severus, doit lutter avec le poids d’un héritage familial dont il n’a jamais voulu.
Le destin vient fusionner passé et présent. Père et fils se retrouvent face à une dure vérité : parfois, les ténèbres surviennent des endroits les plus inattendus.

Songe à la douceur
Quand Tatiana rencontre Eugène, elle a quatorze ans, il en a dix-sept ; c’est l’été, et il n’a rien d’autre à faire que de lui parler. Il est sûr de lui, charmant, et plein d’ennui, et elle timide, idéaliste et romantique. Inévitablement, elle tombe amoureuse de lui, et lui, semblerait-il, aussi. Alors elle lui écrit une lettre ; il la rejette, pour de mauvaises raisons peut-être. Et puis un drame les sépare pour de bon. Dix ans plus tard, ils se retrouvent par hasard. Tatiana s’est affirmée, elle est mûre et confiante ; Eugène s’aperçoit, maintenant, qu’il la lui faut absolument. Mais est-ce qu’elle veut encore de lui ?

Cette obscure clarté
Lucille, 17 ans, vit seule avec Wren, sa petite soeur de 9 ans. Leur père a été interné, leur mère a quitté la ville. L’adolescente est débordée entre le lycée et le job qu’elle a décroché tandis que sa meilleure amie, Eden, garde Wren. Des miracles surviennent, comme un frigo qui se remplit tout seul et une voiture qui se répare par magie. Mais un jour, Eden fait une chute et tombe dans le coma.

9) Avez-vous lu un roman sans histoire d’amour ?

J’ai lu l’effarant Le garçon au sommet de la montagne, qui est tout sauf une histoire d’amour, plutôt l’histoire de comment la haine de son prochain peut s’insinuer dans des esprits innocents. Je n’ai pas voulu croire que le petit Pierrot, ce gamin adorable, pourrait aussi facilement se laisser convertir par des idées aussi perfides, mais si…

Le Garçon au sommet de la montagne, de John Boyne

10) Avez-vous lu un roman d’un auteur français ?

Plusieurs aussi. Outre ceux déjà mentionnés ci-dessus, j’ai relu deux auteurs de ma jeunesse : Gudule et Mickaël Ollivier. Déception pour l’un, belle retrouvaille pour l’autre.

La Baby-sitter, de Gudule Frères de sang, de Mickaël Ollivier

11) Avez-vous lu un roman adapté au cinéma (ou en série/téléfilm) ?

Oui je voulais lire La 5e vague avant sa sortie ciné et finalement, je n’entends que des crasses sur l’adaptation, donc je vais m’en tenir à mon bon souvenir du livre et puis c’est tout.

La 5e vague, de Rick Yancey

12) Avez-vous lu un livre qui vous a fait pleurer ?

J’ai la larme très facile, donc oui. Dans Dis-moi si tu souris, j’ai été émue plus d’une fois par l’histoire de Parker, jeune ado aveugle, vraie force de la nature qui nous dévoile son quotidien sans chichis, sauf que malgré tous les beaux moments auxquels on assiste avec elle, sa vie est loin d’être toute rose.

Dis-moi si tu souris, d'Eric Lindstrom

13) Avez-vous lu un roman historique ?

Alors, Le Mystère de Lucy Lost, c’est bien plus qu’un roman historique, c’est une vraie tranche de vie émouvante et passionnante qui se déroule pendant le début de la première guerre mondiale, avec comme focus le torpillage d’un bateau civil par les Allemands, le Lusitania, dont je ne connaissais absolument rien. Avec ce roman, je découvre la magnifique plume de Morpurgo, et j’en redemande !

Le Mystère de Lucy Lost, de Michael Morpurgo

14) Avez-vous lu un roman que quelqu’un vous a conseillé ?

Oui, les 3 seuls romans adultes que j’ai lus sont 3 thrillers qu’on m’a conseillés et que j’ai adorés. Elle est pas belle la vie ?

La fille du train, de Paula Hawkins Am stram gram, de M.J. Arlidge À toi, de Claudia Pineiro

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Le Mystère de Lucy Lost, de Michael Morpurgo

Le Mystère de Lucy Lost de Michael MorpurgoRésumé de l’éditeur

Mai 1915. Sur une île déserte de l’archipel des Scilly, un pêcheur et son fils découvrent une jeune fille blessée et hagarde, à moitié morte de faim et de soif. Elle ne parvient à prononcer qu’un seul mot: Lucy. D’où vient-elle? Est-elle une sirène, ou plutôt, comme le laisse entendre la rumeur, une espionne au service des Allemands?
De l’autre côté de l’Atlantique, le Lusitania, l’un des plus rapides et splendides paquebots de son temps, quitte le port de New York. À son bord, la jeune Merry, accompagnée de sa mère, s’apprête à rejoindre son père blessé sur le front et hospitalisé en Angleterre…

Nbr de pages : 448 / Éditeur : Gallimard Jeunesse / Titre VO : Listen to the Moon

Mon avis

Je ne m’attendais pas à autant apprécier cette histoire sur fond historique, et pourtant que d’émotions ! Un beau récit de vies, d’une communauté pleine de personnages attachants, avec un cœur grand comme ça, que l’on voudrait tout de suite pouvoir adopter !

On suit d’une part l’histoire de Lucy Lost, retrouvée à moitié morte sur une minuscule île anglaise et accueillie dans une famille aimante, et de l’autre celle de Merry, petite américaine embarquant sur le Lusitania en 1915 pour rejoindre l’Angleterre et son père, soldat blessé pendant la guerre. Les différentes parties du roman s’imbriquent à merveille pour nous faire découvrir petit à petit tous les mystères de ces deux récits, jusqu’à ce que tout se recoupe.

J’ai aimé par-dessus tout la finesse des personnages, leur complicité et leurs relations hors du commun. Sur cette île, on découvre toute une communauté, où tout le monde connaît tout le monde et où les cancans vont bon train. Ces gens sont capables du meilleur comme du pire, ils peuvent s’entraider dans les moments les plus difficiles, mais peuvent aussi faire preuve de la pire des méchancetés, surtout dans cette ambiance sombre, entourés qu’ils sont par les mauvaises nouvelles et les milliers de morts. J’ai été tour à tour attendrie par des gestes de pure générosité et révoltée par la cruauté de certains propos.

Être différent dans ce monde ignorant est souvent pris pour de la folie.

C’est un roman d’ambiance où le paysage, la mer, les landes ont presque un rôle à jouer, où il ne se passe finalement pas grand-chose. Mais c’est loin d’être un reproche, car on n’aimerait ne jamais arriver au bout, tant on se sent bien dans cette petite famille, même si on n’échappe pas aux horreurs et à l’absurdité de la guerre, à quelques scènes tragiques qui nous serrent le cœur.

En tout cas, jolie claque avec cette première découverte de Morpurgo (mieux vaut tard que jamais), un auteur qui arrive à rendre passionnant et touchant une petite partie de pêche entre un père et son fils. Il a une plume superbe, pleine de sensibilité, mêmes dans les petits riens du quotidien.

Note : 9/10

Extras
Traductrice : Diane Ménard
Première publication : avril 2015
Fiche Bibliomania
Michael Morpurgo a 72 ans et est un auteur prolixe avec des dizaines de romans à son actif. J’espère continuer ma découverte de ses si belles histoires. Je pense notamment à Soldat Peaceful et Le Royaume de Kensuké. Conseillez-moi !
Je suis fan du titre anglais « Listen to the Moon » qui a une résonance si tendre avec un magnifique détail de l’histoire.

Oniria, de B.F. Parry

Oniria, t.1 : Le Royaume des rêves, de B.F. Parry Oniria t.2 : Le Disparu d'Oza-Gora, de B.F. Parry Oniria, tome3, B.F. Parry

Mon résumé

Alors que son père est tombé dans un mystérieux coma, Eliott découvre, grâce à sa grand-mère, l’existence d’Oniria, le monde des rêves. Eliott aurait la faculté de s’y rendre, non pas en simple spectateur comme vous et moi chaque soir, mais en tant que Créateur. Il aura pour mission d’y retrouver le Marchand de sable, qui serait probablement au courant de la condition inhabituelle de son papa. Alors que l’état de celui-ci se détériore, Eliott va se rendre compte qu’une instance avec cet éminent membre d’Oniria n’est pas si facile à avoir, surtout quand les cauchemars deviennent de plus en plus instables.

Nbr de pages : 336 + 336 + 278 = 950 / Éditeur : Hachette

Mon avis

Garanti sans spoilers !

En refermant le premier tome, j’avais mille et une images en tête et un mot en bouche : waouh ! Un vrai coup de cœur ! Quel monde fourmillant de créatures originales, de lieux inattendus et exotiques, de situations incongrues… Eh oui, nous sommes dans le monde des rêves et tout est permis ! Créer Oniria, c’était la porte ouverte aux inventions les plus folles et on sent que B.F. Parry s’est prêtée au jeu avec beaucoup de plaisir. Elle s’en donne à cœur joie et imagine toutes sortes de rencontres et de péripéties pour son jeune et brave héros, Elliot.

C’est une sensation grisante de pouvoir créer tout ce qu’on imagine.

C’est un roman accessible pour les plus jeunes, mais cela n’empêche pas l’auteure d’avoir réfléchi en profondeur à son monde : tout se tient et les révélations trouvent toujours réponse plus loin dans l’histoire. On sourit en voyant les astuces mises en place par le marchand de sable et ses sbires pour nous endormir ; du coup, on analyse nos phases de sommeil d’une toute autre façon après avoir lu ce livre. C’est tout à fait fascinant.

Le premier tome m’a émerveillée par tous ses petits détails et la fondation même du monde des rêves. On va de surprise en surprise et on tâte un peu les possibilités d’un tel monde. Par la suite, l’intrigue va prendre de l’ampleur, les enjeux vont se dessiner et dans le troisième tome, on se retrouve au cœur de l’aventure et de l’action, dans un livre plus sombre, plus triste et plus mature.

Il avait oublié la chance qu’il avait de pouvoir apprendre. Pour les Oniriens comme Katsia et Farjo, c’était impossible. Leur Mage les créait avec un certain nombre de capacités – dont certaines pouvaient être extraordinaires, comme les facultés au combat de Katsia ou le don de métamorphose de Farjo – mais ils ne pouvaient pas en acquérir de nouvelles.

Quand on se plonge dans Oniria, on voudrait ne plus jamais devoir le quitter ! C’est le genre de livres que j’aurais rêvé découvrir pendant mon enfance mais que je suis ravie de ne pas avoir loupé pendant mon « adulescence ». Le soir, maintenant, je ne peux m’empêcher de m’endormir en pensant à Oniria et aux folles aventures qui m’y attendent !

Ma note : 9,5/10

Extras
Première publication : tome 1 – octobre 2014 / tome 2 – avril 2015 / tome 3 – octobre 2015
Fiche Bibliomania
Le 4e et dernier tome d’Oniria, sortira début novembre et s’intitulera Le réveil des fées. Mais l’auteure a encore sous le coude des idées pour un préquelle ou une suite !
Interview de B.F. Parry ici :
« Pour Oniria, tout est parti de l’idée simple d’un univers parallèle au nôtre où vivraient nos rêves et nos cauchemars. Cette idée-là est en quelque sorte « tombée du ciel » : je l’ai eue en me réveillant un matin après un rêve particulièrement mouvementé. Mais ensuite il m’a fallu près de 6 mois pour construire un univers cohérent. J’ai commencé par me renseigner, lire de la philo, de la socio, du Freud, du Jung, du Mircea Eliade, et même des articles de médecine… Je voulais que mon univers soit cohérent avec ce que l’on sait des rêves aujourd’hui. Une idée en appelait une autre, et de fil en aiguille j’ai bâti le fonctionnement d’Oniria et ses interactions avec notre monde. »
Retrouvez B.F. Parry sur la page Facebook d’Oniria, où elle est très active !

ONIRIAPremière incursion d’Eliott à Oniria

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Coupe d’Europe des Livres 2016

coupe europe livres 2016 bis

Comme tout le monde le sait, du 10 juin au 10 juillet, nos écrans et canapés seront réquisitionnés pour le foot. Cajou a eu la super idée de coupler ce mois à un petit challenge livresque. Et ça tombe vachement bien, car de mon côté qui dit foot à la télé dit lecture dans le canapé😀 Nous allons donc chacun créer une équipe parfaite de 11 joueurs, représentés par 11 livres que l’on a très envie de lire dans le mois à venir.

  • Le gardien de but : THE roman que vous voulez à tout prix lire, celui qui n’a pas le droit de passer à travers les mailles du filet des profondeurs de votre PAL.
  • Les attaquants : les 4 romans de votre PAL que vous voulez ABSOLUMENT lire.
  • Les milieux de terrain : les 3 romans de votre PAL qu’il serait temps de sortir de là.
  • Les défenseurs : les 3 romans que vous n’avez pas encore dans votre PAL mais que vous voudriez vous offrir -sans attendre le Mercato- pour parfaire votre équipe.
  • Les réservistes : pour celles/ceux qui pensent que 11 ce ne sera pas assez, voici encore 4 places sur le banc, pour porter votre équipe à 15.

 

Mon équipe

Mon gardien de but
Nox, d'Yves Grevet

Il est beau, il est bien épais, il me susurre des promesses de coup de cœur, il ne peut décemment pas rester longtemps dans ma PAL. J’attendais les vacances pour pouvoir m’y plonger avec délice, le moment parfait est arrivé !

Mes 4 attaquants
Le Cercle, de Bernard Minier Le Pays des Contes, de Chris Colfer Tobie Lolness, de Timothée de Fombelle Le Garçon au sommet de la montagne, de John Boyne

4 romans acquis ces 2 derniers mois que je veux absolument découvrir cet été. Dans mes attaquants, je varie les styles (ce que je fais de moins en moins) en choisissant un thriller (j’avais adoré Glacé durant mes vacances 2015) et un roman historique.

Mes 3 milieux de terrain
Le Mystère de Lucy ost Quatre soeurs, de Malika Ferdjoukh Le Cirque des rêves, d'Erin Morgenstern

3 livres qui sont dans ma PAL depuis plus longtemps et je ne comprends pas comment c’est possible tant j’ai envie de les lire. Cette année, ils n’y couperont pas !

Mes 3 défenseurs
Les Soeurs Grimm : Détectives de contes de fées, de Michael Buckley Broadway Limited, de Malika Ferdjoukh Oniria, tome3, B.F. Parry

Une réédition d’un petit roman jeunesse qui me parle rien qu’en lisant le titre / Un roman dense, plein de personnages, une formidable fresque romanesque qu’on m’a recommandé 45x / Un tome 3 que je me réjouis de lire tant j’ai aimé les tomes précédents.

Mes 4 réservistes
Sauveur & Fils, de Marie-Aude Murail Jonah, de Taï-Marc Le Thanh Les Orphelines d'Abbey Road, d'Audren Phobos Origines, de Victor Dixen

Alors bien sûr, vous et mois savons pertinemment que ces réservistes sont là juste pour faire joli car je n’ai jamais réussi à lire plus de 9 livres en un mois, alors 11 c’est déjà pas gagné… Mais je ne résiste pas à l’envie de piocher encore 4 autres livres qui me font tant envie et qu’on m’a beaucoup conseillés !

***

Comme d’hab’, j’ai choisi beaucoup de livres jeunesse, mais ils me font tous saliver et j’espère bien en lire un maximum, même si je me rends compte que ce sont pour la plupart des gros livres voire des pavés ! Bon si c’est pas un challenge corsé, ça n’en est pas un !

Pour chaque livre lu, on marque un goal ! Cajou tiendra le compte à la fin du challenge. Vous retrouverez toutes les infos sur son blog, ainsi que la jolie sélection de sa propre équipe et celles de tous les participants.

Que les meilleurs gagnent !

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Dis-moi si tu souris, d’Eric Lindstrom

Dis-moi si tu souris, d'Eric Lindstrom

 

Résumé de l’éditeur

« Je suis Parker, j’ai 16 ans et je suis aveugle. Bon j’y vois rien, mais remettez-vous : je suis pareille que vous, juste plus intelligente. D’ailleurs j’ai établi Les Règles :
– Ne me touchez pas sans me prévenir ;
– Ne me traitez pas comme si j’étais idiote ;
– Ne me parlez pas super fort (je ne suis pas sourde) ;
– Et ne cherchez JAMAIS à me duper.
Depuis la trahison de Scott, mon meilleur pote et petit ami, j’en ai même rajouté une dernière. Alors, quand il débarque à nouveau dans ma vie, tout est chamboulé. Parce que la dernière règle est claire : il n’y a AUCUNE seconde chance. La trahison est impardonnable. »
Nbr de pages : 396 / Éditeur : Nathan / Titre VO : Not if I See you First

Mon avis

Voici une très jolie histoire qui, sans révolutionner le genre, apporte un point de vue original : celui de Parker, une jeune adolescente aveugle. Je me demande comment c’est possible que je n’aie encore jamais lu de romans qui parlent de ce handicap et je suis vraiment ravie d’avoir eu cette première expérience avec ce livre touchant et juste.

Parker s’adresse directement à nous et nous raconte son histoire sur le ton de la franche camaraderie. Elle nous explique ce que c’est de vivre au quotidien dans le noir, dans le doute de ce que font les autres autour d’elle, elle parle de son manque d’assurance qu’il faut bien compenser par un caractère bravache. Elle ne manque pas d’humour et d’autodérision, elle voudrait qu’on la traite comme n’importe qui et pouvoir vivre le plus simplement possible. Et elle nous montre que c’est tout à fait faisable, quand on s’entoure des bonnes personnes.

J’ai beaucoup aimé ce personnage, qui m’a ouvert les yeux (sans mauvais jeu de mots) sur toutes sortes de situations que peuvent vivre les aveugles. Elle explique par exemple que non, elle n’écoute pas autant de musique qu’on pourrait le croire ; la navigation sur Internet, la lecture, le tchat entre copines nécessitent des programmes de lecture vocale, du coup, pas de musique en fond sonore. J’ai ressenti ses fêlures, ses craintes, ses envies, et je voulais que tout se passe bien pour elle, même si elle fait souvent sa tête de bourrique et ne se rend pas compte qu’elle peut elle aussi faire de la peine à son entourage et être dans l’erreur. Et Parker a beau prendre beaucoup de place dans ce roman, les personnages secondaires n’en sont pas moins réussis et touchants.

Le reste du roman repose sur des moments assez classiques de l’adolescence, les premières relations amoureuses (souvent déçues), les coups bas à l’école, les amitiés indéfectibles, les séances de shopping, les problèmes familiaux. L’auteur a réussi à garder un ton léger pour son histoire, tout en abordant les aspects dramatiques de la vie de Parker qui a vu mourir sa mère et puis son père. L’écriture n’est pas remarquable, mais elle ne manque pas de sensibilité, surtout pour décrire certaines situations difficiles ou de belles émotions, lors d’un premier baiser ou d’une étreinte entre deux amies.

Je m’avance encore et je l’embrasse doucement sur les lèvres. Je recommence. C’est dingue, c’est comme souffler sur un bol de chocolat chaud quand on a froid et sentir la chaleur vous envelopper le visage, puis le boire à petites gorgées et sentir la chaleur vous envahir les joues, descendre dans votre poitrine et continuer plus bas, jusqu’à vous remplir.

Ce roman va être lu et enregistré pour la Ligue braille et je serais vraiment intéressée d’avoir des retours de personnes aveugles concernant tous ces petits détails de la vie de Parker, pour savoir à quel point l’auteur a visé juste en créant ce personnage. En tout cas, moi il m’a beaucoup émue et je vous le recommande pour un joli moment en toute simplicité.

Ma note : 8/10

Extras
Traductrice : Anne Delcourt
Première publication : juin 2016
Fiche Bibiomania
L’écriture en relief sur la couverture est du vrai braille.
Parker n’est pas fan de mode, mais son truc c’est d’alterner chaque jour les bandeaux sur ses yeux.

Elia, la passeuse d’âmes, de Marie Vareille

Elia, la passeuse d'âmes, de Marie VareilleRésumé de l’auteure

Elia a 16 ans, elle appartient à la caste la plus élevée d’une société injuste où une partie de la population, les Nosobas, est réduite en esclavage par les plus puissants. Elle officie en tant que Passeuse d’âmes, c’est-à-dire qu’elle euthanasie tous ceux qui sont dangereux ou inutiles pour la Communauté, jusqu’au jour où un jeune homme la convainc de le laisser vivre. À partir de ce moment-là, parce qu’elle n’a pas obéi aux ordres, elle sera condamnée et devra s’enfuir et se cacher parmi les Nosobas, ce qui fera changer son regard sur le monde dans lequel elle vit.

Nbr de pages : 320 / Éditeur : PKJ

Mon avis

Je ne me serais peut-être pas retournée sur ce livre, si je ne l’avais pas eu sous la main lors d’une de mes pauses midi. Et grand (très grand) mal m’en aurait pris car j’ai adoré cette histoire ! Je n’aime pas trop les comparaisons, mais pour moi, il a tout à fait sa place parmi les grands du genre, parmi les dystopies qui marquent vraiment, qui font vraiment réfléchir tout en restant assez subtiles pour se fondre dans un cadre hors du temps, dans un univers taillé de toutes pièces avec originalité. J’ai retrouvé les mêmes émotions et la même addiction ressenties lors de mes lectures de Hunger Games ou Divergent, et pour moi, ça veut déjà tout dire ! (Bref, je viens de faire ce que je n’aime pas faire, mais c’est pour que vous sachiez l’ampleur de mon enthousiasme.)

On retrouve bien sûr les canevas du genre, avec des castes, des dirigeants qui s’en foutent plein la panse pendant que d’autres triment dans les mines 7 jours sur 7 pour contenter le beau monde, on se prend en pleine figure les injustices d’un régime aberrant, et au milieu de tout ça, va naître une héroïne, une jeune femme pas comme les autres, qui va petit à petit ouvrir les yeux sur son quotidien. Rien de bien nouveau sous le soleil, allez-vous me dire… Mais ça fonctionne diablement bien et on oublie tout ce qu’on a déjà pu lire pour se laisser porter par Elia et par son univers. Et pour changer des dystopies ou YA traditionnels, ici on ne retrouve quasiment pas de romance et ça ne fait pas de mal, laissant plus de place à l’univers, à l’action et à l’ambiance.

J’ai vraiment tout aimé dans cette histoire, mais par-dessus tout, c’est l’univers qui m’a séduite. Un univers finement décrit et totalement immersif qui a d’ailleurs donné du fil à retordre à l’auteure (voir interview ci-dessous) ! Moi, je lui tire mon chapeau. Et voici un aperçu des découvertes qui vous attendent : dans ce monde imaginaire, on croise les puissants Kornésiens, les Askaris qui s’occupent du commerce et les Nosobas, marqués d’un grand N sur le bras pour qu’on repère d’un seul coup d’œil les rebuts de la société. On peut y devenir Passeur d’âmes, ces « médecins » qui, sans état d’âme, euthanasie toutes les personnes qui ne sont plus utiles à la communauté (les vieux, les infirmes, les dangereux, etc.). On peut s’engager au Conclusar, qui forme les Défenseurs ou travailler comme un forcené dans les mines de Phosnium, la nouvelle énergie du siècle. On peut facilement s’acheter de la Redmoon, cette drogue supposée augmenter les capacités physiques. On peut vivre comme un miséreux dans le Dédale, cette ville souterraine pleine de ramifications où peu savent s’y repérer. Bref, Marie Vareille a créé tout un décor pour ses personnages et on le découvre avec merveille.

Règle 1 : les êtres humain ne naissent pas libres et égaux en dignité et en droit. Chacun a pour devoir envers la communauté de respecter sans la questionner, la place qui lui est attribuée en fonction de sa naissance. […]
Règle 2 : la communauté est tout, l’individu n’est rien. Il ne sert qu’à faire prospérer la société dans son ensemble. Chacun a été créé pour une raison. […]
Règle 3 : l’ordre est l’essence du bonheur. Le respect absolu des règles est la base du bien commun, tout écart des commandements d’Hubohn représente un pas vers la destruction de la communauté et sera puni comme tel. […]
Règle 4 : pour éviter la propagation de maladies impures au sein des castes supérieures, tout contact physique entre deux membres de classes différentes est strictement interdit.

D’ailleurs, ce roman est très visuel : on vit chaque scène dans sa tête comme si on y était, tant les descriptions des lieux sont vivantes, tant les personnages sont crédibles. J’imagine aisément ce livre devenir un nouveau succès cinématographique, après la case best-seller en librairie. En tout cas, c’est tout ce que je lui souhaite (ou alors, je garde ce petit coup de cœur rien que pour moi, j’hésite encore).

Je pensais avoir affaire à un tome unique et je me disais que c’était une bonne chose, que ça changeait. Et puis j’avançais dans l’histoire et je pestais déjà de voir l’histoire toucher à sa fin trop vite, j’en voulais encore, j’imaginais déjà une terrible et longue destinée pour Elia. Et là je me rends compte sur le net qu’en fait, oui, ce sera une trilogie. Joie ! Le roman se termine de très jolie façon et on ne peut s’empêcher de retourner lire le premier chapitre qui nous annonçait déjà cet ultime revirement de situation. Je suis donc ravie de savoir que je pourrai retrouver Elia dans un an et que son histoire est loin d’être finie. En plus, le prochain tome risque d’être des plus palpitants, étant donné le futur changement de cadre ! J’ai déjà hâte !

Ma note : 9,5/10

Extras
Première publication : mai 2016
Fiche Bibliomania
Marie Vareille est née en 1985 et tient un très chouette site, où elle dispense de nombreux bons conseils liés à l’écriture.
Interview de Marie Vareille ici :
L’univers développé dans Elia est très creusé. Où avez-vous puisé votre inspiration pour le construire et le rendre si palpable et crédible ?
L’univers est ce qui ma donné le plus de fil à retordre. Jusqu’ici je n’avais écrit que des romans contemporains et je n’avais jamais imaginé que ce serait aussi complexe de créer un univers imaginaire et pourtant j’ai adoré l’exercice. C’est bête, mais dans un roman contemporain, c’est facile de rendre une scène visuelle, qu’on la situe dans une soirée, un café à un cours de gym ou dans un supermarché, le lecteur visualise tout de suite l’environnement car ce sont des endroits qui font partie de son quotidien. Dans un nouvel univers, il faut tout réinventer, depuis les vêtements, jusqu’au matériaux de construction en passant par la nourriture, les cours enseignés à l’école, les moyens de transports, de communiquer, la monnaie, les lois etc. Pour tous les éléments je suis partie de la réalité.
Comment est née Elia ?
À Châtelet-Les Halles à une heure du matin, j’ai croisé une toute jeune fille qui marchait d’un pas vif, la tête rentrée dans les épaules, comme si elle fuyait. Elle portait un bonnet qui dissimulait complètement ses cheveux à l’exception de quelques mèches rousses. Je ne sais pas pourquoi, mais ça m’a interpellée. Je me suis demandée où elle allait, j’ai commencé à m’imaginer qu’elle sortait d’une clinique où on euthanasiait les gens, qu’on l’appelait la Passeuse d’âmes et qu’elle était obligée de se cacher parce qu’elle était rousse… C’est une habitude pour moi de commencer perpétuellement des histoires en fonction des lieux ou des gens que je croise, la plupart n’ont jamais de suite, mais quand une histoire se rappelle plusieurs fois à mon souvenir, c’est qu’il faut que je l’écrive.